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EAN : 9782221137079
270 pages
Éditeur : Robert Laffont (20/02/2014)

Note moyenne : 4/5 (sur 45 notes)
Résumé :
La poursuite aveugle et effrénée du bonheur explique sans doute notre difficulté à être heureux.
Un livre de développement personnel alternatif, à contre-pied des livres et méthodes magiques et « positives » dont le « marché du bonheur » nous submerge.

Le bonheur semble le nouveau Graal de notre époque : plus nous le cherchons, plus il semble se dérober. C'est que la majorité d'entre nous cherche un bonheur idéalisé, impossible à atteindre, une... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
Nicolas9
  21 janvier 2020
Ce livre est un livre de vie... Cela peut toutefois sembler emphatique, mais sa lecture m'a littéralement éclairé. En effet, ce chercheur belge partage dans cet essai la substantifique moelle de sa profonde connaissance des auteurs anglo-saxons. Et il va à l'essentiel en un peu plus de deux-cents pages qui se dévorent très vite.
Après avoir décortiqué « l'illusion d'un bonheur assimilé à une suite de plaisirs sensoriels mis bout à bout » tel qu'il est vendu par la société de consommation, Kotsou nous met en garde contre « l'obligation d'être heureux » véhiculée par certains thuriféraires de la pensée positive : « devoir se forcer à être heureux ou s'interroger continuellement sur son état sont de vrais obstacles à savourer le présent. » Et c'est peu dire !
Selon Kotsou, la meilleure manière de renforcer les pensées dérangeantes et les phobies est de vouloir les éviter. Que ce soit en recourant aux somnifères et autres antidépresseurs ou en les fuyant par l'hyperactivité ou l'ascétisme professionnel, voire sportif.
D'accord. Mais alors, que faire ? Eh bien, nous dit ce spécialiste de l'intelligence émotionnelle, il faut a contrario accepter ses émotions « négatives » et les prendre pour ce qu'elles sont : des idées qui traversent plus ou moins fréquemment notre esprit au milieu de milliers d'autres idées, plus ou moins agréables.
Une fois qu'on a réussi à prendre conscience qu'elles ont l'impact qu'on veut bien leur donner, il « suffit » de les accepter et de les remettre à leur juste place : des idées qui passent et qui n'ont aucun effet sur nous. A fortiori si nous apprenons à les regarder passer sans les craindre.
Car, « reconnaître ses émotions, cela veut dire être capable de les identifier (et de les décrire), savoir quand nous sommes en colère, triste ou anxieux. Cela nécessite de développer l'aptitude à prendre conscience, sans jugement, de ce qui se passe en nous. Nous n'en serons peut-être pas plus détendus (dans un premier temps), mais nous y gagnerons en liberté. »
Raison pour laquelle, être capable (si possible sur le moment, sinon juste après) de se décrire à soi-même (ou à un proche) les palettes des émotions ressenties, permet d'en diminuer fortement l'impact. C'est en tout cas ce que révèle l'étude scientifique de Richard Pond (2012).
Or, pour être moins soumis au flux et au reflux de nos états d'âme, il faut d'abord avoir le courage de nous y exposer « et, quand nous les avons identifiés, les accueillir et passer du temps avec eux. Quand on apprivoise un animal, on s'en approche doucement en diminuant progressivement la distance qui nous sépare de lui. »
Ainsi, en acceptant d'affronter des contextes que nous avions pris l'habitude de fuir, nous livrons (au début) un combat libérateur qui nous ouvre des perspectives auxquelles nous avions renoncé.
En effet, « prendre nos pensées au sérieux leur offre beaucoup trop d'influence sur nous. Une idée à laquelle nous donnons du crédit est à même de déclencher dans notre corps des réactions identiques à celles d'un fait réel comme une accélération du rythme cardiaque, une crise de larmes... et nous mettre dans une situation de stress sans qu'aucune cause objective ne soit présente. »
La solution paraît simultanément aisée et complexe : « considérer nos cogitations comme de simples pensées. » Et les voir passer en nous comme nous regarderions déambuler des individus depuis la terrasse d'un café. Car, « en nous rendons compte que nos ruminations ne sont que des concepts, même et surtout quand elles prétendent le contraire, nous nous en distançons. »
Ilios Kotsou se lance ensuite dans un réquisitoire contre la sacrosainte « estime de soi ». Car, poussée à l'extrême, plutôt que de nous aider à supporter les moments de crise qui ne manquent pas de subvenir dans la vie de chacun, celle-ci « nous conduit à tenter d'ignorer ou de masquer nos vulnérabilités. » Or, qui dit déni, dit évolution impossible.
C'est pourquoi l'essayiste lui préfère « la douceur envers soi » qui n'implique pas d'autoévaluation, donc le risque d'accroître encore son stress ou son agressivité. Les études de Kristin Neff (2007 et 2011) démontrent que les personnes plus indulgentes envers elles-mêmes ruminent moins et sont protégées des effets ravageurs de l'anxiété. Au niveau de ses conséquences positives, « la compassion pour soi » amène celles et ceux qui l'ont intégrée à davantage de sociabilité, d'optimisme et d'initiative.
Car, « d'une manière paradoxale et contre-intuitive pour la plupart d'entre nous, la douceur envers nous-même nous pousse à nous corriger, à donner le meilleur de nous. » Ainsi, au sein d'un couple, les bénéfices de l'autocompassion seront immédiats : en la pratiquant, on est beaucoup moins sur la défensive et on admet plus facilement ses torts. Comme on ne craint pas une agression de notre égo boursouflé donc friable, on sera plus serein, réaliste et on essaiera de faire mieux quand l'occasion se présentera à nouveau.
Accepter sa propre vulnérabilité, au lieu ne nous affaiblir, nous unit au genre humain et nous permet d'aller vers l'Autre sans peur d'être humilié ou anéanti. Effectivement, « nous pouvons impressionner par nos grandeurs et réussites, mais nous ne sommes touchés et touchons que par nos fragilités et nos blessures. » le grand Leonard Cohen l'avait compris : “Il y a une faille en toute chose, c'est par là qu'entre la lumière.”
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Bruno_Cm
  30 décembre 2019
Un livre dont je craignais la mièvrerie ou le trop-plein-de-bons-sentiments, mais il n'en est rien. Ce livre est presque parfait. Pas trop long, cet aspect ne découragera personne. Il est très clair, pas de termes trop complexes ou abstrus, ce qui ne découragera donc personne.
Il fait des distinctions importantissimes entre l'estime de soi, dont on n'arrête plus de parler, et qui serait un concept qui est insuffisant ou qui ne mène pas à la sérénité, au contraire d'une forme d'autocompassion, de douceur envers soi, qui elle semble plus oprante, plus réaliste, plus lucide.
De même différence faite entre la pensée positive et la psychologie positive. « Il me semble encore important de rappeler la distinction entre la pensée positive et la psychologie positive. Alors que la première est un courant qui postule un effet magique de nos penses sur nos vies, la psychologie positive est une discipline scientifique qui étudie les moyens d'améliorer de manière réaliste le bien-être individuel et collectif en focalisant davantage notre attention sur les ressources que sur les difficultés. »
Un passage par les thérapies TCC de la troisième vague, les thérapies de l'acceptation.
Kotsou propose alors tout un tas de conseils, de pistes, une forme de méthode pour augmenter à la fois sa compassion pour soi, et sa lucidité. (C'est un peu court, dit comme ça, mais... lisez-le livre.)
Et bien sûr ce qui est fondamental, c'est l'étayage par des études et des références scientifiques sérieuses.
Et bien sûr ce qui est fondamental, c'est l'étayage par des poètes, des philosophes, des êtres vivants qui ont perçu et perçoivent l'importance de tout ce qui est là.
Ilios Kotsou a réussi ce livre. Et ce n'était pas du tout gagné d'avance.
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Nayac
  20 décembre 2015
Lucidité... ou renoncement?
Ce risque du renoncement à chercher le bonheur qui n'existe que comme chemin et non comme but, est écarté par l'auteur.
auteur qui nous met en garde quant à diverses illusions:
- l'assimilation du bonheur au plaisir
- les dégâts de la course effrénée à l'estime de soi
- la chimère d'une vie sans incidents ou accidents...
Ilios Kotsu propose plusieurs pistes, dont: enlever notre armure, cultiver la douceur de soi, s'affranchir du regard des autres, l'acceptation de l'autre tel qu'il est , sans chercher à le modifier.
Malgré les analyses confortées par plusieurs expériences scientifiques mentionnées dans l'ouvrage, il reste toutefois difficile de souscrire, en fin d'ouvrage au petit " il n'y a pas de bonheur... ce n'est pas une chose, c'est un acte" (repris à d'André Compte Sponville)... Peut être faudra t il que je relise le livre!
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Satori
  10 août 2014
L'éloge de la lucidité est à contre-courant de beaucoup de livres que l'on nous vend sur le bonheur et le positif. L'auteur nous rappelle que la tristesse et la souffrance font aussi partie de la vie. Un livre qui fait réfléchir, basé sur des études scientifiques.
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Alodia
  22 mai 2015
très beau livre ! Qui nous aide à trouver un meilleur chemin et à remettre en question certaines idées comme le bienfait de la recherche absolue de l'estime de soi . A lire et à méditer !
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Citations et extraits (94) Voir plus Ajouter une citation
ProseSProseS   10 novembre 2016
Un voisin de Nasreddin vient le voir un jour pour lui conter ses malheurs. Il semble visiblement bien attristé par ce qui lui arrive ces derniers temps, des problèmes divers auxquels s'ajoutent ses inquiétudes sur la marche du monde. Nasreddin, assis sur un banc à côté de son ami, l'écouta patiemment, sans un mot. Soudain, alors que son voisin continue à se lamenter sur son sort, le visage de Nasreddin s'éclaire :

"Voisin, tu aimerais être dégagé du besoin de travailler pour nourrir ta famille ?
- Oui, dit le voisin qui venait de se plaindre du temps passé en voyages pour vendre ses marchandises.
-Voisin, tu voudrais pouvoir rester faire la sieste à l'ombre d'un arbre frais quand tu le souhaites ?
-Oui, fit le voisin avec un visage qui commençait à se réjouir.
-Voisin, tu voudrais pouvoir passer ton temps à jouer ou à te détendre sans rendre de comptes à personne ?
- Oh oui ! fit le voisin dont le visage reflétait l'espoir de cette vie tout autre et tant rêvée.
-Voisin, tu voudrais que l'on te donne de l'affection seulement quand tu viens en chercher, sans rien te demander en retour ?
-C'est bien cela, Nasreddin ! Que tu es clairvoyant ! dit le voisin avec ardeur.

D'un bond, Nasreddin se lève alors de son banc et se met à courir en direction du village. Le voisin se lève à son tour et hèle le Mullah :

- Nasreddin, où vas-tu donc?
-Je cours à la mosquée pour prier Allah de te transformer en chat !"
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SatoriSatori   14 juillet 2014
Nous avons toutes et tous nos strategies d'evitement qui peuvent se révéler plus ou moins destructrices à long terme pour nous et pour les autres. Télé, internet, travail, alcool, medicaments ou chocolat, ce n'est pas tant le geste qui pose question que la fonction qu'il remplit. Lorsque le comportement est là pour nous eviter de ressentir une emotion desagreable, il risque de nous entrainer dans la spirale negative de la dépendance. La realité, c'est qu'il n'est pas possible de contrôler nos experiences interieures. Nous ne pouvons échapper a nous-même. L'evitement a donc cet effet paradoxal d'augmenter notre mal-être à long terme.
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SatoriSatori   14 juillet 2014
Le bonheur serait-il "un état durable de plénitude et de satisfaction, un état agréable et équilibré de l'esprit et du corps, d'où la souffrance, le stress, 'inquiétude et le trouble sont absents"? Et la vie, un chemin où la maladie et la mort seraient maintenues loin de notre vue? L'amour? En couple, nous devrions vivre en harmonie totale, sans conflit, avoir des corps parfaits et, bien entendu, une libido d'enfer! Parents parfaits, travailleurs motivés, citoyens exemplaires : en bref, le bonheur est en train de devenir, par certains côtés, la nouvelle religion de notre société de consommation.
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SatoriSatori   15 juillet 2014
Plus une chose est importante pour nous, plus Elle nous rend vulnerable : seul ce qui a de la valeur à nos yeux peut causer notre souffrance. Repousser tout risque, ou toute forme d'inconfort, revient alors à refuser de s'engager pour ce qu'il y a de plus essentiel, ce qui donne du sens à nos vies. Prisonnier de l'evitememt, nous passons le plus clair de notre temps à essayer de "nous sentir bien" au lieu d'ameliorer notre vie de maniere concrète.
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SatoriSatori   17 juillet 2014
Le nombrilisme, parce qu'il nous fige, clôt notre identité à quelques descriptions limitées de nous-même, nous enferme, nous coupe des apprentissages que nous pourrions vivre et nous prive des expériences qui entreraient en contradiction avec cette conceptualisation. Cela revient à nous accrocher à l'histoire que nous nous racontons sur nous, envers et contre tout. Nous nous chosifions, nous collons à ce masque, ce costume que l'on (nous) a fait endosser au fil des années.
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