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EAN : 9782702436356
450 pages
Le Masque (09/01/2013)
3.85/5   292 notes
Résumé :
1954. Alors que Bernie Gunther tente de fuir Cuba en bateau accompagné d’une sulfureuse chica, il est arrêté par la CIA et enfermé à New York puis au Landsberg à Berlin. C’est que nous sommes en pleine Guerre froide. L’Oncle Sam place et bouge ses pions en Europe, cherche des informations sur l’Allemagne de l’Est et sur les Russes.

Quel rapport avec Gunther ? Sa liberté dépendra des informations qu’il veut bien donner sur ses anciens « camarades » de ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (55) Voir plus Ajouter une critique
3,85

sur 292 notes

bibiouest
  18 mai 2020
Une merveille que ce septième opus de l'excellente saga de Philip Kerr. A travers ce livre, bernie gunther est arrêté puis trimbalé de prisons en prisons, on passe de la CIA, au MVD (l'encêtre du KGB) et le SDECE (service Français), et même les Allemands de la STASI. Bernie Gunther fait un retour sur son passé.
J'ai été emballé par les allés,retour entre passé et présent, la description des camps de prisonniers Russes est une horreur. Mais visiblement l'auteur bien documenté, son écriture fluide et claire permettent de lire facilement ce roman. Bernie Gunther ne se laisse pas manipuler et refuse de «donner» un compatriote quelque soit ces actes.
L'auteur nous donne à réfléchir entre, juger un homme sur ce qu'il fait et le juger sur des a priori, sa classe sociale, son milieu. Vaste sujet....
j'essaie de lire les livres de philip Kerr consacrés au «nazisme» et à Bernie Gunther dans l'ordre de parution et ce Vert de Gris est mon préféré mais l'aventure continue...
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Sachenka
  11 avril 2020
Après quelques années de pause, je me suis plongé à nouveau dans les aventures de Bernie Gunther. Et le plaisir est au rendez-vous. Incidemment, je me demande pourquoi j'ai tant tardé avant de m'y remettre. Vert-de-gris commence à Cuba, où Gunther se la coule douce. Malheureusement, il a le don de s'attirer les ennuis, ou bien les emmerdes lui courent après. Dans tous les cas, le voici arrêté par la CIA qui le ramène en Allemagne – alors que les crimes de guerre contre les nazis continuent – où on l'interroge sans relâche pour lui soutirer toutes sortes d'informations, à commencer sur Erich Mielke. C'est l'occasion pour Gunther de remonter le fil de ses souvenirs, alors qu'il était flic à Berlin. Donc, on alterne entre 1954 et 1931, puis 1940 ainsi que 1945-46. J'aime bien ces voyages dans le temps, voir la capitale allemande pendant la montée du nazisme, Paris pendant l'occupation, les camps de travail soviétiques, etc. C'est assez réussi, la description précise des lieux et de l'atmosphère permet de bien visualiser le tout, de croire qu'on y est. Coup de chapeau à l'auteur Philip Kerr pour la rigueur de ses recherches. Aussi, le mélange entre roman historique, roman d'espionnage et roman policier est très bien dosé. Kerr maitrise tous ces genres en créant une aventure originale, riche et intéressante. Par moment, ça pouvait donner l'impression de s'étirer en longueur et d'aller dans toutes les directions mais le lecteur averti saura que, plus on avance, plus on se rend compte que tout est bien ficelé. La finale, où tout le monde trompe tout le monde, est un vrai pied de nez aux organisations gouvernementales. Je me permets une petite parenthèse : j'ai trouvé surprenant mais éclairant l'opinion que les Allemands et les Américains se faisaient de la collaboration française et du fascisme dans l'Hexagone pendant la guerre, qui diverge beaucoup de l'idée de la résistance glorieuse qu'on nous ressasse éternellement – pas que je veuille diminuer le courage de ceux qui se sont battus pour contribuer à la libération.
Trilogie berlinoise et les tomes suivants sont devenus une série culte et, outre l'excellence de la reconstitution de cette époque troublée, le personnage de Bernie Gunther y est pour beaucoup. Social-démocrate convaincu, bourru mais diablement efficace et foncièrement honnête, il n'a pas la langue dans sa poche, lui causant parfois quelques difficultés. Il hait les nazis mais se voit contraint de travailler avec/pour eux en de maintes occasions – ce n'est pas comme si on avait le choix si on tenait à sa peau. C'est qu'il est un devenu en expert dans l'art de survivre. Gunther est un personnage avec beaucoup de profondeur (et d'humour, j'adore son sarcasme) qu'il me plait de retrouver. On y voit un homme qui a connu les horreurs de la guerre et un pan des exécutions de masse et il ne le souhaite à personne, pas même aux communistes, que pourtant il ne porte pas dans son coeur. Bref, il est humain. On aurait pu croire que la fin de la guerre et la chute du régime nazi lui aurait permis de se retirer mais non : la guerre froide contre communiste ne fait que commencer et cet homme aux multiples talents sera se rendre utile, même malgré lui… J'ai hâte de lire la suite de ses aventures.
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bilodoh
  16 juillet 2014
Pas un polar, ni même vraiment un thriller, une sorte de roman d'espionnage historique.

Réfugié à Cuba, Bernie Gunther tombe aux mains des Américains, puis des Français puis des Russes. Pour ses geôliers, il brode tour à tour différentes versions de sa biographie. Pas toujours aisé à suivre donc, pas facile de démêler les fils et de sair ce qui se passe. Il vaut peut-être mieux avoir lu les précédents ouvrages de Kerr et s'être déjà attaché à son personnage pour apprécier.

Pour ma part, j'aime bien les récits de Philip Kerr car ils aident à comprendre d'autres facettes de l'histoire, à connaître des événements dont on entend moins souvent parler. Dans ce cas-ci, il s'agit des années cinquante : le retour des Allemands emprisonnés en Union soviétique, les procès des crimes de guerre, les tensions de la Guerre froide, le Berlin d'avant le mur, etc.

En filigrane, on y trouve aussi des sentiments moins glorieux et moins faciles à accepter : les Allemands, même non nazis, très contents d'occuper la France en 1894 et de prendre ainsi une revanche sur la débâcle de la Première Guerre mondiale. On peut également réfléchir à la difficulté pour ces Allemands des années 50 de dépasser l'amertume envers les vainqueurs, ceux qui ont détruit et humilié leur pays. Comment se réconcilier avec ceux qui ont bombardé leurs villes ? Comment recréer des liens normaux avec les peuples qui les haïssent et considèrent comme des monstres ? N'est-il pas injuste d'être les seuls méchants alors que de nombreux autres Européens étaient aussi nazis, que les camps du régime soviétique ont fait autant de victimes et que l'industrie américaine a grandement profité de la guerre ?
La Seconde Guerre mondiale est loin, mais les problèmes de conflits et de nécessaires réconciliations sont malheureusement toujours d'actualité !
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ecceom
  17 janvier 2022
L'ex-pion qui mimait
Voici la 7ème "aventure" de Bernie Gunther, l'ex-flic de la Kripo berlinoise.
Son parcours l'avait déjà conduit d'Allemagne à Cuba, en passant par l'Argentine, entraîné dans la tourmente de la débâcle allemande, tour à tour flic, soldat, SS, mafieux...
Cette fois ci, des circonstances imprévues l'éloignent des Mojitos et autres Cuba Libre et lui font reprendre contact avec le sol de l'amère patrie.
Là, il se retrouve entre les mains des différents réseaux d'espionnage qui se partagent les places dans la Gross Berlin. Chaque pays tour à tour, va essayer de le manipuler.
C'est mal connaître Gunther, qui ne se laisse pas facilement abuser et qui sait aussi, jouer à faire semblant.
Le roman est bâti sur une série d'histoires racontées lors des différents interrogatoires auxquels Gunther est soumis. On revient ainsi sur certaines étapes de son parcours, avec des détails pour la plupart ignorés jusque là du lecteur fidèle. Je pense notamment à ses excursions aux camps français de Gurs et du Vernet ou aux séjours avec ses collègues à l'air SS, en Russie.
Cette revue de détails, ces retours en arrière réservent sans doute ce livre à ceux qui sont déjà familiarisés avec le parcours du "héros".
Sous cette réserve, je trouve qu'il s'agit du meilleur roman de la saga Bernie Gunther entamée avec la "Trilogie berlinoise".
L'écriture est resserrée, le déroulement est clair, cohérent et le cynisme de Gunther, mieux canalisé, moins démonstratif que par le passé. Et bien sûr, Gunther conserve cet humour mordant qui agace tous ses interlocuteurs mais ravit le lecteur.
Reste cette personnalité complexe , tour à tour victime et coupable, détestant aussi bien les nazis que les communistes, les Français que les Américains.
Bernie est surtout las d'être considéré comme un pion : "je suis fatigué de tout ce foutu cirque. Pendant 20 ans, j'ai été forcé de travailler pour des gens que je ne pouvais pas sentir. Heydrich. le SD. Les nazis. le CIC. Les Peron. La mafia. La police secrète cubaine. Les Français. La CIA. La seule chose que j'ai envie de faire, c'est de lire le journal et de jouer aux échecs".
Philip Kerr dresse un constat aussi passionnant que lucide. C'est le SOS, d'un terrien en SS qui découvre le Berlin de l'après-guerre et les manoeuvres des puissances occupantes, l'incroyable clémence dont ont pu bénéficier les pires criminels, la survie dans un pays dévasté…
Environ 600 pages, sans gras superflu.
Très recommandable.
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Bigmammy
  28 janvier 2013
Septième aventure du héros récurrent de Philip Kerr, Bernhard Gunther, qui suit « Une douce flamme" et "Hôtel Adlon ». Nous retrouvons donc Bernie à Cuba en 1954, en pleine guerre froide. En partance pour Haïti, avec à son bord une belle fugitive, son bateau est arraisonné en pleine mer. Il est transféré à Gitmo – Guantanamo, déjà ! – où son passé le rattrape. Car, à maintenant 58 ans, le talentueux ex-commissaire de la Kripo de Berlin, transféré d'office dans la SS sur ordre de Heydrich, s'est maintes fois mis dans de sales draps. A présent, c'est la CIA qui veut l'utiliser, et d'abord lui faire raconter toute son histoire … Celle sur laquelle il ne s'était pas trop étendu jusqu'ici : son activité à Minsk, sa capture par les Soviétiques, son séjour au Goulag … son appartenance ou non au parti nazi, ou ses accointances avec des communistes.
Tout comme Iohann Moritz, le héros malheureux de Virgil Georghiou de la Vingt-cinquième heure, Bernhard Gunther passe de mains en mains, interrogé tour à tour par les Américains, les Russes, les Français du SDECE, les allemands de la STASI. On le manipule pour le faire identifier des criminels de guerre, des tortionnaires, des espions soviétiques. A cette occasion, raconte ses visites des horribles camps de concentration français du Vernet et de Gurs à l'été 1940, la vie de forçat au camp russe de Krasno-Armeesk, puis dans les mines de pechblende où on ne fait pas de vieux os.
La technique des allers et retours dans le temps et l'espace commence cependant à devenir difficile à suivre. L'histoire est foisonnante et parfois floue, les services secrets des différentes puissances particulièrement compliqués. On comprend que Bernhard Gunther, qui continue à donner du coup de poing lorsque sa vie est en danger, n'entend pas le moins du monde se laisser manipuler, et refuse de livrer des compatriotes, même s'ils sont de sinistres individus. Solidarité entre Berlinois ? Accès de lucidité ? Une réflexion philosophique sur la tendance à traiter les hommes selon une catégorie, une étiquette, un a priori et non selon ce qu'ils sont ou ont fait.
En tous cas, toujours le même style alerte et imagé, fondé sur une documentation historique irréprochable. Il va tout de même falloir à l'auteur beaucoup d'habileté pour gérer la fin de carrière de son héros. Je lui fais confiance.
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critiques presse (1)
Lexpress   22 mars 2013
La qualité de l'écriture est telle que cela se laisse lire très facilement. L'auteur sait à merveille entremêler réalité et fiction, rigueur historique, roman policier et humour. Le livre est noir, très noir, anguleux.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
ecceomecceom   17 janvier 2022
Je suis fatigué de tout ce foutu cirque. Pendant 20 ans, j'ai été forcé de travailler pour des gens que je ne pouvais pas sentir. Heydrich. Le SD. Les nazis. Le CIC. Les Peron. La mafia. La police secrète cubaine. Les Français. La CIA. La seule chose que j'ai envie de faire, c'est de lire le journal et de jouer aux échecs.
Commenter  J’apprécie          30
bilodohbilodoh   11 juillet 2014
" (...) Là réside le bonheur : dans le fait de s'estimer content d'avoir de la bière tiède en se rappelant combien il vaut mieux avoir ça plutôt qu'un goût d'eau croupie sur des lèvres gercées. Tel est le sens de la vie, mon vieux. Savoir quand on est bien loti et ne haïr ni n'envier personne." (Poche, p.334)
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bilodohbilodoh   24 juin 2014
C'est une des petites ironies de la vie que, chaque fois que vous vous dites que les choses pourraient difficilement aller plus mal, c'est en général ce qu'elles font.
(Poche, p. 130)
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SachenkaSachenka   31 mars 2020
- Personne n'est en sécurité à Cuba, répliqua-t-elle. Plus maintenant.
- Je l'étais, continuai-je sans lui prêter attention. Jusqu'à ce que j'essaie de jouer les héros. Sauf que j'avais oublié. Je ne suis pas de l'étoffe dont on fait les héros. Je ne l'ai jamais été. En outre, le monde ne rêve plus de héros. Ils sont passés de mode, comme les ourlets de l'année dernière. Aujourd'hui, ce qu'on veut, ce sont des combattants de la liberté et des indicateurs. Eh bien, je suis trop vieux pour les uns et trop scrupuleux pour les autres.
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bilodohbilodoh   21 juin 2014
Moi aussi, il m'arrive d'éprouver ce sentiment : on naît seul, on meurt seul et le reste du temps on ne peut compter que sur soi-même.
(Poche, p.21)
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Vidéo de Philip Kerr
Emmanuel Couly reçoit Anne Martinetti pour son livre, "Mortels Cocktails" aux Editions du Masque, au Duke's bar de l'Hôtel Westminster, 13 rue de la Paix, 75002, Paris. « le vrai crime, c?est de ne pas savoir préparer un martini. » Francisco G. Haghenbeck, L?affaire tequila de Philip Kerr à Patricia Cornwell en passant par Ian Rankin, Stephen King, Fred Vargas ou l?éternelle Agatha Christie, les maîtres du genre vous servent leurs meilleurs cocktails et vous invitent à replonger dans leur univers? le temps d?un verre. 50 recettes de cocktails pétillants et dangereusement exquis à savourer comme un bon polar !
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Bernie Gunther, un privé chez les nazis...

"Je ne suis pas un nazi. Je suis un Allemand. Ce n'est pas la même chose. Un Allemand est un homme qui arrive à surmonter ses pires préjugés. Un nazi, quelqu'un qui les change en lois" On m'a viré de la Kripo en 1934, et comme il faut bien vivre, je me suis retrouvé déguisé en privé dans l'établissement le plus select de Berlin :

Hôtel Savoy
Hôtel Berlin
Hôtel Regent
Hôtel Adlon
Hôtel Otto

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