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EAN : 9782359053050
104 pages
Éditeur : Ecriture (09/10/2019)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Deux amis : l'un a 75 ans et a passé quelques années dans la Légion étrangère ; l'autre, presque 90 ans, est un ancien médecin qui n'a plus le droit d'exercer. Tous deux sont à la retraite dans une grande maison dans le Midi.
Un jour, ils décident de faire le bien avant de mourir, pour se désennuyer, sans espérer aucune reconnaissance. Seulement s'engager comme une petite Armée du salut, sans se prendre au sérieux, dans la compassion.
Guy Marchand raco... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
gong
  12 janvier 2020

Un petit roman qui nous veut du bien...
Au terme d une vie active ,sans éclat mais néanmoins riche d'enseignements ,Emile et Albert font cause commune en vue d un rachat posthume ,au cas où (on ne sait jamais car même si Dieu est mort,il bouge encore "sic") ils devraient rendre des comptes sur leurs activités terrestres .
Vaste programme....!!
Guy Marchand nous affranchit d entrée ,ils vont ,à l'instar des restaus de Coluche mettre en oeuvre une sorte d'auberge des coeurs qui vaille que vaille remplit sa fonction tant pour les humains que les chiens et les chats .
Dans une tonalité rappelant Boris Vian ,humour, dérision et philosophie de bistrot, on parcourt ce bref roman avec délectation ,se demandant au détour d'un aphorisme ,mais "où diable va t il chercher tout cela ??
Dans la Vie tout simplement et se voyant dans le miroir , l auteur nous tire la langue tout en faisant un clin d oeil à la mort qui vient.
A lire à haute voix à son vieux papy qui se morfond sur le temps qui se barre..........
Le contrepied des "Vieux version Jacques BREL"
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MissWonder
  16 novembre 2019
Deux retraités s'ennuyant dans le Midi décident de faire le bien autour d'eux, histoire de laisser une jolie trace après leur mort. Voilà l'histoire simple du joli livre aux accents chantants de Guy Marchand.
Ce roman réchauffe le coeur et le corps et donne envie de se prélasser en terrasse avec un bon pastis. On imagine très bien les rayons du soleil caresser notre peau et les champs de tournesols bordant le petit village de ces deux bon vivants forts sympathiques. Leur initiative leur permettra de rompre leur solitude et leur routine. Finir sa vie en bonté, que demander de plus ?
Ce roman très court se déguste rapidement comme un bonbon à l'anis. Idéal pour réchauffer l'hiver glacial au son du chant des cigales, ce n'est certes pas un livre qui marquera l'histoire, mais plutôt un petit plaisir à s'offrir.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
mimo26mimo26   13 novembre 2019
Albert avait quatre-vingt-cinq ans. C’était un beau vieillard qui traînait dans sa grande maison sa mélancolie souriante, toujours la même veste en velours, même en été, et des espadrilles même en hiver.
En bas de la grande maison d’Albert s’étendait un champ de tournesols. En hiver, c’était un cimetière de tournesols, mais dès les beaux jours, ils se redressaient du néant tels des morts vivants, les yeux écarquillés vers la grande maison.

Les mouches étaient parties se chauffer ailleurs à cause de l’hiver, cet hiver provençal qui peut vous les geler par surprise et vous les faire comme des raisins de Corinthe, mais qui peut vous réserver le cadeau d’un déjeuner dehors au soleil, la veille de Noël, comme un pied de nez à la météo.

La maison d’Albert était une très vieille dame de plus de deux cents ans qui avait abrité des aristocrates et de grands bourgeois provençaux. Elle gardait la légèreté, en même temps que la rusticité d’une influence italienne. Les volets claquaient sous le mistral qui arrivait par bourrasques et s’introduisait dans les vitres cassées ou mal réparées, à vous faire croire qu’il y avait l’air conditionné.

Elle était négligée, cette maison, mais les coquelicots du printemps, et aussi la lavande du champ d’à côté, pouvaient lui donner l’odeur d’une jeune fille en fleur.

Les robinets des salles de bains faisaient du bruit ; les escaliers en bois grinçaient comme la cale d’un bateau pour les voyages de ce vieux rêveur diurne qu’était Albert.

En hiver, la grande cheminée accueillait les chats et réchauffait le vieux corps d’Albert, qui s’endormait avec son journal à la main. Un jour, il l’avait laissé tomber et une brindille avait enflammé La Dépêche du Midi, consumant l’actualité tout comme elle aurait pu faire flamber Albert, si Émile n’était venu prendre sa branlée coutumière aux échecs et n’était intervenu avec un seau d’eau. L’odeur de brûlé résista quelques jours, mais la lavande en vint à bout naturellement.

Albert n’avait plus le droit d’exercer, ni donc, en quelque sorte, d’exister. Il avait eu un problème avec la morphine et pratiqué quelques interventions pour rendre service à des jeunes femmes en difficulté, à une époque où celles-ci ne faisaient pas ce qu’elles voulaient de leur corps. Il avait mauvaise réputation dans le pays, mais il donnait des consultations gratuites pour des gens que la Sécurité sociale semblait avoir oubliés, comme les chiens abandonnés dans le pays de Crau.

Albert recevait pas mal de coups de téléphone dans la nuit, avec insultes à la clé. Mais il s’était habitué aux menaces des anciens patients mécontents de ses traitements. Les patients, il est vrai, ne sont pas plus charitables avec leur médecin qu’avec le garagiste qui n’a pu remettre leur voiture à neuf. Il se souvenait notamment d’une famille de paysans qui, venus rendre visite à un proche sous perfusion à l’hôpital de Cavaillon, et que l’on venait d’opérer d’une tumeur, s’étaient mis à hurler, scandalisés : « Mais qu’est-ce que vous lui avez fait ? »

Dans sa grande demeure remplie de livres et de vieux tableaux, pleine de poussière que le mistral faisait voler quand il oubliait de fermer une fenêtre, Albert n’avait pas trouvé de bonne pour s’intéresser à son cas.
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mimo26mimo26   13 novembre 2019
Émile avait soixante-quinze ans. Il en avait passé quinze à la Légion étrangère. « Quinze ans à faire ce dur métier, à moins qu’une balle vienne prendre pitié de notre misère » : on chantait ça pour apprendre le français aux Allemands, aux Russes ou aux autres. Ce genre de chanson faisait de vous un soudard ou un poète.

Émile était un enfant de la guerre. Sa maman l’avait nourri sous les bombardements avec du pain de maïs. Il avait eu une primo-infection, comme on disait. En l’occurrence, un début de tuberculose, maladie qui avait fait de lui un grand romantique, comme Chopin et quelques autres grands amoureux obsédés par le sexe. Cette petite fièvre chronique leur donnait à penser que leur vie serait courte et passionnée.

La guerre et surtout la Libération l’avaient rendu d’un scepticisme maladif sur son pays, car l’enfant qu’il était avait assisté au spectacle des femmes tondues de la place Armand-Carrel, dans le XIXe arrondissement, où des abrutis avaient brutalisé quelques femmes qui avaient préféré un bel amant d’un mètre quatre-vingt à un petit poilu d’un mètre soixante en bandes molletières. Jamais il n’avait pu oublier cette jeune mère, son enfant dans les bras, poursuivie par une foule vociférante.

Dans un village pas loin de Lacoste, un Allemand avait jeté son uniforme dans le Calavon pour rester toute sa vie avec la femme et l’enfant qu’il lui avait fait. C’était un très bon menuisier et personne n’avait jamais songé à tondre sa femme – hormis, bien sûr, quelques connards qui faisaient de temps en temps allusion à cette histoire.

Aujourd’hui, Émile se retrouvait retraité, assis devant son jardin dans une petite maison, pas loin de Saint-Rémy-de-Provence, tout étonné qu’elle se soit passée si vite, sa vie. Restait un imbroglio de souvenirs qui le laissait perplexe et méfiant vis-à-vis de la politique, des médias médiocres et de tous les « istes » en général.

Sa vie, elle était sans vue maintenant, comme sa maison. On ne voyait pas loin, il n’y avait pas d’espace. Agréable, mais sans vue, abrutie de soleil.

Il avait un gentil voisin à qui il avait fait cadeau de sa tondeuse. Comme il était plus jeune et plus courageux que lui, de temps en temps il venait lui tondre son petit terrain, et la femme de celui-ci, qui avait pitié de sa solitude, lui laissait souvent des tomates provençales, ou autre chose de sa cuisine familiale.

Bien avant, il avait divorcé d’une jolie femme qui lui avait donné deux filles, mais qui n’avait pas tardé à le trouver invivable, comme tous les chevaliers errants qui s’emmerdent quand l’aventure s’est calmée et que l’âge abîme leur romantisme imbécile.

Plus tard, il avait passé quelques années avec une femme bien plus jeune que lui dans ce paradis provençal. Mais un jour, le ciel bleu était devenu cruel et la belle était partie avec le mistral. La vie d’Émile était devenue une solitude cynique et ses seules visites, il les réservait à son voisin, le Dr Albert Villers, à quelques kilomètres de là, vers Mollégès.
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MissWonderMissWonder   11 novembre 2019
La prostate... Organe qui menace tous les hommes et qui sert, avant de ne plus servir à rien, à balancer des spermatozoïdes dans des directions opportunes, comme un petit revolver à eau. Modeste contribution des hommes au miracle de la gestation par ces êtres d'exception que sont les femmes, et qui créent la vie.
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gonggong   12 janvier 2020
Tout à coup ,il se mit à pleuvoir ,escroquerie du syndicat d'initiative ,mousson provençale pour nettoyer les vieux palais pontificaux ,laver les péchés des papes qui se tapaient toutes les petites brunes du coin et disséminaient leur progéniture dans tous les coins de la campagne .
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MissWonderMissWonder   11 novembre 2019
On ne se pressait pas de mourir. La mort, il faut quand même savoir la faire attendre. Elle nous a assez emmerdé toute notre vie. Seuls les animaux parviennent à l'ignorer et donc à l'éviter, faute de savoir qu'elle existe.
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Hugues Delatte (Alias Raphaël Mezrahi) s'attaque cette fois-ci à Guy Marchand.... qui va très vite perdre patience :) !
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