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EAN : 9782072782145
944 pages
Éditeur : Gallimard (01/12/2017)
4.29/5   7 notes
Résumé :
Amazon.fr
Bien avant d'être immortalisé par Hollywood grâce au film de David Lean Lawrence d'Arabie, avec Peter O'Toole dans le rôle titre, T.E. Lawrence (1888-1935) était déjà une légende de son vivant.
Dans Les Sept Piliers de la sagesse, paru en 1926, Lawrence offre sa version de son rôle dans la révolte arabe contre les Turcs durant la Première Guerre mondiale et dans l'avènement du nationalisme arabe contemporain.

Archéologue passio... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Acerola13
  13 avril 2020
Comment décrire cette épopée autobiographique monumentale de près de 900 pages, qui nous conte les pérégrinations de Thomas Edward Lawrence, plus connu sous le nom de Lawrence d'Arabie ?
Cet officier anglais imagine en pleine Première Guerre mondiale une grande révolution arabe dressée contre l'Empire ottoman, et qui viendrait soulager les autres fronts français et russes. Pour réaliser sa vision, il se met à la recherche d'un chef bédouin charismatique qu'il trouvera en la personne de Fayçal, un des fils du chérif Hussein de la Mecque. S'ensuivent ensuite d'interminables voyages et attaques éclair à dos de chameau, des douleurs physiques à la limite du tolérable et des disputes quotidiennes pour tenter de garder unies des tribus du désert habituées à se quereller sans cesse...
Loin d'être un simple récit de l'avancée des Arabes du Hedjaz à Aqaba, puis à Damas, les sept piliers de la sagesse est également, au gré des chapitres, une réflexion sur la stratégie, la géographie, les peuples du Moyen-Orient ou encore une confession à mi-voix de son auteur.
On y retrouve en effet une analyse précise du cours de la guerre et des impacts que telle victoire ou telle défaite dans les tranchées françaises sur le matériel pouvant être livré par le canal de Suez, mais aussi une critique des différentes opérations menées par les Turcs ou par les Anglais. Comparant les grands maîtres de la stratégie tels que Clausewitz ou Foch, Lawrence se fait expert dans l'art d'assaillir sans leur faire front les Ottomans, et de saboter minutieusement leurs lignes de communication et de chemin de fer.
On se plait aussi à suivre Lawrence dans ses voyages : "lents" à dos de chameau, rapides lorsqu'il prend le navire pour aller prendre ses ordres à Suez, ou lorsqu'il circule en rolls blindée. En quelques années, il parcourt la Jordanie (Maan, Aqaba, Amman, Dana, Wadi Rum...), effectue de fréquents voyages au Caire, revient dans le Hedjaz, fait un détour par Djeddah avant de pousser son avancée jusqu'à Damas. J'ai été passablement surprise de sa connaissance extrêmement précise des peuples et des rivalités qui les opposent au Proche-Orient ; il nous décrit avec force détails les Druzes, les Yézidis, les Arméniens, les Syriaques et Levantins qui côtoient les Arabes ; critique sans cesse Français et Turcs tandis qu'il loue les instants partagés entre Anglais autour de ce qui lui apparaît à l'époque comme le summum du luxe : de l'earl grey, des corned beef en conserver et des biscuits secs.
Au-delà du récit de ses aventures et de ses connaissances géographiques et géopolitiques exceptionnelles, Lawrence s'attarde également sur ses certitudes qui s'écroulent parfois ; il fait par moment étalage de sa culpabilité à mener ainsi des hommes par des promesses qu'il sait vaines ; sa quête spirituelle et les violences physiques et mentales auxquelles il est soumis font également de ce récit une sorte d'auto-confession, voire d'expiation.
Profondément intéressant et souvent fascinant, cet ouvrage est selon moi clef pour mieux comprendre une partie de la Première Guerre mondiale qui se déroula au Proche-Orient, et dont les traités qui suivirent (traité de Sèvre, traité de Lausanne...) définirent les frontières de cette région, dont on connait les répercussions aujourd'hui. S'il est vrai qu'il comporte certaines longueurs, je ne l'en ai pas moins trouvé fascinant.
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allard95
  12 octobre 2019
C'est aujourd'hui une épreuve que de lire les 930 pages de ce livre! Pourtant, il est magnifiquement écrit, le style est parfait, le vocabulaire précis et riche. Mais l'enchaînement de quantité de micro-évènements, qui plus est assez répétitifs, est lancinant.
Le sujet est la révolte arabe contre l'hégémonie de l'empire ottoman, en 1917/1918. Les arabes sont soutenus par les Anglais (et un peu les Français), les Turcs sont alliés de l'Allemagne. T.E.Lawrence n'est pas un militaire, plutôt une sorte de diplomate. Il va se trouver entraîné dans ce mouvement, et deviendra finalement responsable d'opérations militaires, tout comme un véritable officier. L'activité principale de son groupe consistait à poser des explosifs sur les voies et les ponts ferrés, ou dans les gares, pour compliquer la mobilité des Turcs. Et ça n'en finit pas: le désert, les chameaux, les escarmouches, des morts ici et là. On fait sauter les voies, on pille le train, on tue les passagers qui ne sont pas déjà morts et qui n'ont pas réussi à s'enfuir, et on avance, en espérant atteindre, un jour, Damas en victorieux. Cela sera fait en octobre 1918.
Bien entendu, cette histoire est vraie. Ce n'est pas un roman, plutôt un journal. Il n'est pas sans intérêt historique, mais on l'aurait préféré en 300 pages!
On est surpris que c'est la lecture de ce pensum qui a conduit à la création d'un personnage mythique, magnifié par le cinéma, puisque cet écrivain aventurier est devenu, pour la postérité, Lawrence d'Arabie.
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Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
Acerola13Acerola13   04 mai 2020
Autour de la Méditerranée, l'influence de la femme et la signification qu'on lui prête tirent leur force irrésistible d'une entente où on lui accord, sans conteste, le monde physique, comme au pauvre d'esprit. Cet accord, cependant, en niant l'égalité des sexes, rend l'amour, la camaraderie et l'amitié impossibles entre homme et femme. La femme devient une machine pour exercices musculaires et l'homme ne peut apaiser ses désirs psychiques que dans un commerce avec ses pairs. De là naissent ces appariages d'homme à homme, pour fournir à la nature humaine plus qu'un contact de chair à chair.
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Acerola13Acerola13   28 mars 2020
Pourtant les façons de penser des Arabes sont claires ; leur cerveau fonctionne suivant la même logique que le nôtre, sans rien de radicalement incompréhensible. Toutes les différences sont dans les prémisses. Quand nous traitons les Orientaux d'impénétrables, nous n'avons pas de raison ni d'excuse : notre paresse et notre ignorance sont la seule cause des malentendus.
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Acerola13Acerola13   04 mai 2020
La Révolte Arabe avait été jusqu'ici une sorte de coup de tête, une entreprise vivant à la diable, avec des moyens aussi petits que ses devoirs et ses perspectives.
Désormais Allenby comptait sur elle, lui donnait une part raisonnée dans ses plans. Cela nous imposait de faire mieux encore qu'il n'attendait, puisque nos échecs devaient être en partie payés par la vie de ses soldats. Cette responsabilité nous emmenait loin, terriblement loin des joyeuses aventures.
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Acerola13Acerola13   28 mars 2020
J'arrivais au bout de mon "topo". Le facteur algébrique, traduit en arabe, cadrait à la perfection ; il nous promettait la victoire. Le facteur biologique à son tour avait exigé de nous un développement tactique en accord avec le génie de nos tribus. Restait l'élément psychologique auquel nous devions donner une forme adéquate. Pour le désigner j'allais voler à Xenophon son mot de diathétique, qui avait été l'art de Cyrus avant son attaque.
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Acerola13Acerola13   27 avril 2020
Nos opérations de développement avant le coup final auraient les caractères de manœuvre navales - mobilité, ubiquité, indépendances des bases et des communications, dédains des accidents du terrain, des aires stratégiques, des directions fixes et des points fixes. Qui est maître de la mer est le plus libre : il peut accepter ou refuser la guerre à sa guise. Nous étions maîtres du désert.
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Videos de Thomas Edward Lawrence (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Thomas Edward Lawrence
Thomas Edward Lawrence (1888-1935), la passion de la pureté : Une vie, une œuvre [1984 / France Culture]. Par André Velter. Réalisation : Mireille Krauss. Diffusion sur France Culture le 25 octobre 1984. Avec Jacques Dars et Jean-Christophe Victor. Photographie : Lawrence d'Arabie en 1919 © Radio France / Université de Toronto. Présentation des Nuits de France Culture : « Oublions l’interprétation de Peter O’Toole, la mise en scène de David Lean, la musique de Maurice Jarre, bref, oublions le film en Technicolor sorti sur grand écran Super-Panavision en 1962, et suivons la vie et l’œuvre de Thomas Edward Lawrence grâce à l’émission d’André Velter, diffusée, elle, le 25 octobre 1984. » Thomas Edward Lawrence, dit Lawrence d’Arabie, né à Tremadog (Caernarfonshire) dans le nord du pays de Galles le 16 août 1888 et mort près de Wareham (Dorset) le 19 mai 1935, est un officier et écrivain britannique. Pendant la Première Guerre mondiale, les reportages du journaliste américain Lowell Thomas firent la notoriété de T. E. Lawrence, officier de liaison britannique durant la grande révolte arabe de 1916-1918. Après la guerre, la version abrégée de son témoignage sur cette campagne, “Les Sept Piliers de la sagesse”, qui en décrit le caractère aventureux, fut un succès de librairie. La version intégrale, publiée cinquante ans après sa mort, confirma son talent littéraire. David Lean a réalisé en 1962 le film “Lawrence d’Arabie”, avec Peter O'Toole dans le rôle-titre, remportant un immense succès et sept oscars.
Intervenants :
Jacques Dars (1941-2010), sinologue et traducteur Jean-Christophe Victor (1947-2016), ethnologue, expert en géopolitique et en relations internationales
Textes extraits de :
“Les Sept Piliers de la sagesse” (éditions Payot) “La Matrice”, “Les textes essentiels” et les “Lettres” (éditions Gallimard)
Lectures par Serge Sautreau, Jacqueline Taouss et Ana de Carvalho
Sources : France Culture et Wikipédia
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