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ISBN : 2070468925
Éditeur : Gallimard (08/04/2016)

Note moyenne : 4.35/5 (sur 91 notes)
Résumé :

En 1940, la France capitule. En 1941, Jacques Lusseyran, alors qu'il est aveugle et n'a pas 18 ans, entre en résistance en rejoignant le mouvement Défense de la France. Le 20 juillet 1943, il est arrêté par la Gestapo, interrogé pendant des jours interminables et enfermé à Fresnes. Il sera. déporté en 1944 à Buchenwald. Comment un aveugle peut-il survivre à cet enfer ? Grâce à la protection ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (27) Voir plus Ajouter une critique
Piatka
  17 décembre 2015
Attention ! Lumière aveuglante, chef-d'oeuvre en vue !
J'ose. J'ose le slogan un brin provocateur pour exprimer mon admiration pour ce magnifique témoignage d'un homme devenu aveugle par accident à à peine huit ans, entré dans la résistance à dix-sept, déporté à Buchenwald, et décédé à quarante-sept dans un accident de voiture.
Une vie singulière, synonyme d'énergie, de détermination et de courage que la cécité a évidemment modifié, mais sans la rapetisser, bien au contraire.
« On me disait qu'être aveugle, cela consistait à ne pas voir. Je ne pouvais pas croire les gens, car moi je voyais. »
Tout ou presque est résumé là : privé de l'usage de ses yeux, il voit mais différemment, plus intérieurement, il a « le sens des êtres », au-delà des apparences, ce qui lui permettra, entre autre, d'assumer d'importantes responsabilités au sein de réseaux de résistance, de jauger mieux que quiconque les recrues sûres, ou pas.
« Un homme qui parle ne sait pas qu'il se trahit. »
Ne comptez pas sur moi pour résumer ce récit, il faut s'en imprégner, ne surtout pas l'édulcorer. D'un ton direct, clair, et extraordinairement positif, Jacques Lusseyran raconte comment il a traversé cette période sombre de l'histoire, s'est engagé et a, paradoxalement, réussi à mettre sa cécité au service du combat pour faire triompher la liberté.
Son témoignage est chronologiquement divisé en deux parties : L'eau claire de l'enfance et Mon pays, ma guerre. Très différentes de ton et d'enseignements, je retiens surtout comment l'acceptation de son handicap très jeune a forgé une capacité d'adaptation et une force intérieure peu communes, qui se sont révélées être indispensables pour vivre dans un premier temps, puis survivre afin de sortir de l'enfer de Buchenwald, et témoigner enfin que…La lumière fut, malgré la cécité et les atrocités.
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palamede
  08 août 2017
" Je voyais la lumière. Je la voyais encore quoique aveugle. "
A huit ans, Jacques Lusseyran perd la vue à la suite d'un accident. Après quelques jours, où il cherche encore à voir avec ses yeux, il fait l'expérience extraordinaire de découvrir la lumière, sa lumière intérieure qui désormais ne le quittera plus et éclairera tous les instants de sa vie, même les plus sombres.
C'est une lumière qui très vite a guidé le jeune aveugle vers une autre perception du monde ; une perception tactile, auditive et olfactive qui donne une vraie forme et un vrai poids aux choses inanimées, mais aussi aux êtres. Une perception exceptionnelle qui est accessible à ceux qui ne peuvent plus utiliser leurs yeux pour appréhender le monde, mais qui sont éclairés par leur foi comme l'est Jacques Lusseyran.
Car cette cécité, que tout un chacun pense comme un handicap, Jacques la transforme en un bienfait qui supprime sa peur et nourrit sa foi : " Je n'avais pas peur. D'autres diraient : j'avais la foi " dit-il. C'est ainsi qu'il deviendra un brillant élève, un jeune résistant capable d'organiser un vaste réseau, apte à surmonter la torture et à survivre à la déportation. Un homme dont la trop courte vie sera toujours éclairée quoiqu'il advienne.
Presque inconnu en France, jusqu'au livre remarquable que Jérôme Garcin lui a consacré, Le voyant, Jacques Lusseyran est un homme exceptionnel qui a eu un destin exceptionnel, à découvrir dans ce récit lumineux, inspiré et inspirant, comme Le monde commence aujourd'hui, son autre oeuvre autobiographique.

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JeanPierreV
  23 janvier 2016
Livre étonnant et magnifique, à lire surtout si on a tendance à se plaindre de la vie….une leçon de Lumière intérieure…une leçon de force
Jacques Lusseyran…. vous savez ….c'est cet auteur connu du grand public depuis que Jérome Garcin l'a sorti de l'ombre avec son ouvrage « le Voyant«
Un homme au destin extraordinaire, le mot n'est pas trop fort, qui nous livre dans « Et la lumière fut » les 21 premières années de sa vie
Un gamin comme tous les autres, ni meilleur ni plus mauvais, qui se fortifia de son handicap, la cécité totale, survenue après un accident à l'école, à l'age de 8 ans. Un gamin qui nous donne des leçons de courage, un gamin qui malgré sa cécité nous explique comment il voyait en couleurs, comment cette cécité, loin de l'isoler lui permit au contraire de s'ouvrir aux autres:
« Mais au total, je suis redevable à la cécité de m'avoir forcé au corps à corps avec mes semblables, et d'avoir fait de lui, bien plus souvent un échange de force et de joie qu'un chagrin. Les chagrins que j'ai eus, presque toujours je les ai eus dans la solitude. » (P. 63)
Pour lui, tout est couleurs, y compris la musique. Un regard étonnant sur le handicap, sur les handicapés, un regard pour nous autres les considérions différemment….
Un livre en deux parties : son enfance d'une part, son adolescence d'autre part, qui coïncida avec l'invasion de la France par les nazis en 1939
L'autre personnage principal est la Lumière, oh pas celle que nous voyons lorsque nous admirons un paysage, pas celle que nous recherchons lorsque nous faisons une photo…non…la Lumière intérieure, celle qui nous permet de passer les obstacles de la vie, cette force qui devrait faire notre personnalité
Ce gamin Jacques a réussi a suivre une scolarité normale, dans le même lycée que tous les gamins de son âge…il n'a pas connu les établissements spécialisés pour non voyants…il a appris le braille, et à taper à la machine pour rendre ses devoirs aux professeurs, obtenu ses diplômes. Il intégra même Normale Sup…il aurait pu devenir l'un de nos profs de littérature, si un texte et une décision personnelle d'Abel Bonnard, ministre du Gouvernement de Vichy ne l'avait pas écarté, comme tous les autres infirmes, des métiers de l'Éducation Nationale et de l'Administration française…
Un homme courageux qui nous fait partager son engagement dans la Résistance après l'invasion de la France par les armées nazies. Encore étudiant il mobilisa quelques amis et créa un réseau de résistance, de six cent jeunes, filles et garçons comme lui, qui distribuaient clandestinement et à la sortie des églises un journal de quelques pages qui devint France-soir.…un résistant qui fut dénoncé, déporté à Buchenwald, dans les baraquements des infirmes, ceux dans lesquels les rations étaient inférieures de moitié à celles qui étaient donnés aux autre détenus. il y passa 14 mois.. Buchenwald où il faillit plus d'une fois perdre la vie….Seule cette force et cette Lumière intérieure lui permirent d'en sortir vivant.
« Personne autour de nous ne ment, personne ne cherche son intérêt. La Résistance est une affaire de dignité, d'honneur. Et l'honneur n'est pas que dans la Patrie, mais dans tous nos actes….la Résistance protège ceux qui la font. Elle interdit la saleté. C'est la volonté de ne pas faire n'importe quoi, mais quelque chose qu'on a choisi une fois, qu'on voudrait encore, même si l'on a été torturé, bafoué »
Il vivait dans le même monde que nous, mais ne voyait pas les autres avec ses yeux. Il avait acquis un sens inné des autres, ces autres dont il percevait la personnalité, le courage ou la lâcheté, l'engagement ou la passivité selon l'intonation de la voix, la façon dont l'autre lui serrait la main..
Il n'a jamais été « suiveur », mais toujours leader….il réussissait à attirer à lui les autres, à les fédérer autour de lui, à rayonner.
Un message d'amour, de courage, de force, d'ouverture aux autres, d'engagement…A compléter par la lecture de » le monde commence aujourd'hui » qui nous fait découvrir la troisième étape de sa vie. On en apprend un peu plus sur ses conditions de vie à Buchenwald. On apprend que l'Éducation Nationale n'ayant pas voulu de lui il devint professeur de littérature française quelques temps après sa libération…. aux États unis
« La joie ne vient pas du dehors. Elle est en nous quoi qu'il arrive. La lumière ne vient pas du dehors. Elle est en nous même sans les yeux » (dernière phrase du livre – P. 282)
Une personnalité qui ne peut laisser indifférent, un homme qui fut tout sauf banal :
« François m'ayant un jour demandé quel était le défaut que je supportais le moins facilement chez les autres, la réponse avait jailli de moi comme la balle sortie du revolver : la banalité » (P. 184)
A découvrir
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oran
  19 août 2016
Un livre scinder en deux parties,
Dans la première, Jacques Lusseyran raconte comment, garçonnet, victime d'un accident à l'école, il perd la vue, totalement.
Ses parents et lui-même, vont immédiatement tout mettre en oeuvre, pour qu'il puisse rester un enfant comme les autres, ne cherchant pas à le protéger outrancièrement de cet handicap, au contraire, se servant de la cécité pour en faire une force pour aller de l'avant, pour s'assumer et réussir. Il va ainsi pouvoir suivre une scolarité, plutôt brillante tant à l'école primaire qu'au lycée, au milieu des autres camarades, et cela est important de le souligner : l'Education nationale s'est souvent révélée, une institution discriminante, pas pour lui, du moins pendant cette période, grâce, notamment à des enseignants compréhensifs et compétents.
Entouré de copains, et d'un ami Jean, son « miroir », il va ainsi grandir dans une quasi normalité.
Bachelier alors que la guerre vient d'éclater, il va s'orienter vers des études de lettres.
La seconde partie est consacrée à l'entrée en Résistance, la création du réseau « Volontaires de la Liberté » , la rédaction du bulletin , le ralliement d'une partie des membres à « Défense de la France », autour de Philippe Viannay , les trahisons, les arrestations, les déportations tragiques, particulièrement pour lui, puisqu 'il est à Buchenwald, dans un bloc, le 56, qui « n'accueille » que des handicapés physiques et mentaux, les dernières heures avant la libération, les camarades qui ne reviendront pas…
Difficile, très difficile d'imaginer ces vies et les survies dans cet enfer et pourtant, Jacques nous fait voir, nous fait vivre ce quotidien innommable dans lequel sont plongés des hommes par d'autres… de la même espèce.
Ce livre a été écrit et publié aux Etats Unis car Jacques dût s'exiler loin de la France pour pouvoir enseigner comme il le souhaitait la philo et les lettres modernes . Une loi de Vichy en 1942 avait interdit l'accès à Normale supérieure et l'agrégation à un handicapé (quel que soit le handicap d'ailleurs). Cette réglementation ne fut abrogée que tardivement.
Ce livre fut publié aux Etats Unis, la parution française date de 2005, elle est préfacée par sa première épouse, elle aussi résistante .
Jacques décéda en 1971, à l'âge de 46 ans dans un accident routier.
Jacques Lusseyran fut un homme remarquable, doté d'un humanisme et d'une force intérieure extraordinaires, d'une mémoire prodigieuse, son récit dévoile un camarade, un ami, tout aussi exceptionnel donc rare et précieux.



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mfrance
  13 juillet 2018
Né en 1924, devenu accidentellement aveugle en 1932 à l'âge de huit ans, cet adolescent de 17 ans entre en Résistance dès 1941, ce qui l'amène à être incarcéré en camp de concentration en 1944...
Voilà, en quelques dates sèches, balises de la trajectoire exceptionnelle de Jacques Lusseyran, le parcours étonnant de ce garçon qui va transformer en force son handicap, la cécité, en faire un tremplin pour accéder à une connaissance différente et privilégiée du monde, affinée par l'exacerbation de tous ses autres sens. Et pour lui, la lumière fut ...
C'est ce qu'il nous conte, dans cette autobiographie lumineuse détaillant scrupuleusement la jeunesse d'un enfant qui, à la suite de son accident, reçoit de ses parents tout l'amour et l'aide possibles, ce qui contribue à faire de lui un garçon brillant, sensible et remarquablement équilibré, capable de suivre normalement un cursus scolaire émaillé de succès. Sa cécité se muera en force intérieure, que rien ne pourra abattre.
Jacques Lusseyran se livre totalement, avec honnêteté, nous communique sa foi dans la vie, nous fait entrevoir l'intensité de sa lumière intérieure ... et en le lisant, c'est nous tout à coup qui avons la sensation d'être infirme, car les éblouissantes performances que ce garçon est capable de développer, par exemple "lire" dans la voix humaine comme dans un livre, nous en sommes bien loin ... et c'est nous qui nous sentons aveugles !
Puis, la guerre fait brusquement de l'adolescent un homme qui va s'investir totalement dans la création d'un mouvement de résistance "les Volontaires de la liberté" pour l'animer de son énergie bouillonnante et créatrice. Il y rencontrera des frères d'armes, tel Philippe Viannay, dont il rejoindra le mouvement "Défense pour la France", capable de clamer avec humour "mes enfants, si nous sommes encore là pour le dire, il y aura un jour où nous dirons que la Résistance a été l'époque la plus facile de notre vie ! Rendez-vous compte ! Ne pas avoir "un" problème moral : rien que des matériels !" p 211.
Mais il y eut d'autres problèmes ...
Alors, sans pathos et avec une remarquable économie de mots, le déporté numéro 41978 à Buchenwald, nous conte ses quinze mois d'incarcération dans l'enfer de la barbarie. Il n'y a pas de mot pour dire l'indicible mais Jacques Lusseyran les trouve ces mots et il nous délivre l'insoutenable en provoquant émotion et bouleversement chez le lecteur.
"Il n'y a pas de "vérité" sur l'"inhumain", de même qu'il n'y en a pas sur la mort." p 263
Un hommage déchirant, poignant à tous ses amis disparus.
Un témoignage passionnant, exceptionnel, et le terme n'est ici pas galvaudé, une leçon de vie et de courage, dont il convient de s'imprégner afin de ne pas sombrer dans la déprime pour un oui ou pour un non !
Jacques Lusseyran, un homme à ne jamais oublier.
A lire également de Jérôme Garcin : le Voyant, la biographie de Jacques Lusseyran parue en 2014.
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Citations et extraits (73) Voir plus Ajouter une citation
nadejdanadejda   16 novembre 2015
On eût dit que, de ce Paris occupé, silencieux comme un cercueil, montaient des émanations irritantes. Toutes ces paroles que les gens retenaient parce qu’ils avaient peur devenaient des défis. Presque tous les garçons de mon âge étaient inquiets.
(…) Et notre inquiétude était plus complète que celle des adultes. Elle ne consistait pas à se demander qui gagnerait la guerre, et quand, s’il y aurait des restrictions alimentaires (du reste il y en aurait, elles commençaient déjà), si l’ennemi le plus dangereux était le nazisme ou le bolchevisme. Nous voulions apprendre à vivre. C’était bien plus grave. Et nous voulions apprendre très vite, parce que nous sentions que demain il serait sans doute trop tard. Il y avait des signes de mort sur terre et dans le ciel,de la frontière d’Espagne à celle de Russie. Pas même des signes, des actions de mort.
Cela grondait en nous, cela voulait sortir. Si nous n’étions pas fichus de fabriquer une meilleure vie que celle de nos aînés, l’orgie de sottise et de massacre allait continuer jusqu’à la fin du monde. Qu’ils se taisent, les gens, s’ils pouvaient vivre en se taisant ! Nous, nous ne pouvions pas. Quant à leur peur, elle ressemblait trop à de l’indécence : elle nous écoeurait.
Nous n’étions indulgents ni pour les philosophes, ni pour nos professeurs, ni pour nos familles. C’était mieux ainsi : il nous fallait de la force pour nous préparer.
p 148-149
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nadejdanadejda   13 novembre 2015
A peine étais-je devenu aveugle que j’avais oublié le visage de ma mère, celui de mon père, et généralement de tous les êtres que j’aimais. De temps à autre un visage m’apparaissait en souvenir, mais c’était toujours celui d’une personne qui m’était indifférente. (…)
L’affection, l’amour nous mettraient-ils si près des êtres que nous ne puissions plus évoquer leur image ? Peut-être même, à cause de notre amour, ceux que nous aimons, nous ne les avons jamais vus complètement.
Il est vrai que, à défaut de leurs visages, j’avais contre mon oreille les voix de mes parents et que, depuis l’accident, les formes des gens, leurs apparences m’intéressaient encore, mais d’une façon toute nouvelle.
Il m’était devenu subitement égal que les gens eussent les cheveux bruns ou blonds, les yeux bleus ou verts. Je trouvais même que les voyants employaient beaucoup trop de leur temps dans ces observations inutiles.
Toutes ces expressions de la conversation courante — « il donne confiance », « il a l’air bien élevé » — me paraissaient prises juste à la surface des gens : c’était la mousse, ce n’était pas le breuvage. p 81
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nadejdanadejda   12 novembre 2015
Ce qu'une maman peut faire pour son enfant aveugle peut s'exprimer simplement : lui donner naissance une deuxième fois. C'est ce que la mienne fit pour moi,...
(...) Elle apprit le braille avec moi. Elle suivit mes études jour par jour pendant plusieurs années. Elle accomplit en somme toutes les tâches qu'un précepteur privé, spécialisé, eût sans doute accomplies. Mais à la compétence, elle ajouta l'amour, et l'on sait bien que cet amour-là dissout les obstacles mieux que ne le feraient toutes les sciences.
(...) On me pardonnera, j'en suis sûr, de penser que ma mère fut exceptionnelle. Mais je ne crois pas affaiblir le témoignage que je lui rends, si je dis qu'il est des milliers d'autres femmes qui seraient capables, vis-à-vis de leur enfant aveugle, du même don et de la même intelligence. Il suffirait, pour qu'il en fût ainsi, qu'elles sachent que l'adaptation est possible, et mieux que l'adaptation : l'alignement de la vie de leur enfant sur la vie des autres. Il suffirait qu'elles aient plus souvent entendu parler des richesses de la cécité, qu'elles aient confiance. Et c'est pourquoi je raconte si volontiers mon histoire accidentellement heureuse. Il n'est rien que je désire tant que de ne pas être une exception. p 46-47
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nadejdanadejda   09 novembre 2015
Extrait de la Préface de Jacqueline Pardon, résistante, devenue la femme de Jacques Lusseyran après la guerre. Ils divorceront en 1954. p 7
"Un petit garçon de huit ans perd définitivement la vue, à la suite d'une bousculade à l'école communale. C'est un malheur irréparable. Il découvre en lui des dons inhabituels. D'abord, il voit toujours le soleil lorsqu'il regarde de "l'intérieur vers l'intérieur", soleil qui "conserve sa flamme joyeuse". Et, dans la lumière de celui-ci, tout revient. Et plus encore, c'est un déferlement de couleurs. Même les chiffres, les lettres, les notes de musique sont colorés.
Quant aux hommes, s'il ne voit plus la forme de leurs corps, c'est une tache colorée qu'il perçoit, différente pour chacun. Les autres sens se développent, l'ouïe en particulier. La voix, pour lui, est beaucoup plus révélatrice de l'être que l'expression du visage. La cécité, loin de le séparer des autres, le rapproche d'eux. Il n'est pas un aveugle, mais un aveugle voyant, qui vit parmi les voyants ordinaires."
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nadejdanadejda   17 novembre 2015
Claude et Raymond étaient philosophes. Ils pensaient que la France n'étaient qu'un cas particulier des démocraties, et que c'était la démocratie qu'il fallait défendre, qu'elle était digne de tous les courages.
D'autres, tels François et Jean et bientôt la plupart, exprimaient moins clairement leurs raisons de se battre, mais les connaissaient mieux.
Les mots leur étaient aussi indifférents qu'à moi. Ils se battaient pour l'Honneur, la Liberté, l'Idéal, le Droit à la Vie, la Pureté, le Christianisme, le Respect... Simplement, ils ne supportaient plus qu'on bombarde et affame les populations civiles, qu'on mente en public et conformément à des lois, qu'on appelle alliance le pillage, et protection le despotisme policier.
Surtout, nous ne voulions plus qu'on traite un monstre (ou même un homme : Adolf Hitler) comme s'il était un dieu. "Dieu n'est ni allemand, ni russe, ni français" : je le répétais sans cesse à Georges. "Dieu, c'est la Vie, et tout ce qui attente à la vie est contre Dieu." p 172-173
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Video de Jacques Lusseyran (1) Voir plusAjouter une vidéo
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