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ISBN : 2702168795
Éditeur : Calmann-Lévy (02/01/2020)

Note moyenne : 4.56/5 (sur 16 notes)
Résumé :
"Il essaye de courir en poussant sa famille devant lui, mais un hurlement ouvre le ciel et une mitraillette frappe des millions de coups de hache partout en même temps. Dans le Royaume, il y a des vrombissements lointains. "

1971 : le Cambodge est à feu et à sang. Saravouth a onze ans. Sa petite soeur Dara en a neuf. Leur mère enseigne la littérature au lycée français. Leur père travaille à la chambre d’agriculture. Dans Phnom Penh assiégée, le garçon... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
motspourmots
  10 janvier 2020
Un livre pareil, on le sent très vite, ne peut pas avoir été écrit tout à fait normalement. Il a été porté, nourri. Sans doute évité longtemps, comme un obstacle que l'on ne se sent pas capable de franchir. Ou pas autorisé. Il a été écarté au profit d'autres ouvrages, très différents mais aux thèmes plus proches de leur auteur. de très bons romans, au demeurant en tout cas pour les deux que j'ai lus, Où la lumière s'effondre et Réelle. Rien ne laisse deviner que derrière ces deux textes qui regardent la société du 21ème siècle, celle de l'image et de la communication, se construit peu à peu l'histoire qui hante Guillaume Sire depuis qu'il a croisé un homme, un regard, un destin. Une histoire au coeur de l'Histoire et de son cortège d'horreurs, comme seuls les hommes sont capables d'en inventer.
Ce destin, c'est celui de Saravouth, jeune garçon âgé de onze ans lorsqu'en 1971, la guerre civile éclate au Cambodge, après le départ du prince Sihanouk, mettant le pays à feu et à sang avec notamment la montée en puissance des Khmers rouges. La famille de Saravouth fait partie de la classe moyenne de Phnom Penh : Vichéa Inn est cadre à l'institut d'Agriculture, sa femme Phusati enseigne la littérature au lycée français et ses livres nourrissent au quotidien l'imaginaire de Saravouth et de sa petite soeur Dara. le garçon s'est bâti ce qu'il appelle "le Royaume intérieur", par la grâce de ses explorations de l'Odyssée, de Peter Pan et de toutes les histoires dont regorge la bibliothèque familiale. L'étau qui se resserre sur les populations du pays va faire voler en éclat d'abord la quiétude de la famille Inn dont l'image de réussite et de sérénité est propre à susciter les jalousies, puis leur existence même. En un claquement de doigts, Saravouth se retrouve isolé, laissé pour mort dans une forêt après une scène d'une violence indicible. Miraculeusement recueilli et soigné par une vieille femme, il n'aura plus qu'une obsession : regagner Phnom Penh et retrouver sa famille. Pourtant, à ce moment, la folie destructrice des hommes n'a pas encore donné sa pleine mesure et le lecteur, abasourdi, hébété, passant de l'écoeurement à la colère, de la pitié au dégoût est embarqué dans cette épopée d'où émerge la puissance de la foi d'un gamin.
Guillaume Sire accomplit ainsi un miracle : celui de glisser son lecteur dans l'esprit de Saravouth où se mêlent imaginaire de l'enfance et atrocités du réel, où les héros du Royaume intérieur servent de guide, d'échappatoire ou de modèle. Permettent au jeune garçon de ne pas devenir fou face à l'apocalypse en marche, aux destructions aveugles, à l'incompréhension ou au refus de comprendre des grandes nations qui contemplent de loin le chaos. Certaines scènes sont à la limite du soutenable mais il faut relativiser nos haut-le-coeur hein, nous simples lecteurs, tandis que ces scènes ont été réellement vécues par d'autres êtres humains. Guillaume Sire ne néglige pas non plus la mise en relief historique mais préfère la développer à hauteur d'hommes, ce qui lui donne une force incomparable. Et puis ce qui émerge, malgré tout, c'est ce destin exceptionnel, cette figure lumineuse dont on découvre le parcours avec un intérêt et une fascination croissants, jusque dans les toutes dernières pages qui permettent de prendre la mesure du travail et de l'engagement de l'écrivain.
Impossible de ne pas être percuté par ce roman, véritable ode aux pouvoirs de l'esprit et de l'imaginaire comme derniers remparts face à d'autres cerveaux capables du pire. Au point de préférer, pourquoi pas, s'y réfugier définitivement.
Lien : http://www.motspourmots.fr/2..
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spleen
  30 décembre 2019
En choisissant ce roman dont l'action se déroule au Cambodge et en particulier à Phnom Penh en 1971, je me doutais bien que l'histoire ne serait pas de tout repos ...
Elle commence dans la douceur familiale pour Saravouth , onze ans ,entouré de son père qui travaille à la Chambre d' Agriculture, de sa mère , professeur de littérature et de sa petite soeur Dara . Mais déjà , l' inquiétude est latente pour cette famille catholique devant la situation politique complexe qui règne au Cambodge entre les hommes du Général Lon Nol qui a chassé le Prince Norodom Sihanouk , la chasse aux vietnamiens, les Khmers rouges aux portes de la ville et les américains toujours présents .
Cette situation angoissante retentit sur Saravouth, un enfant solitaire, bon joueur d'échecs et féru de littérature grâce aux lectures que fait la mère à ses enfants , passant de Peter Pan à l'Iliade et l'Odyssée , il se réfugie dans son vaste Royaume Intérieur .
Les craintes des parents ne sont malheureusement pas infondées car leur vie bascule lorsqu'ils sont emmenés , adultes et enfants en forêt où , séparé de sa famille et sans connaitre leur sort, Saravouth, gravement blessé est recueilli et soigné par une vieille femme d'un village de montagne moitié sorcière , moitié guérisseuse .
Rétabli, Saravouth n'a de cesse que de revenir malgré les nombreux périls , dans la capitale à la recherche de sa famille , faisant revivre son Royaume pour s'y réfugier lorsque l'espoir l'abandonne .
Une épopée éprouvante ,même si on est loin des descriptions des horreurs commises par les Khmers rouges une dizaine d'années plus tard relatées dans le livre The death and the life of Dith Pran qui est à l'origine du film La déchirure .
Certains personnages secondaires sont marquants , la vieille femme au langage si cru et aux motivations bien cachées, le Père Michel à Phnom Penh luttant pour la survie des orphelins et quelques autres qui ont cheminé un temps avec Saravouth sur cette route jalonnée de morts ...
La fin surprend surtout lorsque on ne lit pas le résumé et il faut aller jusqu'au bout de ce que propose l'auteur : moment émouvant garanti !
Un grand moment de lecture donc .
Un grand merci à NetGalley et aux Éditions Calmann-Levy
#Avantlalongueflammerouge #NetGalleyFrance
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SylvieBelgrandReims
  03 décembre 2019
Parution le 3 janvier 2020.
Magnifique roman, poignant et plein d'humanité.
Saravouth, le héros est juste incroyable. Il a créé un royaume imaginaire, rempli de ses lectures, de ses souvenirs, dont les fondations sont de l'amour pur. le courage de ce petit bonhomme vous serre le coeur. La folie des hommes vous fait pleurer, vous fait hurler.
Beaucoup d'émotion dans ces pages, que je vous invite fortement à découvrir en janvier.
#AvantLaGrandeFlammeRouge #GuillaumeSire #CalmannLevy #RentréeLittéraire2020 #lecture #livres #chroniques
Le quatrième de couverture :
1971 : le Cambodge est à feu et à sang. Saravouth a onze ans. Sa petite soeur Dara en a neuf. Leur mère enseigne la littérature au lycée français. Leur père travaille à la chambre d'agriculture. Dans Phnom Penh assiégée, le garçon s'est construit un pays imaginaire : le « Royaume Intérieur ».
Mais un jour, la guerre frappe à sa porte. Les fondations du Royaume vacillent. Séparé de ses parents et de sa soeur, réfugié dans la forêt sur les rives du Tonlé Sap, Saravouth devra survivre dans un pays en plein chaos, animé par une volonté farouche de retrouver sa famille.
Inspiré d'une histoire vraie, ce roman restitue une épopée intérieure d'une rare puissance.
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coincescheznous
  31 décembre 2019
…. !
Il existe des romans qui vous clouent sur place, et indéniablement Avant la longue flamme rouge en fait partie. J'ai refermé le livre hagarde, à la fois très triste et très reconnaissante envers la vie d'être là, très préservée des malheurs de ce monde.
Mais reprenons depuis le début. Je n'avais jamais entendu parler ni de Guillaume Sire ni de cet ouvrage. Mais j'ai eu la chance d'être choisie pour le prix des lectrices Version Femina, et voici donc que je me suis retrouvée avec ce livre dans mes mains à la fin du mois de décembre 2019. Je cherche donc à me renseigner, qui est Guillaume Sire, tout d'abord ? Un jeune écrivain toulousain de 34 ans (plus jeune que moi, dur !), ayant fait ses débuts dans la poésie avec également une poignée de romans à son actif, et quelques essais, notamment liés à Google et Internet. Bref, un auteur intéressant mais sans aucun passé asiatique a priori (c'est important par rapport au livre que je vous présente).
Cet ouvrage, Avant la longue flamme rouge, paraît improbable chez un homme sans aucun passif au Cambodge tant le souci du détail y est grand. En effet, ce livre se passe à Phnom Penh de 1969 à 1975, lorsque le pays est en proie à une guerre civile sans précédent, avant la prise de pouvoir par les khmers rouges. Plus précisément, cela retrace l'expérience (véritable) de Saravouth, âgé alors de 11 ans au début des évènements, vivant « tranquillement » avec ses parents et sa petite soeur au début des conflits Bien sûr, vous l'aurez compris, d'une vie joyeuse d'enfant, le lecteur va être amené à suivre le héros jusqu'à sa vie d'adulte, complètement traumatisé, détruit, anéanti, avec « la mort vivant en lui ». Raconté de la sorte, cela ne fait pas envie, et pourtant…
Comme Petit pays de Gabriel Faye ou My Absolut Darling de Gabriel Tallent, Avant la longue flamme rouge est d'une violence à la limite du supportable, je ne vais pas vous le cacher. Il m'est arrivé à plusieurs reprises en le lisant de lâcher quelques jurons tellement ce que je lisais va à l'encontre d'une vie d'enfant telle que l'on veut tous la percevoir. Durant chaque lecture, j'étais prise en haleine dans cette horreur, pleine d'espoir pour le personnage de Saravouth, parce que lui garde pendant 6 ans un espoir communicatif, inimaginable bien qu'irréaliste. Pourquoi, pourriez-vous demander, continuer à lire un livre dont la violence et le malheur prédominent ? Justement pour ça, parce qu'il y a toujours une lueur d'espoir. Que les choses prennent une autre tournure, que tout ça, ce chagrin, n'ait pas été vain.
Après la longue flamme rouge n'a pas répondu à mes espoirs, ceux-ci sont tous morts au fur et à mesure des pages tournées, et c'est peut-être cela qui m'a laissée pantoise. La leçon que j'en retiens demeure très clichée, mais pourtant si vraie : on ne mesure pas la chance que l'on a de vivre en paix quand on n'a toujours connu que cela. Se sentir en sécurité. Ne pas craindre pour ses proches à chaque coin de rue, ne pas se méfier de ses voisins, sont des attitudes luxueuses qu'il ne faut pas perdre de vue. Évidemment, c'est une conclusion pleine de bons sentiments, mais la guerre (par ses traumatismes) continue tellement longtemps après la fin des combats que nous ne pouvons que remercier le ciel, l'Etat, Dieu, la République, que sais-je, de ne pas avoir à subir la peur permanente, associée généralement au chagrin monstrueux.
Par ailleurs, j'ai beaucoup aimé le style de Guillaume Sire. Il m'a fallu peut-être une trentaine de pages pour entrer dedans, avant d'en être mordue. Des phrases simples mais percutantes. Des descriptions fines du Cambodge, des odeurs, de la végétation, de la mousson, des couleurs du ciel m'ont procuré un vrai sentiment de voyage, ce qui n'est pas donné avec tous les bouquins. Seul bémol selon moi, les deux dernières pages sont inutiles et nous font redescendre d'un cran, alors que livre vibrait d'une telle intensité les 328 pages précédentes.
Un livre donc très dur, très abouti, très pensé.
Je ne serais pas étonnée qu'il gagne un ou des prix littéraires.

Jo la frite

Lien : http://coincescheznous.unblo..
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Guillaume17
  18 janvier 2020
Le meilleur Roman lu en cette rentrée littéraire de janvier .
Guillaume Sire nous entraîne au Cambodge en pleine guerre .
Inspiré d une histoire l histoire de cet enfant nous prend aux tripes .
GRANDIOSE...
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
LecturessurordonnancesLecturessurordonnances   05 janvier 2020
Il faut trembler pour grandir
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Videos de Guillaume Sire (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Guillaume Sire
« Réelle » paru aux Editions de l?Observatoire est le dernier roman de Guillaume Sire. Avec son sourire et son enthousiasme, Guillaume Sire a profité de sa venue au festival « Les Livres dans la Boucle » pour partager l?histoire de Johanna, candidate de la télé-réalité dans les années 2000. + d'infos : http://www.livresdanslaboucle.fr
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