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EAN : 9782849533796
128 pages
La Boîte à Bulles (04/11/2020)
4.26/5   23 notes
Résumé :
Cambodge, 1978. Vann Nath, jeune peintre, est arrêté par les Khmers rouges. Il est accusé d'avoir violé le code moral et enfermé à la prison de Tuol Seng à Phnom Penh où il est obligé de mettre son talent au service de la dictature. A sa libération, il s'attache à représenter les crimes de ce régime et à célébrer la mémoire des victimes.
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
nath45
  24 janvier 2021
Je remercie vivement Babelio et les éditions La boîte à bulles pour ce très beau et passionnant roman graphique.
Un retour sur une période très sombre, triste et inhumaine du Cambodge, avec cette biographie sur Vann Nath, peintre victime des Khmers rouges, qui fait partie des 7 adultes survivants sur les 20 000 personnes enfermées à la prison de Tuol Sleng plus connu sous le nom de S-21 qui était dirigée Duch, celui-ci sera inculpé en 2007 pour crimes contre l'humanité et condamné à perpétuité en février 2012. A la fin du livre il est rappelé que « deux millions de personnes ont été tuées, dont 60 % brutalement, les autres sont mortes de faim ou de maladie. Près de 1 300 000 cadavres ont été retrouvés dans les quelque 25 000 fosses communes découvertes après la chute du régime».
Vann Nath fut épargnés puisqu'il était l'artiste qui peignait entre autre Pol Pot. Ses peintures témoignent des horreurs de la barbarie du régime des Khmers rouges. Vann Nath mourut le 5 septembre 2011.
Cette BD est un grand témoignage percutant qui bouleverse, choque, prend aux tripes mais est indispensable, j'ai visité S-21 et donc vu les peintures de Vann Nath et je ressens toujours une oppression, un malaise à me remémorer cette visite de cette ancienne école devenue prison qui gardent les souvenirs des horreurs perpétrés.
Je ne peux pas finir sans parler des illustrations sobres, en noirs et blancs avec une impression de brouillard.
Un album passionnant, percutant, voir indispensable pour se souvenir et surtout ne pas oublier.
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Sylvere
  29 septembre 2021

Quel livre !!!
C'est percutant, c'est émouvant, c'est instructif, c'est utile...c'est nécessaire.

C'est un livre incroyable sur une période horrible.
Les auteurs nous raconte le régime terrible des Khmers rouges. Pour se faire, ils utilisent un procédé intéressant même si assez classique, ils passent par l'intermédiaire du témoignage de l'un des rares survivants au parcours atypique.
Ils suivent donc Vann Nath, modeste peintre combodgien, qui du jour au lendemain, avec l'arrivée du nouveau régime, est emprisonné sans motif apparent, juste parce qu'il faut arrêter pour l'exemple. Tout le monde est suspect, alors pourquoi pas lui.
Il va rester plusieurs années en camp et survivra miraculeusement, simplement parce qu'il savait peindre et qu'il pouvait exécuter des portraits de Pol Pot...
Le dessin met magnifiquement en image cette histoire glaçante. le trait, le choix des couleurs est parfait.
Le portfolio des dessins de Vann Nath est également très impressionnant, lui qui s'est donné pour mission de témoigner encore et toujours notamment grâce à ses tableaux, pour que personne n'oublie et pour ceux qui ne peuvent plus témoigner.
Pour rappel, le régime des Khmers rouges en chiffre, c'est 2 millions de morts,
25 000 fosses communes. Rien que pour le célèbre camp S-21 les chiffres sont glaçants, 20 000 personnes enfermés, 12 survivants dont 5 enfants...
Un très grand merci à la médiathèque Jean Moulin de Margny-les-compiegne de faire des choix aussi forts dans leurs achats.
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Erik_
  16 novembre 2021
Ce récit commence à Phnom Penh en avril 1975 avec l'arrivée au pouvoir des Kmers rouges au Cambodge. Ce régime va être à l'origine de l'un des pires génocides du XXème siècle qu'il fera subir à sa propre population en guise de punition pour des crimes contre-révolutionnaires imaginaires.
En fait, j'ignorais l'existence d'un tel massacre commis par des communistes sanguinaires d'une cruauté jusque là presque inégalée. Je suis véritablement sous le choc d'une telle lecture qui ne nous épargnera rien.
On va intéresser surtout à Vann Nath qui fut le peintre des Khmers Rouges sans avoir le choix. C'était cela ou une mort certaine. Il a fait cela pour survivre mais il a surtout contribué par son travail à faire ne sorte que personne n'oublie jamais les crimes qui ont été commis par ces illuminés qui suivait un certain Pol Pot.
Il y a comme un prix à payer pour la survie mais avec des larmes de sang. Il y eu à l'époque presque deux millions de morts soit 20% de la population. Les enfants étaient massacrés au même titre que les adultes de peur de leur vengeance. Ce régime fut l'un des pires de la planète de par la façon dont ils ont procédé. En effet, parmi les morts, 60% l'ont été brutalement, les autres autres mourant de faim alors que la propagande soulignait les niveaux excellents de productivité agricole pour donner le change aux régimes capitalistes ennemis.
Nous allons assister avec notre peintre aux séances de tortures et aux scènes de crimes contre la population des plus effroyables. Cela donne envie de vivre à jamais dans une démocratie respectueuse des droits de l'homme les plus fondamentaux. Cette lecture est à conseiller à tous les lecteurs qui doutent encore de notre système démocratique même s'il est imparfait pour leur servir de bonne leçon.
Cette BD est dédiée à la mémoire de toutes les victimes innocentes de ce régime sanguinaire. Pour ma part, je n'oublierai jamais ces crimes contre l'humanité.
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jamiK
  20 janvier 2021
Le dessin est réalisé au crayon et lavis, avec l'apparence du noir et blanc, mais c'est imprimé en couleurs, quelques discètes nuances colorées apparaissent subrepticement, des motifs rouges sur les écharpes, des lavis un peu jaunis. le graphisme est modeste, comme s'il ne voulait pas se mettre en avant, pour nous laisser le temps de nous imprégner, pour laisser l'ambiance oppressante et inquiétante devenir la norme, car c'est bien de ça dont il est question.
A l'époque de ces évènements, j'étais collégien, et je m'embrouillais un peu dans ces histoires du Viet Nam, du Cambodge, je confondais un peu tout ça. Ce n'est qu'avec le film “La déchirure” de Roland Joffé que j'ai découvert ce pan horrible de l'histoire. On retrouve les faits de ce film, avec cette fois-ci le témoignage réel de Vann Nath. Ces capacités de peintre lui ont sans doute permis de survivre, un peu comme les histoires des musiciens dans les camps de concentrations pendant la seconde guerre mondiale. Il peignait sous la menace d'une arme.
Cette bande dessinée n'est donc pas très réjouissante, certains moments sont même très durs, on a du mal à imaginer jusqu'où la cruauté peut aller. En fin de bande dessinée, il y a quelques reproductions de ses peintures, la mise en parallèle renforce la dureté du propos.
Cette bande dessinée est un témoignage bouleversant et nécessaire, la réalisation est à la hauteur du propos, sobre et efficace.
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Francinemv
  12 janvier 2021
Sur les quelques 14 000 hommes, femmes et enfants emprisonnés, ils ne sont que 12 dont 7 adultes à être sortis vivants de l'ancien lycée de Phnom Penh transformé en prison de Tuol Sleng, centre de torture et d'exécution des Khmers rouges rebaptisé S21. C'est cette tragédie, l'une des pages les plus noires de l'histoire du Cambodge que l'on (re)découvre à travers le regard de l'un des rescapés dans l'album Vann Nath, le peintre des Khmers rouges sous la plume de Matteo Mastragostino et le pinceau de Paolo Castaldi, deux bédéistes italiens, aux éditions La Boîte à Bulles.
Avril 1975, la chute de Phnom Penh marque la fin de plusieurs années de guerre civile et les Khmers rouges sont acclamés par la foule. Malgré l'inquiétude de sa femme, Vann Nath, peintre d'enseignes, décide de retourner en ville à son atelier. L'atmosphère est lourde et les vainqueurs, au nom de l'Angkar , l'« organisation » révolutionnaire du Kampuchéa démocratique – nouveau nom du Cambodge – intiment aux habitants l'ordre de quitter la ville…
Phnom Penh, novembre 1979. Nath en plein cauchemar se réveille aux côtés de sa femme. Toujours ce même rêve qui le hante : son impuissance face à la disparition de son fils. Que s'est-il donc passé durant ce laps de 4 ans ?
Nous allons le découvrir en le suivant jusqu'au lieu où il se rend tous les jours  : la sinistre prison de Tuol Sleng maintenant désaffectée. Là, il peint. Il peint ce qu'il a vécu lui même, ce qu'il a entendu, ce qu'on lui a raconté. Et les souvenirs affluent depuis son arrestation arbitraire en décembre 1977 dans la coopérative agricole qu'il avait été contraint de rejoindre, son incarcération en janvier 1978, jusqu'à sa libération suite à la chute des Khmers rouges en janvier 1979.
Au S21, régnaient la terreur et le «  kamtech » qui signifie détruire, puis effacer toute trace afin qu'il ne reste rien de la vie et rien de la mort. Non pas tuer mais détruire, comme on détruit un objet. le schéma est toujours le même : arrestation de personnes absolument innocentes suite à une dénonciation elle-même extorquée à une autre victime toute aussi innocente, torture afin d'obtenir des aveux de sabotages imaginaires et souvent grotesques et les noms des complices puis exécution.
Contraint à réaliser d'après photo des portraits officiels du « frère n° 1 », lui ne doit sa survie qu'à sa qualité de peintre avec chaque jour cette épée de Damoclès que l'une de ses peintures ou lui-même ne viennent à déplaire. « Garder pour utiliser », voilà ce que Duch, le « maître des forges » de cet enfer avait inscrit à côté de son nom.
Quand on sait que la première bande dessinée de Matteo Mastragostino parue aux Éditions Steinkis en 2017 s'intitulait Primo Levi, on n'est guère étonné de le voir s'intéresser au génocide cambodgien. le projet est né suite à la lecture des mémoires de Vann Nath Dans l'enfer de Tuol Sleng. L'inquisition khmère rouge en mots et en tableaux parues en France chez Calman-Lévy en 2008. Deux ans ont été nécessaires pour réaliser cet album très documenté qui retrace fidèlement et scrupuleusement les évènements. La quasi inexistence de voix off, la concision des dialogues réduits à l'essentiel font la part belle à l'image afin de mieux nous faire ressentir les choses et surgir les émotions.
Quant au dessinateur Paolo Castaldi, outre 2 albums consacrés à sa passion le foot « La main de Dieu : Diego Armando Maradona » paru en 2014 aux éditions Diabolo et « Zlatan : l'histoire d'un champion » en 2020, on lui doit « Etenesh : L'odyssée d'une migrante publié aux éditions Des ronds dans l'O, ouvrage qui a obtenu le prix Valeurs Humaines 2016 du CRIABD.
Le choix pour l'illustration d'un fondu graphique, univers gris parfois teinté d'ocre dans lequel font tache les kramars rouges des gardes ou la robe du juge permet de supporter l'insoutenable. Les lieux sont fidèlement restitués ainsi que certains tableaux de l'artiste qu'on retrouvera en fin d'ouvrage.
Le devoir de mémoire [...]
La chronique en entier sur L'accro des bulles
Lien : https://laccrodesbulles.fr/2..
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
Onirique13Onirique13   28 janvier 2021
Je l'ai vu repartir sans dire un mot.

Tous ces fantômes qui ont hanté mes cauchemars pendant des années et qui vivaient dans ces lieux sombres...

... Je porterai tous ces innocents avec moi et ils me donneront la force de témoigner.
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cvd64cvd64   21 août 2022
Je crois qu'ils nous ont arrêtés sans raison. D’un autre côté, cela fait partie de la théorie révolutionnaire... Il vaut mieux tuer par erreur que laisser en vie par erreur.
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Erik_Erik_   16 novembre 2021
Cela fait partie de la théorie révolutionnaire: il vaut mieux tuer par erreur que laisser en vie par erreur.
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SylvereSylvere   29 septembre 2021
"Qui proteste est un ennemi, qui s'oppose un cadavre" est la première chose qu'ils m'ont enseignée.
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SylvereSylvere   29 septembre 2021
Pour nous, les détenus étaient moitié homme et moitié cadavre. Ils nous ont expliqué que leur mort n'aurait pas d'incidence sur notre Karma, mais qu'avant, il fallait obtenir leurs aveux.
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