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ISBN : 2355845573
Éditeur : Sonatine (19/10/2017)

Note moyenne : 3.92/5 (sur 6 notes)
Résumé :
South Central, Los Angeles. Le Ghetto. À la fois un lieu et un destin. Un quartier où les jeunes, noirs pour la plupart, sont souvent plus en sécurité en prison que dans les rues. Un état d’esprit, également, avec une culture bien implantée, où les plus violents sont les héros, et les victimes laissées pour compte. Sauf peut-être pour quelques hommes, qui considèrent encore ces victimes comme des fils, des frères, des êtres humains à part entière. Ces hommes, ce son... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Stelphique
  17 novembre 2017
Ce que j'ai ressenti:
Côté Guetto fut une lecture difficile, forte, intense: certains passages m'ont brûlé les yeux, d'autres m'ont arraché le coeur…C'était tellement bouleversant, et d'autant plus, parce que réel, que je devais parfois fermer le livre, pour ne pas sombrer…Jill Leovy a réussi le pari de nous rendre une vérité déchirante, dans un travail d'investigation journalistique d'une qualité incroyable. On sent presque les heures s'écouler dans ces mots, la minutie du détail dans chaque ligne, l'importance de rendre justice à tous ses vies tombées dans le guetto, dans ce récit noyé de sang coagulé…On lit des centaines de noms, des centaines d'affrontements sanglants, des centaines de meurtres qui ne seront jamais résolus…Autant vous dire que c'est un déchirement que de se rendre compte de cette « peste américaine », la réalité de ses quartiers est juste insupportable…
« Il y a cette idée que les Noirs font ça entre eux, et que si je suis blanc ça ne m'affecte pas » dit-il. Ses yeux s'animèrent d'une colère soudaine. « Et bien, figurez vous que si: ça m'affecte. »
Bryant Tennelle, adolescent tué pour rien, vie fauchée dans les règlements de comptes nébuleux de ses gangs, devient la pierre angulaire de ce roman, une sorte d'exemple pour illustrer l'innommable, une sorte d'espoir face à l'océan d'indifférence des autorités légales. Lien conducteur pour expliquer le quotidien des rues de South Central, de voir l'investissement de ses policiers qui forcent le respect, de changer un tant soit peu les mentalités…Bryant, petite flamme, que Jill Levy a pris dans le creux de ses mains, et nous tend pour qu'elle ne s'éteigne pas dans l'oubli…
« Il croyait fermement que, à condition d'y mettre du sien, on pouvait améliorer les choses. »
Malgré les milliers de pertes, on sent un réel besoin d'enrayer ces faits divers effroyables, Jill Leovy dans son blog The Homicide Report , tente de faire sortir du néant, les noms et les visages de ses victimes, et dans ce livre, on sent toute son humanité, le cri courageux d'une femme qui souhaite voir un monde plus juste où chaque vie a de l'importance…Je peux vous dire que de mon côté, le message est passé en force, et que même si j'ai fini ce récit la gorge serrée, je vous le recommande chaudement. Indispensable.
Au contraire, il n'y avait en lui que de la souffrance. Les larmes lui tendaient des embuscades plusieurs fois par jour.
Ma note Plaisir de Lecture 9/10
Lien : https://fairystelphique.word..
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Mimeko
  19 novembre 2017
Dans Côté Ghetto, Jill Leovy se livre à une enquête extrêmement fouillée sur la violence et le nombres vertigineux de meurtres d'hommes noirs aux États-Unis. Elle s'attache au destin de deux flics des quartiers sud de Los Angeles, Skaggs un flic blanc qui refuse de baisser les bras face aux vagues d'assassinats d'hommes noirs - souvent jeunes et Tenelle un flic noir, respectueux et consciencieux, qui a choisi sciemment de vivre dans le quartier où il travaille, histoire de confirmer son ancrage dans ce quartier difficile. Ces deux flics, entièrement dévoués à leur mission ne se connaissent pas. Pourtant, parmi les nombreux meurtres par armes, il y a le meurtre dans la rue, un soir de mai 2007, de Bryant Tenelle, un jeune de 17 ans, fils de Wally Tenelle, abattu alors qu'il se promenait dans la rue. Skaggs va devoir enquêter sur ce meurtre.
Côté Ghetto est un formidable récit-témoignage qui analyse les causes sous-jacentes de la criminalité et de mortalité extraordinairement élevée qui touchent la population des hommes noirs américains. Jill Leovy analyse au scalpel, à l'aide de nombreux exemples et des références tirées du réel, la situation catastrophique et devenue endémique de la criminalité effarante qui décime les hommes noirs américains. Elle rappelle l'ostracisation des quartiers devenant ghettos noirs, elle dépeint les mécanismes, l'absence de l'Etat qui devrait garantir une justice mais qui abandonne des zones entières, laissant les gangs exercer une loi parallèle édictant des codes qui s'appliquent face à une police dépassée, une culture de la vendetta entre gangs, l'absence totale de volonté politique, la difficulté d'obtenir des témoignages - les témoins n'étant pas exfiltrés ou n'étant protégés que quelque temps seulement, certains départements de police laissant faire les règlements de compte qui les arrangent, le manque de moyens, en hommes, en matériel.
C'est une plongée directe dans les arcanes de la violence et dans les services de la police.
Côté Ghetto se lit presque comme un roman policier et constitue un travail d'investigation remarquable et impressionnant, avec cependant un petit bémol, je n'ai pas toujours réussi à suivre les réorganisations des services entre les différents quartiers et les changements de noms des services de police, mais cela ne nuit en rien à l'intérêt et la force de ce récit.
Je remercie Babelio, opération Masse et critique et les éditions Sonatine, pour cette lecture extrêmement forte et circonstanciée.
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sosotess
  28 novembre 2017
Côté Ghetto est un livre fort, nécessaire, indispensable même. D'autres babéliautes l'ont très bien exprimé. Il m'a aidée à comprendre les mécanismes de la criminalité dans la communauté afro-américaine ou pourquoi les Noirs s'entretuent sans motif valable.
Mais si j'ai été sensible au sujet, je l'ai moins été à son traitement, pour la simple raison que ce n'est pas un roman mais un récit tiré d'une histoire vraie, ce qui implique une foule de détails qui ont freiné ma lecture, voire l'ont embrouillée. Très vite, j'ai perdu le fil de la hiérarchie policière, des trop nombreuses statistiques et des rôles respectifs des gangsters et des victimes... Très habituée aux romans, qui simplifient manifestement l'intrigue et attribuent bien souvent aux personnages des caractères moins sobres, je n'ai pas su m'attacher à ces gens si réels, sur qui l'autrice s'est interdit de trop projeter de sentiments en-dehors de ce qui avait été soulevé pendant son travail d'investigation. J'ai trouvé le tout trop factuel, je ne suis pas parvenue à m'identifier aux personnages, qu'il s'agisse d'un inspecteur blanc, républicain mais consciencieux et empathique ou d'une mère dépassée en attente de justice ou encore d'une jeune informatrice aux moeurs légères...
Cependant, je le recommande à ceux qui aiment lire des ouvrages à la précision journalistique impeccable et édifiant des constats sans concession d'une réalité désolante...
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encoredunoir
  13 novembre 2017
« Ce livre part d'une idée très simple : quand le système judiciaire ne parvient pas à affronter vigoureusement les morts et les blessures violentes, le meurtre devient endémique. »
C'est donc de cette idée qu'est né Côté ghetto, sorte de prolongement d'un travail fait par l'auteur, journaliste pour le Los Angeles Times, à travers un blog, The Homicide Report, qu'elle a tenu de 2006 à 2008 avec l'objectif de donner un nom, une photo, une histoire, à chacune des victimes de meurtre du comté de Los Angeles quels que soient son origine et son statut social, et en particulier aux plus anonymes des anonymes, les habitants des ghettos, notamment de South Central.
C'est là qu'en mai 2007 Bryant Tennelle, un jeune noir de 18 ans a été abattu d'une balle dans la tête alors qu'il marchait dans 80ème rue ouest. Bryant était a priori un jeune sans histoires qui aimait réparer des vélos et qui vendait, certes sans autorisation, des brownies dans son lycée. Mais, comme le montre Jill Leovy, être seulement un jeune homme noir peut suffire pour se faire assassiner à Watts, généralement par un autre jeune homme noir. Bryant Tennelle aurait pu être une des nombreuses victimes invisibles de cette année 2007 qui avec 934 homicides au compteur dans le comté de Los Angeles restait dans la moyenne et assez loin des « grosses années », les années 1990, et de leurs pics impressionnants (2589 meurtres en 1992). Mais deux éléments ont fait du meurtre de Bryant Tennelle un cas à part : d'abord le fait que Bryant était le fils d'un inspecteur du LAPD habitant le quartier, ensuite parce que l'affaire a échu à John Skaggs, inspecteur particulièrement opiniâtre.
C'est donc l'enquête sur le meurtre de Bryant Tennelle qui forme la colonne vertébrale de Côté ghetto. Elle permet à Jill Leovy d'éclairer à la fois la manière dont vit South Central, celles dont y meurt, les tensions qui y sont à l'oeuvre, mais aussi le fonctionnement hiératique de la police de Los Angeles s'agissant de ces centaines d'homicides et la façon dont se répandent rumeurs et informations dans ce monde à part. Elle vient aussi interrompre parfois la sinistre litanie des assassinats de ces années 2007-2010 (date de la condamnation des meurtriers de Bryant Tennelle) que Jill Leovy scande régulièrement.
Cette immersion dans le quartier de South Central et dans le travail des policiers chargés d'enquêter sur ces homicides permet de dresser un tableau sans fard d'une Amérique incapable de protéger efficacement ces citoyens les plus faibles et qui, ce faisant, selon la théorie de Jill Leovy appuyée entre autre sur celle de Max Weber, finit par abandonner le « monopole étatique de la violence », c'est-à-dire le fait que seul l'État est légitime à exercer la violence dans des cas précis et dans le seul but de protéger ses citoyens, laissant ainsi la place à un exercice personnel de cette violence qui engendre dans ces quartiers de Los Angeles une véritable épidémie de meurtres.
Si Jill Leovy se laisse quelque peu aller – et sans doute légitimement de par sa proximité avec les protagonistes – à un certain sentimentalisme qui tend parfois à gommer en partie les défauts à la fois des enquêteurs et de certains habitants du quartier pour en faire des sortes d'icônes un peu trop lisses, il n'en demeure pas moins qu'elle réussit ainsi à donner une véritable chair à chacune des personnes à laquelle elle s'attache, ne serait-ce que le temps de quelques lignes tout en mettant à nue les rouages de ce système détraqué. Ce faisant, à la suite d'ouvrages comme Baltimore, de David Simon ou Homicide Special, de Miles Corwin, que les éditions Sonatine ont précédemment édités, Leovy apporte sa pierre à la compréhension du crime et des inégalités solidement ancrés dans l'Amérique contemporaine. Et si Côté ghetto ne se lit pas à proprement parler comme un roman, il n'en demeure pas moins passionnant et, surtout, édifiant.

Lien : http://www.encoredunoir.com/..
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jeinus
  12 novembre 2017
Ce bouquin il m'est tombé entre les mains par "hasard", et celui-ci fait bien les choses puisque étant un fan inconditionnel de David Simon, je me suis littéralement délecté de ces 440 pages de lecture.
J'en ai peut-être perdu en route, alors un petit point David Simon s'impose. Journaliste au Baltimore Sun pendant 12 ans, il a profité de cette expérience et de son année passé au sein de la brigade criminelle de la Police de Baltimore, pour un écrire un must read dans le genre ouvrage d'enquête en immersion :"Homicide: A Year on the Killing Streets".
Livre qui a d'ailleurs servi de base documentaire à la série Homicide, et surtout à The Wire, son plus grand fait d'arme selon moi, tellement cette série m'a marqué, de par son réalisme et les aspects sociétaux américains qu'elle aborde.
Bon bref on est pas là pour parler de Simon, mais si il m'a semblé utile de le faire c'est pour montrer que Jill Leovy a mené ici sensiblement le même travail. Simon est axé sur les enquêteurs, Jill Leovy aussi, mais avec la particularité de vouloir avant tout mettre un nom sur tout ceux qui ont perdu la vie et dont personne n'a cure, surtout pas les médias.
On est donc projeté ici à South Central, Los Angeles, la West Coast, la vraie, pas celle des clips de ricains où ça rigole dans des jacuzzis. Ici tu peux mourir parce que t'as pas la bonne couleur de casquette dans le mauvais quartier. Ici le nombre d'homicides par balles atteint un nombre supérieur à tout ce qu'on peut connaître partout ailleurs aux Etats Unis.
Et je vous le donne dans le mille, la communauté noire est la plus touchée, Rodney King n'avait qu'a bien se tenir... Ici un jeune de 15 ans d'origine afro américaine est malheureusement une proie facile, les gangs ou simplement la violence permanente et les représailles aléatoires en sont les premiers prédateurs. le nombre impressionnant de décès le prouve, n'importe qui est une cible potentielle, surtout ceux qui n'ont rien à voir avec ça.
"Sans loi, les gens ont recours à la violence collective pour trancher les conflits et réparer les torts, et ils se réfèrent généralement à la violence comme à leur propre loi. Partout où la loi est absente ou atrophiée - partout où elle est détériorée, inefficace ou contestée -, une forme d'autorégulation ou de justice communautaire finit par apparaître."
Dans ce quartier où l'Etat a donc baissé les bras et laissé le Monstre (nom donné par les Policiers à cette violence quotidienne) proliférer, Jill Leovy dresse le portrait de Policiers, qui eux, bien loin de l'image violente que l'on peut s'en faire, tentent, avec des moyens dérisoires, d'enquêter et de résoudre ces innombrables crimes impunis, essayant de rendre à ces familles déchirées par la tristesse, un semblant de dignité.
Le meurtre d'un jeune homme de seize ans, Bryant Tennelle, fils du policier Wally Tennelle, va pousser le pugnace John Skaggs a mener l'enquête d'une façon extrêmement poussée.
Se lisant comme un thriller basé sur des milliers d'heures de témoignage, ce livre est (malheureusement) basé sur des faits trop réels, il faut s'accrocher, mais le travail de Jill Leovy est salvateur ne serait-ce que pour montrer au grand public les conditions déplorables de vie des habitants de South Central et la violence qui y règne en permanence, mais aussi pour montrer que la Police, quand on lui donne les moyens de le faire, peut s'avérer être un véritable pansement pour toutes ses familles endeuillées.
#JillLeovy #CotéGhetto #TheCorner
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
MimekoMimeko   19 novembre 2017
Pour citer une curieuse formule que l'on trouve dans les sources historiques, les Blancs "avaient la loi pour eux". Les noirs ne l'avaient pas. La loi officielle les frappait uniquement pour les contrôler, non pour les protéger. Les petits délits étaient sévèrement punis, les gros délits étaient tolérés - tant que les victimes étaient noires. John Dollard, un chercheur originaire du Mississipi qui travailla sur le sujet dans les années 1930, estimait que les conflits internes aux Noirs étaient le fruit d'une volonté délibérée des Blancs - ou du moins d'une forme de consensus instinctif. "On ne peut s'empêcher de se demander s'il n'est pas dans l'intérêt de la caste blanche d'avoir un niveau élevé de violence au sein de la population noire" écrivit-il.
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MimekoMimeko   17 novembre 2017
L'histoire de Jessica Midkiff était celle des prostituées du Southside : sordide, tragique monotone. Toutes ces histoires semblaient commencer de la même manière - par un viol ou des violences pendant l'enfance - et se conclure avec une prostituée vieillissante acceptant des passes toujours plus minables pour se finir en drogue. Pour finir, des clochardes épuisées et édentées erraient sur le trottoir et proposaient des pipes dans les ruelles.
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StelphiqueStelphique   14 novembre 2017
"Il y a cette idée que les Noirs font ça entre eux, et que si je suis blanc ça ne m'affecte pas" dit-il. Ses yeux s'animèrent d'une colère soudaine. "Et bien, figurez vous que si: ça m'affecte."
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MimekoMimeko   12 novembre 2017
Les tentatives de la société pour combattre cette épidémie de meurtres principalement commis entre noirs était inadéquates, fragmentaires, sous-financées, déformées par une série de préjugés idéologiques, politiques et raciaux.Quand les homicides attiraient l'attention, c'était par leur aspect spectaculaire - massacres de masse, assassinats de célébrités, bien loin des gens qui mourraient le plus : les hommes noirs.
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MimekoMimeko   13 novembre 2017
"Ce n'est plus une pute. C'est la gamine d'un père". Wally fit sienne cette philosophie. Quelle que fût la réaction du vaste monde, la vocation de l'inspecteur était de traiter chaque victime, si hors la loi soit-elle, comme l'ange le plus pur. Les personnes assassinées étaient intouchables. Elles méritaient toues la même justice.
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