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Médée (Le Callet/Peña) tome 3 sur 4
EAN : 9782203097162
64 pages
Casterman (24/08/2016)
4.21/5   84 notes
Résumé :
Après avoir fui la Colchide avec les Argonautes, Médée accompagne Jason en Thessalie, où il doit devenir roi. Or, Phélias ne veut pas lui céder la couronne et intrigue pour éloigner les gêneurs. Médée met alors à exécution un plan machiavélique pour tuer l'usurpateur.
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
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Blandine le Callet et Nancy Pena poursuivent dans ce troisième album la présentation « réaliste » du mythe de Médée entamée dans « L'ombre d'hécate » et « Le couteau dans la plaie ».
Médée, Jason et les Argonautes ont fui la Colchide en emportant la fameuse toison d'or.
Ils se rendent en Grèce d'abord au royaume des Phéaciens sur l'île de Drépane, où il épouse Médée, puis à Iolcos gouverné par le roi Pélias ; celui-ci a fait croire à Jason qu'il lui succéderait s'il lui rapportait la toison, mais il diffère constamment sa décision…
Jason, une fois de plus, fait appel à Médée, et celle-ci va élaborer une ruse diabolique pour se débarrasser de Pélias…
En ce qui concerne le contexte, c'est une Grèce antique archaïque que les auteures nous présentent dans cet album : les cités grecques vivent à l'écart les unes des autres, il y a peu de relations commerciales, car la navigation entre elles n'est pas encore très développée ; d'autre part, les Grecs ont peu d'estime pour les étrangers, qu'ils appellent « barbares », et traitent les femmes comme des êtres inférieurs, caractéristiques d'ailleurs qui persisteront dans la Grèce antique dans les siècles suivants.
En ce qui concerne les « héros », Jason apparaît comme un personnage contrasté : il ne brille ni par son courage, ni par son intelligence, mais il est fidèle à la promesse qu'il a faite à Médée puisqu'il l'épouse.
Quant à Médée, son évolution négative est certaine : si on ne peut que lui reprocher sa trahison dans les épisodes précédents, cette fois-ci elle se rend coupable par amour d'un crime absolument monstrueux.
Les couleurs encore plus sombres que dans les précédents albums, avec un noir omniprésent, traduisent parfaitement la dimension tragique du récit.
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Un tome tout aussi réussi que les deux premiers auquel j'attribue cependant une demi-étoile de moins. Peut-être que l'effet de surprise y est moins présent.
Cependant, le mythe de Médée repris par Blandine le Callet est toujours aussi passionnant. Médée se montre dans ce troisième tome sous un jour moins favorable et en fervente fan de GOT je ne peux m'empêcher de voir en Cerseï Lannister un peu de Médée. Embobineuse, mielleuse, fourbe et cruelle...
A ses côtés, le beau Jason fait pâle figure...

To be continued...
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Ce n'est pas compliqué, j'adore la version du mythe de Jason de Blandine le Callet. En quelque sorte, elle en termine avec la légende et montre une vision possible de ce qu'aurait pû être la réalité à l'origine de la légende. Car toute légende a un fond de vérité! Elle prend des éléments de la légende et les discrédite en l'espace d'un dialogue, ramenant inlassablement l'histoire à la réalité, celle de son personnage central, Médée. Et elle opère de la manière la concernant. Car à travers les activités sombres auxquelles va se livrer Médée, elle rejoint la légende mais dans une vision plus réaliste. Elle nous permet de passer outre le voile du mythe et nous propose sa version, plus touchante, plus humaniste, plus cohérente, plus féministe. Elle nous montre comment Médée, par amour, va commetre le pire des crimes, et ainsi Blandine le Callet accorde son personnage avec le mythe. Au passage, elle décrit un monde grec machiste, tourné vers la guerre et le pouvoir, et n'ayant aucune autre considération pour la gente féminine que les simples fonctions d'épouses et reproductrices. Mais elle le fait avec finesse, ne condamnant pas pour autant la légende qui sert de support à sa propre histoire. Mais on sent bien les élans féministes de l'auteure derrière les quelques dialogues entre Médée et son "bien aimé". Et ce n'est pas pour me déplaire, bien au contraire.
Du coup le Callet approfondit son personage féminin et donne une ampleur à son récit, ainsi qu'une gravité dans les conséquences des actes de Médée, ne faisant surtout pas d'elle un personnage innocent, naïf ou victime. Certes victime elle l'est, mais elle est bien consciente de tous ses actes et les assument pleinement. Médée devient ainsi un personnage passionnant, qui évolue au fil de l'histoire et l'alimente.
Un dernier mot concernant les graphismes particuliers mais qui assoient définitivement l'aspect sombre du récit. Il n'y a jamais de couleurs chatoyantes seulement des teintes pratiquement monochromes qui donnent à l'ensemble une ambiance presque méditerranéenne palpable.
Le trait de Nancy Pena est particulier. Ici vous ne trouverez ni bimbos ni apollon bodybuildé. Les corps comme les visages sont réalistes et l'on ne peut que saluer le boulot de Pena sur ce plan là.
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Avant dernier tome des aventures de Médée dans sa fuite avec Jason. En plus d'être partie, loin de sa famille vers la Grèce, en plus d'être seule et exilée elle devient aussi une barbare dans un pays où les us et coutumes sont bien éloignés de ce qu'elle connait.
Et passées les premières joies du mariage, Jason demande très vite à Médée de changer ce qui constitue son identité pour mieux se conformer , tout en faisant appel à ses divers talents lorsque cela peut le servir...

Un tome beaucoup sensuel et «politique» dans son propos que les précédents. J'ai vraiment hâte de connaître le dénuement de cette super série.
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L'épouse barbare, troisième tome de la série, montre une Médée plus magicienne que jamais, rusée et conspiratrice. le parti pris est d'avoir fait de l'épisode de l'attelage des dragons de simples rumeurs, ce qui permet de se moquer de la naïveté des gens (idem pour les centaures et la fausse transformation d'un bélier en agneau).
La bande dessinée ayant pour thème une histoire déjà connue, l'attente réside donc dans le traitement.
On sait que Médée, à partir d'un chaudron et d'un bélier, fait croire aux filles de Pélias qu'il leur faut assassiner leur père pour le faire rajeunir : on attend donc cet épisode, et on l'apprécie. le contraste entre les quatre princesses, grecques, blanches, grasses et peu éduquées, et Médée, barbare, colorée, fine et trop savante, se reflète dans le dessin, d'aussi bonne qualité que dans les autres tomes.
C'est là tout le sujet du livre : l'altérité, puisque Médée est une barbare chez les Grecs. Davantage antagoniste, on est loin de l'adolescente espiègle du premier tome. Non, elle use deux fois de la ruse, et "fait croire" deux fois. (si vous êtes préparationnaires en sciences en 2024, ça doit vous rappeler quelque chose).
La première, c'est lors de la scène du chaudron. La deuxième intervient à la fin : .

On n'ignore pas que Médée commettra un infanticide dans le tome suivant, et l'on se demande quel sera le traitement. Comme sur toutes les couvertures de cette tétralogie, Médée a du sang sur les mains.
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critiques presse (2)
LaFabriqueaBulles
11 octobre 2016
Nancy Peña et Blandine Le Callet, conteuse et dessinatrice de talent, proposent leur vision du mythe. Celui d’une femme forte, dont la puissance d’esprit dérange et effraie.
Lire la critique sur le site : LaFabriqueaBulles
BDGest
02 septembre 2016
Un cran supplémentaire est atteint dans le graphisme, élégant, majestueux. Le scénario, quant à lui, offre une démonstration de psychologie rarement vue en bande dessinée.
Lire la critique sur le site : BDGest
Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
En matière de femmes, les Grecs n'ont pas les mêmes goûts que les Colches. Ils les aiment un peu grasses, et sans instruction. Ils pensent qu'une femme à l'esprit éveillé peut être dangereuse - ce en quoi ils n'ont pas tort... Les filles de Pélias étaient blanches, molles, avec de grands yeux vides frangés de longs cils clairs. Des yeux de vaches - c'est un compliment, paraît il, chez les Grecs.
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"En Grèce, les femmes n'ont pas le droit de côtoyer d'autres hommes que leur mari. Elles vivent entre elles, cloîtrées, à l'abri des regards", déclare Jason à Médée qu'il a épousée et qui s'étonne de ne pas avoir pu assister au festin donné en l'honneur de Jason à Iolcos.
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En prouvant que les voyages au long cours sont possibles, le voyage de l'Argo a tout bouleversé. Il a aboli les frontières, ouvert la voie à toutes les convoitises, à toutes les folies. D'ici peu la terre entière sera jetée dans le chaos. On va construire des vaisseaux de guerre, partir à la conquête de terres lointaines. On portera la violence à l'autre bout du monde et l'on subira une violence venue du bout du monde.
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Il faut être patient, c'est tout. En politique comme ailleurs, un changement brutal n'est pas toujours la bonne solution...
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Circé. Elle était savante, comme moi, et puissante. On prétend que son palais était entouré d'animaux au regard étrangement humain — des hommes qu'elle aurait transformés en porcs ou en bêtes féroces. Je n'y crois pas. Le pouvoir d'une femme ne saurait aller jusque là. Il n'empêche, j'aurais aimé pouvoir la rencontrer.
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Videos de Blandine Le Callet (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Blandine Le Callet
Les sorcières et sorciers sont par nature des êtres qui disposent d'un pouvoir exceptionnel. Où se situent alors les limites de ce pouvoir, que ce soit à l'échelle humaine, politique ou juridique ? À quel moment l'usage de la magie et de la culture de l'exception deviennent illégitimes ?
Dans ce deuxième épisode, Géraldine Muhlmann reçoit : - Blandine le Callet, maîtresse de conférences en langue et culture latines à l'université Paris-Est Créteil - Bérangère Taxil, professeure de droit international à l'Université d'Angers et membre du Centre Jean Bodin
"Harry Potter, tout un monde de questions philosophiques", c'est une série de podcasts en 4 épisodes pour réfléchir aux grands thèmes philosophiques abordés dans la saga de J. K. Rowling : le mal, le pouvoir, la finitude, l'amour, la loyauté... L''occasion de revenir sur ce récit d'apprentissage culte pour l'envisager sous un nouvel angle.
Pour en savoir plus : https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/avec-philosophie/le-legal-le-legitime-et-l-impossible-reflexion-sur-les-limites-du-pouvoir-dans-harry-potter-2551766
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