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EAN : 9782253078517
288 pages
Le Livre de Poche (27/03/2024)
3.08/5   44 notes
Résumé :
Quand ils se rencontrent à l’université, ils ont la vingtaine. Valentine croit à la tradition, François au progrès, mais ils tombent amoureux. Les années passent et avec elles arrivent le premier emploi, le premier appartement, le premier enfant, le mariage.
Dix ans plus tard, François est devenu grand reporter, Valentine est éditorialiste.Ils ont trois enfants et tout de la famille idéale. Pourtant, quelque chose dissone. Peu à peu, sous le vernis des appar... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (30) Voir plus Ajouter une critique
3,08

sur 44 notes
C'est l'histoire d'un couple. Dès les prémisses, dès que Valentine jette son dévolu sur ce jeune homme blond aux yeux bleus, qui semble l'ignorer. Elle est de droite, il est de gauche. Les choses se savent rapidement sur les bancs d'une école de journalisme. Malgré tout, ils unissent leurs désaccords.

Malgré les voeux pieux de la jeunesse, les revendications de non-conformisme, la liberté comme étendard, la vie quotidienne et les routines finissent par les rattraper, et un premier enfant naît. Avec d'emblée une relation peu affective avec le nourrisson exigeant et braillard. E peu à peu, ce qui était à l'origine de débats houleux mais constructifs devient la pierre d'achoppement de l'harmonie de surface de cette parentalité subie. D'autant que le temps qui passe n'arrondit pas les angles et n'adoucit pas les propos.

D'illusions en trahisons, de compromis en rejet, la façade se lézarde.

Chronique amère de la vie de couple, de la tentative utopique et illusoire d'harmoniser les extrêmes. le temps qui passe agit comme une force incontrôlable qui éloigne la passion et attise les rancoeurs. de non-dits en flèches verbales qui font mouche, l'amour fait place à la haine. Et sur ce terreau pourri, doivent se construire les enfants, dont on aimerait bien connaître la destinée…
Pas de jugement, pas de réquisitoire, chacun a sa responsabilité dans l'affaire, et les personnages restent attachants dans leurs excès, en raison de leurs faiblesses affichées.


Premier roman réussi.

Lien : https://kittylamouette.blogs..
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Valentine rencontre François à la fac. C'est la rencontre improbable entre deux êtres que tout sépare, tant ils sont différents et que la vie, va réunir, mais jusqu'à quand?

 "Son âme a faim de tranquillité, elle est lasse de tout. de la dureté de son coeur, de ses intransigeances au sujet de la morale, du divorce, de l'immigration, de ses certitudes et puis aussi, pour faire bonne mesure, de ses doutes qu'elle pense inhérents à sa famille politique"

"La première faute » sonde au scalpel l'évolution d'un couple, quand les deux entités qui le composent n'évoluent pas à la même vitesse, et n'ont pas les mêmes aspirations et façon de voir le monde et en dépit de ce quotidien qui entâche toujours un peu la fougue passionnelle des débuts -

A 27 ans, pour son tout premier roman, Madeleine Métayer parvient à transcender un postulat de départ très éculé, par une belle plume, frontale, tranchante, intime révélant les désillusions des premiers émois sentimentaux .

Loin d'être une banale histoire de couple, La première faute montre comment on peut mettre de coté ces belle sillusions et s'accrocher à ses rêves.

La romancière parvient à colorer sa réflexion d'une approche sociologique et politique très actuelle.

Intelligent et prenant !
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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Valentine et François semblent s'opposer en tout, que ce soit leur caractère, leurs convictions ou leur manière de vivre, et pourtant, étudiants en fac de journalisme, ils finiront par tomber dans les bras l'un de l'autre. Malgré ou à cause de cette opposition, leur couple survivra à la fin de leurs études et à l'entrée dans la vie active. Mais les fragilités et les fissures initiales deviendront au fil des années des failles béantes : après 3 enfants et des années de mariage, sait-on vraiment ce qui nous a conduit à choisir l'autre avec qui on partage sa vie ?

La première faute est un roman que j'ai trouvé dur, mal aimable et qui ne ménage pas son lecteur. Madeleine Meteyer campe des personnages tranchés dont on devine très vite le caractère et dont les petits défaut qui pouvaient sembler sympathiques à 20 ans deviendront vite des sources de conflit et de problèmes inépuisables. On ne peut que être agacé par la mélancolie incurable de Valentine, ses opinions tranchées et son art de provoquer les conflits, la guerre sans fin qu'elle semble mener contre le monde entier pour faire triompher ses idées. Et en même temps on finit par en vouloir à François pour son optimisme sans faille, sa capacité à tout accepter et à tout pardonner et les compromissions auxquelles il cède par volonté d'avoir la paix. On se reconnaît forcément en tout ou partir chez l'un ou l'autre de ces deux personnages et l'auteur décrit avec beaucoup de justesse ce que représente la vie de couple, la difficulté à partager sa vie avec un autre qui n'a pas toujours les idées ou la manière de vivre qui nous semble la bonne.

Ce roman est aussi une peinture très juste de l'entrée dans la vie active puis des années qui passent avec les premiers enfants, le mariage, les choix professionnels lourds de conséquence, les amis dont on s'éloigne puis qu'on retrouve. Même si tout sonne juste, j'ai trouvé cette lecture assez dure, l'auteur a le chic pour mettre le doigt là où ça fait mal et insister sur les petits défauts de chacun, l'hypocrisie des relations sociales et les compromissions inévitables par rapport à ses idéaux de jeunesse. le roman évoque à travers ces deux personnages un bon nombre de sujets de société très actuels, les débats autour du mariage pour tous, l'immigration, les choix d'éducation des enfants et la manière dont le débat d'idées s'est durci voire est devenu inexistant ces dernières années, à coup de petites phrases et de rhétorique creuse.

C'est finalement une lecture très originale, bien écrite, sobre mais qui m'a souvent mis mal à l'aise ou m'a agacée : si le but de l'auteur était de nous faire réfléchir sur le rôle du couple et de la famille et sur ce qu'est vraiment l'amour, cela m'a paru plutôt réussi !
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Les contraires s'attirent, paraît-il. Si c'est le cas, le couple de ce roman en sont le parfait exemple.
Madeleine Méteyer dessine sans complaisance, ni indulgence le portrait de Valentine et François sur une longue période de mariage. Autopsie au long cours ou quand le désir s'estompe apparaissent les non-dits, les désaccords, les disputes venant parasiter un quotidien sous tension. M. Méteyer n'épargne ni ses personnages (Valentine et François sont guère sympathiques), ni le lecteur tant de nombreux passages secouent par leurs violences psychologiques. Ce premier roman ne peut laisser insensible, la tension est palpable, toutes ces années passées entre compromissions, omissions, mensonges renvoient un constat terrible sur la vie de couple (en tout cas sur celui-là). Valentine et François se font du mal (et pas qu'a eux) mais restent ensemble malgré tout. La longévité a un coût, pour c'est deux-là la note sera salée.
Grâce aux Editions J.C. Lattès et à Babelio , j'ai découvert une auteure qui signe un premier roman prometteur. Merci à eux.
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Valentine rencontre François à la fac. C'est une solitaire, à tendance emmerdeuse. Elle est de droite, a de grandes idées philosophiques sur tout et des principes bien arrêtés. « Son âme a faim de tranquillité, elle est lasse de tout. de la dureté de son coeur, de ses intransigeances au sujet de la morale, du divorce, de l'immigration, de ses certitudes et puis aussi, pour faire bonne mesure, de ses doutes qu'elle pense inhérents à sa famille politique. » François lui offre un autre scénario, il est « un être simple, si pratique, sur qui tout passe et qui ne connaît d'autre sentiment que la faim, la fatigue et l'indignation ponctuelle pour toutes sortes de sujets. » Il est l'opposé d'elle, ne fonctionne pas à la masturbation intellectuelle permanente « François a été élevé dans l'idée que la quête ultime d'une vie est le bonheur ».

La première faute c'est la rencontre improbable entre deux êtres que tout sépare, tant ils sont différents et que la vie, par le truchement d'un sort jeté, un peu fou, va réunir. À la fin de leurs études, Valentine fait un choix incompréhensible : travailler pour un journal dont elle ne partage pas les idées, persuadée qu'elle pourra « convaincre certains qui font fausse route ». Une idée singulière pour une femme singulière qui n'effraie pas le moins du monde François qui a l'habitude « Tu dis des trucs absurdes, tu t'emportes pour rien, et j'adore » Ce sera la deuxième faute.

Deux ans plus tard, l'un exerce sa profession, l'autre s'est fait virer et passe son temps le nez collé à une vitre à attendre le retour de son conjoint. La vie s'en mêle, les choses se font sans réelle réflexion, on s'installe, d'appartement en appartement, on prend des décisions n'importe comment, on fait des enfants presque par ennui. Celle qui se retrouve sans boulot, ses grandes certitudes au placard, ne sait plus vraiment qui elle est. Ce qu'elle ressent c'est surtout l'envie de faire payer, à sa moitié, ses propres échecs. Valentine ne supporte pas les femmes enceintes et leurs corps difformes et pourtant, c'est la suite logique d'une vie de couple « standard ». C'est comme si elle avait perdu tout pouvoir sur sa vie, pris aucune décision, laissé les choses se faire au rythme des mauvaises herbes qui poussent dans un jardin en friche. Ainsi naissent 3 enfants, au milieu de ce marasme, de cette stagnation de vie où finalement rien ne se désire vraiment, rien ne se décide, rien ne se planifie.

Ce roman parle du couple et explore deux entités qui n'évoluent pas à la même vitesse. Les succès de l'un affaiblissent l'autre, les désirs de l'un s'axent principalement sur une vengeance intellectuellement absurde, mais intelligible et surtout destructrice. Les écarts se creusent par ce fiel lancinant, dont l'ampleur raréfie l'oxygène. Aux échanges truculents comme celui sur le choix du prénom du premier enfant (« Mayeul, non, mais tu t'entends ? On dirait les familles de Versaillais en cardigans et jupes en lin. Tu veux aussi qu'on l'emmène au catéchisme tous les mercredis et à l'église tous les dimanches ? ») succèdent des instants plus graves où le lecteur, témoin de ce cataclysme annoncé, prédit une fin à la hauteur du caractère singulier de cette femme profondément frustrée qui creuse la tombe de son couple par la force de son ennui. Oui, Valentine s'ennuie et pour pallier à cet ennui qui la ronge, elle s'invente une vie, elle fait semblant, elle est « instable » et « destructurée ». « François comprend qu'il n'y a pas, qu'il n'a jamais eu, d'entente tacite. le repos, la routine, ne sont pas pour elle, elle a des haines inextinguibles, des obsessions de brute, un besoin de se battre. Il faut toujours que quelque chose l'excite profondément, autrement c'est l'ennui et l'ennui c'est la mort. »

La vie joue parfois bien des tours et s'amuse à renverser les situations, à brouiller les cartes, à transformer ce qui paraissait immuable. C'est sans compter l'évolution personnelle de chacun, au fil du temps qui passe, des êtres qui glissent vers d'autres versions d'eux-mêmes. Valentine et François vont l'apprendre à leurs dépens et la lutte qu'ils vont mener pour tenter de faire réapparaître l'être aimé du début de la relation sera sans pitié.

Voici un premier roman qui déstabilise par la force de son propos, qui ébranle la certitude que l'amour est suffisant et peut tout résoudre, qui trouble par la puissance des non-dits. Madeleine Meteyer fait peser sur le texte une tension permanente, une fièvre exaltée mise en lumière par un personnage féminin terriblement vivant, qui veut vivre chaque émotion, chaque pas, chaque jour si intensément que la déception ne peut être que cruelle. La vie « quotidienne » ne ressemble en rien à cette idée de l'étourdissement permanent. En jouant sur les différences, en démontrant à quel point deux individus ne peuvent évoluer à la même vitesse dans un couple, elle creuse l'écart, elle enterre les premières fois et les premiers émois pour laisser place à l'amertume, à la rancune, à la colère, à la jalousie et à ses petites bassesses verbales impossibles à effacer une fois prononcées. Elle révèle avec quelle force on peut épuiser l'autre parce qu'on se déteste soi-même, avec quelle pugnacité on cherche à le détruire, et comment les êtres proches, tels que les amis ou les enfants sont aspirés dans cette spirale infernale.

J'ai aimé ce texte qui fait battre le coeur, qui oblige à se regarder dans le miroir, qui contraint à faire le point sur soi-même et sur l'évolution de son couple. C'est écrit avec une grande justesse, une réelle précision dans les évolutions psychologiques, mais aussi avec tendresse, empathie et attachement pour les personnages. Il n'y a pas de jugement, juste la réflexion d'un cheminement, et les années qui nous traversent….

Lien : https://aude-bouquine.com/20..
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Citations et extraits (31) Voir plus Ajouter une citation
Mais la torpeur se brise à chaque fois qu'elle se rend compte qu'elle est plutôt du genre à ouvrir dix fois la fenêtre sans jamais s'y jeter, par peur de la chute trop longue durant laquelle on regrette forcément .
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Elle aime beaucoup demander à ses enfants ce qu’ils feront plus tard et nulle réponse ne la chagrine davantage qu’un haussement d’épaules. « Ce manque d’imagination me tuera, ça ne vient pas de moi ce trait de caractère ! », dit-elle en souriant à François qui sourit en retour. Ses enfants sont trois boules de glaise fraîche qu’elle peut façonner point par point. C’est son devoir d’en faire des géants, de leur inculquer, par exemple, l’amour du pays. Se prenant pour un candidat de droite à la présidentielle, elle vante parfois, sans crier gare, le bleu mêlé de vert des champs de poireaux, disserte sur la brûlure du coucher du soleil, invoque la nature, parle des cloches qui sonnent, de la France millénaire. Elle dit : « Les enfants, notre pays n’est pas né en 1789 », avant de vérifier, par acquit de conscience, ce qu’il s’est précisément passé avant cette date.
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Elle, jadis si rétive à l’idée de tomber d’accord avec quelqu’un, s’est coulée dans ce journal comme une bernique dans sa coquille. Avec L’Irrévérencieux, elle jouit d’une équipée de derniers droitards, persuadés d’être assiégés par le reste de la presse gauchiste, l’État gauchiste, la pensée dominante gauchiste, les féministes, les antiracistes, les intellectuels de plateau télé gauchistes. En public, Valentine s’enorgueillit toujours de l’effet obtenu à l’évocation de son mari de gauche, journaliste au Temps. Elle simule la nonchalance de celle qui trouve facile d’écrire la journée que les musulmans menacent l’unité du pays et d’écarter les jambes le soir devant un homme qui écrit le contraire.
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Mathématique, chez Valentine, l’effet du « comme avant ». Il fait forcément référence à une époque préférée. Elle consent, soulagée qu’il n’ait pas dit, comme il en a l’habitude : « Ah, bon. D’accord. » L’heure d’après, devant le miroir de l’entrée, elle détaille leur allure et réajuste le col de la chemise de François, indiquant à la baby-sitter qu’elle peut se servir dans le frigo. Valentine se demande si cette étudiante en philosophie fantasme sur son mari et décide que oui. Durant le trajet, elle est gaie, remercie François de l’avoir emmenée, demande avec entrain qui sera là et esquisse un sourire chaque fois qu’il redoute une grimace.
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François a été élevé dans l’idée que la quête ultime d’une vie est le bonheur. Et lui a compris qu’il s’agissait de ne se faire aucun souci, d’étirer au maximum les moments de plaisir jusqu’à ce que, mis à la suite, ils forment une vie heureuse.
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Videos de Madeleine Meteyer (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Madeleine Meteyer
Parole d'écrivain avec Madeleine Meteyer
Pour ce second episode de la nouvelle saison de « Parole d'ecrivain », Sarah Masson avait rendez-vous avec Madeleine Meteyer, auteure de « La premiere faute ». Madeleine a toujours aime invente, construire des mondes a part. Elle nous parle de ce debut en ecriture, d'une histoire ecrite sur un ticket de caisse a son premier roman et de sa soif de raconter. Bonne ecoute !
Un podcast de Sarah Masson, egalement auteure d'un premier roman chez JC Lattes : « le Silence apres nous ».
#paroledecrivain #podcast #sarahmasson #sedefecer #tresornational #ecriture
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