AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2702436358
Éditeur : Le Masque (09/01/2013)

Note moyenne : 3.76/5 (sur 211 notes)
Résumé :
1954. Alors que Bernie Gunther tente de fuir Cuba en bateau accompagné d’une sulfureuse chica, il est arrêté par la CIA et enfermé à New York puis au Landsberg à Berlin. C’est que nous sommes en pleine Guerre froide. L’Oncle Sam place et bouge ses pions en Europe, cherche des informations sur l’Allemagne de l’Est et sur les Russes.

Quel rapport avec Gunther ? Sa liberté dépendra des informations qu’il veut bien donner sur ses anciens « camarades » de ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (42) Voir plus Ajouter une critique
bilodoh
  16 juillet 2014
Pas un polar, ni même vraiment un thriller, une sorte de roman d'espionnage historique.

Réfugié à Cuba, Bernie Gunther tombe aux mains des Américains, puis des Français puis des Russes. Pour ses geôliers, il brode tour à tour différentes versions de sa biographie. Pas toujours aisé à suivre donc, pas facile de démêler les fils et de sair ce qui se passe. Il vaut peut-être mieux avoir lu les précédents ouvrages de Kerr et s'être déjà attaché à son personnage pour apprécier.

Pour ma part, j'aime bien les récits de Philip Kerr car ils aident à comprendre d'autres facettes de l'histoire, à connaître des événements dont on entend moins souvent parler. Dans ce cas-ci, il s'agit des années cinquante : le retour des Allemands emprisonnés en Union soviétique, les procès des crimes de guerre, les tensions de la Guerre froide, le Berlin d'avant le mur, etc.

En filigrane, on y trouve aussi des sentiments moins glorieux et moins faciles à accepter : les Allemands, même non nazis, très contents d'occuper la France en 1894 et de prendre ainsi une revanche sur la débâcle de la Première Guerre mondiale. On peut également réfléchir à la difficulté pour ces Allemands des années 50 de dépasser l'amertume envers les vainqueurs, ceux qui ont détruit et humilié leur pays. Comment se réconcilier avec ceux qui ont bombardé leurs villes ? Comment recréer des liens normaux avec les peuples qui les haïssent et considèrent comme des monstres ? N'est-il pas injuste d'être les seuls méchants alors que de nombreux autres Européens étaient aussi nazis, que les camps du régime soviétique ont fait autant de victimes et que l'industrie américaine a grandement profité de la guerre ?
La Seconde Guerre mondiale est loin, mais les problèmes de conflits et de nécessaires réconciliations sont malheureusement toujours d'actualité !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          512
Bigmammy
  28 janvier 2013
Septième aventure du héros récurrent de Philip Kerr, Bernhard Gunther, qui suit « Une douce flamme" et "Hôtel Adlon ». Nous retrouvons donc Bernie à Cuba en 1954, en pleine guerre froide. En partance pour Haïti, avec à son bord une belle fugitive, son bateau est arraisonné en pleine mer. Il est transféré à Gitmo – Guantanamo, déjà ! – où son passé le rattrape. Car, à maintenant 58 ans, le talentueux ex-commissaire de la Kripo de Berlin, transféré d'office dans la SS sur ordre de Heydrich, s'est maintes fois mis dans de sales draps. A présent, c'est la CIA qui veut l'utiliser, et d'abord lui faire raconter toute son histoire … Celle sur laquelle il ne s'était pas trop étendu jusqu'ici : son activité à Minsk, sa capture par les Soviétiques, son séjour au Goulag … son appartenance ou non au parti nazi, ou ses accointances avec des communistes.
Tout comme Iohann Moritz, le héros malheureux de Virgil Georghiou de la Vingt-cinquième heure, Bernhard Gunther passe de mains en mains, interrogé tour à tour par les Américains, les Russes, les Français du SDECE, les allemands de la STASI. On le manipule pour le faire identifier des criminels de guerre, des tortionnaires, des espions soviétiques. A cette occasion, raconte ses visites des horribles camps de concentration français du Vernet et de Gurs à l'été 1940, la vie de forçat au camp russe de Krasno-Armeesk, puis dans les mines de pechblende où on ne fait pas de vieux os.
La technique des allers et retours dans le temps et l'espace commence cependant à devenir difficile à suivre. L'histoire est foisonnante et parfois floue, les services secrets des différentes puissances particulièrement compliqués. On comprend que Bernhard Gunther, qui continue à donner du coup de poing lorsque sa vie est en danger, n'entend pas le moins du monde se laisser manipuler, et refuse de livrer des compatriotes, même s'ils sont de sinistres individus. Solidarité entre Berlinois ? Accès de lucidité ? Une réflexion philosophique sur la tendance à traiter les hommes selon une catégorie, une étiquette, un a priori et non selon ce qu'ils sont ou ont fait.
En tous cas, toujours le même style alerte et imagé, fondé sur une documentation historique irréprochable. Il va tout de même falloir à l'auteur beaucoup d'habileté pour gérer la fin de carrière de son héros. Je lui fais confiance.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          120
danielb
  20 août 2013
Quand Bernie Gunther, le héros de la série de romans policiers de Philip Kerr, semble croiser la route de Maximilien Aue, le narrateur de Jonathan Littell dans Les Bienveillantes.

Dans Vert-de-gris (traduction française de Field Grey), le septième des romans que Philip Kerr consacre à son héros, Bernie Gunther, Bernie est interrogé par la CIA et doit expliquer quel rôle il a joué lors de l'invasion de l'URSS en juin 1941.
Revenu à la Kripo (police criminelle) en 1938, après avoir oeuvré pendant cinq ans comme détective privé à Berlin, Bernie a été en 1941 incorporé dans un bataillon de réserve de la police et envoyé en Ukraine pour se joindre à des Einsatzgruppes, des unités SS chargées de sécuriser l'arrière des lignes de la Wehrmacht dans leur avancée en territoire soviétique. Bernie croyait que sa mission consistait à combattre les partisans. Cependant, un jour qu'il était en route vers Minsk pour faire son rapport après avoir capturé et exécuté une trentaine d'agents du NKVD (ancien KGB) coupables d'avoir massacré plus d'un millier de prisonniers ukrainiens et polonais dans la cour de la prison de Lutsk, il croise une autre unité SS en train de fusiller des civils juifs parmi lesquels il y avait des femmes âgées. Choqué, il s'arrête et demande des explications. On lui répond que ce sont les ordres. Il appelle au QG à Minsk et il se fait vertement engueuler pour oser ainsi discuter un ordre. Arrivé dans cette ville, il doit faire face à ses supérieurs et se fait menacer d'une rétrogradation. Arthur Nebe, son ancien chef à la Kripo, mais maintenant chef du Einsatzgruppe B, intervient et le sauve en le retournant travailler à Berlin. Heureusement pour lui, car les Einsatzgruppes ont par la suite été impliqués dans des tueries à grande échelle au cours desquelles plus d'un million cinq mille juifs ont été assassinés. C'est ce qu'on appelle la première Shoa, la Shoa par balles, pour la distinguer de la Shoa des chambres à gaz qui s'est mise en branle à partir de 1942.
Bernie Gunther faisait partie du groupe B, qui avait Minsk comme objectif. Dans Les Bienveillantes, le roman de Jonathan Littell, gagnant du prix Goncourt 2006, Maximilien Aue, son narrateur, fait partie du groupe C qui avait Kiev comme objectif, soit quelques centaines de kilomètres plus au sud, les deux groupes ayant la Pologne comme base de départ dans les premières semaines de l'opération Barbarossa.
Là où je dis que les deux personnages se croisent, sans toutefois se rencontrer, c'est lorsqu'en arrivant à Lutsk, tout récemment conquise par l'armée allemande, Aue va visiter le château de Lubar qui avait servi de prison au NKVD et dans sa cour intérieure il découvre un charnier de plus d'un millier de corps en décomposition, des prisonniers ukrainiens et polonais que les Russes ont assassinés avant de fuir la ville. Incapables de rattraper les coupables, les Allemands décident d'exécuter le même nombre de juifs parmi la population de la ville, sous prétexte qu'une grande partie des membres du NKVD étaient des juifs.
Contrairement à Bernie Gunther, le narrateur des Bienveillantes ne proteste pas devant les massacres de juifs, même s'il s'interroge sur leur pertinence. C'est ainsi qu'il va se retrouver impliqué dans les massacres qui vont avoir lieu dans la région dans les mois suivants.
Aux yeux des autorités soviétiques, Bernie est un criminel de guerre pour avoir commandé l'exécution des agents du NKVD parmi lesquels il y avait des femmes, et il craint constamment d'être remis entre leurs mains. Cependant, il se justifie en disant que c'était la guerre et que ceux-ci étaient coupables d'avoir massacré les prisonniers de Lutsk. Par contre, c'est tout à son honneur d'avoir refusé de participer à l'assassinat de juifs au risque d'en subir les conséquences, ce qu'il n'est d'ailleurs pas le seul à avoir fait.
L'action de Field Grey, ou Vert-de-gris dans sa version française, se situe en 1954. Mais, étant donné que Bernie Gunther est arrêté par les Américains dès le premier chapitre en face de Guantanamo alors qu'il tente de fuir Cuba et qu'il reste prisonnier de la CIA puis des services secrets français jusqu'au dernier chapitre, il n'y a pour ainsi pas d'action dans ce roman qui prend la forme d'une série de récits que Bernie raconte afin de répondre aux questions de ses interrogateurs sur certains passages de sa vie. Sans doute que certains lecteurs n'apprécieront pas, mais tous ceux qui ont déjà lu d'autres péripéties de la vie de cet intrigant personnage seront comme moi curieux de connaître d'autres passages de sa vie. de plus, tout en le lisant, je n'ai cessé de penser comment Philip Kerr pouvait lui-même être aussi curieux de connaître ces passages tout en les écrivant.
Quant aux Bienveillantes, bien que j'ai entrepris de le relire après m'être rendu compte que Maximilien Aue aurait pu croiser la route de Bernie Gunther en Ukraine, je ne crois pas continuer cette relecture au-delà des chapitres concernés. En effet, ce roman été pour moi une source de malaise et d'inconfort lorsque je l'ai lu à sa sortie et je n'ai pas envie de revivre cela. Comment se complaire pendant 900 pages dans la perversité d'un narrateur qui accepte de regarder tuer et même de tuer lui-même juste pour voir l'effet que cela lui fait ?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
Phoenicia
  25 juillet 2017
Vert-de-gris détonne dans les romans Bernie Gunther de Philip Kerr. Effectivement dans celui-ci pas de réelle enquête pour l'inspecteur cynique. Au contraire, c'est plutôt lui le suspect. Cernés par différentes agences de renseignement ( CIA, SCEDE, Stasi), Bernhard Gunther se retrouve en pleine guerre froide à devoir dévoiler certains aspects de sa vie lorsqu'il était en "vert-de-gris", nom donné à l'uniforme allemand.
Ce roman peut-être très appréciable si on est à la recherche d'éléments biographiques sur notre héros. Ici on apprend son séjour en France, son envoi sur le front russe et surtout sa captivité dans les camps soviétiques. L'élément central étant toujours le même personnage que la CIA cherche à épingler : Erich Mielke, chef de la Stasi, que Gunther aurait rencontré de nombreuses fois dans le passé.
Comme à l'accoutumée, le personnage est cynique à souhait et les faits sont très bien documentés. Je le conseille à tout ceux ayant lu un certain nombre d'ouvrages de la série. En revanche, pour ceux étant à la recherche d'un bon polar ou découvrant Philip Kerr, je leur conseille de passer leur chemin...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          130
fannyvincent
  31 mars 2014
J'attendais avec impatience de lire ce 7ème volet des aventures de Bernie Gunther (alias Carlos Hausner à Cuba), ayant été particulièrement emballé par les volets précédents, et notamment la fameuse trilogie berlinoise. Or, je dois avouer une certaine perplexité, voire une relative déception, sitôt achevée ma lecture de « Vert-de-gris ».
Le plaisir de se replonger dans la vie de Bernie Gunther est réel, d'autant que l'on continue de combler des pans entiers de sa biographie (avec toujours des sentiments ambivalents sur ce personnage, ne sachant pas au final si on doit le considérer comme un homme relativement bon ou un salaud de la pire espèce).
Pour autant, que de confusion induite par la construction du bouquin...Si les premiers et derniers chapitres respectent un ordre chronologique, le coeur même du livre n'est qu'un incessant changement de lieu et surtout d'époque, dans lequel à mon sens, le lecteur se perd (ce fut, en tout état de cause, mon cas). L'action se situe de façon générale, en Allemagne en 1954, dans laquelle Bernie Gunther a été transféré après avoir été arrêté en tentant de fuir Cuba en bateau. Mais au fil des interrogatoires qu'il subit aux mains de différents services secrets, on revient en Ukraine en 1941, on repart en Allemagne en 1931, on passe en Allemagne et en France en 1940, avec entre chaque période, des retours en Allemagne en 1954. J'apprécie généralement ces sauts d'époque (c'est d'ailleurs une des marques de fabrique des précédents volets), mais c'est quand même ici un peu excessif… Un personnage apparaît certes comme un fil rouge entre les différents lieux et époques (Erich Mielke, chef de la Stasi en 1954), mais cela ne suffit pas à se repérer aisément dans l'histoire. D'autant plus que la duplicité de Gunther ne va pas faciliter les choses…
J'espère au final que la suite de « Vert-de-gris » (« Prague Fatale »), qui vient de sortir, ne souffrira pas des mêmes défauts.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90

critiques presse (1)
Lexpress   22 mars 2013
La qualité de l'écriture est telle que cela se laisse lire très facilement. L'auteur sait à merveille entremêler réalité et fiction, rigueur historique, roman policier et humour. Le livre est noir, très noir, anguleux.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
bilodohbilodoh   11 juillet 2014
" (...) Là réside le bonheur : dans le fait de s'estimer content d'avoir de la bière tiède en se rappelant combien il vaut mieux avoir ça plutôt qu'un goût d'eau croupie sur des lèvres gercées. Tel est le sens de la vie, mon vieux. Savoir quand on est bien loti et ne haïr ni n'envier personne." (Poche, p.334)
Commenter  J’apprécie          342
bilodohbilodoh   24 juin 2014
C'est une des petites ironies de la vie que, chaque fois que vous vous dites que les choses pourraient difficilement aller plus mal, c'est en général ce qu'elles font.
(Poche, p. 130)
Commenter  J’apprécie          493
bilodohbilodoh   21 juin 2014
Moi aussi, il m'arrive d'éprouver ce sentiment : on naît seul, on meurt seul et le reste du temps on ne peut compter que sur soi-même.
(Poche, p.21)
Commenter  J’apprécie          421
AifelleAifelle   17 mars 2016
De là, je me dirigeais à pied vers le sud, convaincu qu'au moins une des prédictions de Hitler avait fini par se réaliser. Aux premiers jours de sa victoire, il nous avait annoncé : "dans cinq ans, vous ne reconnaîtrez plus l'Allemagne", et c'était un fait. Jadis l'une des artères les plus florissantes de Berlin, le Kurfurstendamm n'était plus qu'une succession de ruines
Commenter  J’apprécie          60
tesdichititesdichiti   23 avril 2014
Je pouvais distinguer les lumiéres de Guantanamo. C'était comme contempler les anciennes étoiles d'une galaxie toute proche, qui incarnait en même temps la vision d'un futur ou la démocratie américaine gouvernerait le monde avec un révolver dans une main et une tablette de chewing-gum dans l'autre. Quelque part dans l'obscurité tropical de ce littoral yankee, des milliers d'hommes en costume blanc effactuaient les tâches vides de sens de leur service impérial en haute ler. En réponse à la froide nécessité de nouveaux adversaireset de nouvelles victoires, ils s'entassaient dans leurs cités de mort flottantes gris métallisé, buvant du coca cola et fumant leurs Lucky strike tout en se préparant à libérer le reste de la planétede son désir irréfléchi d'être différents. Car les américains et non les allemandsétaient à présent la race des seigneurs, et l'Oncle Sam avait succédé à Hitler et à Staline comme visage du nouvel empire.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Videos de Philip Kerr (13) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Philip Kerr
La trilogie berlinoise - Philip Kerr - Coup de ♥♥♥♥♥ du traqueur
autres livres classés : romans policiers et polarsVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Bernie Gunther, un privé chez les nazis...

"Je ne suis pas un nazi. Je suis un Allemand. Ce n'est pas la même chose. Un Allemand est un homme qui arrive à surmonter ses pires préjugés. Un nazi, quelqu'un qui les change en lois" On m'a viré de la Kripo en 1934, et comme il faut bien vivre, je me suis retrouvé déguisé en privé dans l'établissement le plus select de Berlin :

Hôtel Savoy
Hôtel Berlin
Hôtel Regent
Hôtel Adlon
Hôtel Otto

10 questions
66 lecteurs ont répondu
Thème : Philip KerrCréer un quiz sur ce livre
.. ..