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Doug Headline (Traducteur)
EAN : 9782840552901
99 pages
Éditeur : Delcourt (30/11/-1)
4.31/5   190 notes
Résumé :
The dark knight returns

Des années après un départ en retraite forcé, Bruce Wayne, désormais quinquagénaire, rumine, aigri par l'alcool et conservant bien peu de foi en l'espèce humaine. Mais la plongée de Gotham City dans le crime et le désespoir va pousser le milliardaire misanthrope à revêtir une nouvelle fois la cape et le masque du justicier Batman. Traqué par la police et le gouvernement, le Chevalier Noir mène alors sa dernière horde sauvage.>Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (27) Voir plus Ajouter une critique
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Dionysos89
  12 février 2013
Mon bouquiniste m'adore, mais mon portefeuille me maudit !
En effet, j'ai une nouvelle fois cédé devant une occasion immanquable : le mythique The Dark Knight Returns, dans sa toute dernière édition, accompagné de son DVD/Blu-Ray, l'ensemble pas trop cher, et surtout dans un état neuf !
Le mythique Frank Miller (auteur de 300 et de Batman : Année Un, entre autres) nous livre ici une de ses premières idées sur Batman : la narration de sa dernière chevauchée fantastique, ni plus ni moins ! Plus qu'un roman graphique, c'est carrément un vrai roman que nous avons là, tant au niveau de la trame qu'au niveau du style et de l'importance de l'écrit par rapport à la partie graphique. C'est d'abord très joliment écrit, d'un niveau bien au-dessus que les phrases banales et fades de la plupart des comics de super-héros ; on ressent bien l'atmosphère de cette fin des années 1980 aux États-Unis avec un président texan et des icônes accaparées par le pouvoir. Et puis, chose à la fois forte et rare, Frank Miller nous parle de la vieillesse, avant tout, et ce qu'on peut assumer de nos jeunes années, une fois que le temps a fait son oeuvre. Malgré cet aspect immanquable, Batman / Bruce Wayne a toujours la même préoccupation : combler ses manques d'enfant. C'est bien là le fond du problème avec Batman.
Cette dernière mention doit servir de panneau avertisseur, car nous avons là une aventure particulièrement référencée, vraiment ancrée dans l'univers de Batman, dans l'univers de DC Comics en général d'ailleurs. C'est, d'ailleurs, un bien pour les fans, qui doivent se sentir dans leur monde et qui doivent apprécier de retrouver des caractéristiques importantes de comics précédents (la blessure d'Oliver Queen, le destin de Jason Todd et l'origine du pouvoir de Superman sont quelques-uns de ces nombreux exemples possibles), mais également une incroyable difficulté pour les non-initiés qui doivent ingurgiter ce récit sans trop savoir où ils mettent les pieds. Bref, il vaut sûrement mieux être au milieu j'imagine pour avoir assez de recul et apprécier l'ensemble à sa juste valeur ; j'ose espérer qu'avec ma connaissance de l'univers DC, mais ma faible lecture de comics anciens, je suis à peu près dans la moyenne.
Bien sûr, en contrepartie, comme nous sommes dans une oeuvre de Frank Miller, il faut accepter de votre surgir ça et là son idéologie personnelle, teintée de peur irrationnelle (illusions fascisantes de temps en temps et, surtout, pourquoi des mutants alors qu'on aborde une Gotham plutôt réaliste jusque là ?) et de nationalisme difficile à caractériser. Cela peut franchement déstabiliser si on lit ce long comic book sans recul ou mise à distance. de plus, les dessins sont toujours difficiles à appréhender, années 1980 oblige, mais le jeu sur les ombres (que j'aurai aimé plus prononcé, comme dans Un Long Halloween, dix ans plus tard) et quelques scènes bien tournées donnent du plaisir à lire malgré tout, je trouve.
De la matière donc pour cette réédition particulièrement réussie, c'est le moins que l'on puisse dire ! Et pour couronner le tout, des bonus (majoritairement tirés de la version Absolute originale de chez DC Comics) à n'en plus finir !
Frank Miller a au moins le mérite de prendre des risques avec cette oeuvre compliquée en elle-même et qui complique d'autant plus l'esprit déjà bien torturé de ce cher Bruce Wayne. Un chef-d'oeuvre pour certains, un roman graphique « has been » pour d'autres ; un immanquable dans tous les cas.
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Oliv
  26 avril 2019
Au moment de lire "The Dark Knight Returns", plus de trente ans après sa première publication, je partais très confiant. Le nom de Frank Miller était la promesse d'un grand plaisir de lecture : son "300" a été, avec "Watchmen", l'une de mes découvertes les plus marquantes en matière de BD. Précédé d'une foule de critiques élogieuses, "The Dark Knight Returns" n'a pas volé son statut d'oeuvre pionnière. En créant un Bruce Wayne quinquagénaire en lieu et place de l'habituel play-boy en pleine force de l'âge, Frank Miller a, paradoxalement, réussi l'exploit de redonner un coup de jeune au personnage, à une époque où il faisait de moins en moins recette auprès des lecteurs. Son Batman plus sombre, plus violent, plus mature, a ouvert une brèche dans laquelle s'engouffreront tant d'autres auteurs plus ou moins talentueux... Rien que pour cela il mérite la gratitude éternelle de tous les amoureux de Batman. Mais c'est à peu près le seul point positif que je trouve à "The Dark Knight Returns". Car en tant que telle, sans tenir compte de son indéniable et inestimable valeur "historique", cette BD a été pour moi une cruelle déception.
Par quoi commencer ? Le graphisme ? Malgré une poignée de jolies planches, l'esthétique globale, il faut le dire, est assez repoussante. Il y a un certain nombre de dessins qui ne m'ont pas paru seulement laids, approximatifs ou datés, mais tout bonnement indignes d'une publication professionnelle, qu'on soit en 1986 ou en 2019. Je n'en doute pas, oser formuler une telle opinion fera de moi un béotien aux attentes superficielles, un rustaud qui n'a rien compris. Mais la posture consistant à soutenir que l'aspect graphique est sans importance me laisse toujours perplexe : dans ce cas, pourquoi lire des BD... pardon, des romans graphiques, et pas des romans tout court ?
La narration ? En général j'apprécie ce genre de récits nerveux, non linéaires, qui partent un peu dans tous les sens. Par contre il faut que ce soit très clair visuellement, qu'on sache d'emblée qui est qui, qui fait quoi et ce qui se passe... À cause du point précédent, ce n'est pas du tout le cas ici. En préface, Frank Miller nous apprend que, dans les premières versions du projet, "The Dark Knight Returns" était "un mélange de choses plutôt cools", "pas vraiment une histoire à proprement parler", "un vrai merdier"... Tout au long de ma lecture, j'ai eu le sentiment gênant que le "produit fini" était du même ordre : confus, brouillon, parfois à la limite de l'illisible.
Les personnages ? Ce Bruce Wayne quinquagénaire, poussé par les événements à sortir de sa retraite pour combattre le crime une dernière fois avant de tirer sa révérence, avait tout pour me plaire. Mais là encore, le traitement de cette idée ne m'a pas convaincu. Le héros sur le retour a beau se plaindre sans cesse de l'amenuisement de ses capacités physiques, il se montre plus bourrin que jamais, résolvant tous les problèmes à coups de poings. Superman n'est ni plus ni moins intéressant que d'ordinaire, autant dire pas très passionnant. Les vieux Green Arrow et Catwoman sont anecdotiques. Pire, mon habituel chouchou, le Joker, m'a laissé indifférent, signe que je n'ai accroché à rien ou presque... Allez, peut-être à ce nouvel avatar de Robin. La présence aux côtés de Batman de la jeune Carrie semble naturelle, elle n'est pas pour Frank Miller un prétexte pour nous servir un discours revendicatif (idem pour la policière qui remplace Jim Gordon à la tête du GCPD, d'ailleurs) : le nouveau Robin est une fille, comme il aurait pu être un garçon, son sexe ne change rien à l'affaire. Voilà qui est appréciable... bien qu'il soit un peu inquiétant de voir un réac' notoire être plus avancé sur le sujet en 1986 que pas mal de prétendu·e·s progressistes actuel·le·s.
Le scénario ? Entre une génération spontanée de "mutants" assez ridicule et l'énième menace nucléaire pesant sur l'Amérique, je regrette de n'y avoir pas non plus trouvé mon compte. J'aurais pu aimer le traitement des médias, très pertinent sur le fond : en entrecoupant son scénario d'innombrables interventions télévisuelles, souvent outrancières et hors de propos, Frank Miller illustre bien le parasitage permanent des médias dans nos existences (une vingtaine d'années avant BFM et les réseaux sociaux !) Mais trop c'est trop, l'insistance, la répétition, sont lassantes et ne font que rendre la lecture pénible. Le bombardement d'informations est d'ailleurs l'une des caractéristiques essentielles de "The Dark Knight Returns". C'est sans doute la raison pour laquelle je n'ai, entre autres, pas bien saisi les causes qui mènent à l'affrontement final entre Superman et Batman, par conséquent le point d'orgue du récit est tombé à plat. Pour le coup une relecture serait nécessaire. Encore faudrait-il en avoir envie.
Je suis très chagriné d'être passé à côté de cette BD, et si mon modeste avis de lecteur déçu n'enlèvera évidemment rien à son statut d'oeuvre emblématique et adulée, ça va un peu mieux en l'exprimant. Alors que je me faisais une joie de poursuivre ma découverte des grands classiques de Batman qui manquent encore à ma culture comics, maintenant j'appréhende de lire des chefs-d'oeuvre reconnus comme "The Killing Joke" ou "Arkham Asylum"...
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Pavlik
  13 avril 2021
Ce "Dark Knight Returns", de l'auteur américain Frank Miller, est un classique des récits du Chevalier Noir. Publié en 1986, il marque une vrai rupture, dans la représentation (dans tous les sens du terme) du justicier de Gotham, alors encore très tributaire de l'image véhiculé par la série TV des 60's.
Miller choisit de montrer un Bruce Wayne quinquagénaire, porté sur la bouteille, ruminant (encore et encore) l'assassinat de ses parents et, dans une moindre mesure, celui de Jason Todd (ex Robin, voir "un Deuil dans la Famille") et que personne n'a vu depuis 10 ans. A un point tel, que les plus jeunes ("je vous parle d'un temps que les moins de...") pensent que le Batman est une légende. Face à la criminalité grandissante à Gotham, et au retour d'un vieil ennemi, Bruce Wayne décide de ressortir la cape et la cagoule...
Sacré rupture, donc. Sur le papier, il y a tous les ingrédients pour que ce récit en quatre chapitres deviennent effectivement un classique. Et, en bon historien de l'art, je dirais que, d'un point de vue iconographique (l'évolution de la représentation de Batman), c'est indéniable. Par contre, du strict point de vue formel, je suis carrément frustré, tant j'ai l'impression que Miller s'est bien foutu de la gueule de tout le monde en rendant son brouillon, sans que personne ne s'en rende compte.
Déjà, il faut le dire, Miller est loin d'être un grand dessinateur, c'est même assez moche à regarder. Et pire, cela nuit parfois à la lisibilité de l'ensemble. Cela aurait pu être compensé par la composition des planches, mais elles sont relativement semblables (avec de nombreux encarts illustrant les commentaires des journaux TV et autres talk show sur l'évolution de la situation), la monotonie étant parfois rompue par une pleine page inspirée.
L'histoire est plutôt sympa, mais certaines scènes (je pense au combat contre le Joker) auraient méritées un traitement plus "grandiose" visuellement, l'enchainement entre les différentes parties est un peu "à la va comme je te pousse" et la fin parait un peu artificielle. le contexte général (augmentation de la criminalité, tension géopolitiques etc...) est plutôt bien (trop ?) rendu, notamment grâce aux encarts représentant les médias. Au niveau des personnages, c'est dommage que Batman reste un peu bloqué sur le meurtre de ses parents. L'occasion aurait été belle de tirer le bilan de 30 ans de lutte contre le crime. Sinon, j'aime bien le commissaire Gordon, vieillissant, désabusé, alors que la retraite est là. Enfin, l'idée d'une fille pour incarner Robin était bonne, mais pas assez exploitée à mon goût, notamment en ce qui concerne la relation héros / sidekick.
Au final, une histoire qui avait un énorme potentiel, mais dont le rendu parait foutraque, un peu bâclé. Et je ne parle pas des positions politiques de l'auteur qui transparaissent et agaceront peut-être...Mais ce n'est pas encore ce qui me gêne vraiment, la liberté d'expression c'est quand même pas fait pour les chiens. Et puis il faut avouer que sa vision de la société, "à la dirty harry", se prête assez au personnage de Batman.
Dans le genre, j'ai quand même largement préféré le "Year One", ou Miller, épaulé par David Mazzucchelli aux dessins, ne réitèrent pas ces erreurs.
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Presence
  17 avril 2019
Cela fait 10 ans que Bruce Wayne a raccroché la cape de Batman pour mener uniquement une vie civile. Il a même renoncé à son voeu d'abstinence pour goûter les plaisirs gustatifs de l'alcool. Mais cet été là, la convergence de plusieurs circonstances le fait revenir sur sa décision : il ne peut plus rester les bras ballants devant une société du "moi d'abord" dont les dirigeants élus guident la ville de Gotham et les États Unis sur la base de sondages de popularité. À 50 ans passés, Batman reprend du service et cette fois chaque intervention est définitive. C'est ce que vont apprendre à leurs dépends Harvey Dent, le Mutant Leader, le Joker et même Superman.
Lorsque ce comics parait en 1986, c'est une révolution. Aujourd'hui encore, il reste une des 10 meilleures histoires de Batman et un récit qui prend aux tripes de la première à la dernière page. Frank Miller ne se contente pas d'une projection dans l'avenir du personnage pour mettre un point final à son histoire avec Joker. Il fait le constat d'une ville meurtrière où chaque individu est une victime potentielle qui viendra grossir les statistiques de la criminalité (dans une ambiance paranoïaque qui rappelle les passages les plus désespérés des romans de Patricia Cornwell). Il utilise l'hégémonie de la société du spectacle pour tourner en ridicule l'utilisation des plus bas instincts de l'homme pour faire de l'audience. Dans ce contexte, la résurgence de Batman s'apparente à un retour à des valeurs traditionnelles à l'opposé des paillettes et du mercantilisme outrancier d'un capitalisme impitoyable.
Les illustrations sont également viscérales et très travaillées. de prime abord, le lecteur peut être rebuté par des dessins peu plaisants à l'oeil, voire laids dans certaines cases (l'apparence du Mutant Leader par exemple). Mais rapidement, il apparaît que Miller a mis au service de l'histoire toute l'expérience qu'il a acquise sur Daredevil et Ronin. Ce tome comprend quelques pleines pages superbes (par exemple Batman tenant le corps d'un général qui vient de se suicider avec le drapeau américain comme linceul) et beaucoup de pages comprenant de 10 à 16 cases. Là encore la forme est indissociable du fond. Les pleines pages donnent à fond dans une iconographie de superhéros déconnectée de tout réalisme : Miller s'en sert pour mettre en image la légende, le coté plus grand que nature du Batman. Les pages divisées en une multitude de cases servent à donner un rythme rapide, une sensation d'instantanéité consubstantielle de la télé en insérant des fragments de dialogues de talk-show.
L'utilisation des ces talk-shows est magistrale. le lecteur assiste en direct à la récupération des actions de Batman par l'industrie de la télévision. Non seulement ce dispositif narratif permet au lecteur de mesurer l'impact du Batman dans la société américaine, mais aussi les différentes valeurs morales qui vont se cristalliser face à cette légende urbaine. Encore une fois, Frank Miller ne vise pas le réalisme ; il se conforme aux codes des récits de superhéros qui exigent une suspension consentie de l'incrédulité (suspension of disbelief) pour croire à ces gugusses costumés. le fan de superhéros retrouvera tous les points de passage obligés du genre : échange de coups de poings, démonstration de superpouvoirs, résistance hors du commun du héros (Miller y va vraiment fort sur cet aspect là), etc. Il retrouvera également tout l'univers de Batman dans des versions plus ou moins déformées : la Batcave, Alfred Pennyworth (avec un humour toujours aussi sarcastique), Robin (Carrie Kelly), James Gordon, Selina Kyle, Green Arrow, etc.
Attention, ce Batman n'est pas pour les enfants. À son âge, chaque coup doit compter et il ne fait pas dans la demi-mesure : il est violent, cruel, sadique, déterminé, obsédé même par sa soif de justice et de vengeance. Là encore, à l'aide de visuels savamment pensés, Frank Miller donne une nouvelle interprétation de la chauve-souris comme animal totémique sans tomber dans le ridicule.
L'encrage de Klaus Janson est parfaitement à l'unisson des dessins de Miller. le lecteur ne perçoit aucun hiatus entre l'illustration et son rendu encré. La fusion entre les 2 est parfaite. Et ces illustrations bénéficient de la mise en couleur de Lynn Varley qui elle aussi fait preuve d'une inventivité et d'une sensibilité adulte. Elle opte pour une palette moins agressive que les comics habituels tout en distillant quelques touches de couleurs vives qui n'en ressortent que plus.
J'ai déjà lu une bonne dizaine de fois cette histoire et je ne m'en lasse pas. À chaque fois la force du récit me prend aux tripes et m'emmène dans cette vision noire de la vie urbaine, dans cette force de la nature qu'est Bruce Wayne, dans cette critique d'une société dédiée à la poursuite du divertissement, dans ce grand défouloir ou le bon triomphe des méchants, dans cette cruauté qui imprègne chaque relation humaine (même si je ne suis pas forcément d'accord avec les prises de position de l'auteur). Frank Miller a donné une suite à cette histoire dans The dark knight strikes again.
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emtwombly
  05 février 2021
Disclaimer : avant de commencer, sachez que dans cette critique comme dans la plupart de celles qui l'ont précédé, vous serez sans nul doute spoillé. Je tiens également à préciser que j'ai lu une édition spéciale de ce comics qui est en noir et blanc et comporte en tous 4 parties. Commençons.
Batman et le Joker sont certes indissociables, mais leur combat est-il éternel? le concept de Batman est d'être un super-héros grâce à un entraînement coriace et prenant. Se peut-il que Bruce Wayne puisse rester un Batman à vie où fatigue-t-il ? C'est la réponse à laquelle ce comics répond.
Il débute dix ans après la dernière apparition de Batman, la chauve-souris devrait être devenue chauve et arborer un sourire gâteux. Pourtant Bruce Wayne est torturé par la vision de sa ville assaillie par le Mal. Pour lui, il est impossible de prendre sa retraite dans un monde où l'injustice est plus forte qu'avant son engagement. Il enfile donc à nouveau son costume pour combattre le crime. La ville est mise à mal par les mutants, et très vite par le Joker en personne. Mais entre-temps d'autres super-héros ont fait leur apparition, on les appelle “les fils de Batman” et ils combattent le crime avec une violence qui n'est pas digne de la chauve-souris. On se pose alors la question de l'influence néfaste que peut avoir Batman sur la jeunesse. Quelle autre solution lorsque l'on grandit avec un modèle de super-héros défiant le crime, que de le défendre soi-même ? On devient ce que l'on admire. Batman fait donc son retour dans un Gotham à feu et à sang et pour couronner le tout, un nouvel ennemi s'ajoute à la liste: les forces de police. Si Wayne a pris un sacré coup de vieux, il en est de même pour son fidèle acolyte: Gordon. Ce dernier prend sa retraite pour laisser place à une nouvelle commissaire, Elle Yindel, émettant un mandat d'arrêt contre Batman.

le comics s'ouvre sur ce qui le rythmera durant ses 200 pages, le journal TV. En effet, l'on connaît l'ascension du crime dans la ville grâce au journal TV, cette présence malsaine qui a un effet aussi étouffant qu'en réalité. En pleine pandémie mondiale, on sait à quel point le jingle d'un JT peut faire peur. C'est un peu la même chose qui se passe ici, chaque case comprenant le présentateur ou la présentatrice n'augure rien de bon. L'effet est plutôt réussi car plus on avance, plus leur apparition est rapide et inquiétante. le rythme s'accélère jusqu'à devenir intenable. Ils sont aussi là pour nous renvoyer à notre propre bétise. Lorsque la présentatrice annonce le programme du soir “ à ce sujet… Ne manquez pas notre émission spéciale ce soir… vos stars préférées répondent à la question : où étiez-vous quand les lumières se sont éteintes?” (p.185) alors qu'un femme témoigne de la catastrophe et annonce une suite très probable et bien plus redoutable. On a une réelle satire de la société qui cherche à buzzer sur tout et n'importe quoi et sur les médias qui utilisent les scandales dans l'unique but de faire de l'audience. On a une réelle question qui se pose sur le sens des priorités de nos médias actuels qui serait : faut-il alerter ou informer ? Faut-il désamorcer les informations trop lourdes et créer du divertissement grâce à elles où les traiter avec le sérieux qu'elles impliquent? Ces questions restent en suspens, mais il est bon de les trouver dans ce comics en arrière plan car elles ne sont pas forcément mises en avant mais elles sont bien là et quoi de mieux qu'une satire camouflée par une ironie bien grinçante?
On l'a mentionné, le rythme de la BD augmente continuellement jusqu'à atteindre un stade de non retour. Mais parfois elle augmente si vite qu'elle le fait au détriment du lecteur. On se retrouve submergé par toutes les histoires entre chassés: le journal TV, Batman, Robin, les mutants, Joker, la poupée parlante. Ça devient tellement fouillis qu'on se perd. Les planches elles-mêmes sont si submergées qu'elles pourraient déborder, ainsi la fête foraine n'est qu'un ramassis de rails, de barbe à papa, de lumières éclatantes et de gamins. On ne discerne plus ce qu'il faut voir et c'est dommage. Mais le fait que les dessins soient aussi remplis que la tête du lecteur indique peut-être une volonté de la part de Franck Miller, le dessinateur.
Un autre point faible de ce comics serait son héros, Bruce Wayne. Nous avons conscience dès le début qu'il a vieilli, et que son âge est un handicap pour lui. C'est pourtant quelque chose que l'on nous répète et même que l'on nous assène à chaque combat, à chaque effort du super-héros. Batman et Gordon ont une voix omnisciente qui décrit leurs actions, leurs pensées. Chaque coup porté est le fruit d'une réflexion qui nous est amené par cette voix, une réflexion sur le coût/bénéfice de chaque coup : suffira-t-il ? ou sera-t-il trop fatiguant pour persévérer ? La fougue de Batman l'a quitté et même si elle le reprend lorsqu'il remet son costume, il n'est plus le même et en a conscience. Il est très intéressant de traiter le retour d'un super-héros après une longue absence, mais, de cette manière, nous avons la sensation d'avoir affaire à un vieillard sénile. Batman a besoin de l'aide de Carrie Kelley, aka Robin(e), qui du haut de ses treize ans, remémore à Bruce son habilité d'antan. Cela n'est pas nécessaire, ce Robin ouvre un nouveau chapitre de sa vie, il n'est pas nécessaire de faire de lui le fantôme d'un souvenir déjà lointain. Il est clair dès le début que Batman a vieillit et qu'il laissera sa cape dans cet ultime combat.
Batman Returns fait s'affronter Batman et Superman et joue de leur relation entre supers à la manière de Batman VS Superman. Seulement, ici nous avons affaire à deux amis, deux acolytes qui ont le même but: protéger à tout prix. Ils sont partenaires et ne se tournent pas le dos comme illustré dans le film de Zack Snyder. Leur relation est ici nettement plus intéressante et salutaire. La mort de Batman étant temporaire, elle ne dure que quelques cases, Franck Miller a conscience que le lecteur attend une suite et sait que ce n' est pas terminé de Batman. Dans le film, la mort de Superman n'émeut personne or la scène est tournée de manière à tirer sur notre corde sensible, là se trouve la différence flagrante entre les deux: les comics font confiance à leurs lecteurs souvent très fidèle, ils peuvent donc se permettre bien plus de choses, tandis que les films s'adressent à un public inconnu. C'est une force que le comics illustre à chaque numéro, sans pour autant rejeter les nouveaux lecteurs, on se souvient de la lentille de reconnaissance faciale présente dans La Cour des Hiboux. On a un réel univers parallèle dans les comics, un public souvent fixe et donc une plus grande force et une plus grande liberté dans le scénario. Et croyez-moi, nous ne sommes jamais déçus.
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critiques presse (2)
Sceneario   08 octobre 2012
Cette œuvre révolutionne l'univers du comics et du Batman, en lui donnant un ton plus sombre, plus adulte, ce qui va relancer l’intérêt pour ce héros. Le scénario de Frank Miller est vraiment surprenant et passionnant.
Lire la critique sur le site : Sceneario
Auracan   24 août 2012
Ce troisième volet, qui se veut une conclusion de la trilogie est presque une redite des deux premiers films.
Lire la critique sur le site : Auracan
Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
Dionysos89Dionysos89   05 février 2013
La star du porno Hot Gates vient de signer un contrat de douze millions de dollars avec Landmark Films pour interpréter Blanche-Neige à l’écran. « Je fais ça pour les gosses », a déclaré Gates…

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Dionysos89Dionysos89   04 février 2013
Alfred : Monsieur Bruce ? Vous avez déclenché l’alarme. Votre somnambulisme commence à poser problème, du moins pour ceux qui, comme moi, préfèrent dormir dans leurs lits.

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AdrasteAdraste   23 mars 2013
Ça n'a pas été facile à synthétiser... ça a demander des années... et une fortune... par chance, j'avais les deux... Tu commence à comprendre, Clark... c'est la fin... pour tous les deux... Nous aurions pu changer le monde...et là, REGARDE-NOUS... Je suis devenu... un ENJEU POLITIQUE... et toi... tu es... une CARICATURE... je veux que tu te SOUVIENNE, Clark... pour toutes les années à VENIR... dans tes moments les plus INTIMES... Je veux que tu te SOUVIENNES... de ma MAIN... sur ta GORGE... je veux que tu te SOUVIENNE... du seul homme qui t'ait BATTU...
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Dionysos89Dionysos89   09 février 2013
Selon le père Don, Led Zeppelin adresse une prière subliminale à Satan dans « Stairway to Heaven ». Ils l’ont bien cachée en l’enregistrant à l’envers.

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GregorGregor   10 octobre 2011
- Ironie du sort, aujourd'hui marque également le dixième anniversaire de la dernière apparition publique de Batman, décédé ou en retraite, on ignore ce qu'il est devenu. Nos téléspectateurs les moins âgés ne se souviennent probablement pas de Batman. Un sondage récent indique que la plupart des lycéens le prennent pour une légende. Mais il a bel et bien existé. Aujourd'hui encore, la controverse concernant la légitimité de sa guerre contre le crime se poursuit. Pour ma part, j'espère qu'il se porte bien et qu'il célèbre cet anniversaire avec des amis, autour d'un verre.
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Videos de Frank Miller (29) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Frank Miller
Pour ce mois de novembre vous entonnerez Bella Ciao avec le grand Baru, pour le deuxième tome de son grand oeuvre ! Les Beatles tenteront un come back en 1980 avec Retour à Liverpool. Vous (re)découvrirez Hard Boiled, de Frank Miller et Geof Darrow, dans son édition ultime. le faux Soir vous racontera l'incroyable histoire du journal qui résista à l'Allemagne nazie. Et comme Noël approche, Futuro vous réserve bien des cadeaux. Avec nos intégrales et coffret, vous aurez de quoi vous régaler !
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