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ISBN : 270718957X
Éditeur : La Découverte (28/04/2016)

Note moyenne : 4.67/5 (sur 3 notes)
Résumé :
C'est l'hiver et la température avoisine les moins quarante degrés. Les yeux levés vers les aurores boréales qui animent le ciel arctique, nous écoutons. Le chasseur commence à siffler dans leur direction. C'est un son continu, aigu mais contenu, qui résonne dans le silence de la nuit polaire. Qui appelles-tu ? Elles, les aurores, et ceux qui transitent avec elles, les esprits des disparus, des hommes, des animaux, des plantes, qui courent sur un ciel glacial dans l... >Voir plus
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
michelekastnermichelekastner   10 juillet 2017
Le constat est le suivant : on ne voit rien, mais on apprend par accident que, premièrement, le sol est tapissé de pièges et que, deuxièmement, la menace s'applique à tout être qui ne sait pas "où il met les pieds", comme moi cette nuit-là. On ne voit rein, mais pourtant tout est là, et c'est l'attention qui n'est pas éduquée à chercher ce qui est caché, non ce qui se donne à voir d'emblée au regard. "C'est la guerre" signifie qu'une tension infuse le milieu en entier et que c'est elle qui noue les relations entre les êtres. Tous s'évitent, se cherchent, se poursuivent, se fuient. Tous doivent se positionner judicieusement pour échapper à l'autre ou l'attraper, élaborer des tactiques, des manoeuvres, des ruses, et toujours avancer masqués. Cette invisibilité des animaux est en elle-même le signe de ce qui existe, là sous le paysage. La dissimulation des animaux est donc la première clé pour recontacter un univers où ces derniers ne sont justement pas construits à l'image de ce que les hommes attendent d'eux, puisqu'ils les fuient, puisqu'ils sont maîtres de leur propre trajectoire, puisque les hommes n'ont de cesse de tenter de les intercepter. L'invisibilité, la dissimulation, le fait que tous se dérobent au regard et, in fine, leur absence sont les prémisses absolument nécessaires à toute relation incarnée dans le subarctique alaskien, à la possibilité de la chasse, puisque, justement, les animaux "ne se donnent pas" immédiatement aux hommes, mais se dérobent. C'est bien parce qu'ils se dérobent qu'on les traque ; parce qu'ils ne sont pas là qu'on les cherche.
C'est aussi cette opacité qui sauve les indigènes de la stabilité que voudraient leur imposer les Occidentaux, en ségréguant chacun des collectifs dans sa propre espèce pour qu'aucune des deux parties ne craigne plus l'autre, pour que les animaux s'offrent au regard des hommes en toute confiance, comme des domestiqués plutôt que comme des sauvages. De manière très poétique, les animaux migrateurs sont ceux-là mêmes qui protègent les hommes du subarctique : l'obscurité dont ils s'entourent les garde à la fois des menaces de leurs prédateurs, humains et non humains, mais elle garde aussi les Gwich'in de ces autres hommes qui tentent de les assimiler ; ceci, en les attirant dans leur sillage, sur leurs traces, jusqu'au plus profond de la forêt.
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