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ISBN : 2021401197
Éditeur : Seuil (03/05/2018)

Note moyenne : 4.07/5 (sur 29 notes)
Résumé :
Présentateur Aïssa Maiga

Nadege Beausson-Diagne - Mata Gabin - Maïmouna Gueye - Eye Haïdara - Rachel Khan - Aïssa Maïga - Sara Martins - Marie-Philomène NGA - Sabine Pakora - Firmine Richard - Sonia Rolland - Magaajyia Silberfeld - Shirley Souagnon - Assa Sylla - Karidja Touré - France Zobda

Stéréotypes, racisme et diversité : 16 actrices témoignent
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
fanfanouche24
  11 juin 2018
Découverte imprévue de cette comédienne- documentariste, Aïssa Maïga, samedi dernier, à l'émission matinale, "Thé ou Café" , où cette pétulante
quarantenaire défendait son parcours, ses convictions et engagements artistiques et féministes.... et simplement universellement humaines...dont
cet ouvrage de rencontres avec 16 autres artistes, de couleur, - comédiennes , de théâtre ou de cinéma, etc...ouvrage prolongeant le documentaire également réalisé
par Aïssa Maïga...!
J'ai acquis ce petit livre très dense, séance tenante; lu en quelques heures...
Que de boulot, que de boulot partout... pour lutter, freiner tous les ostracismes, les exclusions, les racismes ordinaires, sournois, perfides, s'infiltrant dans le moindre interstice !....
Les témoignages vigoureux de ces seize artistes déterminées et de talent est un ouvrage salutaire, pour se dire qu'en ce monde dit-moderne, où les frontières se sont ouvertes, élargies, la réalité des réseaux sociaux développer, il faut poursuivre les batailles contre les racismes et les ségrégations de toutes sortes.....
Dans ce recueil de rencontres, seize femmes dans le monde du cinéma et du spectacle raconte des anecdotes qu'elles ont vécues comme des
humiliations, ou vexations déplaisantes envers la couleur de leur peau ...
sans tenir compte le moins du monde de leurs compétences et de leur personnalité propre !....
"Sabine Pakora - "L'imaginaire colonial "
Je ne m'étais jamais définie par ma couleur de peau. (...) Une fois, après un casting sans suite, on m'avait rétorqué qu'on ne cherchait pas de "Noire"; j'objectais que je candidatais en tant que comédienne, pas en tant que "Noire". (p. 77)
Un formidable réservoir de courage, d'amour de la Vie, des Arts, et de richesses individuelles métissées, qui nous enrichissent tout un chacun....au quotidien, si on y est attentif et réceptif !....
"Sonia Rolland - " Pas assez africaine" ou "trop foncée"...
je suis le fruit d'un amour qui provient de deux cultures, de deux horizons lointains. Celui d'un père français, blanc, et d'une mère rwandaise noire : ces deux-là ont décidé un jour envers et contre tous qu'ils s'uniraient et auraient des enfants dans un monde pas encore tout à fait prêt à comprendre cette singularité." (p. 87)
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iris29
  09 octobre 2018
16 actrices noires, d'origine africaine, des DOM TOM ou métisses, témoignent de leur quotidien en tant que professionnelles voulant vivre de leur profession. Certaines ont eu des 1° prix de conservatoire, d'autres ont fait des écoles réputées , mais toutes confirment combien c'est dur d'évoluer dans ce milieu. Qu'elles soient victimes d'humiliations, de racisme, de clichés, de préjugés, ce qu'elles racontent est édifiant de la part d'un milieu qu'on pensait ouvert et tolérant ,
116 pages qui m'ont mise en colère…
Je connaissais seulement trois noms et six visages sur les 16 .
Alors qu'aux USA , séries et films cartonnent avec un casting 100% black (Black panther") ou 100 % asiatique (Crazy Rich Asians"), en France, on n'"ouvre pas la porte"...
Je croyais que le cinéma était aussi une industrie ? Car il y a de l'argent à se faire, des emplois qui se perdent…
Quels cons !
Connaissez- vous , un(e) acteur/actrice: tahitien(ne)? Guyanais(e), de Nouvelle- Calédonie ? etc...
A l'heure , où la France est black/blanc/beur/asiatique,
à l'heure où, de plus en plus d'enfants venus d'ailleurs, sont adoptés, à l'heure du métissage , le cinéma français, n'ose pas . Le cinéma français met les gens de couleurs dans des cases ( les actrices noires jouent des femmes de ménage, des dealeuses, des putes etc... , ) , elle est pas belle la vie, sous le soleil français ? Pour les directeurs de casting, une actrice noire ne peut pas jouer une avocate . ( Comble de l'ironie, cette actrice ( noire ), Rachel Khan, EST Diplômée en droit.. )
Ailleurs, l'herbe est plus verte , on décroche des premiers rôles, des rôles intéressants . Ailleurs " noire n'est pas un métier" ; on peut devenir : Viola Davis, Marianne Jean-Baptiste, Kerry Washington. pour ne citer qu'elles …
" La seule chose qui différencie la femme de couleur de toute autre personne, c'est l'opportunité." Viola Davis
Elles sont solides et courageuses, ces 16 actrices françaises .
Et elles sont belles aussi , bien plus charismatiques que pleins d'actrices blanches auxquelles, je suis sensée m'identifier et dont je tairais les noms parce que je suis gentille .
( Et que je ne vais pas voir leurs films , vu que je ne dois pas m'identifier assez fort … )
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petitsoleil
  26 septembre 2018
"Je n'appartiens pas à la diversité, c'est la diversité qui est en moi puisque je suis comédienne. Noire n'est pas un rôle. Noire n'est pas un métier non plus"
Voici l'une des citations marquantes qui émaillent ce court recueil de témoignages. Noires, métisses, elles ne se définissaient pas ainsi, ne se voyaient pas ainsi, quand elles ont fait de la danse classique, pris des cours de théâtre, fréquenté un conservatoire de musique … Leurs ambitions se heurtent souvent, trop souvent, à un mur de clichés, de préjugés. Elles sont comédiennes, actrices, sportives, humoristes … Un livre qui interpelle
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Ichirin-No-Hana
  24 mai 2018
Noire n'est pas mon métier est un très court ouvrage regroupant 16 témoignages de 16 actrices françaises de couleur. Alors que l'on parle très régulièrement du racisme aux Etats-Unis, il est important de rappeler que le racisme existe également en France. Ces 16 femmes ont pris leurs courages à deux mains pour nous parler d'un tout petit instant de leur vie où le racisme ordinaire leur a fait du mal. Petits instants où ces femmes ont perdu leurs identités pour n'être plus que des « noires », des « renoirs » des « blacks » ou encore des « bamboulas ». J'ai trouvé cet ouvrage d'autant plus fort qu'ils parlent de choses du quotidien, de racismes ordinaire. Racisme que l'on voit tous les jours, sans violence apparente mais qui fait mal. Racisme que j'ai moi-même surement utilisé sans vraiment le considérer comme tels et sans vouloir offenser qui que ce soit. Cet ouvrage a été un choc car les clichés sont, encore aujourd'hui, beaucoup trop ancré et qu'il est important de les combattre. Merci à ces femmes qui nous rappellent qu'il y a encore des choses à changer, à améliorer et qu'il est important que les médias, notamment le cinéma, prennent enfin en compte ce qu'est la France d'aujourd'hui.
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de
  28 août 2018
Les refus de la boite à clichés
Le propre des comédiennes, comme des chanteuses ou chanteurs d'opéra, est d'incarner des personnages qui ne sont pas elles/eux. Des rôles pour des capacités dramatique ou comique, des tessitures vocales… Il est possible de jouer une jeune femme ou un jeune homme malgré les années marquant le corps, incarner Othello en grimant son visage – car semble-t-il un « maure » ne saurait être imaginé autrement. Sans oublier ces rôles de jeunes hommes – Chérubin, le Chevalier à la rose – joués par des femmes, pour des raisons d'ambiguïté littéraire. Mais qu'en est-il de Wotan, Lady Macbeth, Juliette, Marianne, Andromaque et autres ?
Pourquoi la pigmentation de la peau est-elle un prétexte pour exclure certaines « de l'immense majorité des opportunités artistiques d'un pays pour tant doté d'une véritable industrie culturelle » ?
Dans le prologue, Aïssa Maïga parle des actrices noires ou métisses. Elle aborde, entre autres, « un regard à la fois sexiste et raciste posé sur son corps, sa culture d'origine, son appartenance réelle ou supposée à un groupe ethnique », le racisme nébuleux, la myriade de mots méprisants ou d'observations condescendantes, la discrimination avec largesse du cinéma français, « Discrimination à l'embauche, invisibilité, plafond de verre, déficit de crédibilité lorsqu'elles ou ils accèdent à des postes à responsabilité, quand ils ne sont pas tout simplement exposés de façon stratégique, trophées d'entreprises qui veulent apparaître vertueuses en termes de diversité », le vide retentissant en termes de représentation « de la réalité sociale, démographique, ethnique française », les terribles impensés, « l'imaginaire social, miroir tendu à la nation, est une source qui nourrit ou détruit le lien social »…
Seize comédiennes, leur art et leur rêve, « Femmes, noires, actrices. Françaises à part entière et entièrement issues d'une autre histoire. Nous ne sommes pas seules ».
Quelques éléments et analyses, choisies subjectivement.
Les assignations, la focalisation sur les cheveux ou les accents – réels ou fantasmés -, la sexualisation raciste des corps, l'inculture et la bêtise, les mots blessants, (« Je suis attentive aux mots, aux textes que je joue »), la présomption de non-appartenance à la France, les gestes violeurs, les « bouchers obsessionnels qui sévissent et qui écorchent ton être pour se sentir beaux et forts », l'érotisation du corps et la réduction de la personne à un objet silencieux, les barrières contre le jeu, « Je veux juste qu'on arrête de nous regarder et de faire comme si on avait déjà parlé alors qu'on a pas ouvert la bouche »…
Les films intérieurs, le désir d'expression et de jeu, « Aucune pièce de théâtre, aucun scénario de film ne détermine que certains rôles sont pour les Blancs », la pigmentation trop noire pour certains et pas assez pour d'autres, ne pas être à sa place dans les lieux « où les parures et les fragrances jouent pleinement leur partition », être cette ombre inqualifiable « qui écrase mon travail d'actrice circonscrit à des rôles tristement attendus », les clichés délétères, l'écran blanc de mes nuits noires… « Je n'appartient pas à la diversité, c'est la diversité qui est en moi puisque je suis comédienne. Noire n'est pas un rôle. Noire n'est pas un métier non plus »…
Vouloir être comédienne sans les limites que d'autres ont tracées sur soi, le fantasme du corps de la femme noire, la soi-disant pénurie de rôles, ces accents imités ou créés contre nous, les castings et les images et la découverte de soi comme noire, la relégation vers des « personnages périphériques et toujours en situation de subalternes », les constructions de l'exotique, l'imaginaire occidental qui stigmatise ou récupère, la couleur de la peau et les constructions sociales, l'ethnicisation des relations dans le monde du travail, le métissage, ce « blanc·he » qui semble interdit à prononcer, ces adultes en enfants fatigué·es…
Quelques films, quelques rôles, ce qui n'est plus un horizon inaccessible.
Ecoutez les paroles de ces femmes, celles qui s'auto-définissent comme Afro-Armoricaine, Afro-Yiddish tourangelle, « poto-mitan » ou autrement – ou qui ne font pas – « la filiation s'invente et se tricote, on peut faire ça, oui, devenir l'enfant de quelqu'un sans que le sang s'en mêle ».
Les mots de comédiennes aspirant à jouer parce qu'elles en ont le talent, l'envie, le désir… Elles ne se tairont pas.
Lien : https://entreleslignesentrel..
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Citations et extraits (45) Voir plus Ajouter une citation
iris29iris29   10 octobre 2018
J'aime toujours être un peu en avance le matin ( sur le plateau de tournage ]. Quand j'arrive sur le décor, je découvre stupéfaite des objets que je n'ai jamais vu dans cet espace : une photo de coucher de soleil, un palmier sculpté en bois, un bananier lui aussi en bois, etc. J'appelle l'accessoiriste, je lui demande de me regarder, de regarder les objets et je l' interroge : "Pourquoi"? Il est gêné, présente ses excuses, les enlève. Pourquoi des objets à connotation "exotique" ? Pourquoi, pour lui, les objets personnels de mon personnage sont-ils des objets de "Noirs" ?

Nadège Beausson-Diagne
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Ichirin-No-HanaIchirin-No-Hana   14 mai 2018
(Nadège Beausson-Diagne) J'avais 21 ans, je quittais l'appartement familial, je commençait ma vie de femme, ma vie d'artiste, je sentais que tout était possible, que, comme je les avais travaillés au Conservatoire- d'où je suis sortie avec un second prix d'interprétation-, je pourrais jouer "Juliette" ou "Camille", je me sentais heroine de ma vie, forte et libre. Malheureusement, j'allais au cours de ces vingt-cinq années comprendre que j'étais noire avant d'être moi.
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iris29iris29   09 octobre 2018
Nous ne sommes pas que des primo-arrivants, migrants en difficulté, mères de famille affublées d'une tripotée d'enfants, il y a , parmi cette minorité non blanche, des avocats, des ingénieurs, des scientifiques, des directeurs d'entreprises, des artistes, pourtant la plupart des scénarios ne les incluent pas. A l'écran, être noir est perçu comme un handicap… davantage que dans la société et dans la vie quotidienne . Pourquoi le cinéma français intègre- t-il si difficilement cette évolution ? Pourquoi est-on toujours perçu comme un être pittoresque dépeint par l'anthropologie du début du xx° siècle ?
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Ichirin-No-HanaIchirin-No-Hana   16 mai 2018
Être moi, une femme noire, comédienne et noire. Pas black, non, ça aussi, c'est encore un moyen de contourner les angles. Droit au but ; balle au centre cocorico. On est en France, non ? On y parle français ? C'est bien ça ? Eh bien, soyons cohérent alors : je suis noire. N'ayez pas du mal à le dire, car cela devient louche à la fin...
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iris29iris29   10 octobre 2018
Quitter la fac et devenir serveuse. Avoir peur de le rester. Passer un casting. Y croire. Ne pas être choisie. Continuer à être serveuse. Ne pas désespérer. Regarder le ciel. Mais flipper de l'avenir, quand même. Passer un autre casting. Décrocher le rôle. Un rôle important comme on dit. On est en 1996. Dans ma ville. Paris, les noirs sont partout. Dans le cinéma, nulle part.

(Aïssa Maga)
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Videos de Aïssa Maïga (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Aïssa Maïga
Aïssa Maïga participe à la campagne #MaintenantOnAgit de la Fondation des Femmes.
#MaintenantOnAgit est une campagne qui vise à favoriser l’accès à la justice des femmes victimes de violences en donnant aux associations les moyens de les accompagner. Portée par des personnalités engagées, #MaintenantOnAgit est une réponse concrète aux centaines de femmes qui ont porté plainte ces dernières semaines suite aux campagnes #MeToo et #BalanceTonPorc. www.fondationdesfemmes.org
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