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Éditeur : Gallmeister (10/03/2011)

Note moyenne : 4.74/5 (sur 58 notes)
Résumé :
Volume 1 :
A Lonesome Dove, Texas, les héros sont fatigués. Augustus McCrae et Woodrow Call ont remisé leurs armes après de longues années passées à combattre les Comanches. En cette année 1880, pourtant, l'aventure va les rattraper lorsqu'ils décident de voler du bétail au Mexique et de le convoyer jusque dans le Montana pour y établir un ranch. Commence alors un périple inédit de plusieurs milliers de kilomètres à travers l'Ouest, au cours duquel le convoi ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
Arakasi
  22 juillet 2013
Nous sommes en 1880 dans une petite bourgade poussiéreuse et à moitié abandonnée du nom de Lonesome Dove, située à l'ultime frontière entre le Texas et le Mexique. C'est là qu'Augustus McCrae et Woodrow Call, tous deux ex-texas rangers, ont pris leur retraite dans l'espoir de terminer leurs vieux jours loin des sifflements des flèches des indiens et des balles des pistoleros mexicains. Ils n'avaient malheureusement pas prévu un détail : la retraite, c'est chiant à crever… Voici donc nos deux cowboys sexagénaires en train de tromper leur ennui du mieux qu'ils le peuvent ; le premier en buvant bouteille sur bouteille affalé sous le porche du ranch, tout en philosophant à l'intention des deux cochons de la propriété, et le second en se tuant au travail pour combler le vide de ses journées.
Dieu merci, un beau matin, l'aventure vient de nouveau frapper à leur porte sous la forme d'un ancien camarade, Jack Spoon, poursuivi pour le meurtre accidentel – et vraiment très stupide – d'un dentiste, qui parvient à les convaincre de se lancer dans une expédition hors-du-commun : rassembler plusieurs centaines de têtes de bétail et traverser tout les Etats-Unis pour atteindre les immenses plaines récemment colonisées du Montana, véritable paradis pour les éleveurs. Une expédition complètement démente ? Oh que oui ! Car des milliers de kilomètres séparent la frontière sud des Etats-Unis du Montana, des déserts à traverser, des fleuves déchainés à franchir, des montagnes à contourner… Et ceci sans compter que le Montana est encore hanté par des centaines de tribus indiennes renégates et peu soucieuses d'abandonner si facilement leurs terres à l'homme blanc. Mais il en faut davantage pour décourager deux vieux lutteurs malades d'ennui : ni une, ni deux, ils vont rassembler bétail, chevaux et hommes et se lancer dans le dernier et le plus périlleux voyage de leurs vies déjà bien remplies.
Peu de romans ont mérité leur définition de « western crépusculaire » autant que « Lonesome Dove ». C'est bien un monde en train de mourir que vont traverser Augustus McCrae et Woodrow Call, un monde où les bisons ne subsistent plus que par petites bandes éparses, où desperados et indiens ont presque disparu, où les grands espaces vierges se font de plus en plus rares, dévorés petit à petit par les villes des colons, un monde où les vieux rangers n'ont plus vraiment leur place… Et, ironie ultime, ce monde-là, ils ont amplement contribué à le créer en défendant pendant des dizaines d'années les colons texans contre les foudres des Comanches et des bandits ! Comme le dit avec humour noir et amertume l'acerbe Augustus : « Nous nous sommes battus dans le mauvais camp. Nous avons tué tous les gens qui rendaient ce pays intéressant… »
« Lonesome Dove » est-il pour autant un roman déprimant ? Que nenni ! Car si le contexte est sombre, le roman lui-même est plein de vie, de flamme et de verve. Grâce à son style délicieux, plein d'humour et de sensibilité, Larry McMurtry parvient à nous immerger jusqu'au cou dans cette fabuleuse aventure. Malgré leurs nombreux défauts, ses personnages sont si merveilleusement typés, profonds et attachants que l'on peine à les abandonner à la fin du roman : on les aime tous ! On aime Augustus McCrae, cowboy jouisseur, désinvolte et incorrigible bavard, capable d'assommer ses malheureux camarades d'interminables monologues jusqu'à que mort s'ensuive. On aime « le Capitaine » Woodrow Call, meneur d'homme né mais si allergique à la compagnie de ses semblables qu'il ne supporte pas de dormir à moins d'un kilomètre de distance de leur campement. On aime le petit Newt, jeunot plein de bonne volonté et béant d'admiration devant tout et n'importe quoi. On aime le cuisinier mexicain Bolivar et son tisonnier, Deets, Dish Bogget, Pea Eye... Et comme la gente féminine n'est pas négligée dans ce monde de gros durs virils, on aime aussi Lorena, la belle prostituée lancée dans sa recherche désespérée d'une vie meilleure, on aime Clara, la dulcinée à forte tête d'Augustus, et bien d'autres !
En leur compagnie, on a respiré les nuages de poussière soulevés par des milliers de sabots, on a traversé à poil des fleuves sous une averse de grêlons, on a affronté des nuées de sauterelles, des blizzards, des grizzlis… On a sué, ri et pleuré. En vérité, cela faisait longtemps que je n'avais pas éprouvé tant de pur plaisir à la lecture d'un roman d'aventure. « Lonesome Dove », c'est beau, c'est grand, c'est vibrant. Ca vous fait sourire et vous tord le coeur à la fois : mangez-en !
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LiliGalipette
  10 mai 2011
Roman en deux tomes de Larry McMurtry. Prix Pulitzer en 1986.
Étranger, si tu ne veux pas en apprendre trop sur ce livre, passe ton chemin !
Épisode 1 -
Augustus McCrae et Woodrow Call sont deux anciens Rangers du Texas. Pendant deux décennies, ils ont pacifié l'État en exterminant les Comanches et en repoussant les Mexicains. Propriétaires de la Hat Creek Cattle Compagny à Lonesome Dove, Texas, ils vendent des chevaux aux soldats ou aux cow-boys. « Les journées à Lonesome Dove étaient embrumées par la chaleur et une sécheresse de craie que le whiskey atténuait partiellement. » (p. 19) Il y a peu à faire dans cette ville à la frontière du Mexique. L'unique prostituée, la sublime et jeune Lorena Wood dispense ses charmes avec indifférence et le whiskey du bar n'est pas meilleur qu'ailleurs. Une partie de cartes égaye trop rarement l'ordinaire.
L'arrivée de Jake Spoon, ancien ranger, bouleverse l'existence monotone de Lonesome Dove. Spoon est amateur de femmes et de jeu. Il a fui Fort Smith dans l'Arkansas après avoir tué par accident un dentiste. Il propose à ses anciens camarades de constituer un troupeau de bétail et de l'emmener dans le Montana, là où les terres sont encore à prendre. Sur un coup de tête, Call monte toute l'opération. « Vraisemblablement, c'était de cette manière que se pratiquait le commerce de bétail le long de la frontière : les propriétaires de ranchs mexicains faisaient des incursions au nord du Rio Grande pendant que les Texans agissaient de même au sud. » (p. 27)
En quelques jours, le convoi est constitué. Call a rassemblé des cowboys, dont Dish Bogget, un fameux cavalier fou amoureux de Lorena. Pea Eye, un ancien ranger, le jeune Newt, Bolivar le cuisinier mexician et Deets, un noir aux talents d'éclaireur incontestés, sont du voyage. Quand le convoi prend la piste, il est suivi par Lippy, le pianiste de la ville, et par Lorena qui est bien décidée à rejoindre San Francisco. Pendant plusieurs mois, le convoi affronte la chaleur et le manque d'eau, la faim et la fatigue. Cette équipée folle n'est pas de tout repos et les hommes qui s'y sont engagés savent qu'ils risquent leur vie.
Pendant ce temps-là, dans l'Arkansas, le jeune shérif July Johnson se lance à la poursuite de Jake Spoon, ignorant que son épouse Elmira n'attend qu'une occasion pour le quitter. Lancé sur deux pistes, il semble que July Johnson perdra tout en voulant tout retrouver.
Épisode 2 - le convoi poursuit sa route et affronte des tempêtes de sable, des orages fracassants et des animaux peu fréquentables. Gus est parti à la poursuite de Blue Duck qui a enlevé Lorina. Jake Spoon s'accoquine avec des bandits et s'écarte définitivement le droit chemin. July Johnson n'en finit pas de courir après sa femme. le troupeau poursuit sa marche lente à travers plusieurs états.
Alors que Gus était parti avec l'idée de retrouver Clara, son éternel amour, dans le Nebraska, il s'attache à Lorena qui le lui rend bien. Mais la jeune femme n'a pas sa place au sein du convoi et auprès du troupeau. Elle trouvera une famille d'accueil surprenante. Des attachements inattendus se nouent et des dénouements attendus n'arrivent jamais.
Les pistes de chacun n'en finissent pas de se croiser, de se recouper ou de se manquer de peu. Il semble que l'Amérique n'est pas assez grande et que partout où un cowboy pose les sabots de son cheval, quelqu'un peut lui donner des nouvelles d'une connaissance. Les chassés croisés de ville en ville sont autant de ressorts dramatiques. On se croirait presque au théâtre, avec les portes qui claquent sur les amants des épouses infidèles, à ceci près que les flèches indiennes sifflent aux oreilles et que les grizzlis peuvent surgir à quelques mètres du troupeau.
« Au Texas, tout allait bien et on vivait calmement. » (p. 419) Si certains regrettent d'être partis, l'aventure grise la plupart des hommes. L'arrivée dans le Montana n'est qu'un nouveau départ. Pea Eye se sent seul sans certains de ses anciens compagnons. Newt désespère de connaître vraiment son père. Call est fatigué par ce voyage qu'il voulait tant. La fin du voyage marque la fin d'une époque et du temps où l'Amérique restait à conquérir.

Gus et Call ont des conceptions différentes de la vie. Augustus, dit Gus, est désinvolte, cultivé et hédoniste. Ses traits d'esprit passent souvent inaperçus et il n'aime rien tant que faire la conversation. Call est taciturne, habile meneur d'hommes et travailleur acharné. Souvent las de devoir sans cesse prendre les décisions, il place cependant son devoir avant toute chose. « Toute sa vie, il s'était posé en meneur d'hommes alors qu'en réalité il n'avait jamais aimé les groupes. » (p. 298) Les portraits sont remarquables et présentent des hommes hauts en couleurs, frustres et accrochés à la vie. Aussi habiles avec une carabine, un lasso ou un cruchon de whiskey, ils prennent la vie comme elle se présente. La découverte des caractères est progressive. Peu à peu, il apparaît que Call et Gus ne sont pas monolithiques, ni caricaturaux. Leurs faiblesses et leurs travers révèlent leur sensibilité et leur humanité.
La narration est à la troisième personne. Elle se rapproche tantôt d'un personnage, tantôt d'un autre et permet d'éclairer le récit avec différents points de vue. En laissant entendre des pensées et des peurs secrètes, la narration se fait polyphonique et caméléon.
Cette longue traversée de l'Amérique a tout d'une épopée. La nostalgie du pays délaissé envahit la page à chaque danger, mais le besoin d'aller encore un peu plus loin est difficile à satisfaire et la curiosité dure à étouffer. le convoi traverse le Texas, l'Arkansas, le Nebraska et le Montana jusqu'à sa frontière canadienne, prouvant que des hommes peuvent réaliser un projet insensé s'ils sont menés par des êtres décidés. Chacun avait ses raisons de quitter le Texas. D'aucuns cherchaient l'aventure, d'autres voulaient la richesse. Certains ont pris la fuite et d'autres tentaient de rejoindre des femmes éternellement inaccessibles, comme les étoiles que les cowboys contemplent la nuit.
Le ton est piquant et l'humour désabusé. le dialogue sur les Mexicains entre un Irlandais fraîchement débarqué du bateau et Gus illustre le peu de cas que l'on fait de l'existence et du passage sur terre. « - Est-ce qu'il faut leur demander leur nom avant de leur tirer dessus ? [...] - Ce sera pas nécessaire, le rassura Augustus. de toute façon, ils s'appellent presque tous Jésus. » (p. 210) Ce détachement est une résignation sage. Que ce soit sur la piste ou ailleurs, la mort de fait pas de cadeau et il n'y a pas de miracle. « La meilleure chose à faire avec la mort, c'est de s'en éloigner. » (p. 384)
De nombreuses coquilles et quelques erreurs d'attribution de nom ou de parole m'ont parfois gênée. Mais je retiens de ce roman un souffle puissant et une force d'évocation peu commune. le lecteur chevauche aux côtés du troupeau et ressent toutes les peurs et tous les rêves de ces hommes prêts à tout lâcher pour traverser un pays. Les quelques 1200 pages passent en un instant et célèbrent avec panache l'Ouest sauvage et le mythe du cowboy.
******
Le roman de Larry McMurthy a été adapté en mini-série pour la chaine CBS en 1989. La distribution comptait quelques monstres : Robert Duvall, Tommy Lee Jones, Diane Lane et Anjelica Huston.
Quiconque met la main pour moi sur cette série recevra, outre ma reconnaissance éternelle, une récompense !
Un grand merci à Babelio et aux éditions Gallmeister pour l'envoi de ce livre qui fut un grand coup de coeur !

Lien : http://lililectrice.canalblo..
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keisha
  30 avril 2011
Si vous ne devez lire qu'un seul western dans votre vie, lisez celui-ci.
James Crumley


Après une vingtaine d'années passées dans les rangers du Texas à combattre les Comanches et les bandits mexicains, Augustus McCrae et Woodrow Call se sont installés à Lonesome Dove, non loin du Rio Grande. Chaleur, sécheresse. Pas grand chose d'autre à faire que boire du whisky, s'occuper des chevaux, jouer aux cartes au saloon où officie un pianiste et une prostituée, la belle Lorena. Augustus est joueur et bavard, Woodrow plus renfermé.

Jusqu'au jour où Jake Spoon, un autre ancien ranger, plus ou moins poursuivi par un shérif dont il a descendu le beau-frère en Arkansas, déboule chez eux et les convainc de conduire du bétail au Montana, où les pâturages sont fantastiques. Après quelque hésitation, l'idée fait son chemin, le bétail est volé de l'autre côté de la frontière, et c'est le départ pour l'équipe de cow boys, deux mille six cents bovins, deux cochons, sans oublier le cuisinier ... et Lorena!

Mais le Montana, c'est loin, et bien des aventures attendent nos héros, qui devront affronter tempête de sable, orage, sauterelles, indiens, serpents, grizzlis, bandits.Tous n'y parviendront pas vivants, d'autres personnages feront aussi leur apparition, plus ou moins longuement, mais toujours bien dessinés.

Même si l'on est loin de l'image du beau jeune cow boy viril et séduisant (je ne vise personne, voir les dicussions sur facebook...), que ça sent plutôt la poussière, la sueur, le whisky et la bouse de bison, que certains passages sont violents, ce roman est absolument passionnant, non, ce n'est pas uniquement une histoire de cow boys, et en le terminant je me suis dit "grandiose!".

Tout en usant dans ses dialogues de formules chocs et/ou amusantes, McMurtry sait rendre attachants ses personnages. Woodrow Call se refuse à éclaircir ses motivations, et surtout à accepter que le jeune Newt soit son fils. Augustus n' jamais oublié l'amour qu'il porte à Clara, mariée dans un coin au bord de la Platte, et qu'il espère revoir en remontant vers le Montana. Oui, ces gros durs virils sont capables d'émotion, sous la chemise pas repassée bat un coeur...

Newt est un gamin de dix-sept ans, plein d'admiration pour les cow-boys chevronnés, et c'est souvent sa vision rafraîchissante qui est offerte. Pour lui, ce sera un apprentissage de la vie et j'avoue l'avoir laissé avec regret à la fin du roman.
Quant à Clara, elle n'apparaît réellement qu'assez tardivement, mais quelle maîtresse femme! La longue pause à sa ferme est un des plus beaux passages du roman. Lorena complète excellemment la galerie de personnages féminins, et j'oubliais aussi Elmira et son destin tragique...

Sans s'appesantir, McMurtry nous offre aussi une fresque de la vie des pionniers, de la conquête de nouveaux territoires, dans cette bande verticale du Texas au Montana.

Après l'extermination massive des bisons:
" Aussi la vue de cette route pavée d'ossements de bisons avait-elle été un choc pour lui. (...) Cette idée conférait à l'étendue désertique des plaies une autre dimension. Avec la disparition de ces millions d'animaux, suivie par celle de la quasi-totalité des Indiens, désormais, les grandes plaines étaient vraiment vides, dépeuplées, rien n'y vivait plus.
Mais bientôt les blancs arriveraient. Ainsi, le spectacle qu'il avait sous les yeux était une sorte d'intermède. Ce n'étaient plus les plaines telles qu'elles avaient été, ni ce qu'elles allaient devenir, c'était un moment de vide véritable constitué de milliers de kilomètres d'herbe sauvage et peuplé seulement de quelques survivants - spectres de bisons, d'indiens et de chasseurs. "

Dans le Montana:
"Évidemment, ces terres appartiennent aux Indiens depuis toujours. Pour eux, elles sont précieuses parce qu'elles sont leur passé. Nous, elles nous attirent parce qu'elles sont notre avenir."

Ne craignez pas les 1200 pages de ce pavé, lisez-les, vous n'êtes pas prêt d'oublier tout cette épopée, quant à moi je me demande si je ne vais pas tenter d'en lire plus... (Gallmeister semble avoir prévu les parutions)
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LeaTouchBook
  08 avril 2015
Un Gallmeister est toujours une valeur sûre et cela ne fait que continuer sur cette lancée avec cette fois-ci un western palpitant récompensé du prix Pulitzer : un véritable chef d'oeuvre !
J'ai découvert Larry McMurtry avec le personnage de Duane, des livres entre humour et philosophie de vie, Lonesome Dove est un roman complètement différent. Il s'agit d'un grand classique du western ainsi qu'à hommage au genre : une fresque formidable et inoubliable ! J'ai lu ces deux volumes (1200 pages) en seulement deux jours tellement j'étais passionnée par cette histoire et odyssée géniale !
Sur le chemin vous rencontrez des personnalités incroyables, loin de l'image des cow-boys d'opérette : ce sont de vrais hommes, dont les pensées sont remplies de doutes, d'humour et... d'alcool. le don déjà perceptible de l'auteur (avec Duane) à faire de ses personnages des êtres vraiment proches du lecteur s'intensifie avec ce très gros roman. Un nombre de pages qui semble pourtant si court lorsque nous arrivons à la fin.
Augustus et Woodrow sont a priori des cow-boys à la retraite qui vont reprendre du service afin de pallier à l'ennui, à la monotonie de leur quotidien et ce au travers d'un convoi extraordinaire de bétail volé. Un voyage palpitant qui ne laissera aucun lecteur indemne car au delà de l'aventure ce roman délivre un message sur un monde en voie de disparition : celui des grands espaces et des grands hommes.
L'écriture est vraiment sublime, superbe, riche et d'une fluidité rare : les mots sont justes, les descriptions haletantes, les dialogues simples mais percutants. Ce livre est vraiment un moment de grâce, un instant d'oubli de son présent, de sa propre existence au profit d'un périple, de deux précieux amis qui nous offrent un des plus beaux voyages littéraires possibles.
En définitive, ce roman est un incontournable du genre : un pavé rempli de poussière, de danger mais surtout d'humanité.
Lien : http://leatouchbook.blogspot..
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Warrenbismuth
  18 décembre 2017
Années 1880 dans le Texas : Augustus (Gus) McCrae et Woodrow Call, deux anciens Texas rangers, coulent une vie enfin à peu près paisible à Lonesome Dove après avoir combattu leur vie durant les mexicains et surtout les comanches. Mais un jour, le retour de Jake Spoon, qui a lutté jadis à leurs côtés, vient changer la donne : Jake est en cavale pour le meurtre (accidentel) d'un dentiste. C'est alors qu'il parle à Gus et à Call du Montana comme d'un État de rêve où tout est encore possible, notamment l'espoir d'élever du bétail en grande quantité dans un ranch où la concurrence n'existerait pas encore. Gus et Call cogitent : 5 000 kilomètres avec une bonne équipe pour convoyer des bêtes, c'est costaud mais alléchant. Seulement, la route risque d'être épineuse avec les hors-la-loi, les indiens, les lois de certains Etats, sans oublier la météo qui peut faire pencher la balance. Déjà, il faut du bétail et Gus et Call comptent bien aller se « servir » gratuitement au Mexique avant d'entreprendre ce long voyage, voyage dont plusieurs membres de l'équipée ne reviendront pas, ou reviendront les pieds devant. Soyons francs : ce gros pavé est une machine hypnotisante où il est impossible de ne pas se prendre au jeu, Larry MCMURTRY ayant fait les choses en grand, ayant concocté un scénario aux petits oignons avec tous les codes du western, il a parsemé son road book de paysages sublimes même si hostiles, il a rajouté l'indispensable page historique sur les Etats-Unis du XIXème siècle, les tensions entre blancs et indiens, mais aussi entre blancs eux-mêmes, mais surtout il a su créer des personnages hors normes, tous différents, forts de caractères, immensément charpentés, tous émouvants, touchants, ce genre de personnages qui vous poursuivent et que vous finissez par vous convaincre de les connaître personnellement. de plus ils ne manquent ni d'humour ni de repartie, ce qui donne un punch supplémentaire à la lecture. Les femmes ne sont pas oubliées, elles jouent un grand rôle dans ce roman, leurs figures sont trempées dans l'acier, elles sont dures à l'épreuve et ne plient jamais. Au-delà d'un convoi qui traverse tout un pays, c'est l'Histoire de ce pays qui est racontée par des personnages flamboyants et démesurés. C'est plutôt la fin d'une Histoire d'ailleurs car, tout comme les indiens, les bisons commencent à se faire rares tandis que le béton se développe, la mentalité évolue, peut-être pas dans le bon sens. Les anecdotes fourmillent à chaque page, impossible de s'ennuyer une seule ligne tellement ce livre est dense et riche.
Maintenant, les statistiques et les chiffres. Car oui « Lonesome dove » est une saga qui nous prend et ne nous lâche plus, et on n'y entre pas comme dans un confessionnal, on sait que la route sera longue, qu'il faudra chevaucher à en perdre haleine aux côtés des protagonistes. Les chiffres qui suivent peuvent donner le vertige, et pourtant tout s'est déroulé sans anicroche, et on en aurait presque demandé à nouveau : deux tomes, 1 200 pages en tout, 102 chapitres, 70 heures de lecture étalées sur un mois (et sans une seule fois faire un « break » vespéral pour lire quelques lignes d'un autre livre), et surtout le sentiment, une fois la dernière page refermée, d'être comme orphelin, une sensation d'avoir laissé filer à jamais des proches, une famille. Mais les séances de rattrapage sont possibles. Je m'explique : « Lonesome dove » est sorti en 1985 aux Etats-Unis. Une suite, « Streets of Laredo » fut écrite en 1993. Problème : pas encore traduite en français à ce jour. Ensuite deux préquelles (les origines d'une histoire écrites pourtant après l'histoire principale) furent publiées : « Dead man's walk » en 1995 et « Comanche moon » en 1997, la première vient d'être traduite en français sous le nom « La marche du mort », la seconde en tant que « Lune comanche », toutes deux chez GALLMEISTER la Rolls Royce hexagonale de la littérature américaine grands espaces, qui a par ailleurs sorti en poche les deux tomes de ce présent « Lonesome dove ». Pour les deux préquelles comme pour « Lonesome dove », 1 200 pages à se farcir dans les gencives. M'est avis que nous en reparlerons tôt ou tard, en espérant que ce « Streets of Laredo » sera un jour traduit pour clôturer une saga que je désigne sans aucun scrupule comme une aventure unique, une expérience hors du commun, et l'un des plus grands chefs d'oeuvre littéraires ayant défilé sous mes yeux encore incrédules. On en ressort comme abandonné mais paradoxalement avec une énergie supplémentaire et des souvenirs plein la tête. Cette histoire, ces acteurs vont trotter un sacré moment dans notre boîte crânienne. Je laisse la conclusion de cette épopée à Gus en m'inclinant profondément et respectueusement : « Évidemment, ces terres appartiennent aux indiens depuis toujours. Pour eux, elles sont précieuses parce qu'elles sont leur passé. Nous, elles nous attirent parce qu'elles sont notre avenir ».
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
MadimadoMadimado   27 juillet 2011
Roscoe s’inquiétait de constater qu’il n’y avait plus d’arbres dans le paysage. Il avait passé sa vie au milieu des arbres et n’avait jamais beaucoup réfléchi au bien être qu’ils procuraient. Voir des arbres était si banal qu’on pouvait s’étonner de découvrir en voyageant dans ces plaines qu’il existait sur terre un endroit où l’on n’en trouvait aucun. Il leur arrivait bien de temps à autre d’apercevoir un bosquet au bord d’une rivière, mais c’était rare, et les arbres s’apparentaient plus à des broussailles. On ne pouvait pas s’y appuyer, or s’était justement cela que Roscoe aimait. Il parvenait même à dormir adossé à un arbre.
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MadimadoMadimado   27 juillet 2011
Vivre de façon raisonnable – expérience qu’il avait tentée à une ou deux reprises dans sa vie – s’était avéré ennuyeux, le plus souvent après quelques jours seulement. Une vie sensée ne lui avait jamais rien apporté qui vaille, à part des beuveries et des parties de cartes où il jouait jusqu’à sa dernière chemise. La folie était parfois plus stimulante.
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LiliGalipetteLiliGalipette   10 mai 2011
« La vie est bien curieuse. […] On a volé tout ce bétail et les neuf dixièmes de nos chevaux, alors qu’on a été des hommes de loi respectés. Si on arrive jusqu’au Montana, il faudra qu’on fasse de la politique. Tu te retrouveras gouverneur, si jamais ce foutu endroit devient un État. Et tu passeras ton temps à faire voter des lois contre les voleurs de bétail. » (p. 300) tome 1
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MadimadoMadimado   27 juillet 2011
Évidemment, ces terres appartiennent aux Indiens depuis toujours. Pour eux, elles sont précieuses parce qu’elles sont leur passé. Nous, elles nous attirent parce qu’elles sont notre avenir.
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LiliGalipetteLiliGalipette   10 mai 2011
« La Hat Creek Compagny n’était qu’une modeste exploitation avec juste assez de terre pour élever un petit troupeau et quelques chevaux en attendant de trouver des acheteurs. » (p. 76) tome 1
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Videos de Larry McMurtry (22) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Larry McMurtry
La Dernière Séance (The Last Picture Show), un film américain en noir et blanc de Peter Bogdanovich sorti en 1971. Trailer.
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