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ISBN : 2264064226
Éditeur : 10-18 (05/03/2015)

Note moyenne : 3.82/5 (sur 73 notes)
Résumé :
Pour Karla, c’est l’évidence même : son mari Duane est en pleine dépression. Il néglige son entreprise et se désintéresse des problèmes, pourtant nombreux, de ses enfants. Plus inquiétant encore, il a décidé de ne plus conduire son pick-up, mais de se déplacer à pied le long des routes, ce qui au Texas constitue une véritable hérésie. Pour Duane, cependant, la vérité est ailleurs : il a toujours fait ce que les autres attendaient de lui, il a été un citoyen modèle, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (22) Voir plus Ajouter une critique
LePamplemousse
  28 novembre 2017
J'avais dévoré « Texasville » il y a une vingtaine d'années, et je me rappelle l'avoir relu à deux ou trois reprises au fil des ans, touchée par l'écriture de l'auteur et par les personnages attachants tout autant que loufoques.
J'ai donc été ravie de tomber un peu par hasard sur « Duane est dépressif » où l'on retrouve le protagoniste principal et toute une galerie de personnages, ayant tous vieilli d'une quinzaine d'années, mais toujours aussi dingues les uns que les autres.
Duane a désormais 62 ans, c'est un Texan qui a une bonne situation professionnelle dans le pétrole, une très grande maison, une femme, quatre enfants et une tripotée de petits enfants.
Soudain, il décide de garer son pick-up et de se déplacer exclusivement à pied, ce qui surprend tout le monde au point qu'on le soupçonne au choix de s'être disputé tellement fort avec sa femme qu'il envisage le divorce, de souffrir d'un Alzheimer précoce ou de faire une grosse dépression.
Mais qu'en est-il réellement ?
Les 500 et quelques pages du roman nous apportent quelques éléments de réponse, tout en nous parlant des habitudes des américains qui se déplacent en voiture pour se rendre de n'importe où à nulle part, au point de ne plus jamais marcher, de ces personnes qui jettent systématiquement leurs ordures par dessus les ponts qu'ils traversent, de la nature qui est omniprésente mais que personne ne voit, de tout un tas de personnes qui semblent n'avoir jamais changé en cinquante ans d'existence, de ces rêves qu'on avait à 20 ans et qu'on n'a jamais réalisé faute d'argent, de temps ou parce qu'on ne croit plus que ça soit possible, du temps qui passe en emportant nos envies mais pas nos souvenirs ni nos sensations, de la solidarité qui peut exister au sein des petites communauté, de la compassion qui surgit où on ne l'attend pas, de l'amitié qui lie des personnes n'ayant plus rien en commun au bout de dizaines d'années...
J'ai lu ces pages avec un grand sourire, malgré les drames et le chagrin qui surgissent brutalement au détours d'une page et malgré le doute qui assaille Duane durant des semaines.
J'ai aimé ces moments de solitude, de réflexion et d'introspection d'un homme simple, qui tente de comprendre des choses auxquelles il n'avait jamais prêté attention, des choses qui lui étaient totalement inconnues des semaines auparavant , des choses qui semblent lui être totalement étrangères mais qui finalement sont peut-être au coeur même de ce qu'il va faire de ce qui reste de sa vie.
Un énorme coup de coeur donc pour ce roman que j'ai trouvé profond sans être ni prétentieux ni ennuyeux.
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Arakasi
  03 décembre 2018
Un matin, Duane Moore, modeste entrepreneur quinquagénaire de la petite ville texane de Thalia, est pris d'une étrange lubie. Alors qu'il s'apprêtait à prendre place dans son pick-up - le véhicule indispensable de tout bon texan - il décide soudain de se rendre à son travail à pied. Rien de bien méchant, trois ou quatre kilomètres de marche, pas plus. Mais l'entourage de Duane ne voit pas du tout les choses de cette façon. A Thalia, personne, absolument personne, ne se déplace à pied s'il peut faire autrement. Karla, son épouse, monte immédiatement sur ses grands chevaux : il est évident que son mari s'apprête à la quitter !
Le reste de la ville préfère miser sur une crise de démence inoffensive que l'on espère passagère. D'autant plus que l'intéressé persiste et signe. Il continue à marcher, méprisant tout moyen de transport autre que ses jambes, évite au maximum sa famille inquiète et envahissante, se désintéresse complètement de son entreprise… Un ami bien intentionné pense avoir trouvé la solution de ce curieux mystère : Duane doit être dépressif, cette curieuse maladie qui, comme chacun le sait, n'atteint d'habitude que les yankees. Duane ne se sent pas particulièrement dépressif - d'ailleurs, c'est quoi, une dépression ? - mais, poussé par un mélange de curiosité et d'ennui, il accepte de voir une jeune psychanalyste venue de Boston.
Ce qui me frappe toujours chez Larry McMurtry, c'est la profonde bienveillance qu'il manifeste vis à vis de ses personnages. Il ne les ménage pas pourtant, ne nous épargne aucun de leurs défauts ou de leurs faiblesses, mais il ne les juge jamais, préférant les laisser évoluer en toute simplicité. D'autres écrivains auraient pu regarder de haut les “bouseux” plutôt bas-de-plafond de Thalia, mais McMurtry ne leur manifeste ni mépris, ni répulsion. Il les comprend, les prend en empathie et fait d'eux des humains à part entière, pauvres héros d'une pauvre Amérique, mais aussi dignes d'intérêt que des brillants journalistes de New York ou des politiciens de Washington.
Avec “Duane est dépressif”, il signe une oeuvre très touchante, portrait d'un homme d'une gentillesse et d'une bonhomie confondantes, découvrant à l'aube de la vieillesse qu'il a oublié de vivre sa vie, et de son entourage, tout aussi paumé que lui. On y retrouve la mélancolie tempérée d'humour noir qui caractérise l'ensemble de son oeuvre, avec toujours un fond d'optimisme et de tendresse qui évite au récit de devenir justement trop “dépressif”. le roman a beau daté d'une vingtaine d'années, je pense que sa lecture reste indispensable pour comprendre, sans acrimonie, une certaine Amérique perdue et dépolitisée - je ne parle même pas de celle qui a porté un excité misogyne et raciste au pouvoir, mais de celle, trop souvent oubliée par les médias et les romanciers, qui a laissé la chose se faire, par découragement, indifférence ou incompréhension.
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Stockard
  06 septembre 2018
A la fin de "Texasville", on avait laissé la ville de Thalia et ses habitants déjantés pour apprendre que dans le tome suivant, Duane Moore, l'un desdits habitants – et de loin le plus rationnel de tous – était, selon les dires de sa femme Karla, gravement dépressif.
Attaquant sur le même ton délirant que le tome précédent, Larry McMurtry nous décrit le jour où sans prévenir, Duane est rentré chez lui, à garé son pick-up dans le garage, planqué les clefs et décidé de ne plus jamais rasseoir son joufflu dans une voiture quelle qu'elle soit. Dorénavant, il serait un piéton et rien d'autre.
Bon, le côté azimuté ne nait pas tant de cette décision qui, si elle paraît un peu extrême n'en est pas moins plutôt saine, que de la réaction des habitants du coin qui en concluent sans tarder que Duane est en train de faire une attaque ou quelque chose comme ça. Marcher ?! Faut avoir perdu le sens commun pour trouver ça normal. Karla, de son côté, pense que c'est la seule façon qu'a trouvé son mari de lui annoncer qu'il souhaitait divorcer.
Bref, un marcheur au pays du pick-up roi, il n'en faut pas plus à cette bande de fondus pour faire un ramdam de tous les diables devant ces peut-être prémices de fin du monde.
Enfin, une fois cette situation un tout petit peu farfelue posée, Larry McMurtry quitte le registre de la comédie pour nous plonger calmement dans le drame d'un homme qui, à l'âge de la retraite, prend conscience qu'il n'a rien fait d'autre de sa vie que passer son temps entre ses puits de pétrole, son pick-up et sa famille qu'il a fini par juger trop nombreuse et surtout beaucoup, beaucoup trop bruyante.
Mais par contre déprimé, il n'a pas l'impression de l'être plus que ça, juste le sentiment d'avoir bêtement laissé filer les années et l'envie de découvrir de nouveaux horizons, mais à force de se faire répéter que bien sûr que si, il est dépressif, il se met à douter et décide d'aller consulter une psychiatre dont il va évidemment tomber amoureux et qui lui conseillera de lire "A la Recherche du Temps perdu". Pour quelqu'un n'ayant jamais ouvert un livre de sa vie, commencer directement par Proust va s'avérer un exercice périlleux. Malheureusement dans la vie de Duane tout va soudain le devenir, périlleux, après un drame personnel qui, disons-le, m'a presque affectée autant que lui...
Avec cet opus, Larry McMurtry prend un virage à 180 degrés et si quelques situations continuent de faire grassement se tordre les flanelles (mais elles sont rares), la plupart du temps, on se retrouve pas loin d'avoir envie de chialer.
Après une "Dernière Séance" très sympathique et un "Texasville" totalement déjanté, "Duane est dépressif" nous plongerait presque dans l'angoisse avec en pourboire, le sale coup que nous joue l'auteur en nous retirant trois (dont mon préféré) des personnages principaux, comme ça d'un coup hop, profitant de notre naïveté de croire les personnages fictifs éternels.
Larry McMurtry n'a depuis longtemps plus rien à prouver mais au cas où, il confirme tout de même qu'avec ce troisième tome des aventures de Duane Moore, il est tout aussi apte à jouer la partition de l'humour grinçant que celle du répertoire dramatique.
Alors, que Duane soit dépressif on n'en est pas sûr sûr mais par contre que je me sois retrouvée un poil démoralisée à la lecture de ce tome 3, là y'a pas de doute.
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Bazart
  15 juin 2014
Duane Moore, le héros de Duane est dépressif, de Larry Mac Curthy, qui est sorti chez Sonatine en ce début d'année 2014, est un personnage de roman que j'ai pu voir deux fois au.... cinéma, incarné par Jeff Bridges sous la direction de Peter Bogdanovich, dans deux beaux films élégants et qui mine de rien , critiquait pas mal la société américaine des années 60 puis 80, La dernière séance et Texasville.
D'abord lycéen cumulant les petits boulots, obsédé par les filles Duane nous était apparu, à l'aube de la cinquantaine, père affairé de quatre enfants, patron endetté, alors que ses concitoyens n'avaient qu'une idée en tête, fêter le centenaire de leur petite ville.
Dans ce troisième volet de la trilogie, Larry Mac Murtry, qui est également scénariste de cinéma (et notamment du cultissisme Secret de Brokeback Mountain) continue dans la même voie de la satire intelligente de la société texane à travers ce personnage de Duane qui a désormais 60 ans, et qui décide un beau jour de prendre une décision radicale et incompréhensible dans cette partie des USA, celle d'abandonner son pick up et de remplacer l'usage de la voiture par celui de ses pieds, et cette décision, a priori anodine va lui faire totalement changer la vision de sa vie.
Sur près de 600 pages, l'auteur va nous suivre sur les traces de cet homme dans les mois et les années qui suivront cette décision, des années riches en espoir et aussi en drames. Mais malgré le drame, le romancier américain, fidèle à sa ligne de conduite, garde un ton plein d'espoir et d'optimisme. Il faut dire que Duane va faire des rencontres avec des personnages assez savoureux et plein d'humanités, et Duane, malgré le titre de l'ouvrage ne tombera jamais dans la dépression et va, au fil du livre, réussir à trouver la voie pour donner à sa vie le tour qu'il souhaitait lui donner . Un roman puissant et parfaitement troussé, qui offre pas mal de rebondissements inattendus, tout en proposant une profonde réflexion sur le sens de nos existences et sur les rapports avec nos proches.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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Allantvers
  15 avril 2015
Mais qu'est-ce qu'il prend donc à Duane, retraité texan tout ce qu'il y a de normal, à savoir équipé de tout le confort américain, marié à une femme hystérique, père d'enfants à la dérive, et surtout motorisé, de décider un beau jour de ranger son pick up et de se mettre à marcher?
Sous le regard ahuri et soupçonneux de sa femme et de ses voisins, il quitte tout cela pour aller s'installer seul dans une cabane sur la colline et regarder les étoiles.
Démarré sur le ton de la bonne blague voire de la bouffonerie, le récit bascule sur celui de l'ironie douce-amère au rythme des cogitations - agitations de Duane, pour finir dans un registre franchement mélancolique à mesure que celui-ci se confronte au véritable bilan de sa vie de sexagénaire occidental.
Un bouquin et un personnage sympathique, mais un peu long. Je crois qu'il faut pour l'apprécier pleinement avoir déjà une accointance avec le personnage et donc avoir lu ou vu les précédents opus, "Texasville" et "la dernière séance".
Ce n'est pas mon cas et j'ai fait l'erreur d'attendre de ce livre ce qu'il n'avait pas à donner, à savoir une prolongation artificielle des vives émotions que m'avait procuré "Lonesome Dove", le western pulitzarisé de Larry McMurtry, qui ne m'a pas tout à fait convaincue dans le registre de l'introspection.
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
StockardStockard   26 août 2018
Une des raisons qui compliquaient sérieusement la communication avec Bobby Lee, c'était qu'il n'enlevait jamais ses lunettes de soleil, peu importait l'heure du jour ou de la nuit. Des années auparavant, une femme dont il était follement amoureux l'avait traité d'avorton loucheur. Depuis, bien que des centaines de gens l'aient assuré qu'il ne louchait pas – ce dont il pouvait s'assurer tout seul, en privé, dans sa salle de bain, chaque matin en se rasant –, Bobby Lee avait refusé de courir le moindre risque. Il gardait ses lunettes noires sur le nez par tous les temps, des fois qu'il se mette à loucher inopinément.
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jmquentinjmquentin   16 octobre 2014
Penser, ça devait être un peu comme l’escalade, il fallait d’abord s’habituer à l’altitude. Il n’était pas habitué à réfléchir et, en particulier, sur lui-même. Il avait probablement essayé de penser trop, trop tôt, sans se donner le temps de s’accoutumer à l’altitude requise. Il faudrait qu’il ralentisse en matière de réflexion, ne pas en faire autant à la fois, et peut-être apprendre à éviter les domaines de pensée dangereux, les zones qui pouvaient troubler sa sérénité. Il était probable que penser était une activité à laquelle on devait s’adonner de façon méthodique en prenant quelques précautions.
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MaliseMalise   13 janvier 2016
Qu'est-ce que c'était que cette obsession qui tournait en boucle sur le seul fait d'avoir entraperçu une petite surface de peau sous la jupe d'une femme qui montait dans sa voiture ? C'était absurde et il le savait. Il savait aussi que cette brève vision des jambes d'Honor Carmichael était le genre d'épisode minuscule sur lequel M. Proust aurait été capable d'écrire deux cents pages. Mais il n'était pas M. Proust. Il était un exploitant pétrolier à la retraite qui continuait à éprouver de l'excitation sexuelle.
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StockardStockard   25 août 2018
Willy ne vit pas l'utilité de discuter avec sa grand-mère. De toute manière, les adultes, surtout à cet âge-là, ne se laissaient jamais convaincre de rien. En fait, tous les adultes avaient tendance à nier les faits les plus évidents. L'un des rares points sur lesquels sa soeur Bubbles et lui étaient d'accord, c'était que les grands étaient bizarres.
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StockardStockard   30 août 2018
Ouaip, c'est comme ça que ça marche, les rêves, lui avait-elle expliqué. Plus le rêve est affreux, mieux on se sent le jour suivant. Les rêves, c'est la manière dont Dieu nous aide à nous débarrasser de sentiments qu'on n'a pas besoin de trimbaler avec nous.
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Videos de Larry McMurtry (22) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Larry McMurtry
La Dernière Séance (The Last Picture Show), un film américain en noir et blanc de Peter Bogdanovich sorti en 1971. Trailer.
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