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Richard Crevier (Traducteur)Marie-Anne Lenoir (Éditeur scientifique)
EAN : 9782351785072
570 pages
Gallmeister (01/02/2011)
4.48/5   574 notes
Résumé :
532 pages

À Lonesome Dove, Texas, les héros sont fatigués. Augustus McCrae et Woodrow Call ont remisé leurs armes après de longues années passées à combattre les Comanches. En cette année 1880, pourtant, l'aventure va les rattraper lorsqu'ils décident de voler du bétail au Mexique et de le convoyer jusque dans le Montana pour y établir un ranch. Commence alors un immense périple à travers l'Ouest, au cours duquel le convoi affrontera de violentes temp... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (60) Voir plus Ajouter une critique
4,48

sur 574 notes
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CasusBelli
  07 mars 2021
C'est un sentiment étrange qui m'habite au moment de rédiger cet avis, celui de m'être attendu à une lecture et d'en avoir fait une autre, l'étonnement puis la découverte.
Ce livre a été récompensé par un prix Pulitzer en 1986, de plus, les avis enthousiastes des lecteurs et la note en rapport me promettaient donc un bon moment de lecture.
Pour tout dire je m'attendais à un western trépidant et spectaculaire, à de l'action non stop, à des bagarres et des coups de feu à chaque chapitre ou presque, des duels et tout ce qui caractérise le genre dans notre inconscient.
Le fait est que non, nous avons là un western certes, mais que je qualifierai d'intimiste dans la mesure où les personnages priment sur le contexte et l'action, chacun des 52 chapitres ou presque est prétexte à l'introspection de l'un des nombreux protagonistes de l'histoire.
L'action, pour en parler un peu, va tourner essentiellement autour du fonctionnement du ranch et nous instruire sur le métier de cowboy et la conduite d'un troupeau, un métier plus technique et hiérarchisé qu'on l'imagine de prime abord.
Nous ferons connaissance avec "Lonesome Dove" et ses habitants, à peine un village en bordure de la frontière avec le Mexique. "Lonesome Dove", un saloon et une unique prostituée qui cristallise beaucoup l'attention.
Un western où l'on se sert très peu de son "six coups" si ce n'est pour tirer sur des serpents, donc oui, je m'attendais vraiment à une autre lecture...
Cela-dit, une fois la surprise passée, c'est-à-dire quand j'ai cessé de me demander au bout de 300 pages à quel moment cela allait vraiment commencer pour me rendre compte que j'étais en plein dans l'histoire et que celle-ci était celle d'une bande de cowboys aux motivations multiples, alors j'en ai pris mon parti et je l'ai apprécié pour ce qu'elle était.
J'ai ressenti ce récit comme la lecture d'un tableau d'une Amérique des pionniers, il y a un aspect documentaire évident avec l'évocation de ces personnages rustres et égocentrés pour la majorité d'entre eux à l'exception notable de "Gus" qui est le seul personnage faisant preuve d'empathie et de profondeur.
Un aspect documentaire également rapport aux descriptions de paysages souvent arides, de la faune et de la flore sans oublier la météo.
Préparez vous donc à voyager "dans la tête" de nombreux personnages aux motivations très "terre à terre" et pas toujours passionnantes, Call, Lorenna, Pea eyes, Newt, Deets, Dish, Jake, July, Roscoe, etc.
Il me reste à dire que j'ai aimé cette lecture, ce qui ne paraît peut-être pas évident au vu de cet avis, il y a malgré tout une histoire intéressante même si elle prend son temps, un troupeau à convoyer dans le Montana, et quelques histoires annexes à suivre avec intérêt.
Je lirai le tome deux avec une réelle envie, merci à jmb33320 de m'avoir suggéré ce titre.
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Kittiwake
  18 mai 2020
Avant de commencer, que les choses soient claires, je ne suis pas du tout fan de western. A part le mythique Il Etait une fois dans l'Ouest, ce genre ne m'attire pas le moins du monde.
Et là, avec le capitaine Call et Augustus, j'ai crevé de chaud et de soif, j'ai passé des nuits sous l'orage et ressenti la douleur quand les grêlons les ont quasi assommés, j'ai aussi éprouvé de la joie quand une chevauchée se terminait bien, et j'ai beaucoup ri aux pitreries parfois involontaires des jeunots de la bande ou du cuisinier un peu fou. Et c'est tout cela qui font de Lonesome dove, un village qui ne vit qu'avec des échoppes de première nécessité : un barbier et un saloon qui, outre un pianiste autodidacte, offre aux cowboys esseulés services tarifés d ‘une jeune femme qui occupera une place centrale dans l'histoire.
Et l'histoire, c'est ce voyage du Texas au Montana, avec l'intention de vérifier que l'herbe est plus verte là-bas, quitte à rencontrer sur son chemin des hors-la-loi dénués de toute humanité ou des indiens, ceux que l'armée n'a pas décimés, le plus souvent pacifiques et démunis, parfois très agressifs.
C'est magique. le charme opère de suite, dès la présentation des premiers personnages. Et de vivre ce quotidien qui est une permanente lutte pour survivre est passionnant.
Le voyage est long, il est dangereux, et il y aura bien sûr quelques larmes lorsque l'on devra se séparer de certains personnages. Mais on ne boudera pas son plaisir de voir disparaitre d'infâmes bandits aussi bêtes que méchants.

Aucun répit dans ce récit qui alterne adroitement les épisodes,, profitant de la séparation temporaire de l'équipe. Arrivée à la fin d'un chapitre et décidée à stopper pour un moment la lecture, on se rend compte que le chapitre suivant reprend une histoire que l'on avait quittée quelques dizaines de pages plutôt : et ça repart pour une heure…

C'est un coup de coeur et un roman que me hantera longtemps.
Lien : https://kittylamouette.blogs..
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Ptitgateau
  28 octobre 2020
Ce roman m'a quelque peu rappelé mon enfance, alors que durant les Dimanches, on diffusait volontiers un western et que je me languissais dans ma chambre parce que je n'aimais pas les westerns. Et c'est avec beaucoup d'hésitation que je me suis lancée dans l'aventure de nos héros de Lonesome Dove… Et je ne le regrette pas ! Je m'y suis fait des amis, des gens peu compliqués, pourvu qu'ils aient de l'alcool, une femme et un jeu de carte.
Bon ! L'alcool ne les a pas toujours aidés à mener leurs missions à bien, il faut le reconnaître, les femmes, ben ils en ont une, le problème c'est que c'est la même pour tous, ce qui peut occasionnellement générer quelques tensions, et les cartes, elles servent à les motiver pour trouver du travail afin de gagner à nouveau de l'argent qu'ils miseront dès que possible. C'est leur vie, et ils ne semblent pas s'en plaindre.
J'y ai pris connaissance de la rude vie du cow-boy : pas rien d'accompagner des troupeaux de milliers de bêtes à travers le territoire, de traverser des rivières pleines de serpents, d'affronter les intempéries, de braver les dangers.
J'y ai rencontré des âmes charitables, des hommes au coeur sur la main, d'incorrigibles bavards aux idées bien arrêtées, un rêveur qui faute d'endroit décent ou s'installer, élit domicile dans la lune, des hommes qui pleurent et ne cachent pas leur sensibilité, si ce n'est un grand timide qui ne doit certainement pas montrer ses sentiments, un bébé cow-boy qui a tout à apprendre et qui sans aucun doute, a commencé à faire ses premières armes et qui murira au gré des aventures, autant de personnalités qui se révèlent tout au long du roman.
De quoi vous réconcilier avec le genre western : de l'humour, souvent décapant, de la tendresse, des frayeurs, des disputes, des querelles de saloon sur fond de piano qui aident à comprendre les individus qui y sont mêlés, le tout dans une ambiance Far West au milieu de paysages de virevoltants et de cactus, de sécheresse et de serpents à sonnette.
L'histoire en elle-même n'est pas simple : des hommes qui mènent le bétail, parmi eux, un fugitif, et ailleurs, des individus qui cherchent à retrouver ce fugitif et qui suivent sa piste, mais lesdits individus ont aussi leurs problèmes, ce qui permet de suivre dans le même roman, un certain nombre d'aventures tantôt comiques, tantôt pathétiques.
Un seul regret : le western, sans les méchants indiens, ne semble pas un western, et moi qui viens de lire « enterre mon coeur à Wounded Knee », je dois avouer que j'ai peiné, en constatant que, encore une fois, nos héros ne voient pas les indiens d'un bon oeil, que l'auteur nous en propose un spécimen bien cruel, même si Gus, notre casi-héros, semble souvent les défendre, bien qu'en tant que Texas Ranger, il se place du côté des colons.
Un autre tome m'attend en altitude, dans ma pile à lire, je le garde pour plus tard.
Si comme moi, le Far West ne vous attire pas, n'hésitez tout de même pas à lire Lonesome Dove, vous ne le regretterez pas.
Challenge pavés
Challenge Multi-Défis
Lien : https://1001ptitgateau.blogs..
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berni_29
  28 février 2021
I am a poor lonesome cow-boy
and a long way from Lonesome Dove.
Ce soir, chers amis, je viens vous parler d'un western que j'ai particulièrement adoré, Lonesome Dove...
- Pardon Monsieur, mais Babelio est un site littéraire, ici on ne parle pas de film.
- Mais crétin de la lune, je te parle d'un bouquin, avec des pages, et cesse de m'interrompre comme cela sans arrêt, sinon je te colle une balle entre tes deux yeux, avec mon colt.
Donc, je vous disais, chers amis, avant d'être interrompu par ce jeune coyote sans nom, que j'ai adoré ce western littéraire, un vrai de vrai comme au bon vieux temps du cinéma à la papa, un western sur papier, écrit en panavision...
- Un vrai western, Monsieur ? Avec des cow-boys et des Indiens ?
- Non, avec des fées et des elfes. Bordel ! Mais qui c'est celui-ci qui me pose des questions saugrenues ? Oui bien sûr, des vrais, des rangers, et des Indiens...
- Il y a un saloon ?
- Bien sûr, Lonesome Dove possède son saloon, son pianiste et ses joueurs de cartes...
- Et des putains aussi ?
- Je ne te permets pas de parler comme cela de Lorena. Allez, pousse-toi maintenant, espèce de crotale avachi, je vais parler aux vrais lecteurs d'ici, dégage vite, sinon tu vas danser avec les balles de mon colt et je te promets que tu n'auras pas besoin du swing de notre pianiste pour trouver le tempo...
Chers amis, je viens de quitter cet endroit tranquille et ennuyeux qui s'appelle Lonesome Dove pour enfin espérer rejoindre d'ici quelques mois les terres bien plus riches et somptueuses du tant rêvé Montana. L'herbe est sans doute plus belle et plus verte là-bas. Nous voici partis à cheval, traversant le pays en diagonale.
Je pars avec une ribambelle de cow-boys. Des vieux fourneaux, des gamins et du bétail à ne pas compter. Ah ! J'oubliais, nous avons embarqué dans ce voyage le pianiste pour nous divertir et Lorena aussi... Je n'oserai pas dire Lorena aussi pour nous divertir, bien que cela me tente, car Lorena s'est mise en couple avec ce fieffé et arrogant joueur de cartes Jake Spoon, qui nous a rejoint, fugitif, ayant assassiné un arracheur de dents dans une autre ville. Un shérif et son adjoint le poursuivent pour cela.
J'aime beaucoup mes deux plus fidèles compagnons de ce voyage, je veux parler de Woodrow Call et Augustus McCrae. On a à peu près les mêmes âges, je les connais depuis quelques pages, eux ils se connaissent depuis plus de quarante ans, et depuis ce temps-là, ils s'agacent, se chamaillent, s'exaspèrent d'être ensemble et sont attirés l'un à l'autre de manière indécrottable. L'un est bavard, l'autre taiseux, pour rien au monde ils ne sauraient se séparer l'un de l'autre...
Cette Lorena est vraiment belle et intelligente, ce qui n'est pas pour me déplaire.
J'aime les grands espaces.
J'aime aussi quand de durs cow-boys se mettent soudain à pleurer... Et ce n'est pas les occasions qui manquent dans ce western...
Je ne suis pas un perdreau de la première heure, j'ai quelques heures de monture. Je vois bien que tout le monde tourne autour de Lorena comme des abeilles autour d'une fleur qui s'éveille. Je voudrais les chasser, que Lorena ne soit là que pour moi, c'est ma seule volonté, sinon pourquoi aurais-je fait ce voyage ? Ai-je l'âme de convoyer des troupeaux de vaches ?
Mes vieux compagnons, Gus et capitaine Call, passe encore... Des jeunes tentent innocemment de s'approcher de Lorena. Pauvres petits, ils peuvent toujours espérer, Lorena aime les hommes d'expériences, les vrais.
Mais celui qui m'agace le plus, c'est ce tricheur de Jake Spoon, je voudrais tant qu'on le retrouve pour son meurtre, qu'on le pende haut et court... Je dis cela par jalousie, mais je ne le pense pas un seul instant... Quoi qu'il ait fait de sordide, nous le protégerons.
Et puis nous avons désormais un cuistot qui nous propose de manger des sauterelles grillées. Voilà !
Bien sûr j'avais un désaccord total avec ces horribles texans rangers qu'ils demeuraient, Gus et Call... Cela m'avait fait un peu grincer sur ma selle : des colons du Texas dans cette haine farouche des Indiens, qu'ils décrivaient comme d'affreuses et méchantes créatures...
Je m'étais indigné de cela, seul Gus semblait réceptif à mon propos, les autres pensaient que tous les Indiens étaient de vrais coyotes qu'il fallait descendre, nous étions en 1880, le massacre de Wounded Knee n'avait pas encore eu lieu, mais je le sentais déjà venir dans cette violence qui m'exacerbait.
J'aurais tant voulu entendre Larry McMurtry sur ce propos... Eh ! Larry ! T'en pense quoi de tout ça ?
Mais voilà ! Je continue déjà ma chevauchée fantastique vers le tome 2 de l'histoire, la suite enfin...
Merci à Onee-Chan qui m'a donné envie de galoper dans ce western livresque, à bride éperdue.
Ce roman est inouï, explorant de vieux mythes américains, ceux que j'aime et ceux que j'exècre, mais c'est tellement enlevé, comme une cavalcade de chevaux... C'est écrit avec brio et humour.
J'ai adoré.
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HundredDreams
  16 janvier 2022
Voici un roman très éloigné de mes lectures habituelles et je suis incontestablement sortie de ma zone de confort.
Je ne faisais pas du tout parti du public visé. Je n'avais jamais lu de westerns avant aujourd'hui. Les films de cowboys ne me plaisent pas, à part quelques exceptions. « Les 8 salopards » et « Django Unchained » de Quentin Tarantino, « True Grit » des frères Coen ou l'indémodable « le bon, la brute et le truand » sont des westerns que j'ai particulièrement appréciés.
Alors pourquoi avoir choisi ce roman ?
Plusieurs critiques d'ami.es m'ont donné envie de tenter l'expérience, c'est ça aussi l'aventure Babélio. Je ne le regrette pas, j'ai passé un superbe moment. Merci Bernard, Nathalie, Bidule, Onee et Eric. Je vous dois cette belle semaine de lecture et celle à venir avec le deuxième tome.
*
Dès les toutes premières pages, nous faisons connaissance avec nos deux héros, Augustus et Call, deux anciens Texas Rangers.
Après avoir protégé le jeune Etat du Texas des Indiens, des Mexicains et des hors-la-loi après la fin de la guerre civile, les deux hommes sont devenus éleveurs de bétail et de chevaux à Lonesome Dove, près de la frontière mexicaine. Envahi par les crotales, les veuves noires et les scolopendres, ce petit coin de terre poussiéreux, brûlé par la chaleur insoutenable du soleil, est loin de ressembler à un paradis.
« Si l'on ratait le lever du soleil sur Lonesome Dove, il fallait ensuite attendre un sacré bout de temps dans la chaleur et la poussière avant de voir quelque chose d'aussi beau. »
Leur vie est certes tranquille, mais monotone, insipide, triste. Jusqu'au jour où Jake Spoon, un ancien camarade recherché pour meurtre, persuade Call de déplacer des milliers de bovins du Texas au Montana pour créer un immense ranch. Call rassemble alors une équipe de cowboys, décide de voler le bétail aux Mexicains et de convoyer le troupeau dans le nord.
Personne ne s'attendait pas à ce que ce voyage soit aussi long que chaotique, à part nous, lecteurs.
Cette histoire n'est pas linéaire, nous suivons de multiples intrigues qui finissent par se rejoindre progressivement, entretenant une tension étonnante et un suspens qui oscillent au rythme de la chevauchée.
*
L'auteur prend son temps pour mettre en place ses décors, ses personnages, créant une atmosphère intimiste.
Je n'ai pas trouvé le temps long. Au contraire, j'ai savouré chaque page, l'écriture simple et efficace de l'auteur contribue à nous immerger dans la vie de ces pionniers, à une époque particulièrement dangereuse où tout peut arriver. La vie ne tient qu'à un fil.
« Il traversa la maison et alla jeter un coup d'oeil à la grange sans toit, amusé de voir que dix ans passés dans ces lieux avaient laissé si peu de traces. Ils avaient vécu chaque instant comme s'ils devaient lever le camp la minute suivante, et finalement, c'est bien ce qui était arrivé. La grange resterait sans toit et le puits à moitié creusé. Les serpents à sonnette pourraient occuper le bâtiment qui abritait la source, il s'en fichait à présent – il y avait déjà repris son cruchon de whiskey. Il se passerait du temps avant qu'il ne retrouve un porche aussi bien ombragé où s'asseoir pour passer l'après-midi à boire. Au Texas, il avait bu pour protéger ses pensées de la chaleur ; dans le Montana, ce serait sans doute pour les protéger du froid. Il n'éprouvait aucune tristesse. du Texas, il ne savait qu'une chose : il avait eu de la chance de le quitter en vie – et il aurait une longue route à faire avant de pouvoir être sûr de renouveler un tel exploit. »

*
« Lonesome Dove », c'est avant tout un roman-western qui s'étale sur deux tomes et près de 1200 pages. On y retrouve tous les ingrédients du western.
Le scénario propose un univers visuel fort, brutal, manichéen, avec des bandits sans foi ni loi, des shérifs, des pionniers, des chasseurs de bisons, des prostituées et bien sûr, des Indiens.
Le bétail peut être capricieux, la nature impitoyable, la vie incertaine et rude.
Mais « Lonesome Dove », n'est pas seulement une histoire de cowboys et d'indiens, c'est aussi une époque passionnante, celle de la colonisation de l'Ouest américain. Larry McMurtry apporte une vision de l'Ouest qui confronte le rêve américain à la cruelle réalité.
« Je suis pas en train de te parler de mourir mais de vivre, dit Augustus. Je crois pas que l'endroit où on meurt a beaucoup d'importance, mais celui où on vit, lui, il en a. »
Par la question indienne, Larry McMurtry réussit à aborder le traitement des Amérindiens, la violence dont ils ont été les victimes, la violence dont ils ont fait preuve.
L'auteur nous parle également de tous ces bisons abattus massivement au XIXème siècle, formant un amas de carcasses blanchis par le soleil.
L'auteur explore aussi des sujets plus délicats en parvenant à décrire en détail la place des femmes dans la société à travers quelques rôles féminins de premier plan, je pense notamment à Lorena et Clara.
*
« Lonesome Dove », c'est également un livre qui parle d'amitié, d'amour, de loyauté, de liberté, de rêves brisés à travers cet incroyable casting d'acteurs aux personnalités très différentes. Ils ont tous de très beaux rôles à jouer.
En effet, la qualité de ce roman tient beaucoup en son aptitude à nous les présenter dans toute leur complexité. Ils ont de la profondeur. Les nombreuses facettes de chaque personnage rendent leurs réactions saisissantes et inattendues, leurs émotions prenant le pas sur la raison et les poussant à agir différemment de la logique. Ils ne font malheureusement pas toujours les bons choix.
L'auteur a pris le temps de dessiner chaque silhouette, de parfaitement les modeler, de définir chaque caractère, donnant à chacun une présence, un charisme, les rendant presque réels.
Même les personnages secondaires n'ont pas été oubliés.
Je me suis sentie au plus près de tous ces hommes, de ces femmes, voyageant avec eux, partageant leurs joies, leurs peurs, leurs peines, leurs souffrances.
Un de mes personnages préférés est sans contexte Augustus. On se régale de sa bonne humeur, de son esprit de répartie, de sa moquerie bienveillante.
A contrario, Call est sérieux, droit, secret, solitaire. Ce duo est particulièrement attachant et leurs dialogues sont savoureux.
*
Pour conclure, récompensé par le prix Pulitzer en 1986, Larry McMurtry offre une épopée captivante, un voyage dépaysant, une belle histoire d'aventure qui va bien au-delà de la simple histoire de cowboys et d'Indiens.
Tantôt drôle, dramatique, palpitant, émouvant, « Lonesome Dove » est une superbe épopée sur la colonisation de l'Ouest sauvage. Les paysages sont grandioses, la galerie de personnages impressionnante, leur destin imprévisible. On se surprend à rêver, rire, souffrir, frissonner, s'attrister.
Je ne pensais pas aimer autant ce roman, je pensais patienter un peu avant d'entamer le second volume. Et puis, zut, non, impossible d'attendre, je veux la suite, tout de suite.
Et pour tous les lecteurs qui seraient tentés mais qui sont effrayés par le nombre de pages, je vous comprends, j'ai aussi hésité pour cela, n'ayez aucune crainte.
Le style de l'auteur, fluide, addictif, humoristique, un brin ironique, dramatique, est tellement agréable que les pages défilent sans que l'on s'en rende compte.
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critiques presse (1)
LeFigaro   18 juin 2011
Un roman débordant de vitalité, mais ne pas s'y tromper : National Book award 1986, les deux tomes de Lonesome Dove forment le mausolée d'un genre - le roman de western - qui connut son heure de gloire dans les années 50.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (64) Voir plus Ajouter une citation
MarieGremMarieGrem   26 juillet 2022
- Si on avait été en ville, on lui aurait fait de belles funérailles, dit Augustus. Mais comme tu peux le voir, on n’est pas en ville. Tout ce qu’il te reste à faire, c’est d’éperonner ton cheval.
- J’aurais bien voulu terminer ma chanson, dit Allen.
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HundredDreamsHundredDreams   16 janvier 2022
LORSQUE AUGUSTUS SORTIT SOUS LE PORCHE, les cochons bleus étaient en train de manger un serpent à sonnette – un spécimen de taille modeste. Le serpent devait ramper à la recherche d’un peu d’ombre quand il était tombé sur les cochons. Ils se le disputaient âprement et il était clair que le crotale ne sonnerait plus jamais. La truie le tenait par le cou et le verrat par la queue.
— Fichez-moi le camp, sales bêtes, s’écria Augustus en donnant un coup de pied à la truie. Allez-vous-en au ruisseau si vous voulez bouffer ce serpent.
C’était l’ombre du porche qu’il leur disputait, pas le serpent. Les cochons sous le porche ne faisaient qu’ajouter à la chaleur et il faisait déjà assez chaud comme cela. Augustus descendit dans la cour poussiéreuse et se dirigea vers le bâtiment qui abritait la source pour y prendre son cruchon. Le soleil était encore haut dans le ciel, aussi entêté qu’une mule, mais il suffit à Augustus d’un bref coup d’œil pour voir qu’à l’ouest la longue lumière déclinait déjà d’une manière encourageante.
Le soir mettait du temps à toucher Lonesome Dove, mais son arrivée était un soulagement. La plus grande partie de la journée – et de l’année – le soleil piégeait la ville dans un halo de poussière, tout au bout des champs de chaparral : un paradis pour serpents et crapauds-buffles, limaces et lézards, un enfer pour les porcs et les natifs du Tennessee. On ne trouvait même pas un arbre qui donnât une ombre digne de ce nom à trente ou quarante kilomètres à la ronde.

(Incipit)
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OlivOliv   14 juillet 2018
Quand ils quittèrent la ville, les rues de San Antonio étaient silencieuses et vides, la lune était haute et deux ou trois chèvres perdues erraient le long du mur du vieux fort Alamo dans l'espoir de trouver quelques brins d'herbe. Lorsqu'ils étaient venus pour la première fois au Texas, dans les années 1840, les gens ne parlaient que de Travis et de sa courageuse défaite, mais la bataille était maintenant pratiquement oubliée et le fort à l'abandon.
— Eh bien, Call, je crois qu'ils nous ont oubliés comme ils ont oublié la bataille d'Alamo, dit Augustus.
— Pourquoi est-ce qu'on se souviendrait de nous ? demanda Call. On n'a pas été dans le coin ces dernières années.
— C'est pas pour cette raison-là, c'est juste parce qu'on s'est pas fait tuer, dit Augustus. Travis, lui, il a perdu sa bataille et il entrera dans les livres d'Histoire quand quelqu'un écrira sur Alamo. Si un millier de Comanches nous avaient coincés dans un ravin et nous avaient éliminés comme les Sioux ont fait avec Custer, on écrirait des chansons sur nous pendant cent ans.
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berni_29berni_29   18 février 2021
Il traversa la maison et alla jeter un coup d'œil à la grange sans toit, amusé de voir que dix ans passés dans ces lieux avaient laissé si peu de traces. Ils avaient vécu chaque instant comme s'ils devaient lever le camp la minute suivante, et finalement, c'est bien ce qui était arrivé. La grange resterait sans toit et le puits à moitié creusé. Les serpents à sonnette pourraient occuper le bâtiment qui abritait la source, il s'en fichait à présent - il y avait déjà repris son cruchon de whiskey. Il se passerait du temps avant qu'il ne retrouve un porche aussi bien ombragé où s'asseoir pour passer l'après-midi à boire. Au Texas, il avait bu pour protéger ses pensées de la chaleur ; dans le Montana, ce serait sans doute pour les protéger du froid. Il n'éprouvait aucune tristesse. Du Texas, il ne savait qu'une chose : il avait eu de la chance de le quitter en vie - et il aurait une longue route à faire avant de pouvoir être sûr de renouveler un tel exploit.
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OlivOliv   12 juillet 2018
Il avait démarré à l'économie, se contentant au début d'inscrire le nom de l'entreprise : HAT CREEK CATTLE COMPANY AND LIVERY EMPORIUM. Call avait objecté que personne ne savait ce que signifiait le mot emporium, lui le premier, et qu'il continuait de l'ignorer malgré les interminables explications alambiquées d'Augustus. Tout ce que Call savait, c'était que leur entreprise n'avait rien d'un emporium, qu'il ne voulait pas en entendre parler, quoi que ce mot désignât, et qu'il ne voyait pas ce qu'un emporium avait à voir avec une entreprise de bétail.
Augustus avait pourtant suivi son idée et emporium figurait sur l'écriteau. Il y tenait avant tout pour faire savoir au quidam qu'il se trouvait à Lonesome Dove au moins une personne capable d'orthographier les mots rares.
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