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EAN : 9782330096656
416 pages
Éditeur : Actes Sud (07/03/2018)

Note moyenne : 4.36/5 (sur 518 notes)
Résumé :
Ruth est sage-femme depuis plus de vingt ans. C'est une employée modèle. Une collègue appréciée et respectée de tous. La mère dévouée d'un adolescent qu'elle élève seule. En prenant son service par une belle journée d'octobre 2015, Ruth est loin de se douter que sa vie est sur le point de basculer. Pour Turk et Brittany, un jeune couple de suprémacistes blancs, ce devait être le plus beau moment de leur vie : celui de la venue au monde de leur premier enfant. Le pet... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (164) Voir plus Ajouter une critique
Ladybirdy
  20 décembre 2018
Contrairement à la tristesse des éléphants qui rentrait plus dans le registre du fantastique, Mille petits riens est un roman beaucoup plus terre à terre, que j'ai préféré et adoré...
Ruth, elle a 44 ans, elle est infirmière obstétrique, elle est mère d'un grand ado de 17 ans, elle est américaine. Elle est noire...
Turk est un jeune homme marié à Brit, prêt à devenir père d'un instant à l'autre d'un petit garçon prénommé Davis, il est américain. Des tatouages longent son corps. Amour et haine. Sur son crâne, la croix gammée... Il est blanc. Il est raciste.
Kennedy est avocate. Habituée aux petits délits, elle s'occupe de la Défense publique. Elle ne voit pas la couleur de peau.
Lorsque Davis, le nouveau-né de Turk et Brit est pris en charge par Ruth, les parents s'offusquent et demandent à l'infirmière chef que leur bébé ne soit plus confié aux soins d'un personnel de couleur. Ruth est offusquée, elle pour qui la couleur de peau ne veut rien dire quant à la qualité des soins à prodiguer.
Lorsque le petit Davis décède brutalement, la haine et la colère des parents s'abattent sur l'infirmière noire.
La machine judiciaire est lancée. Ruth est écartée de son travail puis inculpée pour homicide volontaire. L'avocate Kennedy prend le dossier en main à la volée. Au-delà de la défense, Kennedy et Ruth vont tisser une relation d'amitié, permettant à Kennedy de s'apercevoir qui se cache derrière la couleur noire, ce que cela entraîne dans la vie de tous les jours d'être noire.
Sur fond de racisme et de relations inter-humaines, on est ici devant un roman à trois voix expliquant tour à tour l'opinion de Ruth, Turk et Kennedy. C'est un roman tout à fait passionnant et très bien construit. Mille petits riens peuvent conduire à détruire une vie tout comme l'amener à son apogée. Chaque petits riens a autant son importance que les rencontres, le regard qu'on pose sur les autres, sa capacité à voir au-delà, l'importance de s'exprimer et du droit de chacun à être libre. Beaucoup d'humanité parsème le roman avec des personnages dignes, exemplaires et attachants.
Mille petits riens, une histoire intemporelle du marasme de la haine et de l'amour où chaque sentiment proche de l'autre débordera, semant ses conséquences et ses milles petits riens...
A découvrir car c'est un très beau roman.
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jeunejane
  31 janvier 2020
Ruth Jefferson, Africaine-Américaine, comme elle se qualifie, travaille en tant qu'infirmière très expérimentée dans une maternité.
Elle a un grand fils Edison, très bon élève, inscrit dans un collège d'Américains blancs.
Étonnantes ces remarques d'ordre raciales à l'heure actuelle et on va voir que la différence entre personnes d'origine africaine et personnes blanches va encore prendre plus d'ampleur.
Ruth soigne un bébé nouveau-né d'un couple de suprémacistes blancs. Ils la prennent en grippe et interdisent qu'elle s'approche de leur enfant.
Malheureusement, cet enfant n'a pas besoin de querelles autour de lui car il présente une maladie génétique qui demande des attentions de toutes parts.
Un procès pour brutalités sur le nouveau-né est intenté contre Ruth qui pourra compter sur l'intelligence de son avocate commis d'office.
C'est un roman plein de surprises, où Jodi Picoult nous livre toutes les remarques que les personnes de couleur doivent encore subir aujourd'hui. Nous, Européens, ne soupçonnons pas que les haines raciales existent encore à ce point surtout après la venue du président Obama.
Un roman choral avec les points de vues de
- Ruth, l'infirmière accusée.
- de Turk, le père suprémaciste blanc, ancien délinquant, idiot et borné qui m'a bien agacée je l'avoue.
- de Kennedy McKenzie, avocate commise d'office, qui ne fait aucune différence entre les humains, à qui Ruth fait comprendre le quotidien des personnes de couleur.
Le livre est divisé en 5 parties dont chacune porte le nom d'une phase de l'accouchement.
Un roman très bien écrit par Jodi Picoult avec une traduction de grande qualité assurée par Marie Chabin.
Challenge pavés
Challenge plumes féminines
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Cannetille
  09 octobre 2019
Un nourrisson de quelques jours, jusqu'ici en bonne santé apparente, décède brutalement à la maternité de l'hôpital de New York où Ruth est infirmière obstétrique depuis vingt ans. Les parents sont de violents suprémacistes blancs, Ruth a la peau noire. Cela suffit pour que la malheureuse se retrouve aussitôt accusée de meurtre par le couple aveuglé par la douleur et la haine, licenciée avec interdiction d'exercer sa profession, et bientôt au centre d'un procès retentissant, où la défense est assurée par Kennedy, avocate commise d'office, ravie de tenir enfin la grande affaire de sa carrière. Pour l'avocate et pour la justice américaine, le tribunal doit statuer sur les raisons médicales du décès et une éventuelle responsabilité humaine, pas sur l'injustice, due au racisme le plus flagrant, qui a désigné d'office Ruth comme bouc émissaire.

Le thème central du roman est le racisme aux Etats-Unis et l'hypocrisie qui l'entoure : le racisme extrême et sans fard, aisément reconnaissable et condamnable, des suprémacistes blancs, skinheads néo-nazis et autres mouvances descendant en ligne droite du KKK, mais aussi celui, plus subtil et plus pernicieux, qui se cache au plus profond des perceptions et des préjugés, biaise les comportements parfois les mieux intentionnés, nourrissant un racisme institutionnel qui continue à structurer l'ordre social malgré les lois qui proclament l'égalité.

En alternant les points de vue, quitte à revivre les mêmes scènes sous plusieurs angles, blanc ou noir, Jodi Picoult réussit à faire entrer les lecteurs blancs, le temps du livre, dans la peau d'une femme noire, leur faisant vivre de l'intérieur les grandes injustices, mais aussi les mille détails du quotidien qui, insidieusement, stigmatisent en permanence l'existence des noirs américains.

Souvent dure et choquante, destinée à sensibiliser et à faire réfléchir, cette lecture s'avère addictive, portée par un vrai suspense, des personnages crédibles soigneusement campés à partir d'une documentation solide, et l'écriture fluide de Jodi Picoult. Si le dénouement est sans doute bien trop théâtral pour être totalement réaliste, il porte l'espoir que la prise de conscience et la mobilisation de chacun, par l'addition de mille petits riens, puissent finir par faire bouger les lignes. Coup de coeur.

Lien : https://leslecturesdecanneti..
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tynn
  11 juillet 2018
Aujourd'hui c'est un anniversaire ! Avec beaucoup de bougies !
1000e critique, donc 1000 livres lus en près de 6 ans d'addiction «babéliote», faite de coups de coeur, de coups de gueule, de rencontres d'auteurs ou de lecteurs, de conseils et de découvertes grâce à la Communauté, que je salue et remercie. (Parenthèse refermée)
Il convenait donc de choisir un livre adapté et accepter pour une fois de sortir de mon confort littéraire en prenant sans apriori un titre symbolique.
(Je n'ai quand même pas pris trop de risques avec Actes Sud )
Ce fut une excellente pioche par une immersion oppressante dans la culture américaine contemporaine et ses vieux démons de racisme ordinaire. Une navrante fiction qui fait froid dans le dos pour une afro-américaine, infirmière piégée en bouc émissaire dans la responsabilité collective du décès d'un nourrisson, subissant les méthodes de cow-boy des institutions policière et judiciaire.
Jodi Picoult nous immerge dans une société où mille petits riens sont autant de petites agressions racistes, où il convient encore de savoir survivre dans un monde de blancs, faisant face aux bons sentiments bien intentionnés jusqu'à la cohabitation avec des idéologies suprématistes.
Une histoire sur le fil du rasoir, faite par plusieurs narrateurs, où chaque personnage, profondément humain pour le pire et le meilleur, fait face à des sentiments multiples de haine, de douleur, de révolte. Où le lecteur se projette avec effroi dans la peau d'une victime expiatoire et serre les dents pour tenter de voir le bout du tunnel. On peut chipoter sur quelques longueurs et une chute narrative un peu expéditive, mais l'ensemble est convainquant.
Et puis cette excellente jaquette de petite fille appuyée au mur en état de sidération, telle une fiche d'identification policière…
Un gros coup de coeur.
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deidamie
  12 août 2018
« Bonjour les Babélionautes ! Aujourd'hui, je vais vous parler d'un livre embarrassant intitulé Mille petits riens et signé par une autrice nord-américaine, Jodi Picoult.
-Quelle jolie petite fille ! Ca va parler de son enfance ?
-Non. Ou très peu de temps.
Or donc Ruth Jefferson, infirmière en néonatalogie expérimentée et compétente, reçoit l'ordre de ne plus s'occuper du nouveau-né d'un couple de suprémacistes. Hélas, le bébé fait un malaise en présence de Ruth et meurt. Les jeunes parents déposent plainte pour se venger de Ruth tandis que l'hôpital abandonne son employée modèle. Ruth va-t-elle gagner son procès ?
-Oh, une histoire pleine d'injustice et de combat contre les forces du mal comme dans Erin Brockovich !
-Oui, on peut dire ça…
-Mais pourquoi tu dis que le livre est embarrassant ?
-Parce que je suis allée lire les critiques sur Goodreads pour savoir ce que nos amis anglo-saxons en pensaient. J'y reviendrai.
Trois voix narrent l'intrigue, chacune avec son ton, ses mots : celle de Ruth, l'infirmière dévouée qui a passé sa vie à ne pas faire de vagues, celle de Kennedy, qui a passé la sienne à ne pas bien savoir ce qu'est le racisme, celle de Turk, enfant blessé devenu un adulte violent et haineux. L'exercice m'a captivée : la plongée dans l'esprit d'un skin n'est pas de tout repos, ce n'en fut pas moins une expérience intéressante. C'était troublant de lire comment il pouvait se montrer éperdu d'amour, capable de tendresse, tout en commettant des actes de violence affreuse.
Entre les pages consacrées à Turk, répugnant de bête cruauté, et celles de Ruth, touchante de volonté, se trouvent celles de Kennedy, l'avocate : elle représente une Blanche qui ne se croit pas raciste et qui va prendre conscience de ses failles et se remettre en question.
-Mouais. Moi, j'aimerais quand même dire que les répétitions m'ont bien grave ennuyée. Quel intérêt de répéter deux ou trois fois le même bout d'histoire ?
-Ah, ça t'a ennuyée, toi ? Moi, j'ai trouvé que c'était l'une des trouvailles les plus brillantes du roman.
-Ah bon ?
-Mais oui ! J'ai trouvé admirable le travail du point de vue ; il démontre que les faits et la réalité ne se rejoignent pas forcément, loin de là, et que ce qu'on a dans la tête pervertit la perception.
-Et la partie embarrassante ?
-J'ai adoré ce bouquin.
-Ben pourquoi ça t'embarrasse ?
-Parce que je crains d'être victime du phénomène Mille femmes blanches, encensé alors que je l'ai détesté. J'ai cherché une critique négative : je n'en ai pas trouvé. Alors, je suis allée visiter Goodreads, où les avis sont plus nuancés. Certains lecteurs étaient trop choqués par ce qu'ils lisaient et abandonnaient, d'autres pestaient contre ce texte rempli de clichés et de stéréotypes.
Et cela m'a inquiétée : je ne suis pas capable de détecter lesdits stéréotypes, si vraiment il y en a. Tout au plus puis-je reconnaître une patine hollywoodienne dans le déroulement de la narration, une sensation vague de déjà-vu.
Je suis tombée sur une critique qui parlait d'un livre écrit « par une Blanche pour les Blancs ». Je suis assez d'accord : ce roman est rédigé avec un soin tout particulier accordé à la pédagogie, il dit « voilà comment les choses marchent, voilà pourquoi ce n'est pas normal ni sain ». Mais ce livre peut-il être considéré comme un élément de lutte contre le racisme par les Noirs ? Je ne sais pas.
J'ai également éprouvé des difficultés avec le personnage d'Adisa. Son franc-parler m'a plu, mais j'ai eu du mal à comprendre ses choix de vie. Ruth souhaite s'élever dans la société et offrir une vie meilleure à son fils. Adisa ne semble pas encourager le travail chez ses enfants et vivote comme elle peut. Est-ce « blanc » que de vouloir étudier, se sortir de la pauvreté et exercer un métier valorisant ? Ou refuse-t-elle de le faire pour ne pas intégrer une société trop blanche, justement ? Lui accorder plus de parole à ce propos aurait livré un autre point de vue intéressant et instructif sur la question du racisme et des façons d'y résister.
-Moi, ce qui m'a gênée, c'est le coup de théâtre.
-Oui, nous sommes d'accord, il n'était ni subtil, ni crédible, il est vrai. Juste cathartique.
Quoi qu'il en soit, Mille petits riens représente un splendide jeu d'écriture engendrant des émotions variées et complexes. Cette fiction pousse à s'interroger sur soi et sur la réalité. Il est bien parti pour devenir mon roman préféré de l'année. »
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critiques presse (3)
Chatelaine   06 août 2018
Cette histoire en est d’abord et avant tout une de bonté et de compassion. Vibrant d’une humanité profonde, il présente le récit d’une histoire infiniment triste avec tant de tendresse et de bienveillance qu’il redonne foi en la beauté du monde.
Lire la critique sur le site : Chatelaine
LeMonde   07 mai 2018
Un long travail d’écoute de ses concitoyennes noires a permis à l’écrivaine de rendre compte, dans « Mille petits riens », du racisme institutionnel aux Etats-Unis.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Actualitte   03 mai 2018
Avec profondeur et justesse, ce roman social pointe du doigt ces mille petits riens qui, derrière les non-dits, en disent long pour beaucoup d'entre nous.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (120) Voir plus Ajouter une citation
ladesiderienneladesiderienne   26 juillet 2018
On fait tous ça, vous savez. On cherche tous des distractions pour éviter de remarquer le temps qui passe. On s'absorbe dans le travail. On se concentre sur nos pieds de tomate qu'il faut préserver du mildiou. On remplit nos réservoirs d'essence, on recharge nos cartes de transport et on fait les courses au supermarché, de sorte que les semaines se suivent et se ressemblent toutes, en apparence. Et puis, un jour, vous vous retournez et votre bébé est un homme. Un jour, vous vous regardez dans la glace et vous voyez des cheveux gris. Un jour, vous vous rendez compte qu'il vous reste moins de temps à vivre que ce que vous avez déjà vécu. (...)
Certains d'entre nous se laissent guider par cette prise de conscience, je suppose. On part visiter le Tibet, on prend des cours de sculpture, on saute en parachute. On s'efforce de faire comme si ce n'était pas déjà terminé.
Et puis d'autres se contentent de remplir leur réservoirs, de recharger leurs cartes de transport et de faire leurs courses au supermarché parce que, si on garde les yeux rivés sur le chemin qui se déroule à nos pieds, on n'est pas obsédé par le moment où il plongera à pic du haut de la falaise.
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Pavi33Pavi33   12 juin 2018
Vous croyez vraiment que si j'étais blanche, je serais assise en face de vous aujourd'hui ?
Il est bien sûr parfaitement impossible d'examiner une affaire impliquant la seule infirmière noire d'un service hospitalier, un père néonazi et la décision mécanique prise par un membre de l'administration hospitalière sans envisager un instant un problème d'ordre raciste.
Mais.
Mais les avocats de la défense publique qui prétendent que la justice est aveugle sont de gros menteurs. Il suffit de suivre dans les médias les affaires à connotations raciales pour constater rapidement que les avocats, les juges et les jurés se donnent un mal de chien pour faire croire qu'il n'est surtout pas question de couleur de peau, alors même que le contraire est évident. Tous les avocats de la défense publique vous diront également que, bien que la majorité de leurs clients soient des personnes de couleur, il est fortement déconseillé de jouer la carte raciale pendant un procès.
Pourquoi ? Parce qu'il est carrément suicidaire d'aborder la question raciale dans une salle d'audience. Vous ne connaissez pas les opinions des jurés. Et vous n'êtes pas non plus sûrs à cent pour cent de ce que pense le juge. En fait, la manière la plus sûre de perdre un procès dont l'objet était en lien avec la question raciale consiste à dire les choses ouvertement. Si vous voulez avoir une chance de gagner la partie, vous essayez d'offrir autre chose aux douze jurés : un fragment de preuve susceptible d'innocenter votre client, de sorte que ces hommes et ces femmes puissent rentrer chez en continuant à faire semblant de croire que le monde dans lequel nous vivons est un monde d'égalité.
P: 248
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ladesiderienneladesiderienne   27 juillet 2018
- Je n'ai pas besoin de votre pitié.
Vous avez raison, fais-je en hochant la tête. Ce que vous voulez, c'est l'équité.
Ruth s'immobilise mais ne se retourne pas.
- Vous voulez dire l'égalité, corrige-t-elle.
- Non, je parle bien d'équité. L'égalité consiste à traiter tout le monde de la même manière. Alors que l'équité implique de savoir tenir compte des différences de chacun afin que tout le monde ait une chance de réussir.
Je fixe son dos.
- La première option semble juste. La deuxième l'est réellement. L'égalité, c'est distribuer le même sujet d'examen à deux élèves. Mais si l'un d'entre eux est aveugle alors que l'autre n' a pas de problème de vue, ça ne sert à rien. Il s'agit alors de donner un sujet en braille et l'autre imprimé, contenant tous les deux les mêmes questions.
+ Lire la suite
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ladesiderienneladesiderienne   27 juillet 2018
Toujours assise à la table de la cuisine, j'entends la clé tourner dans la serrure. Edison se glisse à l'intérieur. Ses yeux mettent quelques instants à s'habituer à l'obscurité ; il marche à pas de loup parce qu'il me croit endormie. D'une voix claire, je dis son prénom.
- Pourquoi tu ne dors pas ? demande-t-il.
- Pourquoi tu n'es pas rentré plus tôt ?
Je distingue nettement sa silhouette, une ombre parmi les ombres.
- J'avais besoin de marcher. Seul.
- Pendant six heures ?
- Oui. Pendant six heures, répond Edison avec une pointe de défi dans la voix. T'as qu'à m'implanter une puce GPS si tu ne me fais pas confiance.
- Je te fais confiance, à toi, dis-je prudemment. C'est le reste du monde qui m'inspire moins.
Je me lève et nous nous retrouvons face à face, séparés par quelques centimètres. Toutes les mères se font du souci mais, par la force des choses, on s'en fait un peu plus que les autres, nous, les mères noires.
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ladesiderienneladesiderienne   23 juillet 2018
Je me suis souvent demandé si une mère pouvait détecter le moment où son enfant devenait adulte. Est-ce qu'il y avait des signes cliniques comme pour le déclenchement de la puberté, ou émotionnels comme le premier chagrin d'amour, ou temporels comme le jour de son mariage. Je me suis demandé si cela se résumait à un certain volume d'expériences de vie - l'obtention d'un diplôme universitaire, le premier travail, le premier bébé -, autant d'évènements qui feraient pencher la balance. Si c'était ce genre de chose qu'on remarquait aussitôt comme une tache de vin sur la peau ou si, au contraire cela s'installait lentement, comme les marques du temps dans le reflet du miroir.
Aujourd'hui, je sais : le passage à l'âge adulte est une ligne tracée dans le sable. A un moment donné, votre enfant se tiendra de l'autre côté.
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