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Richard Crevier (Traducteur)Marie-Anne Lenoir (Éditeur scientifique)
EAN : 9782351785072
570 pages
Éditeur : Gallmeister (01/02/2011)
4.5/5   445 notes
Résumé :
À Lonesome Dove, Texas, les héros sont fatigués. Augustus McCrae et Woodrow Call ont remisé leurs armes après de longues années passées à combattre les Comanches. En cette année 1880, pourtant, l'aventure va les rattraper lorsqu'ils décident de voler du bétail au Mexique et de le convoyer jusque dans le Montana pour y établir un ranch. Commence alors un immense périple à travers l'Ouest, au cours duquel le convoi affrontera de violentes tempêtes, des bandes de tueur... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (50) Voir plus Ajouter une critique
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sur 445 notes
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CasusBelli
  07 mars 2021
C'est un sentiment étrange qui m'habite au moment de rédiger cet avis, celui de m'être attendu à une lecture et d'en avoir fait une autre, l'étonnement puis la découverte.
Ce livre a été récompensé par un prix Pulitzer en 1986, de plus, les avis enthousiastes des lecteurs et la note en rapport me promettaient donc un bon moment de lecture.
Pour tout dire je m'attendais à un western trépidant et spectaculaire, à de l'action non stop, à des bagarres et des coups de feu à chaque chapitre ou presque, des duels et tout ce qui caractérise le genre dans notre inconscient.
Le fait est que non, nous avons là un western certes, mais que je qualifierai d'intimiste dans la mesure où les personnages priment sur le contexte et l'action, chacun des 52 chapitres ou presque est prétexte à l'introspection de l'un des nombreux protagonistes de l'histoire.
L'action, pour en parler un peu, va tourner essentiellement autour du fonctionnement du ranch et nous instruire sur le métier de cowboy et la conduite d'un troupeau, un métier plus technique et hiérarchisé qu'on l'imagine de prime abord.
Nous ferons connaissance avec "Lonesome Dove" et ses habitants, à peine un village en bordure de la frontière avec le Mexique. "Lonesome Dove", un saloon et une unique prostituée qui cristallise beaucoup l'attention.
Un western où l'on se sert très peu de son "six coups" si ce n'est pour tirer sur des serpents, donc oui, je m'attendais vraiment à une autre lecture...
Cela-dit, une fois la surprise passée, c'est-à-dire quand j'ai cessé de me demander au bout de 300 pages à quel moment cela allait vraiment commencer pour me rendre compte que j'étais en plein dans l'histoire et que celle-ci était celle d'une bande de cowboys aux motivations multiples, alors j'en ai pris mon parti et je l'ai apprécié pour ce qu'elle était.
J'ai ressenti ce récit comme la lecture d'un tableau d'une Amérique des pionniers, il y a un aspect documentaire évident avec l'évocation de ces personnages rustres et égocentrés pour la majorité d'entre eux à l'exception notable de "Gus" qui est le seul personnage faisant preuve d'empathie et de profondeur.
Un aspect documentaire également rapport aux descriptions de paysages souvent arides, de la faune et de la flore sans oublier la météo.
Préparez vous donc à voyager "dans la tête" de nombreux personnages aux motivations très "terre à terre" et pas toujours passionnantes, Call, Lorenna, Pea eyes, Newt, Deets, Dish, Jake, July, Roscoe, etc.
Il me reste à dire que j'ai aimé cette lecture, ce qui ne paraît peut-être pas évident au vu de cet avis, il y a malgré tout une histoire intéressante même si elle prend son temps, un troupeau à convoyer dans le Montana, et quelques histoires annexes à suivre avec intérêt.
Je lirai le tome deux avec une réelle envie, merci à jmb33320 de m'avoir suggéré ce titre.
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Kittiwake
  18 mai 2020
Avant de commencer, que les choses soient claires, je ne suis pas du tout fan de western. A part le mythique Il Etait une fois dans l'Ouest, ce genre ne m'attire pas le moins du monde.
Et là, avec le capitaine Call et Augustus, j'ai crevé de chaud et de soif, j'ai passé des nuits sous l'orage et ressenti la douleur quand les grêlons les ont quasi assommés, j'ai aussi éprouvé de la joie quand une chevauchée se terminait bien, et j'ai beaucoup ri aux pitreries parfois involontaires des jeunots de la bande ou du cuisinier un peu fou. Et c'est tout cela qui font de Lonesome dove, un village qui ne vit qu'avec des échoppes de première nécessité : un barbier et un saloon qui, outre un pianiste autodidacte, offre aux cowboys esseulés services tarifés d ‘une jeune femme qui occupera une place centrale dans l'histoire.
Et l'histoire, c'est ce voyage du Texas au Montana, avec l'intention de vérifier que l'herbe est plus verte là-bas, quitte à rencontrer sur son chemin des hors-la-loi dénués de toute humanité ou des indiens, ceux que l'armée n'a pas décimés, le plus souvent pacifiques et démunis, parfois très agressifs.
C'est magique. le charme opère de suite, dès la présentation des premiers personnages. Et de vivre ce quotidien qui est une permanente lutte pour survivre est passionnant.
Le voyage est long, il est dangereux, et il y aura bien sûr quelques larmes lorsque l'on devra se séparer de certains personnages. Mais on ne boudera pas son plaisir de voir disparaitre d'infâmes bandits aussi bêtes que méchants.

Aucun répit dans ce récit qui alterne adroitement les épisodes,, profitant de la séparation temporaire de l'équipe. Arrivée à la fin d'un chapitre et décidée à stopper pour un moment la lecture, on se rend compte que le chapitre suivant reprend une histoire que l'on avait quittée quelques dizaines de pages plutôt : et ça repart pour une heure…

C'est un coup de coeur et un roman que me hantera longtemps.
Lien : https://kittylamouette.blogs..
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Ptitgateau
  28 octobre 2020
Ce roman m'a quelque peu rappelé mon enfance, alors que durant les Dimanches, on diffusait volontiers un western et que je me languissais dans ma chambre parce que je n'aimais pas les westerns. Et c'est avec beaucoup d'hésitation que je me suis lancée dans l'aventure de nos héros de Lonesome Dove… Et je ne le regrette pas ! Je m'y suis fait des amis, des gens peu compliqués, pourvu qu'ils aient de l'alcool, une femme et un jeu de carte.
Bon ! L'alcool ne les a pas toujours aidés à mener leurs missions à bien, il faut le reconnaître, les femmes, ben ils en ont une, le problème c'est que c'est la même pour tous, ce qui peut occasionnellement générer quelques tensions, et les cartes, elles servent à les motiver pour trouver du travail afin de gagner à nouveau de l'argent qu'ils miseront dès que possible. C'est leur vie, et ils ne semblent pas s'en plaindre.
J'y ai pris connaissance de la rude vie du cow-boy : pas rien d'accompagner des troupeaux de milliers de bêtes à travers le territoire, de traverser des rivières pleines de serpents, d'affronter les intempéries, de braver les dangers.
J'y ai rencontré des âmes charitables, des hommes au coeur sur la main, d'incorrigibles bavards aux idées bien arrêtées, un rêveur qui faute d'endroit décent ou s'installer, élit domicile dans la lune, des hommes qui pleurent et ne cachent pas leur sensibilité, si ce n'est un grand timide qui ne doit certainement pas montrer ses sentiments, un bébé cow-boy qui a tout à apprendre et qui sans aucun doute, a commencé à faire ses premières armes et qui murira au gré des aventures, autant de personnalités qui se révèlent tout au long du roman.
De quoi vous réconcilier avec le genre western : de l'humour, souvent décapant, de la tendresse, des frayeurs, des disputes, des querelles de saloon sur fond de piano qui aident à comprendre les individus qui y sont mêlés, le tout dans une ambiance Far West au milieu de paysages de virevoltants et de cactus, de sécheresse et de serpents à sonnette.
L'histoire en elle-même n'est pas simple : des hommes qui mènent le bétail, parmi eux, un fugitif, et ailleurs, des individus qui cherchent à retrouver ce fugitif et qui suivent sa piste, mais lesdits individus ont aussi leurs problèmes, ce qui permet de suivre dans le même roman, un certain nombre d'aventures tantôt comiques, tantôt pathétiques.
Un seul regret : le western, sans les méchants indiens, ne semble pas un western, et moi qui viens de lire « enterre mon coeur à Wounded Knee », je dois avouer que j'ai peiné, en constatant que, encore une fois, nos héros ne voient pas les indiens d'un bon oeil, que l'auteur nous en propose un spécimen bien cruel, même si Gus, notre casi-héros, semble souvent les défendre, bien qu'en tant que Texas Ranger, il se place du côté des colons.
Un autre tome m'attend en altitude, dans ma pile à lire, je le garde pour plus tard.
Si comme moi, le Far West ne vous attire pas, n'hésitez tout de même pas à lire Lonesome Dove, vous ne le regretterez pas.
Challenge pavés
Challenge Multi-Défis
Lien : https://1001ptitgateau.blogs..
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berni_29
  28 février 2021
I am a poor lonesome cow-boy
and a long way from Lonesome Dove.
Ce soir, chers amis, je viens vous parler d'un western que j'ai particulièrement adoré, Lonesome Dove...
- Pardon Monsieur, mais Babelio est un site littéraire, ici on ne parle pas de film.
- Mais crétin de la lune, je te parle d'un bouquin, avec des pages, et cesse de m'interrompre comme cela sans arrêt, sinon je te colle une balle entre tes deux yeux, avec mon colt.
Donc, je vous disais, chers amis, avant d'être interrompu par ce jeune coyote sans nom, que j'ai adoré ce western littéraire, un vrai de vrai comme au bon vieux du temps du cinéma à la papa, un western sur papier, écrit en panavision...
- Un vrai western, Monsieur ? Avec des cow-boys et des Indiens ?
- Non, avec des fées et des elfes. Bordel ! Mais qui c'est celui-ci qui me pose des questions saugrenues ? Oui bien sûr, des vrais, des rangers, et des Indiens...
- Il y a un saloon ?
- Bien sûr, Lonesome Dove possède son saloon, son pianiste et ses joueurs de cartes...
- Et des putains aussi ?
- Je ne te permets pas de parler comme cela de Lorena. Allez, pousse-toi maintenant, espèce de crotale avachi, je vais parler aux vrais lecteurs d'ici, dégage vite, sinon tu vas danser avec les balles de mon colt et je te promets que tu n'auras pas besoin du swing de notre pianiste pour trouver le tempo...
Chers amis, je viens de quitter cet endroit tranquille et ennuyeux qui s'appelle Lonesome Dove pour enfin espérer rejoindre d'ici quelques mois les terres bien plus riches et somptueuses du tant rêvé Montana. L'herbe est sans doute plus belle et plus verte là-bas. Nous voici partis à cheval, traversant le pays en diagonale.
Je pars avec une ribambelle de cow-boys. Des vieux fourneaux, des gamins et du bétail à ne pas compter. Ah ! J'oubliais, nous avons embarqué dans ce voyage le pianiste pour nous divertir et Lorena aussi... Je n'oserai pas dire Lorena aussi pour nous divertir, bien que cela me tente, car Lorena s'est mise en couple avec ce fieffé et arrogant joueur de cartes Jake Spoon, qui nous a rejoint, fugitif, ayant assassiné un arracheur de dents dans une autre ville. Un shérif et son adjoint le poursuivent pour cela.
J'aime beaucoup mes deux plus fidèles compagnons de ce voyage, je veux parler de Woodrow Call et Augustus McCrae. On a à peu près les mêmes âges, je les connais depuis quelques pages, eux ils se connaissent depuis plus de quarante ans, et depuis ce temps-là, ils s'agacent, se chamaillent, s'exaspèrent d'être ensemble et sont attirés l'un à l'autre de manière indécrottable. L'un est bavard, l'autre taiseux, pour rien au monde ils ne sauraient se séparer l'un de l'autre...
Cette Lorena est vraiment belle et intelligente, ce qui n'est pas pour me déplaire.
J'aime les grands espaces.
J'aime aussi quand de durs cow-boys se mettent soudain à pleurer... Et ce n'est pas les occasions qui manquent dans ce western...
Je ne suis pas un perdreau de la première heure, j'ai quelques heures de monture. Je vois bien que tout le monde tourne autour de Lorena comme des abeilles autour d'une fleur qui s'éveille. Je voudrais les chasser, que Lorena ne soit là que pour moi, c'est ma seule volonté, sinon pourquoi aurais-je fait ce voyage ? Ai-je l'âme de convoyer des troupeaux de vaches ?
Mes vieux compagnons, Gus et capitaine Call, passe encore... Des jeunes tentent innocemment de s'approcher de Lorena. Pauvres petits, ils peuvent toujours espérer, Lorena aime les hommes d'expériences, les vrais.
Mais celui qui m'agace le plus, c'est ce tricheur de Jake Spoon, je voudrais tant qu'on le retrouve pour son meurtre, qu'on le pende haut et court... Je dis cela par jalousie, mais je ne le pense pas un seul instant... Quoi qu'il ait fait de sordide, nous le protégerons.
Et puis nous avons désormais un cuistot qui nous propose de manger des sauterelles grillées. Voilà !
Bien sûr j'avais un désaccord total avec ces horribles texans rangers qu'ils demeuraient, Gus et Call... Cela m'avait fait un peu grincer sur ma selle : des colons du Texas dans cette haine farouche des Indiens, qu'ils décrivaient comme d'affreuses et méchantes créatures...
Je m'étais indigné de cela, seul Gus semblait réceptif à mon propos, les autres pensaient que tous les Indiens étaient de vrais coyotes qu'il fallait descendre, nous étions en 1880, le massacre de Wounded Knee n'avait pas encore eu lieu, mais je le sentais déjà venir dans cette violence qui m'exacerbait.
J'aurais tant voulu entendre Larry McMurtry sur ce propos... Eh ! Larry ! T'en pense quoi de tout ça ?
Mais voilà ! Je continue déjà ma chevauchée fantastique vers le tome 2 de l'histoire, la suite enfin...
Merci à Onee-Chan qui m'a donné envie de galoper dans ce western livresque, à bride éperdue.
Ce roman est inouï, explorant de vieux mythes américains, ceux que j'aime et ceux que j'exècre, mais c'est tellement enlevé, comme une cavalcade de chevaux... C'est écrit avec brio et humour.
J'ai adoré.
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Gwen21
  18 juin 2018
Prix Pulitzer amplement mérité pour "Lonesome Dove" qui nous immerge dans un western plus vrai que nature et bien plus crédible que tout ce que j'ai pu voir à l'écran jusqu'à présent.
Les capitaines McCrae et Call, Texas rangers au CV long comme le bras, incarnent à la perfection la vie du pionnier de l'Ouest américain : rude, violente, poussiéreuse, alcoolisée et ségrégationniste.
Larry McMurtry nous invite bien à jouer aux cow-boys et aux Indiens, et vous en apprendrez plus sur l'art de conduire le bétail que dans n'importe quel manuel du parfait bouvier.
Je ne m'étendrais pas sur le récit en lui-même, je vous invite simplement à tenter à votre tour cette expérience littéraire du Far West. Par contre, je souhaite mettre à l'honneur les deux points qui me semblent vraiment différencier ce roman, deux spécificités qui contribuent sans nul doute à en faire un grand roman d'aventures.
Premièrement, l'humour. Même s'il s'agit davantage de causticité, il y a bien une dimension comique voire burlesque dans "Lonesome Dove", ce qui rend le roman vraiment très attachant dès les premières pages qui ouvrent le récit sur le spectacle de deux cochons se disputant la consommation gourmande d'un serpent à sonnette. Bien que le sujet soit vraiment rude, j'ai ri à de très nombreuses occasions, attendant même, au fil de ma lecture, les réparties bien senties de McCrae ou les considérations de l'auteur sur l'intelligence - ou le manque d'intelligence - de tel ou tel de ses personnages.
Et voilà qui me permet d'aborder mon deuxième point : les personnages. J'ai rarement vu dans un roman une telle profusion de personnages avec un tel équilibre dans leur traitement. Principaux ou secondaires, chaque personnage reçoit les hommages de l'auteur, aucun n'est laissé en bord de route. Par conséquent, et alors qu'on pourrait craindre de se perdre dans cette foule de cow-boys et de shérifs, on identifie parfaitement chacun d'eux, on garde en mémoire ses talents et ses travers, et on s'attache vraiment à tous.
Cet attachement que le lecteur ressent dès le début du roman et qui s'amplifie au fil des pages est comme un écho à la camaraderie et à l'esprit de corps qui les soudent les uns aux autres. Immanquablement, et malgré la violence de leur existence, on finit par ressentir une envie, un besoin, de faire partie de leur équipée.
Et immanquablement aussi, on termine ce premier tome avec l'envie, le besoin, d'enquiller le second.

Challenge MULTI-DÉFIS 2018
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critiques presse (1)
LeFigaro   18 juin 2011
Un roman débordant de vitalité, mais ne pas s'y tromper : National Book award 1986, les deux tomes de Lonesome Dove forment le mausolée d'un genre - le roman de western - qui connut son heure de gloire dans les années 50.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (59) Voir plus Ajouter une citation
c128057c128057   24 juillet 2021
Je suis pas en train de te parler de mourir mais de vivre, dit Augustus. Je crois pas que l’endroit où on meurt a beaucoup d’importance, mais celui où on vit, lui, il en a.
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OlivOliv   14 juillet 2018
Quand ils quittèrent la ville, les rues de San Antonio étaient silencieuses et vides, la lune était haute et deux ou trois chèvres perdues erraient le long du mur du vieux fort Alamo dans l'espoir de trouver quelques brins d'herbe. Lorsqu'ils étaient venus pour la première fois au Texas, dans les années 1840, les gens ne parlaient que de Travis et de sa courageuse défaite, mais la bataille était maintenant pratiquement oubliée et le fort à l'abandon.
— Eh bien, Call, je crois qu'ils nous ont oubliés comme ils ont oublié la bataille d'Alamo, dit Augustus.
— Pourquoi est-ce qu'on se souviendrait de nous ? demanda Call. On n'a pas été dans le coin ces dernières années.
— C'est pas pour cette raison-là, c'est juste parce qu'on s'est pas fait tuer, dit Augustus. Travis, lui, il a perdu sa bataille et il entrera dans les livres d'Histoire quand quelqu'un écrira sur Alamo. Si un millier de Comanches nous avaient coincés dans un ravin et nous avaient éliminés comme les Sioux ont fait avec Custer, on écrirait des chansons sur nous pendant cent ans.
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berni_29berni_29   18 février 2021
Il traversa la maison et alla jeter un coup d'œil à la grange sans toit, amusé de voir que dix ans passés dans ces lieux avaient laissé si peu de traces. Ils avaient vécu chaque instant comme s'ils devaient lever le camp la minute suivante, et finalement, c'est bien ce qui était arrivé. La grange resterait sans toit et le puits à moitié creusé. Les serpents à sonnette pourraient occuper le bâtiment qui abritait la source, il s'en fichait à présent - il y avait déjà repris son cruchon de whiskey. Il se passerait du temps avant qu'il ne retrouve un porche aussi bien ombragé où s'asseoir pour passer l'après-midi à boire. Au Texas, il avait bu pour protéger ses pensées de la chaleur ; dans le Montana, ce serait sans doute pour les protéger du froid. Il n'éprouvait aucune tristesse. Du Texas, il ne savait qu'une chose : il avait eu de la chance de le quitter en vie - et il aurait une longue route à faire avant de pouvoir être sûr de renouveler un tel exploit.
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berni_29berni_29   18 février 2021
Call, imperturbable, continuait d'observer le bétail. Augustus voyait bien que quitter la frontière et la ville le laissait complètement indifférent.
- Curieux que je me sois associé à un type comme toi, Call, fit Augustus. Si on devait se rencontrer maintenant plutôt qu'à l'époque où on s'est connus, je crois qu'on n'aurait pas deux mots à se dire.
- Je regrette que ça se soit pas passé de cette manière, dans ce cas. Parce qu'alors tu te serais peut-être contenté de deux mots, dit Call.
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OlivOliv   12 juillet 2018
Il avait démarré à l'économie, se contentant au début d'inscrire le nom de l'entreprise : HAT CREEK CATTLE COMPANY AND LIVERY EMPORIUM. Call avait objecté que personne ne savait ce que signifiait le mot emporium, lui le premier, et qu'il continuait de l'ignorer malgré les interminables explications alambiquées d'Augustus. Tout ce que Call savait, c'était que leur entreprise n'avait rien d'un emporium, qu'il ne voulait pas en entendre parler, quoi que ce mot désignât, et qu'il ne voyait pas ce qu'un emporium avait à voir avec une entreprise de bétail.
Augustus avait pourtant suivi son idée et emporium figurait sur l'écriteau. Il y tenait avant tout pour faire savoir au quidam qu'il se trouvait à Lonesome Dove au moins une personne capable d'orthographier les mots rares.
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Coup de Coeur de Thomas (Librairie L'Amandier à Puteaux) pour Les Rues de Laredo de Larry McMurtry.
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