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Thomas Johnson (Collaborateur)
ISBN : 2912485975
Éditeur : France inter (16/03/2006)

Note moyenne : 4.85/5 (sur 13 notes)
Résumé :

Surnommé " l'Homme légendaire " par le Washington Post, Igor Kostine est un témoin capital de la catastrophe de Tchernobyl. Le 26 avril 1986, quelques heures seulement après l'explosion, il survole la centrale.La radioactivité est si forte que toutes ses pellicules deviennent noires. Une seule photo pourra être sauvée: elle fera le tour du monde. Surpris par l'ampleur de la catastrophe et par le silence des autorité... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
nameless
  06 mars 2016
Surnommé l'oeil de Tchernobyl, Igor Kostine est le premier photographe à avoir survolé la centrale éventrée le 26.04.86. De ses photos, il n'a pu en sauver qu'une seule, la première, probablement protégée par le rouleau de la pellicule, toutes les autres ayant noirci, comme exposées en pleine lumière, en raison des radiations. Cette photo, granuleuse , censurée dans son pays, est cependant planétairement connue. C'est l'unique cliché au monde, pris le jour de l'explosion.

Dans cet ouvrage publié en 2006 par les Editions des Arènes, la mise en page est aussi grave que la catastrophe évoquée : texte imprimé en blanc sur fond noir, liseré blanc, comme un faire-part de décès inversé. Igor Kostine raconte les faits chronologiquement, sans sensationnalisme. Il décrit le travail des liquidateurs, “Ces ouvriers qui sont sur place parlent la même langue que moi. Ce sont les miens, mes frères, mes semblables. Je suis des leurs. Je reste” (p. 10). Armés de pelles, équipés de protections archaïques, on leur a promis des salaires extravagants, une datcha, en reconnaissance du travail accompli. Ils ont finalement dû se contenter d'être bien nourris et abreuvés, de la viande deux fois par jour, et de la vodka en quantité illimitée. La plupart sont morts, certains encore en vie, sont gravement malades. le pouvoir n'a jamais reconnu officiellement leur sacrifice, et n'a indemnisé que les plus revendicatifs parmi eux, faiblement et au terme d'interminables procédures.

Les photos rassemblées dans cet ouvrage sont poignantes. Elles ne flattent pas l'instinct voyeuriste qui peut parfois sommeiller en certains spectateurs. Au contraire, elles sont sobres, pudiques et respectueuses. Elles montrent des hommes que l'on pourrait prendre pour des sidérurgistes, des mineurs, sauf qu'ils se trouvent sur un site apocalyptique, fait de béton effondré, d'acier tordu par la chaleur. Elles montrent Pripiat, ville modèle, l'une des plus jeunes d'URSS, construite dans les années 70 pour loger le personnel de la centrale. Pripiat comptait 47 000 habitants dont 17 000 enfants en 1986. Les photos du Luna-Park, de la piste des autos-tamponneuses à l'abandon, parlent mieux et plus fort que n'importe quel discours pour dire le cours de la vie interrompu. Elles montrent l'arrivée du printemps 87, un verger en fleurs, la nature se montrant particulièrement luxuriante, tentaculaire et généreuse quand elle est "radio-activée". Les pommes de Tchernobyl sont réputées pour leur taille exceptionnelle, les poissons-chats aussi, longs d'un mètre vingt. Elles montrent les cimetières à ciel ouvert de tous les matériels, hélicoptères, camions, voitures, engins militaires, abandonnés parce que plus contaminés que le reste (la tôle absorbe très bien les radiations) : carcasses vides, capots relevés, tout ce qui pouvait être pillé l'ayant été, pour être recyclé et revendu sur des marchés “parallèles”. Seules, deux photos montrent, les mutations génétiques subies par un jeune enfant et un poulain à 8 pattes. Elles suffisent à expliquer leur ampleur.

Mais c'est surtout sur les Samosioly, “ceux qui se sont installés d'eux-mêmes”, qu'Igor Kostine s'attarde le plus longtemps et avec le plus de tendresse. Au fil de ses séjours à Tchernobyl, ils sont devenus ses amis. Ils sont rentrés dans leurs maisons pillées quand leur village n'a pas été enterré, vivent de leurs potagers, de la chasse, le gibier étant revenu en abondance depuis la disparition de son seul prédateur, l'homme. Les Samosioly sont nés là, et mourront là. Igor Kostine est quant à lui décédé en juin 2015. Ce reporter photographe qui a couvert des guerres et affronté le feu nucléaire, endommageant gravement et définitivement sa santé pour témoigner, a perdu la vie à l'âge de 78 ans, dans un accident de la route.

Une magnifique évocation, un hommage touchant à toutes ces petites gens qui 30 ans après, et pour des dizaines de milliers d'années encore, payent lourdement les conséquences de l'inconscience, du cynisme, de l'indifférence de leurs hommes politiques. Et pendant ce temps, une ministre de l'anti-écologie, Royal-ement irresponsable, annonce la prolongation de l'exploitation de centrales nucléaires, fatiguées, usées, obsolètes, dangereuses. Merci qui ?
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Bafie
  23 avril 2016
Tchernobyl, j'avais 25 ans lorsque la nouvelle d'un accident à la centrale nucléaire a retenti.
30 ans plus tard, je suis toujours fascinée par ce sujet. La conquête de l'atome me ramenant sans cesse au mythe de prométhée.
Ce reportage d'Igor Kostine est unique parce qu'il est le premier à avoir survolé la centrale éventrée le 26/04/1986. Ensuite, avant de publier cet ouvrage, pendant 20 ans, il s'est attardé sur ces lieux, il a tissé des liens avec les hommes qui ont travaillé autour du cadavre de la centrale, avec ceux qui sont revenus vivre sur place : les Samosioly.
Merci de votre témoignage monsieur Kostine.
Qua chacun puisse le lire et faire son ID, j'entendais ce matin à la radio que la question d'être pour ou contre le nucléaire était question d'idéologie…je ne trancherai pas ici la question.
Avant de vous quitter, je vous propose néanmoins une autre lecture : Svetlana Alexiévitch : Tchernobyl, chronique du monde après l'apocalypse.
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Florence94
  15 octobre 2013
Reportage photographique réalisé par Igor Kostine à Tchernobyl à partir du premier jour de l'explosion du réacteur de la centrale nucléaire. Il a été le premier photographe reporter sur les lieux de la catastrophe. Ses photos ont servi à l'organisation des travaux de déblaiement. Plus tard il est revenu plusieurs fois sur les lieux afin de témoigner des conséquences de l'accident.
Ce reportage ne laisse pas indifférent. Les photographies sont édifiantes et "parlent" d'elles-mêmes sans avoir besoin de milliers de lignes d'explication.
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Mosaik
  04 juillet 2019
un incroyable reportage photo sur Tchernobyl. Très instructif. après la série télé du même nom qui est sorti depuis peu, c'est complémentaire et complet
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petitefadette
  12 juin 2019
Si Tchernobyl vous intéresse, jetez-vous sur ce livre.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
namelessnameless   07 mars 2016
Il faut introduire dans le Code pénal international un nouvel article : "Tous ceux qui ont caché, cachent ou ont l'intention de cacher la vérité sur des catastrophes semblables à celle de Tchernobyl, par analogie avec le procès de Nuremberg, doivent être jugés pour crimes contre l'humanité sans délai de prescription, en les poursuivant partout dans le monde". Boris Oliïnyk, poète et homme politique ukrainien.

Page 236
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Florence94Florence94   15 octobre 2013
mais c'est Tchernobyl qui a changé ma vie, qui a fait de moi une autre personne. Aujourd'hui, j'ai beaucoup de mal à vivre avec les autres. Je ne comprends pas ce qui les préoccupe : le salaire, le quotidien, leurs petites affaires sentimentales. A côté du malheur que j'ai vu, ce n'est rien. Cette catastrophe m'a moralement transformé. Elle m'a purifié, nettoyé. Après Tchernobyl, j'étais comme un nouveau-né ...
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petitefadettepetitefadette   12 juin 2019
Les aléas de mon métier de journaliste m'ayant amené à sonder le mystère qui entoure encore ce drame, il m'apparaît comme étant l'événement fondateur d'une ère nouvelle. Après Tchernobyl, l'humanité commence timidement à se rendre compte que sa volonté de maîtriser la nature et sa quête inextinguible d'énergie nécessaire à une consommation effrénée la rendent plus fragile qu'un funambule.
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