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EAN : 9782380820416
Éditeur : Anne Carrière (13/03/2020)

Note moyenne : 3.71/5 (sur 12 notes)
Résumé :
Alias Janna est le récit d’une découverte effrayante que fait l’auteure en 2014 dans les archives de la police secrète bulgare alors qu’elle accompagne sa fille qui réalise un documentaire sur ses origines. Cette révélation oppose la mère et la fille dans un conflit de générations à la recherche de la vérité et du passé. Coincée entre la fiction politique et la fable cinématographique qui la met au pied du mur, Milena Makarius remonte le fil de son histoire qui est ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
mariech
  30 janvier 2020
Mère et fille sont réunies à l'initiative de la fille qui veut comprendre le passé de sa mère dans la Bulgarie communiste .
La fille souffre parce que sa mère était bien vue par le régime , elle était une privilégiée, le dialogue entre elles est bien difficile .
On sait que l'histoire familiale rejaillit sur les générations suivantes mais quand on fait partie des chanceux , qu'est ce qui se transmet ?
Question interessante car les soubresauts de l'histoire font que ceux qui sont du bon coté aujourd'hui seront les mauvais, les méchants quelques années après .
Cette question a été posée dans tout le bloc communiste après la chute de l'idéologie .
L'auteur nuance , la Bulgarie ce n'était pas le pire ,il n'y avait pas la Stasi .
Malgré tout , il y a eu beaucoup de souffrances pour ceux qui étaient considérés comme ennemis du peuple , et chacun sait que les motifs étaient parfois bien légers .
Tel était considéré comme un intellectuel parce qu'il avait fait quelques années d'étude en plus , un autre n'entrait pas dans la bonne case .
Les anecdotes sont édifiantes , comme cet enfant de maternelle qui répète une blague entendue en famille , les astronautes américains sont meilleurs que les russes , aussitôt sa mère est arrêtée et questionnée par la police durant plusieurs heures .
J'ai beaucoup aimé cette lecture très nuancée , une très belle surprise .
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Valmyvoyou_lit
  16 avril 2020
Les relations entre Milena et sa fille sont très tendues. Cependant, lorsque Bojina décide de réaliser un film sur la Bulgarie communiste, la mère est entraînée, malgré elle, dans ce projet. Elle comprend très vite que le dialogue n'est possible que par caméra interposée. le livre Alias Janna semble être une façon de lui répondre.

En effet, Bojina fait un procès de ses parents qu'elle accuse d'avoir bénéficié de privilèges de la part de la police secrète communiste. Pour appuyer ses opinions, elle pousse sa mère à demander l'ouverture de son dossier. Milena découvre alors qu'elle a été enregistrée, à son insu, comme agent au service de l'état, sous le nom de code Janna. Alors que le choc la pétrifie, sa fille filme tout, en caméra cachée, parfois, et refuse d'entendre qu'elle ne savait pas.

Alias Janna est la version de l'histoire de la mère. Elle livre sa vision de la Bulgarie avant la chute du mur, ainsi que son ressenti lorsque Bojina cherche à lui ouvrir les yeux. Cependant, la réalisatrice a une attitude totalitaire et accusatrice. Je n'ai pas vu son documentaire Je vois rouge, aussi il m'est difficile de dire si le sentiment de Milena est justifié, mais l'attitude de Bojina met mal à l'aise, elle est très vindicative et très dure. Elle refuse de croire sa mère et ne veut pas remettre les évènements, dans leur contexte et les juge avec le regard de notre époque.

Alias Janna est un témoignage romancé sur le totalitarisme bulgare et sur les relations mère-fille. le dialogue semble rompu et Milena accepte, à son corps défendant, de revenir sur un passé qu'elle ne veut pas exhumer. Elle le fait avec l'espoir de renouer le dialogue avec son enfant. C'est passionnant et dérangeant, à la fois, car à la fin du livre, il m'est difficile de me faire une opinion tranchée sur le comportement de Bojina. J'ai envie d'espérer qu'elle n'a pas été si intolérante, qu'il s'agit juste d'incompréhension.

Je remercie sincèrement NetGalleyFrance et les Éditions Anne Carrière pour ce service presse.

Lien : https://valmyvoyoulit.com/20..
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ConfidencesLitteraires
  10 mars 2020
Dans ce roman-témoignage, Milena Makarius livre une histoire tout à fait particulière. L'histoire de sa vie : si elle a vécu celle-ci de manière relativement banale, vue depuis le présent, on peut en avoir une interprétation plus sombre. C'est justement à cela que s'est attachée sa fille : enquêter sur le passé de sa mère en Bulgarie, à l'époque de l'URSS et de la police communiste. Ça ne s'arrête pas là, puisque sa fille, réalisatrice, veut en faire un film-documentaire : filmer les étapes de leurs recherches sur le passé de Milena, ainsi que ses réactions.
Dans les grandes lignes, voici les thèmes de ce livre, qui sont à la fois vastes et complexes, qui posent des questions socio-historiques mais aussi psycho-philosophiques.
Milena Makarius nous rapporte cette expérience dans des termes simples, telle qu'elle l'a vécue.
Ce qui m'a le plus marquée, c'est la relation mère-fille. La fille fait un film sur le passé de sa mère et comment elle digère des implications dont elle n'avait pas conscience jusqu'à présent, en l'enregistrant parfois à son insu et en déformant relativement la réalité pour les besoins du film. J'ai trouvé choquant la manière dont elle s'approprie l'histoire de sa mère sans avoir toujours son consentement, en la jugeant et en publiant le résultat de son analyse à elle.
J'ai fini par admettre qu'il était tout aussi important pour la fille de comprendre et digérer le passé familial que pour sa mère, mais il y avait peut-être des moyens moins extrêmes.
Bien entendu, les aspects historiques sont tout aussi passionnants et glaçants. Cette époque de surveillance permanente, de confinement, de relégation au bas de la société (ou pire) pour la moindre suspicion d'atteinte envers le régime… Et on comprend que malgré tout, cela est comme perpétué par le nouveau système, avec la possibilité d'accéder à certaines données sur d'ancien.e.s agent.e.s du régime… alors que certain.e.s, comme Milena, n'avaient même pas conscience d'être classé.e.s comme tel.le.s !
Bref, un témoignage court mais foisonnant, qui fait grandement réfléchir ! J'aurais apprécié que certaines informations soient plus approfondies, notamment en ce qui concerne les aspects bulgares, pour mieux les comprendre.
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Lekarr
  25 mars 2020
Budapest a eu son insurrection, Prague son printemps, Gdansk ses chantiers et Berlin son mur. Rien de tel à Sofia ou dans le reste de la Bulgarie, ce petit pays des Balkans qui ne s'est illustré ni par sa résistance au grand frère soviétique ni par un excès de zèle. Pourtant les bulgares ont eux aussi subis les rigueurs du totalitarisme stalinien. le récit de Milena Makarius, même si tel n'est pas son propos, fourmille d'exemples du poids que le pouvoir communiste faisait peser sur son pays. La fiche de caractérisation qui résume tous vos faits et gestes, les interdictions de résidence, les restrictions de voyage et bien sûr, les camps, on trouve tout cela dans son livre. Il s'agit le plus souvent des souvenirs de l'auteur mais également d'histoires ou d'anecdotes qui lui ont été rapportées. Certaines sont amusantes ou rocambolesques d'autres carrément dramatiques, mais elles illustrent toutes les dérives d'un régime autoritaire où la majorité est brimée au seul profit d'un pouvoir dévoyé et d'une élite corrompue.
Tout cela est fort heureusement derrière nous. Pour autant il demeure important d'en garder le souvenir et de tirer les leçons du passé. Encore faut-il pour cela que le regard que l'on porte sur les « démocraties populaires », près de trente ans après la chute du rideau de fer, ne soit pas biaisé. Et c'est précisément là le sujet du livre de Milena Makarius, illustré de fort belle façon par l'incompréhension entre l'auteur et sa fille, entre celle qui a vécu dans la Bulgarie communiste et celle qui ne connaît ce pays et cette époque qu'à travers le prisme de ses études.
L'attitude de Bojina est d'une totale partialité. Son opinion est déjà faite, ses jugements sont péremptoires, définitifs. Il n'y a aucune nuance dans son approche. Les bons sont d'un côté, les méchants de l'autre et ses recherches ne servent qu'à valider ses convictions. Elle ne peut concevoir que l'on ait traversé cette période à peu près normalement, que l'on ait pu étudier, travailler, aimer comme tout le monde. Et si sa mère ne se considère pas comme une victime du régime, c'est donc qu'elle en a bénéficié, qu'elle a collaboré…
Pour autant le projet de Bojina va permettre à sa mère de prendre la mesure des dérives du stalinisme et l'obliger à reconsidérer son passé. Il y a bien sûr la découverte du fichage dont elle a fait l'objet et qui éclaire d'un jour nouveau les relations qu'elle a pu entretenir avec tel ami ou tel collègue. Il y a aussi la prise de conscience que son parcours, relativement épargné, ne fut pas forcément la norme et que tous les bulgares ne sont pas sortis indemnes ce cette période. On peut donc avoir vécu une époque, une situation particulière et ne pas être le mieux placé pour en parler. Il est en revanche bien difficile de juger l'attitude d'autrui sans la connaître parfaitement et sans être passé par les mêmes évènements.
Entre roman et récit autobiographique, « Alias Janna » est un livre passionnant, à la fois témoignage d'une époque particulièrement sombre et réflexion sur la perception que l'on peut avoir de notre passé.

Lien : http://sfemoi.canalblog.com/..
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Allily
  16 mars 2020
Résister ou collaborer. L'impression se dégage parfois que, sous une dictature, seuls deux choix sont possibles pour les populations.
Mais la réalité est souvent plus complexe que ce choix binaire.
Milena Makarius est née et a grandi en Bulgarie pendant la dictature communiste avant de venir s'installer en France.
L'heure a sonnée pour elle de se plonger dans son passé, pas vraiment par volonté propre mais parce que sa fille, Bojina, réalisatrice, décide tourner un documentaire sur l'histoire de son pays et de ses parents.
Ce livre est un dialogue, ou à tout le moins, un affrontement entre deux façons d'appréhender le passé de la Bulgarie.
D'un côté la fille décide de renouer avec cette histoire, de la prendre à bras le corps avec un film. de remonter le fil, comprendre quels rôles ont joué ses parents.
De l'autre, la mère, qui appréhende cette confrontation avec le passé. Comment assumer d'avoir été un agent des services de l'état à son insu ? Comment se pardonner et comprendre ce qu'elle considère comme une naïveté ?
Ce livre montre toute la difficulté d' une plongée dans l'histoire récente d'un état, dans lequel se trouvait muselé la liberté.
La volonté de « transparence » affichée de la nouvelle république bulgare ne se fait pas sans une certaine ambiguïté entre dossiers tronqués et dossiers dévoilés pour régler des conflits politiques. le silence a imprégné les couches de la société, la honte aussi.
Ce livre interroge aussi la place de la vérité dans un documentaire.
Difficile, en effet, de ne pas s'offusquer contre Bojina, impétueuse, qui ne comprend pas les réticences de ses parents, qui se retrouvent bien malgré eux « héros » de son documentaire. Elle qui semble reproduire à son échelle, la manipulation qu'elle dénonce, pour pouvoir faire éclater sa réalité.
Enfin, la question des relations mère- fille complexes, pleines de colères, d'incompréhension et d'amour est aussi centrale dans Alias Janna.
En résumé, un livre très intéressant à découvrir…
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
mariechmariech   27 janvier 2020
Après nos retrouvailles à Paris, Daniel et moi nous envoyons des livres , des CD .Il y a un flottement dans le ton à trouver .Je me rends compte qu’à l’affection amicale que je cherche gauchement à exprimer , il réagit comme s’il avait été piqué par une guêpe . A la folle passion du début , dit- il , il n’y a qu’une seule continuation , l’amour , non pas l’éros , mais l’agapè , pour l’éternité, hors temps et hors lieux .
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AllilyAllily   16 mars 2020
Ce n'est pas tout. Ma fille me dit qu'elle souffre, me demande si je l'aiderais à découvrir la vérité. Quelle vérité ? La généralité de sa réponse me donne une envie de rire que je réprime. La vérité du passé. Rien de moins que cela. Pathétique. Mais bien sûr, tout ce que tu veux. Je promets d'autant plus facilement qu'il n'y a aucun cadavre dans les caves familiales. Ma fille souffre pour des raisons politiques ? Incompréhensible. C'est sûrement un problème entre elle et son père, comme il y en a eu tant entre elle et sa mère. Ou bien quelque chose dans ce pays et elle, quelque faille identitaire dont une bonne série de séances chez le psy devrait pouvoir la sortir. Devant l'écran de mon ordi, emmitouflée dans le petit bonheur d'une complicité nouvelle avec elle, je ne prends pas les préoccupations de ma fille au sérieux.
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LadyOsoleilLadyOsoleil   24 mai 2020
Le chemin jusqu'à la tête, jusqu'à leur mise en mots et l'argumentaire qui les accompagne est un territoire non débroussaillé, un aventure dangereuse où les mots se sentent seuls.
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LadyOsoleilLadyOsoleil   24 mai 2020
Si je dis je suis bulgare, je le traîne là, avec moi, ce pays que j'ai quitté, et je vous le jette à la figure. Vous êtes obligés de réagir, de poser des questions. Alors qu'en parlant d'origine, je l'éloigne de moi, je le remets là-bas où il est, et je nous épargne un dialogue obligé.
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LadyOsoleilLadyOsoleil   24 mai 2020
Toute l'humanité devait être représentée dans ces voisins du mal cachés derrière leurs fenêtres : le collaborateur, le résistant, le passif. L'ignorance est programmée dans le système totalitaire qui veut ça, mais jusqu'où va-t-elle? Elle est notre innocence et notre responsabilité.
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