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Bernard Kreiss (Traducteur)
ISBN : 2221112938
Éditeur : Robert Laffont (19/03/2009)

Note moyenne : 4.2/5 (sur 94 notes)
Résumé :
Le chef-d' oeuvre qui a propulsé Siegfried Lenz au rang des plus grands écrivains allemands contemporains.

Enfermé dans une prison pour jeunes délinquants située sur une île au large de Hambourg, Siggi Jepsen est puni pour avoir rendu copie blanche à une rédaction sur « les joies du devoir ». Ce n'est pas qu'il n'ait rien à dire, bien au contraire... mais il doit tirer le passé de son sommeil. Une fois l'effort accompli, il se met à écrire sans relâch... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
Sachenka
  18 juillet 2015
En maison de correction, le jeune Siggi Jepsen – probablement un double de l'auteur Siegfried Lenz - est placé en isolement car il n'a pas fait sa leçon, qui était de rédiger une dissertation sur les joies du devoir. Pourtant, les idées ne lui manquaient pas, c'est seulement qu'elles se bousculaient dans sa tête et qu'il n'arrivait pas à y mettre de l'ordre. Maintenant seul, il a tout le temps d'aller de l'avant avec sa dissertation, sa leçon d'allemand. Et c'est ce qu'il fera, même au-delà des jours de punition attribués. C'est cette leçon qui constitue le roman.
Alors qu'il était plus jeune dans le nord de l'Allemagne nazie, son père policier reçoit l'ordre de confisquer les tableaux de Max Ludwig Nansen, considérés comme de l'art dégénéré et dangereux, et d'empêcher l'artiste de poursuivre son oeuvre. Même si le peintre est son ami d'enfance, Jepsen considère qu'il s'agit de son devoir que d'appliquer l'ordre reçut, d'obéir aveuglément, et persécute le peintre. Il va même jusqu'à détruire certaines de ses oeuvres. de son côté, Nansen juge qu'il est de son devoir de résister jusqu'au bout. le jeune Siggi, quant à lui, est d'abord indécis. Mais, pour la première fois, il refuse de suivre la voie de son père et aide l'artiste. Cette dynamique continue même une fois la guerre terminée et le régime nazi passé.
En rédigeant sa dissertation, Siggi Jepsen fait son examen de conscience. Dans cette « Leçon d'allemand », beaucoup de critiques croient que l'auteur Siegfried Lenz fait l'examen de conscience des Allemands. En tout cas, les thèmes du devoir, du combat l'obéissance et la conscience, de la remise en question de l'autorité, qui sont au coeur de l'oeuvre, s'appliquaient très bien à l'Allemagne au lendemain de la Seconde guerre mondiale.
Le début du roman m'a enchanté mais, après un certain temps, quelques longueurs (l'épisode dans la tourbière, celui du frère Klaas ou des jeunes enfants prisonniers de l'eau) m'en ont lassé. Elles n'étaient pas sans pertinence, elles aidaient à mieux cerner Siggi ou d'autres personnages, à mieux comprendre la situation de l'époque, mais elles ne faisaient pas avancer l'intrigue. Heureusement, ces longueurs n'étaient pas si nombreuses ni trop interminables.
Ceci dit, dans l'ensemble, j'ai bien aimé « La leçon d'allemand ». Au-delà des thèmes très forts qu'il véhicule, le roman dégage une ambiance très appropriée. Loin des grandes villes et des théâtres de la guerre, l'action se déroule dans un petit village du nord, près de la mer du Nord. Les digues, des dunes, les arbres tordus, les tourbières, la pluie, la grisaille partout, le vent qui hurle. Tout semble oppresser Siggi et le prédestiner à des moments durs.
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Fleitour
  10 novembre 2016

Le 23 août 1941, le peintre Max Ludwig Nansen est frappé par l'interdiction totale de peindre, son amitié avec le brigadier Jens Ole Jepsen, vole en éclats, son ami est chargé de faire appliquer la loi. Siggi devient le complice des deux hommes, le père lui fait promettre de l'aider à pincer Max, le peintre lui confie des toiles pour les cacher.
De ce huis clos naît une oeuvre bouleversante de puissance et de beauté, juste à la frontière avec le Danemark, n'y passe que le vent, et un étrange manteau bleu.
Le peintre Max Ludwig Nansen
"Je voulais qu‘au travers de moi comme peintre, les couleurs se déploient sur la toile, comme la nature les avait créées," Emil Nolde se définissait comme l'homme du nord, l'homme des tempêtes des couleurs, et du poids de l'obscur. Emil Nolde ce très grand artiste sert de modèle à Siegfried Lenz, pour porter le destin de Max Ludwig Nansen.
Le lecteur sera fasciné par lumière translucide qui émane des peintures de Max, comme une annonce des tableaux transparents, invisibles par la magie de l'eau, se déjouant de la stupidité de son interdiction.
Max Ludwig Nansen, déploie les paysages éphémères et les ressauts du vent dans une profusion de couleurs, " le papier s'égouttait... en filaments de lumière rouges, jaunes sulfureux ; de sombres lueurs fleurissaient les crêtes des vagues.p408"
Ce peintre, et sa peinture sont l'essence même du livre, les paysages du nord sont tout au long du texte transfigurés par des descriptions fulgurantes, d'une poésie incandescente.
la tragédie mise en scène dans la Leçon d'Allemand, commence avec l'interdiction faite à Max de peindre, la confiscation de ses toiles, son point d'orgue.
Le jeune Siggi Jespen
Le jeune Siggi, cloîtré sur une île avec d'autres adolescents, purge une peine, la punition du jour, expliquer « les joies du devoir ».
Siegfried Lenz, s'efface pour laisser le lecteur avec Siggi Jespen et sa Leçon d'Allemand. La page laissée blanche, interroge les psychologues ; ce sont les premiers prémices du syndrome Jespen car tout son comportement intrigue chez ce jeune, si différent des autres de la maison de correction.
"Rassemblant alors toutes mes forces, je déblayais pour ainsi dire les ornières qui sillonnaient la plaine de ma mémoire et en retirais toutes les scories pour ne garder de ce bric-à-brac que l'essentiel,
c'est-à-dire mon père et les joies du devoir". " Mon père, l'Éternel exécutant, le scrupuleux exécuteur."
Patiemment, au fil des jours, le bientôt tout jeune adulte, Siggi raconte par le menu, en 570 pages serrées, son enfance entre ces deux hommes. Ses espoirs et ses souffrances, basculant de l'affection de l'un, au respect de sa filiation, avant de prendre le chemin de la liberté. 
Je crains ses silences plein de sous-entendus son mutisme solennel, je le hais aussi, je regarde ses gestes vagues,
je crains oui, je crains cette habitude que nous avons de nous pencher sur nous-mêmes et de renoncer aux mots.
P132
Très tôt on comprend qu'il a pris le parti du peintre, déjouant les pièges tendus par son père, le ridiculisant quand il repeint sans queue ni tête des fragments d'aquarelles. Il soigne ses cachettes comme des repères, gardant avec lui les clés, les clés de son destin comme les clés de ses secrets.
Omniprésent, surveillant, mais pour son propre compte, il sait mentir se moquer rendre ce père ridicule, risible dans son ardeur à obéir, "oui un homme utile doit savoir obéir".

Jens Ole Jepsen
le père de Siggi sera l'unique lauréat des joies du devoir, oscarisé par witwit (petit nom de Siggi que lui donne le peintre), il ramasse par brassées toutes les fleurs du devoir au point d'y sacrifier toute sa famille.
Au delà des hostilités, il ne désarme pas. Il sera seul, peut être, mais ne lâchera rien. L'épisode de la milice est savoureux, comme un point de non retour à sa hantise, son obsession, détruire l'oeuvre d'un dégénéré !
Il brûlera des carnets, des esquisses, des toiles invisibles...
Il livrera Klass son fils, il brûlera le vieux moulin, il dénoncera sa fille exigeant qu'elle brûle la toile où elle danse sur des vagues. Il découvre que ses enfants posaient pour le peintre !.
Sa femme souffla alors à Jens, fixant la raie impeccable de mon père et, comme de juste, elle dit: "parfois je pense que Max devrait se réjouir de cette interdiction.
Quand on voit le genre humanité qu'il peint: ces visages verts, ces yeux mongols, ces corps difformes, toutes ces choses qui viennent d'ailleurs: on sent qu'il est malade. Un visage allemand, on n'en rencontre pas chez lui.
Mais à l'étranger, il est très connu, dit mon père on l'apprécie beaucoup. Parce qu'ils sont eux-mêmes malades, dit ma mère; c'est pour ça qu'ils s'entourent de personnages malades."
Il remplissait sa mission, il pédalait sur cette voie sans issue qui ne le menait jamais qu'à Bleekenwarf, d'éternité en éternité, AMEN.
P14
la richesse de ce roman est sans aucun doute, ses multiples réflexions, ses interrogations, sur le sens qu'il faut donner à la vie, Siggi dépassera ses lubies, le père en dénonçant ses enfants a créé une rupture, que Klass incarne.
Il y aurait tant à dire.
C'est un merveilleux récit, comme Lionnel Duroy on aimerait longer cette voie sans issue, où l'imagination trace des chemins infinis, où les mouettes vous font des lits de plumes et les engoulevents jouent avec la course des vagues.
Un chef d'oeuvre qu'on laisse à regret, avant de replonger dans les couleurs.






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Adenolia
  30 janvier 2015
Il y a l'eau, omniprésente, l'Elbe, les canaux, la mer, la pluie, les tempêtes, il y a la terre, les digues, la tourbe, les chemins creux, au point ou parfois tout semble se mélanger et puis de la couleur, partout, celles du ciel et des peintures de Max.
Siggi, jeune homme d'une dizaine d'années, sera tiraillé entre l'obéissance au père Jens Ole Jepsen, officier de police, homme de devoir, qui doit surveiller leur ami Max Ludwig Nansen pour lui interdire de peindre, et son admiration pour les peintures de son ami et voisin Max.
Le sens du devoir, si important dans la morale du citoyen du Nord de l'Allemagne dans les années 1940, est ici poussé à l'excès par un père qui veut montrer qu'il est irréprochable et ne sera pas pris en défaut à cause de son amitié pour le peintre.
A un moment donné, l'officier de policer surprend l'artiste avec un carnet de croquis mais qui n'est rempli que de pages blanches. L'artiste lui confesse alors qu'il y a fait plusieurs dessins invisibles. L'officier confisque immédiatement le carnet.
Max le peintre lui, serait inspiré d'Emil Nolde, peintre très connu en Allemagne, moins en France mais qui a fait l'objet d'une première belle exposition au Grand Palais à Paris en 2008. Il y avait notamment une peinture de l'Elbe avec des jaunes sublimes - qui malheureusement ne sont pas du tout les mêmes dans le catalogue de l'exposition –qui correspondrait bien à la vue qu'a Siggi de l'Elbe lorsqu'il est enfermé dans une maison de correction pour ne pas avoir réussi à répondre à un devoir sur « les joies du devoir ».
Un très beau livre, très émouvant.
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litolff
  22 mars 2011
Enfermé dans une prison pour jeunes délinquants, Siggi Jepsen est puni pour avoir rendu copie blanche à une rédaction sur « les joies du devoir » : ce n'est pas qu'il manque d'inspiration, c'est au contraire qu'il a trop à dire... Siggi doit donc effectuer sa punition sur "les joies du devoir" tout seul dans une cellule et va alors peu à peu dévider sa mémoire et ses souvenirs sur les pages du cahier et nous confier sa jeunesse.
En 1943, à l'embouchure de l'Elbe, dans un hameau non loin de la frontière danoise, le peintre Max Ludwig Nansen reçoit de Berlin, en plein régime nazi, une interdiction de peindre car son art est considéré comme "dégénéré" par le régime. le brigadier de police locale et père de Siggi, Jens Ole Jepsen, également camarade d'enfance du peintre, est chargé non seulement de la lui transmettre mais aussi de veiller à ce que l'intéressé la respecte. Empêcher le peintre de peindre, telle devient sa mission qui va se muer en idée fixe. Mais l'enfant va devenir le complice du peintre, et tenter de préserver certaines toiles et l'histoire de son combat contre son père va donc se dérouler sous nos yeux petits à petits. le fils s'opposera à l'aveuglement imbécile et criminel de son père, passivement d'abord, puis activement. En prenant fait et cause pour le peintre traqué, l'adolescent se fera le défenseur d'un « devoir de désobéissance ».
Décrire le processus psychologique qui entoure le phénomène de l'obéissance aveugle à l'ordre qui vient d'en haut constitue le propos central de Siegfried Lenz. Car ce dont Jens Ole Jepsen, figure de l'éternel exécutant, s'acquitte par sens du devoir, finit par devenir un " tic ", une " idée fixe ", " une véritable maladie ", au nom d'une " mission " qu'il se complaît d'honorer avec un zèle fanatique - jusqu'au bout, même après, lorsque la guerre finie, elle sera devenue caduque. C'est cet acharnement stupide, inflexible dans sa bonne conscience, que nous raconte Siggi : pourquoi et comment il paie pour la faute de son père, dont ce dernier n'a jamais eu conscience.
Parallèlement, l'auteur décrit son pays avec un amour que l'on ressent dans son écriture, magnifique d'évocation (et magnifiquement traduite). Enfin, la Leçon d'Allemand est un très bel hommage à l'oeuvre du peintre Emil Nolde, dont Lenz était l'ami. On retrouve, dans la description des couleurs, des horizons, des vents de cette côte septentrionale, toute l'oeuvre de Nolde.
J'émets cependant quelques réserves à la lecture de ce livre qui m'a parfois paru long, surtout dans la dernière partie.
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ivredelivres
  09 septembre 2010
Enfermé dans un centre pour délinquants Siggi Jepsen doit faire un devoir d'allemand dont le sujet « les joies du devoir » lui semble familier. Il a des choses à dire, il essaye de faire appel à ses souvenirs
"Rassemblant alors toutes mes forces, je déblayai pour ainsi dire les ornières qui sillonnaient la plaine de ma mémoire et en retirai toutes les scories pour ne garder de ce bric-à-brac que l'essentiel ". Mais il s'est avère incapable d'écrire tellement les mots se pressent, tellement il est urgent pour lui de dire ce qu'il a vu, vécu, et en quoi tout cela touche de près le sujet du devoir.
Ecrasé par ce trop plein, il rend un cahier vide. La punition ne tarde pas, il doit coûte que coûte faire ce devoir; l'enseignant n'a pas compris, "il refusa de croire qu'on pût avoir tant de mal à commencer, il ne put se faire à l'idée que l'ancre du souvenir n'eût trouvé prise nulle part, qu'elle n'eût fait que bringuebaler et traîner au fond des eaux profondes en soulevant tout au plus des nuages de vase mais sans faire jamais place au calme, au repos indispensables quand on veut lancer un filet sur le passé. "
Enfermé jusqu'à ce que devoir s'en suive Siggi va enfin écrire et raconter son histoire "Je me transportai directement à Bleekenwarf ou Max Ludwig Nansen m'attendait avec son oeil gris et son air malicieux pour m'aider à filtrer mes souvenirs "
1943 dans une région de terre et d'eau à l'embouchure de l'Elbe. Deux personnages dominent le roman, Jens le père de Siggi, policier respectueux de l'ordre et Max Ludwig Nansen artiste peintre qui se voit traité de peintre dégénéré et notifier par les nazis l'interdiction de peindre.
Max est l'ami de Jens à qui il a sauvé la vie autrefois, mais il est aussi attaché à Siggi, l'enfant passe de longues heures à le regarder peindre, lorsque Jens par « devoir » doit surveiller le peintre, signaler tout manquement à l'interdiction qui lui a été faite, c'est Siggi qu'il charge d'espionner. Il y a aussi Klaas le frère aîné qui est à l'hôpital, et Hilke la soeur amoureuse d'Addi accordéoniste épileptique.
Des liens vont se nouer, d'autres être rompus à jamais, Siggi et tout le village seront témoins du sens du devoir du policier Jens Jepsen qui veut montrer à tous que l'obéissance aux ordres est supérieure à l'amitié et peut se transformer en obéissance aveugle.
C'est un récit ample, où la nature est omniprésente, les digues et les moulins, les chemins creux et les canaux, les tempêtes, les couleurs du ciel et le jeu des nuages sont des personnages du roman. Et bien sûre le vent " Mais peut-on parler de vent : ce souffle du nord-ouest se lançait rageusement à l'assaut des fermes, des haies, des rangées d'arbres ; ses charges tumultueuses, ses embuscades mettaient à rude épreuve la résistance de toute chose et façonnaient le paysage à leur image : un paysage noir et venteux, tordu, échevelé et plein de significations ambiguës "
'auteur utilise les retours en arrière mais aussi des interruptions dans le récit comme pour nous donner le temps de reprendre haleine et de nous interroger sur ce qui se passe. Certains personnages sont abandonnés à leur sort sans que l'on sache immédiatement ce qu'ils deviennent et notre inquiétude nous fait avancer fébrilement dans la lecture.
l'intrigue s'inspire de la biographie de Emil Nolde peintre mais l'auteur par cette ressemblance veut aussi rendre justice à tous les artistes persécutés et victimes d'oppression.
Roman magnifique et profond, d'une force rare, l'auteur pénétré de la conviction que l'écrivain a un rôle moral à jouer et que la fiction romanesque peut constituer un biais pour comprendre l'histoire et le monde, a donné là un texte à la hauteur de son ambition.
Lien : http://asautsetagambades.hau..
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Citations et extraits (37) Voir plus Ajouter une citation
SachenkaSachenka   07 juillet 2015
Je m'écrasai sur la table et me dégageai légèrement. Mon visage reposait sur la carte marine toute bleue, baignant dans les océans sur lesquels je régnais en rêve et où je rééditais les grandes batailles navales de l'histoire : c'est là que j'avais vécu Lepanto et Trafalgar, c'est là que Skagerrate s'était déroulé une seconde fois et Scapa Flow et Orkney et les duels de Falkland ; et maintenant j'allais à la dérive, toutes voiles avalées, dans les eaux où j'avais connu tant de triomphes imaginaires.
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SachenkaSachenka   10 juillet 2015
Chez nous, celui qui tend l'oreille par un soir venteux d'automne en apprend plus que ce qu'il s'attendait à apprendre, plus que ce qu'il désirait savoir : on surprend toujours quelque palabre au profond des haies, l'air charrie toujours des rumeurs singulières et celui qui consacre son attention aux voix ou aux portes qui claquent n'est jamais déçu.
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FleitourFleitour   10 novembre 2016
Elle fixa la raie impeccable de mon père et, comme de juste, elle dit: parfois je pense que Max devrait se réjouir de cette interdiction.
Quand on voit le genre humanité qu'il peint:
ces visages verts, ces yeux mongols, ces corps difformes,
toutes ces choses qui viennent d'ailleurs:
on sent qu'il est malade.
Un visage allemand, on n'en rencontre pas chez lui.
Mais à l'étranger, il est très connu, dit mon père on l'apprécie beaucoup.
Parce qu'ils sont eux-mêmes malades, dit ma mère;
c'est pour ça qu'ils s'entourent d'images de malades.
P223.
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FleitourFleitour   07 novembre 2016
Deux millions de mouettes se lèvent en un vol strident,
forment au-dessus de la presqu'île un nuage d'argent qui monte et descend,
et dont l'indignation se traduit par une vaste rumeur d' ailes froissées,
un nuage qui tourne, se dissocie et se reforme,
avec des claquements secs suivis d'une pluie de plumes blanches ou,
pour le dire mieux,
d'une neige de duvet qui couvre la vallée entre les dunes, un lit moelleux et tiède.
p 58
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ivredelivresivredelivres   09 septembre 2010
Mais peut-on parler de vent : ce souffle du nord-ouest se lançait rageusement à l’assaut des fermes, des haies, des rangées d’arbres ; ses charges tumultueuses, ses embuscades mettaient à rude épreuve la résistance de toute chose et façonnaient le paysage à leur image : un paysage noir et venteux, tordu, échevelé et plein de significations ambiguës
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Coup de coeur d'Isabelle Leclerc, librairie L'imagigraphe - Salon du livre 2015 avec lecteurs.com .Lecteurs.com, partenaire du Salon du livre de Paris 2015, a proposé à des libraires de partager leurs coups de c?ur format poche. En partenariat avec parislibairies.fr. Isabelle Leclerc de la librairie L'Imagigraphe, Paris 11ème nous parle du livre La Leçon d?allemand de Siegfried Lenz, Pavillons poche. http://www.lecteurs.com/livre/la-lecon-dallemand/245865
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