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ISBN : 2330096658
Éditeur : Actes Sud (07/03/2018)

Note moyenne : 4.51/5 (sur 57 notes)
Résumé :
Ruth est sage-femme depuis plus de vingt ans. C'est une employée modèle. Une collègue appréciée et respectée de tous. La mère dévouée d'un adolescent qu'elle élève seule. En prenant son service par une belle journée d'octobre 2015, Ruth est loin de se douter que sa vie est sur le point de basculer. Pour Turk et Brittany, un jeune couple de suprémacistes blancs, ce devait être le plus beau moment de leur vie : celui de la venue au monde de leur premier enfant. Le pet... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (38) Voir plus Ajouter une critique
Shan_Ze
  11 mai 2018
Ruth Jefferson est une sage-femme afro-américaine de 44 ans. Elle exerce depuis plus de vingt ans et pourtant, les parents d'un bébé l'accusent de la mort de celui-ci. Autour de cet évenement, c'est le racisme qui est mis en avant. Ruth raconte comment sa vie a changé, comment elle vit les remarques au quotidien. Kennedy, l'avocate qui prendra l'affaire en charge, a un autre point de vue en tant que Blanche. Enfin, il y a la voix de Turk et suprémaciste blanc et le père du bébé qui déverse tout sa haine pour les Noirs et autres minorités.
Dès que j'ai vu la couverture de ce roman et le titre, j'ai eu envie de le lire. Mais prudence, quand j'ai trop d'attentes, je suis parfois déçue. Heureusement pour moi, ce livre a été une fabuleuse découverte. Cette histoire à trois voix autour du racisme aux Etats-Unis est magnifiquement racontée par Jodi Picoult.
C'est une lecture très agréable, j'ai aimé suivre les vies de Ruth et Kennedy, connaitre leurs pensées sans filtre sur un sujet qui peut être tabou au Etats-Unis. J'ai eu plus de mal avec le personnage de Turk, sentir tout ce venin sortir d'une personne, c'est assez dur. Jodi Picoult a fait un excellent travail de recherche pour en faire ce roman très abouti et déceler les différences nuances entre racisme et considérations sur la couleur. Quand je tente de faire une comparaison avec la situation en France, je me dis qu'il y a des différences... La fin est bien amenée, comme un espoir sur notre futur même s'il est un peu utopique.
C'est un gros roman mais il se lit tout seul (presque 600 pages) ! Un vrai coup de coeur !
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LucileMM
  28 avril 2018
Ruth afro-américaine de 44 ans, s'applique depuis toujours à être une citoyenne parfaite. Infirmière dans une maternité, dévouée et compétente, elle est une professionnelle appréciée de tous.
Jusqu'au jour où son chemin croise celui d'un jeune couple de suprémacistes blancs qui refusent qu'elle s'occupe de leur bébé. Sa hiérarchie accède à la requête du couple et lui interdit de s'approcher du nourrisson. Quand le drame survient et que l'enfant fait un arrêt respiratoire, Ruth est seule avec lui…
Partant de ce drame, Jodi Picoult tresse un récit à trois voix.
La voix de Ruth, forte et digne, qui affronte sa descente aux enfers et se voit obligée de remettre en question tout ce sur quoi elle a basé son existence.
La voix de Kennedy, jeune avocate de la partie civile pour qui ce procès va tout changer.
La voix de Turk, jeune père aimant, homme haïssant.
580 pages qui se lisent toutes seules même si le propos est dense car les rebondissements sont nombreux et les réflexions percutantes…
Challenge Muli-défis 2018
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Biblioroz
  13 février 2018
Avec ce nouveau roman, Jodi Picoult nous plonge dans un véritable bouillon de sentiments et d'émotions contradictoires. de ce bouillon émanent des effluves de professionnalisme, d'efforts d'intégration, de persévérance, de compassion et de tendresse. Mais de ce chaudron bouillonnant ressortent aussi des relents de haine, de colère, de violence, d'aveuglement et d'injustice.
Écoutons la voix de Ruth, africaine-américaine. Elle se souvient de cet instant où sa mère a aidé à mettre au monde le bébé de sa patronne. Cet instant, si fugitif, pendant lequel elle a perçu l'abolition des différences sociales et raciales. Ruth était alors âgée de cinq ans et c'est ce miracle, en suspens, qui l'a conduite à devenir infirmière sage-femme. Pour se donner toutes ses chances, elle choisit d'étudier, de vivre et d'exercer ensuite son métier parmi les blancs. Attachée uniquement au bien-être de ses patientes, elle ne peut envisager les limites de l'intégration qui sont pourtant encore bien réelles aux États-Unis. Ses relations avec sa soeur, plus aigrie ou alors simplement plus réaliste face aux difficultés raciales, sont très conflictuelles tout en étant très fraternelles : une ambigüité que j'ai trouvée très intéressante et très bien exploitée par l'auteure.
Écoutons la voix de Turk, un suprémaciste blanc convaincu. Avec sa femme qui vient d'accoucher dans l'hôpital où exerce Ruth, tous deux refusent que cette infirmière noire touche leur bébé. Il nous relate ce parcours qui l'a fait basculer vers ces groupes extrémistes et leurs idéologies racistes. Lorsque son bébé décède, ce n'est que par la violence et la haine qu'il peut extérioriser sa douleur en accusant Ruth du meurtre de son petit Davis.
Écoutons la voix de Kennedy, jeune avocate de la défense publique. Elle n'a encore jamais plaidé une affaire de meurtre mais va entamer ce procès comme il est de bon ton de le faire dans les tribunaux américains, sans soulever le problème racial alors qu'il semble bien que c'est uniquement lui qui est au coeur de cette tragédie.
Ces trois voix nous chuchotent, nous disent ou nous crient leur propre ressenti. Elles nous submergent, nous révoltent, nous bousculent dans nos propres convictions.
C'est rythmé et profond même si quelques passages dans le procès sont parfois redondants.
Jodi Picoult révèle la part cachée du racisme, les innombrables préjugés raciaux qui hantent encore l'Amérique, mais aussi tous ces petits riens qui font avancer vers une prise de conscience de la justice ou plutôt de l'injustice sociale liée à la couleur de peau.
Pour coller à la réalité, l'auteure s'est appuyée sur une solide documentation qui donne beaucoup de crédibilité à tous les thèmes abordés.
J'ai eu un coup de coeur pour le passage dans lequel Ruth compare la problématique raciale, niée par tous, à l'énormité d'un éléphant qui se promènerait dans le tribunal !
Je remercie Actes Sud et Masse Critique pour l'offre de ces belles heures de lecture.
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montmartin
  30 mars 2018
Un roman à trois voix, trois narrateurs qui se partagent le récit, trois personnes qu'un drame va amener à se rencontrer.
Kennedy est une avocate commise d'office, elle ne sera jamais riche, mais elle pourra continuer de se regarder dans une glace. La voilà en charge de la défense d'un infirmière noire accusée d'avoir tué un bébé.
Tucck est un suprémaciste blanc, avec ses amis du White Power, armés de marteaux de tapissier, de crosses de hockey, de matraques ou de barres à mines, ils passent à tabac, les négros, les pédales et les youpins. Son frère aîné a été tué par un nègre. Avec les groupuscules néonazis, skinheads, ils se réunissent le 20 avril pour fêter la naissance d'Hitler. Tout ce qu'il veut c'est offrir à son bébé la plus belle vie possible, mais son fils est mort à la maternité, et c'est la faute à cette négresse d'infirmière.
Ruth, depuis vingt ans elle exerce son métier d'infirmière en obstétrique, elle aide les femmes à accoucher, elle s'occupe des mamans et des nourrissons. Elle est la seule infirmière noire de son hôpital, elle essaye désespérément de s'intégrer sans heurts. Son mari a été tué alors qu'il servait en Afghanistan, son fils Edison, est un étudiant brillant.Mais un jour le train entier de sa vie déraille, elle fait l'objet d'une mesure de suspension, on la tient pour responsable de la mort d'un bébé.
Loin des stéréotypes, une réflexion sur le racisme quotidien dans l'Amérique contemporaine. Un sujet épineux, difficile à aborder, c'est la raison pour laquelle nous l'évitons la plupart du temps. L'auteur décrit parfaitement le cheminement qui va conduire un jeune à s'enraciner dans un racisme militant. Nous pénétrons au coeur de la salle d'audience où une jeune femme noire souhaite simplement que les gens sachent qu'elle a été traitée injustement à cause de la couleur de sa peau. Elle prend le risque de perdre son travail, son gagne-pain, sa liberté, mais elle veut dire la vérité.
Le temps des excuses, du pardon et de la rédemption. Un roman sur les mille petits riens de la vie quotidienne qui ont sur les autres des conséquences importantes. Un livre manifeste contre la discrimination raciale qui ne peut laisser le lecteur indifférent.

Lien : http://notreavis.canalblog.c..
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lesleoneries
  10 mars 2018
Le racisme aux Etats-Unis… sujet complexe et sensible. Chaque semaine, des bavures policières ont lieu. En 2015, 75 Afro-Américains non-armés ont été abattus par la police. Oui, ça fait plus d'une personne par semaine. Alors qu'il existe des centaines d'exemples de non-justice, il me semble qu'il est difficile pour nous, Européens, de réaliser qu'il s'agit d'une réalité quotidienne. Et pourtant, alors qu'ils ne comptent que pour 13% de la population américaine, les Afro-Américains représentent 37% de la population carcérale et 42% des condamnés à mort. La justice est-elle raciste ? C'est au coeur de cette question complexe que nous amène (avec brio) Jodi Picoult. Un terrain qui peut rapidement s'avérer glissant, fait dont elle est bien consciente. Elle a attendu une bonne dizaine d'années avant de se sentir « légitime » pour écrire ce roman.
"Qu'est-ce qui m'autorisait à écrire sur une expérience (ndlr : grandir en tant que personne noire de peau aux Etats-Unis) que je n'avais pas vécue? Cela dit, si je n'avais écrit que sur ce que je connaissais, ma carrière aurait été aussi courte qu'ennuyeuse. Je suis blanche et j'ai grandi dans une famille privilégiée. Pendant des années, je m'étais documentée en profondeur sur les thèmes que j'abordais dans mes romans, conduisant de longs entretiens en tête à tête afin d'exprimer au mieux la voix de tous ces gens que je n'étais pas: des hommes, des adolescents, des personnes suicidaires, des femmes battues, des victimes de viol. Mon moteur était souvent l'indignation; j'étais également poussée par le désir de braquer le projecteur sur ces histoires particulières et d'éveiller les consciences de ceux qui n'avaient jamais vécu rien de tel."
Ruth est sage-femme depuis plus de vingt ans. C'est une em­ployée modèle. Une collègue appréciée et respectée de tous. La mère dévouée d'un adolescent qu'elle élève seule. En prenant son service par une belle journée d'octobre 2015, Ruth est loin de se douter que sa vie est sur le point de basculer.
Pour Turk et Brittany, un jeune couple de suprémacistes blancs, ce devait être le plus beau moment de leur vie: celui de la venue au monde de leur premier enfant. le petit garçon qui vient de naître se porte bien. Pourtant, dans quelques jours, ses parents repartiront de la maternité sans lui.
Ce roman est constitué de trois voix, ce qui permet de ne pas influencer le jugement du lecteur : celle de Ruth, la sage-femme accusée de meurtre; celle de Turk, suprémaciste blanc et père de Davis, le nourrisson décédé; et enfin celle de Kennedy, l'avocate commise d'office de la défense. Chaque voix nous relate certains éléments du passé qui nous permettront de mieux cerner les personnages et de comprendre comment on est arrivé à ce procès, élément central de la narration. Un procès qui arrive avec son lot de questions : la couleur de peau de Ruth Jefferson ne la condamne-t-elle pas d'avance ? Peut-on pas aborder la question raciale dans un tribunal ? Peut-on défendre une cliente victime de racisme sans même aborder le sujet du racisme ? Oui, ça nous semble absurde mais c'est visiblement souvent le cas dans les tribunaux américains. Il semblerait que tous les avocats soient d'accord sur le fait qu'il est dangereux d'aborder le racisme devant un jury.
Extrêmement bien documenté, ce roman nous remet en question. Très peu d'entre nous (enfin je l'espère) s'identifieront au personnage de Turk, habitué à fréquenter les rassemblements pro-Blancs et préférant « poignarder un Noir plutôt que de s'asseoir à la même table que lui pour prendre un café ». Très peu d'entre nous diront « Oui je suis raciste ». Et pourtant… il faut faire la différence entre le racisme actif et assumé et le racisme passif qui touche plus de monde qu'on ne pourrait le penser.
« Lorsque vous prenez la parole au travail, appréciez-vous le fait que personne n'imagine aussitôt que vous parlez au nom de tous ceux qui ont la même couleur de peau que vous? Est-ce difficile pour vous de trouver une carte d'anniversaire pour votre petite fille avec la photo d'un enfant de la même couleur de peau qu'elle? »
Je me suis à plusieurs reprises identifiée à Kennedy. Tout comme elle, je me suis interrogée sur mon quotidien, sur ces moments où l'on ne m'a pas suivie dans un magasin pour « se tenir disponible en cas de besoin » (me surveiller), où l'on ne m'a pas demandé ma carte d'identité ou d'ouvrir mon sac en sortant d'une boutique, ces moments où, en rentrant chez moi à 4h du matin, personne n'a changé de trottoir ou fait demi-tour en m'apercevant au loin. Tous ces petits riens de la vie quotidienne que nous remarquons à peine, nous les Blancs. Tout comme Kennedy, je n'avais jamais fait attention à ces nombreux privilèges qui nous sont, de manière consciente ou non, accordés. Tout comme elle, je suis maladroite en essayant d'aborder ce sujet. Mais tout comme elle, ça me touche, je suis pleine de bonne volonté, j'ai envie de bien faire, et je suis prête à écouter, me documenter, réfléchir. La volonté de l'auteure est de déclencher un changement sur la manière dont on se perçoit et d'ouvrir nos yeux sur le chemin qu'il reste à parcourir dans la manière dont nous appréhendons les relations interraciales. Mission réussie. Un roman qui peut être lu comme « un banal roman » mais qui a également la faculté de se révéler extrêmement enrichissant pour qui veut bien y être attentif, sans jamais tomber dans la moralisation. Chapeau bas.
« Croyez-moi, je n'ai pas écrit ce livre parce que je trouvais ça facile ou distrayant. Je l'ai écrit parce que j'en éprouvais le besoin et parce que les choses qui nous mettent mal à l'aise sont aussi celles qui nous apprennent ce que nous devrions tous savoir. »
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critiques presse (2)
LeMonde   07 mai 2018
Un long travail d’écoute de ses concitoyennes noires a permis à l’écrivaine de rendre compte, dans « Mille petits riens », du racisme institutionnel aux Etats-Unis.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Actualitte   03 mai 2018
Avec profondeur et justesse, ce roman social pointe du doigt ces mille petits riens qui, derrière les non-dits, en disent long pour beaucoup d'entre nous.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
DuzboDuzbo   08 février 2018
Les bébés sont comme des ardoises vierges. Ils ne viennent pas au monde déjà chargés des engagements pris par leurs parents, des promesses formulées par leur église, de cette capacité qu'ont certains à ranger les êtres humains dans deux groupes distincts : ceux qu'ils aiment et ceux qu'ils n'aiment pas. En réalité, ils arrivent sans rien, à part un besoin immense d'être rassurés. Et ce besoin peut être comblé par n'importe qui : ils ne jugeront pas la personne qui les prendra dans ses bras.
Une question me traverse l'esprit : combien de temps faut-il pour que ce vernis naturel s'écaille au contact de l'éducation reçue ?
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celdadouceldadou   02 mai 2018
La mort s'invite plus fréquemment que l'on croit dans une maternité.En cas d'anencéphalie et de mort foetale,les parents doivent malgré tout créer un lien avec leur bébé pour pouvoir faire le deuil.
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LucileMMLucileMM   26 avril 2018
Il y a deux catégories de personnes chez les avocats de la défense: ceux qui croient pouvoir sauver le monde et ceux qui savent bien que c'est impossible.
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celdadouceldadou   02 mai 2018
quand je raconte cette histoire, tout le monde pense que la naissance du bébé est le miracle auquel je fais allusion en cette lointaine journée du blizzard.
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celdadouceldadou   02 mai 2018
La justice ne pourra être équitablement rendue tant que ceux qui ne sont pas concernés ne s'indignent pas avec ceux qui le sont.

Benjamin Franklin
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