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ISBN : 226001822X
Éditeur : Julliard (07/01/2010)

Note moyenne : 3.36/5 (sur 293 notes)
Résumé :
Entre la ville folle et l'immensité de la mer, s'étend l'Olympe des infortunes. Un terrain vague où mendiants et délaissés divers ont trouvé refuge. Un Eldorado de la cloche…

On y croise le Pacha et sa cour, Mama la Fantomatique, Ach le Borgne, le barde attitré de cette étrange peuplade, et Junior le Simplet, son protégé. Ils ont trouvé ici un fragile équilibre, à cheval entre la civilisation et l'état sauvage.

Le Bien et le Mal. La ric... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (53) Voir plus Ajouter une critique
dido600
  27 novembre 2016
Ici les dieux déchus et anonymes de Yasmina Khadra font leur résidence dans le paradis improbable de leur songe.
Yasmina Khadra se donne, à la fois, une raison de revenir sur son pays qu'il aime de toutes ses fibres et qu'il connaît le mieux, et la verve de ceux qui ont le bon sens, le bon sens paysan de chez nous. Car, historiquement, sociologiquement, traditionnellement, chez nous, le malheur réveille la générosité spontanée, plus que la compassion ou la solidarité des bonnes gens, tandis qu'à notre époque dite moderne, hélas! il semble que l'on favorise le choc des civilisations, non le dialogue des civilisations. Aussi est-il important pour tout écrivain, dont la conscience s'ouvre à la conscience de l'humain, de dire l'homme en quelque lieu qu'il se trouve et de dénoncer toutes les ségrégations qu'il subit, y compris l'intellectuelle. C'est ainsi qu'après avoir écrit, sur des pays en proie au désespoir, des livres comme Les Hirondelles de Kaboul, L'Attentat, Les Sirènes de Bagdad, Ce que le jour doit à la nuit, Yasmina Khadra s'interroge sur la marche de la société mondiale dont l'impotence est manifeste, aggravant inexorablement sa décadence: comment va le monde et où va le monde.
L'Olympe des Infortunes pourrait apparaître pour le simple lecteur comme une fable moralisatrice avec quelques idées philosophiques ou comme une forte parabole de la comédie humaine. Mais ici, me semble-t-il, la réalité développe la fiction et la fiction conforte la réalité. Avec ce «roman», nous sommes d'une certaine manière en plein dans ce qu'aucun auteur algérien n'a encore dit de son pays, quelque chose qui suscite aussi bien un intérêt sociologique immense (voire citoyen) qu'une admiration pour un talent authentique débridé parce que sincère et complètement enraciné dans sa Terre Maternelle. Certes, raconter son pays n'est pas dévalorisant, mais tout dépend, comme c'est le cas ici, de la qualité de la pédagogie appliquée et de la pertinence du propos. Je crois beaucoup, par le temps qui court, à l'action pédagogique pour éveiller les consciences endormies par les discours soporifiques des clercs en mal d'ambition. Voici donc un thème universel subtilement développé en un drame qui se joue à la surface de la Terre des Hommes. de quoi s'agit-il?
Un peuple - au sens de populus - habite un vague territoire sur lequel s'élève une montagne d'immondices, déchets des richesses de la société voisine en déliquescence. Ce peuple constitue une communauté sociale unie par des liens divers et multiples. Mais, réduite à l'infortune, cette communauté prend conscience de l'Absurde de la vie. Un groupe d'êtres humains, des miséreux, des laissés-pour-compte, des parias, des vagabonds, des clochards (et quoi encore d'autres?), se trouvent exilés (ou se sont exilés), face à la mer infinie, la mer aux mille horizons où, peut-être, que de rêves, les solitaires pourraient réaliser! Chacun d'eux est un personnage d'un royaume fantastique et y tient son rang imposé dans la hiérarchie de cette société de va-nu-pieds. Une foule, hors du temps et de l'espace, s'y anime. Il y a des anges et des monstres, des braves et des couards, ceux qui sont nés pour commander, ceux qui sont nés pour être commandés, des poètes et des spirituels, certains fouillent dans les poubelles,...c'est-à-dire une tribu étrange, formée d'étranges individus conçus pour être tous les acteurs d'une histoire vraie: oui même une fable sociale à laquelle on ne croit pas, on ne peut croire, mais que l'actualité, de son plein phare lumineux et brûlant, nous met crûment sous les yeux. Tout devient ombre de corps déformé, sans gloire possible, sauf dans une étourdissante projection d'un réalisme psychologique rare que seule l'imagination transcende en type humain revivant l'humanité disparue et capable d'envisager le futur. Les personnages d'une action qui se déroule en un seul lieu comme dans la tragédie classique française, s'ébauchent dans des situations extraordinairement pathétiques souvent, lyriques parfois, ambiguës la plupart du temps, humaines toujours, et tout leur intérieur, leur fond, l'essentiel de leur réalité, noyés constamment dans l'alcool, - et sans doute dans l'oubli philosophique. Ils s'appartiennent à eux-mêmes, chacun conservant les marques de son individualité singulière; ils constituent la tribu des «Horr», des hommes libres, échappés à tous les pouvoirs. Ce sont des marginaux, si j'ose dire, exemplaires, vivant loin de la ville et de sa civilisation qu'ils ne sentent pas dans leur coeur. Vision de ceux qui, assumant les conditions de leurs tourments avec la fortitude requise, nient tout ce qu'ils ne conçoivent pas librement, sont éternellement insatisfaits, fuient les barbares et leur civilisation rétrograde. Chaque modèle de personnage est une force exceptionnelle; il est créé pour participer à un jeu dramatique universel. L'image pitoyable de chacun d'eux concourt à la vérité d'existence de l'ensemble du groupe: des cas douloureux, des plaintes émouvantes, des volontés rebelles, des intelligences de talent, tous victimes de la destinée se dressant avec éloquence pour se dire et dire une civilisation sous influence morbide. le gros de ce peuple se moque de la civilisation d'à-côté, il refuse d'y retourner; il rêve de ne plus y retourner; il rêve d'une utopie transcendantale où l'on ne renonce ni à la poésie ni à l'existence et où l'on ne croise jamais l'enfer sur son chemin de liberté. Or, en fait, ces protagonistes vivent en vase clos, un enfer à leur mesure, ce qui les rend sympathiques, cocasses, truculents, plus d'une fois, et assurément séduisants par bien des aspects. Alors voici quelques personnages qui se débattent dans la solitude du vivre où tous les coups sont permis, sans honte ni regret, complètement fermés sur eux-mêmes, chacun pour soi et sans partage de la Bonne Fortune, même si elle est imaginaire. Il y a, comme dans tout pays souverain, un Chef, ici c'est le Pacha et sa cour qui ne dessoûlent pas. Il y a les deux occupants d'un ancien fourgon de police abandonné: le philosophe Ach le Borgne (appelé aussi «le Musicien», il joue du banjo et fait chanter la lune) et son «souffre-douleur», son cohabitant Junior le Simplet que la Ville attire. Il y a les deux fins rôdeurs Bess le Solitaire avec son chien, Haroun qui fait le sourd pour n'écouter personne, l'énigmatique Mama la Fantomatique et son soûlard de compagnon dont le lien est flou (est-ce son père, son frère ou même son fils?), et bien d'autres personnages aussi obscurs qu'attachants. J'imagine bien le bonheur de Yasmina Khadra à l'instant de faire le portrait de ses personnages, de leur donner une âme et de les faire agir. Ah! quelle vivacité de langage ou plutôt de l'à-propos émaillé de riches proverbes, de répliques mordantes chez ses personnages de grand théâtre populaire! En voici un échantillon: «L'argent est la plus vilaine vacherie.», «Un bon Dieu, c'est comme un préposé aux postes. Si on le charge tout le temps, il finit par péter un câble.». Et ce dialogue entre Ach et Junior? «- Qu'est-ce qu'un Horr, Junior? - Un clodo qui se respecte, Ach. - Il marche comment, un Horr,
Junior? - Il marche la tête haute, Ach. - Et toi, comment tu marches, Junior? - Je marche la tête haute. - Parce que tu as choisi de vivre parmi nous. C'est-à-dire: Ici... Dans notre patrie. Où pas une bannière ne nous cache l'horizon. Où pas un slogan ne nous met au pas. Où pas un couvre-feu ne nous oblige à éteindre le feu de notre bivouac à des heures fixes. D'ailleurs, il n'y a pas d'heures chez nous. (p. 20)» Ainsi, Yasmina Khadra revient spécialement à son pays, si tant est qu'il l'ait vraiment quitté, un jour. Il s'y arrête donc librement, afin de poursuivre son aventure littéraire, c'est-à-dire pour essayer de raconter son pays en toute conscience. La parabole qu'il nous propose dans L'Olympe des Infortunes nous incite à la réflexion et nous invite à nous «revoir», et peut-être le travail que nous ferions sur nous-mêmes, nous aiderait-il à nous rencontrer enfin avec nous-mêmes pour une existence humaine, et pourquoi pas hautement poétique. le talent de conteur de Yasmina Khadra rejoint celui de notre merveilleux meddâh au temps de nos derniers meddâd-ha qui apparaissaient et devinaient nos angoisses et nos espérances et nous aidaient à comprendre et à aimer. Rien des profondeurs de ce drame évoqué dans L'Olympe des Infortunes ne doit échapper à nos regards intelligents.
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patachinha
  11 avril 2010
Je découvre pour la première fois Yasmina Khadra avec L' Olympe des infortunes, et j‘ y ai pris beaucoup de plaisir. Ce roman me donne l' envie de découvrir ses autres titres.
Il aborde un thème qui m' est très cher, à savoir la question de l' exclusion et de la pauvreté. C' est un monde qui grouille en parallèle de notre société, que nous côtoyons si souvent sans qu' on prenne forcément la peine de s' arrêter pour regarder ce qui se passe de l' autre côté du fossé. Ils sont pourtant si visibles, mais personne ne les voit, c‘ est certainement plus facile de détourner le regard…
Yasmina Khadra a choisi l' abondance des personnages, tous plus particuliers les uns que les autres pour dépeindre ce monde d' incohérence et de solitude. Car si la majeure partie de ces laissés-pour- compte récuse la société dans laquelle il vivait, ses valeurs; ce refuge n' est autre qu' une micro-société, où l' oisiveté se dispute à la beuverie, aux railleries, aux bagarres, aux réflexions disparates sur un monde meilleur, à des gestes dépourvus de sens…

Ce livre nous fait poser beaucoup de questions, sans laisser de réponses claires. Qu' est-ce qui amène une personne dans la vie réelle à s' enfoncer dans ce milieu si obscur, si lointain, si inconcevable? Comment arriver à ne pas être miné par la folie et espérer un jour meilleur? A quoi, à qui s' accroche-t-on dans ces instants où on est seul face à soi même, face à ses échecs, face à une société qui nous rejette? Pourquoi préfère-t-on s' embourber encore un peu plus plutôt que de chercher secours dans la société dite individualiste? Car je ne crois pas qu' il n' y est qu' individualisme et égoïsme, parfois on tend la main et on ne récolte que mépris ou méfiance…

L' auteur a voulu je pense dénoncer ces gens abandonnés à leur sort, mais il donne aussi une vision très humaine des relations que ces indigents entretiennent entre eux. Il y a une sorte d' éthique entre ces compagnons d‘ infortune, bâtie sur une solidarité primaire et si touchante. Je me suis beaucoup rappelée du livre Dans la dèche à Paris et à Londres d' Orwell. Car on sentait vraiment qu' il existait une rivalité, une méfiance réciproque, en même temps qu' un soucis d' aider de façon désintéressée, aider son prochain dans la nécessité. C' est finalement beau et pas si utopique, dans le total dénuement on est capable du meilleur et du pire…
De tous les vices, triomphe finalement de belles valeurs, que les âmes aigries, noircies par tant de souffrances ne savent effacer.

Je dédie ce livre, même s' ils ne le sauront jamais à quatre personnes que je croise depuis des années et qui m' ont toujours intriguée. Une dame d' une quarantaine d‘ années, si souriante, qui dit bonjour à tout le monde, avec son gobelet, qui attend sagement devant chez André que quelqu' un s' arrête pour elle, ou simplement lui rétribue ce sourire si sincère.
Un monsieur d' une cinquantaine qui a ses habitudes devant l' Eglise Saint Maurice, et qui crie toujours bonjour madame! à tue-tête pour attirer l' attention. Un jeune homme d' une trentaine qui se plante fréquemment devant une boulangerie Paul, avec son petit chien, par jour de pluie, vent et même de neige. Enfin une dame de couleur que l' on croise le plus souvent à la Gare Lille-Flandres avec des habits tous plus improbables les uns que les autres, ses canettes de bière, ses chicots, sa bave, son regard hagard , qui n' a pas l' air d' avoir conscience d' où elle se trouve. C' est à ces gens que je pense automatiquement dès que l' on me parle de pauvreté. La ville est le théâtre de beaucoup plus de misères, elles sont plus visibles du moins. Si ces gens pouvaient s' imaginer que je pense à eux, ça ne leur avancerait à rien de le savoir au fond, ou peut- être que si qui sait? La satisfaction de ne pas se savoir invisibles, et de ne pas être si répugnants aux yeux d' autres humains …
 
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linabdl
  09 août 2012
Yasmina Khadra m'intriguait beaucoup. Un homme prenant un pseudonyme de femme, c'est assez osé je trouve ! Je ne partais avec aucun préjugés, je souhaitais juste voir ce que son style et son imagination valaient, et surtout pour découvrir un auteur pour « adulte » éloigné des histoires d'adolescents que j'ai l'habitude de lire. J'espèrais trouver une lecture mature dans ce livre.
L'histoire n'a rien de si extraordinaire, il s'agit simplement du quotidien d'une bande de clochards, avec leurs rêves effacés, leurs ambitions détruites, leurs peurs et leurs doutes immenses.
Nous suivons tout particulièrement Junior, un brin simplet que Ach le Borgne a prit sous son aile.
Junior, m'a ému, de part sa naïveté, son innocence et sa gentillesse. Il est tellement touchant, j'ai parfois eu la larme à l'oeil. le courage dont il fait preuve à la fin m'a beaucoup plu.
Ach est très émouvant aussi, il est franc et il exerce sur Junior une autorité paternelle. Même s'il est égoïste, parfois dur et qu'il souhaite être exclusif pour Junior, il n'en est pas moins sensible.
Je me suis attachée à toute leur bande, Pacha, Mama, Dib, Négus, Pipo, Bliss et tout le reste. Certains de leurs échanges sont très drôles, d'autres sont plus tristes.
Concernant l'intrigue, rien de bien transcendant. La fin ne m'a pas surprise, même si je ne m'y attendais pas. Elle est quand même assez dure à avaler et m'a laissé un goût d'inachevé.
Le style d'écriture de l'auteur est absolument divin. Il arrive à marier l'ironie, la philosophie et la douceur, et il a su m'attendrir.
La morale de l'histoire la rend d'autant plus belle. Comme quoi, on peut tout avoir comme on peut tout perdre, et on peut être heureux sans être riche.
En conclusion, je dirai que ça été une excellente découverte, je relirai des livres de Yasmina Khadra avec plaisir.
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brijouII
  08 août 2013
L'histoire en 2 phrases courtes :
Sur une décharge, quelque part au bord de la Méditerranée, la vie d'un groupe d'exclus qui, malgré un extrême dénuement et une totale pauvreté, tentent tout simplement de rester « vivants ».
Résumé :
L'Olympe des Infortunes, est un terrain vague coincé entre la mer, la ville et la décharge. C'est le sommet de la misère.On ne peut tomber plus bas.
Le titre rien qu'à lui seul met en opposition cette dualité : Olympe et déchéance.Quant les Infortunes atteignent un point à peine imaginable : là où le commun des mortels n'oserait même plus s'avancer… là où les dieux sont des décharnés et des laissés pour compte…
Sur cette terre ingrate vivent des hommes et une femme qui n'ont plus rien ni personne. Ils se raccrochent les uns aux autres avec ardeur et violence, de manière désespérée, chacun à sa façon, avec ce qui lui reste de force…
Chaque personnage est décrit sans aucune méchanceté et avec beaucoup de délicatesse. C'est là que Khadra excelle. Là où tout est noir, sombre, sans espoir, il arrive avec son écriture à redonner du relief à une société à la dérive.
Il y a Ach, dit Le Borgne , qui est probablement le réel pilier de ce monde en détresse. Il est le dernier bastion de lucidité dans cette anti-chambre de la mort.Ach, est aussi le Musicien du groupe , qui le soir avec son banjo tente un peu de (se) redonner espoir. Il a pris sous son aile Junior, baptisé aussi Simplet. C'est le plus jeune du groupe, il n'a pas trente ans et est simple d'esprit. Ach est son guide et le protège contre lui-même.
Il y a Bliss et ses chiens ; Haroun , la tête brûlée du groupe, qui met sa vie en péril à tout moment ; il y a aussi Einstein, qui se prend pour le chercheur de ce petit monde à la dérive et tente ses expériences, concoctées à base de reste de médicaments, sur les animaux croisés sur la décharge ; il y a Negus, le nain, dont l'armée n'a pas voulu en raison de sa petite taille ; il y a le Pacha , qui fait régner la terreur sur cette société bancale et sa société de soulards ; Pipo, son ami et amant ; Mama , qui n'a pas d'âge et Mimosa, dont on ne sait s'il s'agit de son père, son frère, son fils ou son compagnon tant l'alcool l'a abruti, …
C'est une Cour des miracles du XXIème siècle, tout près de chez nous.Tous ces personnages recréent un microcosme de société : les décideurs, les suiveurs, les sages, les dociles, …
Comment tous ces malheureux sont –ils arrivés là ? Et que vont-ils devenir ?
Khadra nous fait découvrir ici un monde qu'on n'a pas envie de voir, dont on ne veut même pas entendre parler.
Mais derrière la décharge, le monde est-il plus serein ? Il semble que non. C'est la guerre, et la violence y est aussi présente. Pour les habitants de la décharge s'aventurer en ville est une expédition très périlleuse. Khadra dit peu de choses de ce qui se passe en ville, mais on imagine que ce monde n'est pas plus confortable ni plus rassurant.
Finalement l'Olympe des Infortunes ne représente-t-il pas la dernière forteresse ? La dernière certitude ?


Mon avis: Quand j'ai reçu ce livre je n'avais franchement aucun envie de le lire. Jamais je n'aurais acheté un tel roman (mais s'agit-il bien d'un roman ???) ;Dès les premiers mots on sent que ce sujet terrible sera traité avec beaucoup de délicatesse sans en occulter aucun aspect. Rien ne nous est épargné : la saleté, la puanteur, les soucis intestinaux, la crasse, la laideur, la peur, … mais contre toute attente il y a dans ce livre, une certaine poésie, un regard bienveillant de l'auteur sur ces déchus et miséreux…
Un sujet difficile (qui explique peut-être le silence ou le peu d'écho fait à cet ouvrage) traité avec intelligence et humanisme.
L'écriture est fluide, souple. Les personnages sont décrits avec générosité.Un livre difficile par son sujet, mais jamais totalement démoralisant.

Conclusion:Voici un autre « Khadra ». Pour compléter la connaissance que l'on a de cet auteur, et sortir un peu de ses sujets favoris (conflit au P.O) l'Olympe des Infortunes est à lire. Roman philosophique par excellence, ce livre riche offre l'occasion d'un approfondissement très intéressant par la multiplicité des thèmes qui y sont abordés. Un livre à distribuer aux Terminales pour un sujet philosophique du Baccalauréat. Ce n'est pas parce que le sujet est difficile que le livre doit être évacué
Trois bonnes raisons de lire ce livre ?
- Un livre poétique malgré un sujet difficile et rebutant.
- Découvrir un grand auteur, un autre Khadra. Ici il ne s'agit plus du conflit israélo-palestinien , thème cher à l'auteur, mais la narration d'un monde d'exclus décrit avec finesse et compassion.Khadra est un écrivain qui ne reste pas figé dans un seul genre. Il sait se renouveler avec bonheur.
- Des personnages, somme toute, fort attachants
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Malaura
  21 juillet 2011
Un terrain vague entre une décharge publique et la mer, c'est dans ce no man's land de sable et de détritus que survivent Ach le musicien, Junior le simple, Pacha et sa bande, et d'autres laissés-pour-compte, marginaux et clochards, rebus d'une société dont ils se sont définitivement détournés.
Tous ont subi la violence de la ville, excepté Junior.
Protégé par Ach, il ne connaît que la décharge et ne peut s'empêcher d'être attiré par cet univers méconnu de lui.
Aussi, entre honte, culpabilité et espoir insensé, Ach le laisse-t-il un jour partir vers la ville.
Avec un manichéisme un peu trop tranché, Yasmina Khadra propose une métaphore de nos sociétés actuelles et de nos cités, aussi venimeuses que des nids de vipères.
Le lecteur (surtout occidental) a un peu de mal à adhérer à cette vision sans détour de ville "carnassière" broyeuse d'hommes, où misère, innocence et pureté n'ont pas droit de cité.
Une fable moderne qui n'a ni la puissance, ni le réalisme sombre des précédentes oeuvres de l'auteur mais dans laquelle on retrouve tout de même sa langue imagée, cocasse et poétique et son inimitable style.
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Citations & extraits (53) Voir plus Ajouter une citation
MyriamBachonMyriamBachon   23 juin 2010
La vraie richesse est de ne rien attendre des autres.

Si j’étais le Bon Dieu, je finirais par me manifester pour mettre un terme à la pagaille qui sévit sur terre.

Si on refilait un sou à chaque con sur Terre, on finirait par ruiner tous les empires ;

Aucun homme n’a le droit de tourner le dos au Monde. Son devoir est de faire face à l’adversité, de lui survivre, car le sacrifice suprême n‘est pas d’offrir sa vie, mais de l’aimer malgré tout.

Que l’on soit couvert de hardes ou de soie, l’on n’est jamais que soi.

Méfie toi de ce qui brille ; lorsque ça ne t’aveugle pas, ça te brûle.

L’amour est l’essence de la vie, son sens et son salut.S’il vient vers toi, garde-le et ne le lâche plus. S’il te fuit, cours-lui après. Si tu ne sais pas où le trouver, invente-le. Sans lui, l’existence n’est qu’un gâchis, un passage à vide, une interminable chute libre.

La ville, ce n’est pas un endroit où on se reconstruit quand on tombe très bas.
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linabdllinabdl   09 août 2012
Le soleil s'enlise inexorablement dans la mer. Il a beau s'agripper aux nuages, il ne parvient pas à empêcher la dégringolade. On voit bien qu'il déteste se prêter à cet exercice de mise en abîme, mais il n'y peut rien. Toute chose en ce monde a une fin et aucun règne n'échappe à son déclin.
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myrtille67myrtille67   10 décembre 2012
Ah ! Mimosa, Quelle Enigme ! Nul n'est en mesure de confirmer s'il était le compagnon, le père, le frère our le fils de Mama. Ce que l'on sait de lui est strictement ce que l'on voit : un reliquat existentiel insoluble ; un produit social non identifiable, sans traçabilité ni mode d'emploi ; un être tombé au rebut, livré à la tyrannie des jours et à la décomposition éthylique. Petit, déshydraté, le teint terreux et l'oeil opaque, il doit peser une quarantaine de kilos, toutes tares comprises. Pas un chicot dans la bouche, pas d'ongles à ses doigts, le visage tailladé par l'usure des peines perdues - bref, une épave à la dérive indissocialbe des désolations ambiantes.
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ChezLoChezLo   13 novembre 2010
- Eh bien, si t'es content, je le suis aussi. Il faut que tu te visses ceci dans le crâne : ici, c'est notre Olympe, et t'es ma part d'éternité. A nous deux, nous sommes le monde. T'es l'oeil qui me manque, je suis la raison qui te fait défaut. Alors s'il-te-plaît, tâche de ne pas trop t'éloigner. Je parie que t'es allé sur la jetée, ce matin. Que tu t'affiches avec Haroun, ça passe, c'ets un Horr. Mais que tu te mêles aux gars de la jetée, qui font le contraire de ce qu'ils promettent, qui crachent sur la ville et qui se gênent pas de fouiller dans ses poubelles, ça, c'est pas réglo. Ces zigotos sont capables de t'entraîner avec eux jusqu'en ville et...
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linabdllinabdl   09 août 2012
- Tu nous pompes l'air.
- Il y en a pour tout le monde...
- De moins en moins quand tu ouvres ta gueule.
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