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ISBN : 2330096658
Éditeur : Actes Sud (07/03/2018)

Note moyenne : 4.42/5 (sur 100 notes)
Résumé :
Ruth est sage-femme depuis plus de vingt ans. C'est une employée modèle. Une collègue appréciée et respectée de tous. La mère dévouée d'un adolescent qu'elle élève seule. En prenant son service par une belle journée d'octobre 2015, Ruth est loin de se douter que sa vie est sur le point de basculer. Pour Turk et Brittany, un jeune couple de suprémacistes blancs, ce devait être le plus beau moment de leur vie : celui de la venue au monde de leur premier enfant. Le pet... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (54) Voir plus Ajouter une critique
tynn
  11 juillet 2018
Aujourd'hui c'est un anniversaire ! Avec beaucoup de bougies !
1000e critique, donc 1000 livres lus en près de 6 ans d'addiction «babéliote», faite de coups de coeur, de coups de gueules, de rencontres d'auteurs ou de lecteurs, de conseils et de découvertes grâce à la Communauté, que je salue et remercie. (Parenthèse refermée)
Il convenait donc de choisir un livre adapté et accepter pour une fois de sortir de mon confort littéraire en prenant sans apriori un titre symbolique.
(Je n'ai quand même pas pris trop de risques avec Actes Sud )
Ce fut une excellente pioche par une immersion oppressante dans la culture américaine contemporaine et ses vieux démons de racisme ordinaire. Une navrante fiction qui fait froid dans le dos pour une afro-américaine, infirmière piégée en bouc émissaire dans la responsabilité collective du décès d'un nourrisson, subissant les méthodes de cow-boy des institutions policière et judiciaire.
Jodi Picoult nous immerge dans une société où mille petits riens sont autant de petites agressions racistes, où il convient encore de savoir survivre dans un monde de blancs, faisant face aux bons sentiments bien intentionnés jusqu'à la cohabitation avec des idéologies suprématistes.
Une histoire sur le fil du rasoir, faite par plusieurs narrateurs, où chaque personnage, profondément humain pour le pire et le meilleur, fait face à des sentiments multiples de haine, de douleur, de révolte. Où le lecteur se projette avec effroi dans la peau d'une victime expiatoire et serre les dents pour tenter de voir le bout du tunnel. On peut chipoter sur quelques longueurs et une chute narrative un peu expéditive, mais l'ensemble est convainquant.
Et puis cette excellente jaquette de petite fille appuyée au mur en état de sidération, telle une fiche d'identification policière…
Un gros coup de coeur.
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Shan_Ze
  11 mai 2018
Ruth Jefferson est une sage-femme afro-américaine de 44 ans. Elle exerce depuis plus de vingt ans et pourtant, les parents d'un bébé l'accusent de la mort de celui-ci. Autour de cet évenement, c'est le racisme qui est mis en avant. Ruth raconte comment sa vie a changé, comment elle vit les remarques au quotidien. Kennedy, l'avocate qui prendra l'affaire en charge, a un autre point de vue en tant que Blanche. Enfin, il y a la voix de Turk et suprémaciste blanc et le père du bébé qui déverse tout sa haine pour les Noirs et autres minorités.
Dès que j'ai vu la couverture de ce roman et le titre, j'ai eu envie de le lire. Mais prudence, quand j'ai trop d'attentes, je suis parfois déçue. Heureusement pour moi, ce livre a été une fabuleuse découverte. Cette histoire à trois voix autour du racisme aux Etats-Unis est magnifiquement racontée par Jodi Picoult.
C'est une lecture très agréable, j'ai aimé suivre les vies de Ruth et Kennedy, connaitre leurs pensées sans filtre sur un sujet qui peut être tabou au Etats-Unis. J'ai eu plus de mal avec le personnage de Turk, sentir tout ce venin sortir d'une personne, c'est assez dur. Jodi Picoult a fait un excellent travail de recherche pour en faire ce roman très abouti et déceler les différences nuances entre racisme et considérations sur la couleur. Quand je tente de faire une comparaison avec la situation en France, je me dis qu'il y a des différences... La fin est bien amenée, comme un espoir sur notre futur même s'il est un peu utopique.
C'est un gros roman mais il se lit tout seul (presque 600 pages) ! Un vrai coup de coeur !
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LucileMM
  28 avril 2018
Ruth afro-américaine de 44 ans, s'applique depuis toujours à être une citoyenne parfaite. Infirmière dans une maternité, dévouée et compétente, elle est une professionnelle appréciée de tous.
Jusqu'au jour où son chemin croise celui d'un jeune couple de suprémacistes blancs qui refusent qu'elle s'occupe de leur bébé. Sa hiérarchie accède à la requête du couple et lui interdit de s'approcher du nourrisson. Quand le drame survient et que l'enfant fait un arrêt respiratoire, Ruth est seule avec lui…
Partant de ce drame, Jodi Picoult tresse un récit à trois voix.
La voix de Ruth, forte et digne, qui affronte sa descente aux enfers et se voit obligée de remettre en question tout ce sur quoi elle a basé son existence.
La voix de Kennedy, jeune avocate de la partie civile pour qui ce procès va tout changer.
La voix de Turk, jeune père aimant, homme haïssant.
580 pages qui se lisent toutes seules même si le propos est dense car les rebondissements sont nombreux et les réflexions percutantes…
Challenge Muli-défis 2018
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Biblioroz
  13 février 2018
Avec ce nouveau roman, Jodi Picoult nous plonge dans un véritable bouillon de sentiments et d'émotions contradictoires. de ce bouillon émanent des effluves de professionnalisme, d'efforts d'intégration, de persévérance, de compassion et de tendresse. Mais de ce chaudron bouillonnant ressortent aussi des relents de haine, de colère, de violence, d'aveuglement et d'injustice.
Écoutons la voix de Ruth, africaine-américaine. Elle se souvient de cet instant où sa mère a aidé à mettre au monde le bébé de sa patronne. Cet instant, si fugitif, pendant lequel elle a perçu l'abolition des différences sociales et raciales. Ruth était alors âgée de cinq ans et c'est ce miracle, en suspens, qui l'a conduite à devenir infirmière sage-femme. Pour se donner toutes ses chances, elle choisit d'étudier, de vivre et d'exercer ensuite son métier parmi les blancs. Attachée uniquement au bien-être de ses patientes, elle ne peut envisager les limites de l'intégration qui sont pourtant encore bien réelles aux États-Unis. Ses relations avec sa soeur, plus aigrie ou alors simplement plus réaliste face aux difficultés raciales, sont très conflictuelles tout en étant très fraternelles : une ambigüité que j'ai trouvée très intéressante et très bien exploitée par l'auteure.
Écoutons la voix de Turk, un suprémaciste blanc convaincu. Avec sa femme qui vient d'accoucher dans l'hôpital où exerce Ruth, tous deux refusent que cette infirmière noire touche leur bébé. Il nous relate ce parcours qui l'a fait basculer vers ces groupes extrémistes et leurs idéologies racistes. Lorsque son bébé décède, ce n'est que par la violence et la haine qu'il peut extérioriser sa douleur en accusant Ruth du meurtre de son petit Davis.
Écoutons la voix de Kennedy, jeune avocate de la défense publique. Elle n'a encore jamais plaidé une affaire de meurtre mais va entamer ce procès comme il est de bon ton de le faire dans les tribunaux américains, sans soulever le problème racial alors qu'il semble bien que c'est uniquement lui qui est au coeur de cette tragédie.
Ces trois voix nous chuchotent, nous disent ou nous crient leur propre ressenti. Elles nous submergent, nous révoltent, nous bousculent dans nos propres convictions.
C'est rythmé et profond même si quelques passages dans le procès sont parfois redondants.
Jodi Picoult révèle la part cachée du racisme, les innombrables préjugés raciaux qui hantent encore l'Amérique, mais aussi tous ces petits riens qui font avancer vers une prise de conscience de la justice ou plutôt de l'injustice sociale liée à la couleur de peau.
Pour coller à la réalité, l'auteure s'est appuyée sur une solide documentation qui donne beaucoup de crédibilité à tous les thèmes abordés.
J'ai eu un coup de coeur pour le passage dans lequel Ruth compare la problématique raciale, niée par tous, à l'énormité d'un éléphant qui se promènerait dans le tribunal !
Je remercie Actes Sud et Masse Critique pour l'offre de ces belles heures de lecture.
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montmartin
  30 mars 2018
Un roman à trois voix, trois narrateurs qui se partagent le récit, trois personnes qu'un drame va amener à se rencontrer.
Kennedy est une avocate commise d'office, elle ne sera jamais riche, mais elle pourra continuer de se regarder dans une glace. La voilà en charge de la défense d'un infirmière noire accusée d'avoir tué un bébé.
Tucck est un suprémaciste blanc, avec ses amis du White Power, armés de marteaux de tapissier, de crosses de hockey, de matraques ou de barres à mines, ils passent à tabac, les négros, les pédales et les youpins. Son frère aîné a été tué par un nègre. Avec les groupuscules néonazis, skinheads, ils se réunissent le 20 avril pour fêter la naissance d'Hitler. Tout ce qu'il veut c'est offrir à son bébé la plus belle vie possible, mais son fils est mort à la maternité, et c'est la faute à cette négresse d'infirmière.
Ruth, depuis vingt ans elle exerce son métier d'infirmière en obstétrique, elle aide les femmes à accoucher, elle s'occupe des mamans et des nourrissons. Elle est la seule infirmière noire de son hôpital, elle essaye désespérément de s'intégrer sans heurts. Son mari a été tué alors qu'il servait en Afghanistan, son fils Edison, est un étudiant brillant.Mais un jour le train entier de sa vie déraille, elle fait l'objet d'une mesure de suspension, on la tient pour responsable de la mort d'un bébé.
Loin des stéréotypes, une réflexion sur le racisme quotidien dans l'Amérique contemporaine. Un sujet épineux, difficile à aborder, c'est la raison pour laquelle nous l'évitons la plupart du temps. L'auteur décrit parfaitement le cheminement qui va conduire un jeune à s'enraciner dans un racisme militant. Nous pénétrons au coeur de la salle d'audience où une jeune femme noire souhaite simplement que les gens sachent qu'elle a été traitée injustement à cause de la couleur de sa peau. Elle prend le risque de perdre son travail, son gagne-pain, sa liberté, mais elle veut dire la vérité.
Le temps des excuses, du pardon et de la rédemption. Un roman sur les mille petits riens de la vie quotidienne qui ont sur les autres des conséquences importantes. Un livre manifeste contre la discrimination raciale qui ne peut laisser le lecteur indifférent.

Lien : http://notreavis.canalblog.c..
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critiques presse (2)
LeMonde   07 mai 2018
Un long travail d’écoute de ses concitoyennes noires a permis à l’écrivaine de rendre compte, dans « Mille petits riens », du racisme institutionnel aux Etats-Unis.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Actualitte   03 mai 2018
Avec profondeur et justesse, ce roman social pointe du doigt ces mille petits riens qui, derrière les non-dits, en disent long pour beaucoup d'entre nous.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
ladesiderienneladesiderienne   20 juillet 2018
Adisa a dû voir que j'étais sur le point de m'effondrer parce qu'elle prend ma main dans la sienne.
- Ruth, dit-elle d'une voix douce. Tes amies t'ont peut-être tourné le dos mais tu sais ce qui est bien quand on a une sœur ? C'est qu'elle est toujours là pour nous.
Elle plonge ses yeux dans les miens. Les siens sont si sombres que a démarcation entre l'iris et la pupille est à peine visible. Mais ils ne cillent pas et sa main ne me lâche pas, et doucement,très doucement, je m'autorise à respirer.
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DuzboDuzbo   08 février 2018
Les bébés sont comme des ardoises vierges. Ils ne viennent pas au monde déjà chargés des engagements pris par leurs parents, des promesses formulées par leur église, de cette capacité qu'ont certains à ranger les êtres humains dans deux groupes distincts : ceux qu'ils aiment et ceux qu'ils n'aiment pas. En réalité, ils arrivent sans rien, à part un besoin immense d'être rassurés. Et ce besoin peut être comblé par n'importe qui : ils ne jugeront pas la personne qui les prendra dans ses bras.
Une question me traverse l'esprit : combien de temps faut-il pour que ce vernis naturel s'écaille au contact de l'éducation reçue ?
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celdadouceldadou   02 mai 2018
La mort s'invite plus fréquemment que l'on croit dans une maternité.En cas d'anencéphalie et de mort foetale,les parents doivent malgré tout créer un lien avec leur bébé pour pouvoir faire le deuil.
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LucileMMLucileMM   26 avril 2018
Il y a deux catégories de personnes chez les avocats de la défense: ceux qui croient pouvoir sauver le monde et ceux qui savent bien que c'est impossible.
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EroblinEroblin   26 mai 2018
Dans ma tête, je commence à dresser une liste de toutes les choses que je ne ferai pas avec mon fils: le voir sourire pour la première fois. Fêter son premier Noël. Lui acheter un fusil pour enfant. Lui donner des conseils pour draguer une fille.
Des repères. Je ne vivrai jamais tous ces moments importants dans la vie d'un père.
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