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Critiques sur Les sorcières de Salem (17)
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patrick75
  21 septembre 2012
Nous sommes au printemps de l'année 1692, dans la petite ville de Salem ( Massachusetts).
Un fait divers somme toute anodin va déclencher une "chasse aux sorcières" sans précédents.
Cette petite ville va connaître " l'enfer ", pas celui dont on accuse les habitants d'être des dévots, mais celui importé par les juges venu de l'extérieur. A partir de là, la mécanique diabolique va démarrer pour ne plus s'arrêter. Par lâcheté ou bien par intérêts, sur des souvenirs approximatifs, voir ridicules, les uns et les autres vont se dénoncer auprès des autorités.La bassesse humaine n'aura pas de limites, on veut voir le sang coulé, les corps pendus aux gibets. Les juges veulent se faire "un nom" sur cette affaire tombée du ciel, ou remontée des enfers,,,La justice est piétinée, la folie règne.
Arthur Miller semble avoir pris l'exemple de ce procès pour dénoncer celui des années cinquante à Hollywood ( liste noire). Enclenché par le sénateur Mc.Carthy ( comme tremplin pour la présidence) avec Hoover en " coulisse" et qui dénonçait l'infiltration communiste dans le milieu du cinéma.
Citoyens, méfiez-vous de vos lectures d'aujourd'hui...Demain, celle-ci pourraient vous être reprochées.
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Musardise
  15 avril 2019
Des quatre pièces d'Arthur Miller que j'ai lues jusqu'à présent, Les sorcières de Salem est celle qui m'a parue la moins convaincante. Sa lecture fut même une belle déception après celle de Mort d'un commis voyageur. Il y a eu quelque chose qui m'a dérangée assez vite, c'est le parallèle fait systématiquement entre le maccarthysme et l'affaire des sorcières de Salem de 1691-1692 , qui semble aller de soi depuis la création de la pièce. Ça me semblait une facilité de la part de Miller, et pas si pertinente que ça. Mais ce n'est pas ce qui m'embêtait le plus. Et quelques temps après la lecture des Sorcières de Salem, j'ai lu ce qu'en disait l'auteur dans l'Introduction à son Théâtre (1958).

Je pense qu'il est bon de revenir aux sources de la pièce. Miller a bien été inspiré par le maccarthysme, mais il n'a pas eu l'intention de faire de sa pièce une métaphore de ce qu'on appelait la chasse aux sorcières dans les États-Unis des années cinquante. Il visait plus haut, si je puis dire. Peut-être avons-nous été induits en erreur par ses autres pièces, qui parlent de la société contemporaine, et sans doute qu'une longue tradition d'interprétation "maccarthyste" nous a trompés également. Miller a déploré qu'aucun critique n'ait compris de quoi traitait la pièce à sa création, parce que si son sujet apparent - et réel, tout de même - était le maccarthysme, le sujet principal n'était pas là. Peut-être que c'est en partie de sa faute, après tout, si on n'a pas saisi quel était le thème sous-jacent et profond de la pièce, peut-être qu'il n'a pas réussi à faire passer son message. Reste un gros malentendu sur Les sorcières de Salem.

Ça n'est pas toujours évident de suivre le cheminement de la pensée de Miller à propos de cette pièce, mais ce qu'on peut en retenir de façon globale, c'est qu'il a été stupéfié, pendant le maccarthysme, de voir l'apparition d'une espèce de mystique collective qui, de plus, était insufflée de l'extérieur, c'est-à-dire par MacCarthy et ses sbires. Il était également étonné qu'une campagne politique qu'il jugeait grotesque, menée à renforts de gros sabots et de grosses ficelles, puisse être avoir un impact aussi fort sur les citoyens américains - je dois dire que j'ai vu là une espèce de naïveté à l'américaine, vu que le monde entier sortait d'une guerre particulièrement atroce, et que l'hystérie collective, le lavage de cerveau, et les gros sabots, entre autres, avaient joué leur rôle pendant des années. Toujours est-il que, malgré le fait que la pièce soit née de réflexions de Miller liées au maccarthysme, le thème principal est fondé sur la "lucidité morale", sur le fait que certaine personnes soient capables de garder la tête froide et des valeurs morales intactes au milieu d'une foule infectée, pour ainsi dire, par une terreur collective et choisissant la soumission sociale, à cause d'un sentiment de culpabilité (ne pas être assez de droite dans le cas du maccarthysme, être un candidat potentiel à la possession démoniaque, dans le cas de Salem). Je laisse bien entendu à Arthur Miller la paternité de ce point de vue.

Miller s'était déjà intéressé à l'affaire des sorcières de Salem, il s'est replongé dedans à cette occasion, lisant toutes les minutes du procès. Il a remarqué que la petite Abigaïl Williams (qui avait 11 ans en 1691) avait dénoncé Elizabeth Proctor mais jamais John Proctor. La tournure de la pièce lui est apparue en conséquent : il a fait d'Abigaïl une adolescente de 16-17 ans, qui, servante chez les Proctor, a eu une liaison avec le mari et a été chassée de la maison par l'épouse trompée, et cherchant à se venger de l'épouse en question par la pratique d'une sorcellerie de pacotille, puis par la dénonciation. On est donc très loin de la véritable affaire des sorcières de Salem, où des enfants furent certainement manipulés par des adultes, et qu'on explique aujourd'hui par diverses hypothèses (intoxication à l'ergot de seigle, qui contient une substance dont est dérivé le LSD, conflits sociaux entre la communauté de Salem Village et celle de de Salem Town, maltraitance d'enfants, vengeance familiale, pratiques divinatoires ayant dérapé, angoisse collective liée aux attaques régulières des Indiens, etc.) Miller a donc fait un choix dramatique très fort en s'éloignant des faits historiques, même s'il a regretté de ne pas être allé assez loin : il s'en est voulu d'avoir représenté un ecclésiastique, Danfort, comme relativement ouvert et réfléchi, alors que les minutes du procès montrent que le véritable Danfort, ainsi que tous les autres juges, n'a pas fait preuve d'une once de compréhension, de réflexion ou de clémence. Je serais assez d'accord avec Miller sur ce point. La pièce aurait peut-être gagné en force si tous les ecclésiastiques avaient été montrés aussi implacables et, disons-le, délirants et cruels, que lors des faits historiques. Mais je trouve surtout que le personnage-phare de Miller, son martyr de la "lucidité morale", selon les propres termes de l'auteur, est raté.

Car il me paraît difficile de comprendre que le but de la pièce est de mettre en avant une rigueur morale intacte lorsqu'on utilise un John Proctor baisant sa domestique dans tous les coins, maltraitant la domestique qui la remplace, et se montrant infect avec sa femme. le type s'est tapé la servante et la traite ensuite de putain sans relâche, mais fait acte de contrition en disant qu'il est un débauché. Les deux mots n'ont sensiblement pas la même valeur, et si une gamine de seize ans est censée être une putain , que doit-on dire de l'homme d'âge mûr et marié qui couche avec elle ? Qui est la première putain de la pièce ? Alors oui, tout ça est censé se passer au XVIIème, et donc la domination masculine et la façon dont on traite les domestiques, c'est raccord avec l'époque. Mais choisir et construire ce genre de personnage comme chantre de la vertu morale, c'est un curieux choix dramatique. John Proctor m'a gâché en bonne partie la pièce.

Le délire collectif est pourtant bien cerné et la pièce est parfaitement structurée, nous amenant de l'anecdote au drame, de la rouerie d'une adolescente (Abigaïl n'est pas un personnage positif, c'est le moins qu'on puisse dire) à l'hystérie d'une communauté. le premier moment où Abigaïl se met en scène comme si elle était envoûtée, crachant en cachette sur une croix et montrant le crachat comme preuve de la présence d'une sorcière, dupant son entourage et un ecclésiastique, est extrêmement efficace et convaincante. La façon dont monte l'hystérie dans la communauté est également très maîtrisée et tout aussi efficace : la mise en scène et la duperie sont des armes puissantes... Mais les Proctor restent pour moi le gros point faible de la pièce, Elizabeth n'étant pas un personnage très intéressant, voire assez niais, et John, comme je le disais, défendant paradoxalement tout autant, voire davantage, des valeurs qu'on pourrait qualifier de "négatives" que des valeurs "positives" - et je doute que ce soit dû à une volonté de ne pas se montrer manichéen de la part de Miller.

J'ai pas mal pensé aux histoires de maisons hantées du XIXème en lisant la pièce : parmi les personnes qui ont témoigné qu'un esprit hantait une maison à cette époque, on retrouvait souvent des jeunes filles, domestiques de surcroît. Ce serait lié au moins en partie à des questions de conflit social entre des domestiques corvéables à merci et leurs employeurs. Il y a de ça dans Les sorcières de Salem, ainsi que le sujet de la domination masculine. Miller ne s'est pas intéressé à cet aspect des choses, et pourtant lesdits sujets ressortent bizarrement de sa pièce. Et donc, l'impression la plus forte que m'ait laissée la lecture des Sorcières de Salem, c'est celle d'une misogynie prégnante tout du long...


Challenge Théâtre 2018-2019
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michfred
  01 février 2016
Cette pièce est inspirée du procès en sorcellerie qui a défrayé la chronique, à la fin du 17ème siècle, dans la communauté puritaine de la petite ville de Salem, Massachusetts, et dont les annales ont été conservées. Mais sous la plume de Miller, ce drame historique doit se lire aussi comme une dénonciation très contemporaine des procès intentés aux artistes et écrivains tentés par les idées socialistes dans l'Amérique fanatisée par le Mac Maccarthysme...une "chasse aux sorcières" d'un autre genre, qui fit des ravages terribles dans l'intelligentsia américaine des années 50.
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Ziliz
  11 mars 2012
Arthur Miller relate le véritable châtiment de prétendues sorcières près de Salem (Massachusetts) à la fin du XVIIe siècle. L'idée est bien sûr de confronter cette "crise d'hystérie puritaine" à celle qui sévit aux Etats-Unis contre les communistes/espions (ou supposés tels) lorsque Miller écrit cette pièce, en 1952, en pleine guerre froide.

Les comportements humains aberrants décrits ici sont transposables au maccarthysme, mais aussi à n'importe quel phénomène de rumeur, de suspicion, de paranoïa collective, de chaos. L'individu, libéré de certaines saines entraves peut se laisser aller, dénoncer impunément son voisin, son ennemi, son rival, par vengeance, peur, lâcheté, intérêt financier.

La pièce de Miller met en outre en évidence les paradoxes des religions, la difficulté d'en appliquer les principes de manière cohérente, tant les hommes les ont réécrits, remaniés, différemment interprétés au gré des besoins.

Bref, tout cela est très intéressant, mais... j'émets une réserve sur le style. Ce texte m'a semblé aussi difficile à suivre que 'Mort d'un commis voyageur' du même auteur (au moins sur le premier acte), en raison de la pléthore de personnages, qui, de surcroît, entrent en scène et sortent du décor sans que cela soit clairement signifié dans la structure théâtrale.

Notons que cette pièce fut traduite et adaptée en France par Marcel Aymé, dès 1955, et que l'on y trouve parmi les acteurs principaux Montand et Signoret (ayant pris parti en faveur des époux Rosenberg quelque temps plus tôt).
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melusine1701
  20 janvier 2012
Nous sommes à Salem, Massachussets, en 1692. Chez le révérend Parris, on s'inquiète pour la petite Betty, dix ans, atteinte d'un mal étrange. Abigaïl, la nièce du révérend, lui apprend que les gens jasent: Betty serait ensorcelée par le diable. Parris ne sait plus quoi faire, d'autant qu'il a lui-même surpris Betty et Abigaïl se livrer à une étrange danse, nues, dans une clairière, en pleine nuit, assistées de Tituba, leur esclave noire. La rumeur se répand comme une trainée de poudre, et bientôt des femmes sont arrêtées. Par dizaines. le soupçon est jeté même sur les plus respectables d'entre elles. Vous avez gardé une poupée alors que vous n'avez pas d'enfant? Vous n'êtes pas allé à la messe dimanche dernier? Vous voilà sur le banc des accusées…

Epoustouflant. En peu de mot, peu de pages, Arthur Miller parvient à créer une tension étonnante qui ne fait que grandir. Dès les premières pages, nous sommes plongés dans un drame familial dont le révérend se serait bien passé. Et peu à peu, les voiles se lèvent, et si nombreux sont ceux qui affirment qu'Abigaïl, la première accusatrice, a tout soigneusement orchestré pour se venger de John Proctor, dont elle a été la maitresse et dont elle veut faire accuser la femme, la vindicte populaire et puritaine se met en marche de manière inéluctable, montrant que tout le monde peut finalement être considéré comme suspect aux yeux de la loi de Dieu. Les transes des accusées, les peurs et les pressions qu'elles subissent, l'extrême tension des interrogatoires, cette pièce fait froid dans le dos un peu plus à chaque page. La pièce prend d'autant plus de sens quand on sait que Miller l'a écrit en plein MacCarthisme, et qu'elle peut finalement s'appliquer à toute situation de psychose collective où dénoncer son voisin vous permettra de rester en vie.
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lecottageauxlivresFanny
  29 octobre 2017
En 1692, la terreur règne sur la ville de Salem. Un groupe de jeunes filles affirme que le diable leur ait apparu et que des femmes de la ville sont des sorcières. Abigail est la première à l'affirmer et les autres filles la suivent. Elle est la nièce du révérend M.Parris et a été mise à la porte par Mme Proctor parce qu'elle était devenue la maîtresse de son mari. Alors que toutes les femmes tremblent, Abigail donne les noms des sorcières. M.Hale, le révérend d'une autre ville, vient aider M.Parris à vaincre le diable et les juges arrivent à Salem. La ville perd la tête et les premiers procès ont lieu. Les femmes sont pendues. Abigail finit par affirmer que Mme Proctor est une sorcière. M.Proctor défend bec et ongle sa femme et n'hésite pas à accuser de meurtres Abigail et toutes les autres jeunes femmes qui ne pensent qu'à se venger. Catastrophé par les événements et par les procès bâclés, M.Hale s'oppose à son confrère et prend partie pour les Proctor et pour tous les innocents accusés de sorcellerie.


En 1953, alors que l'Amérique est en proie au maccarthysme et organise sa chasse aux sorcières, Arthur Miller utilise cette histoire vraie de 1692 pour nous montrer la folie des hommes. Cette pièce nous interroge sur la justice, le fanatisme, la religion et les superstitions. Ce qu'il nous dit de l'hystérie des foules est effrayant parce que cette folie contagieuse est toujours véridique aujourd'hui. Je vous conseille cette lecture qui ne vous laissera pas de marbre. J'aimerais beaucoup voir cette pièce mise en scène mais pour le moment je vais me contenter de l'adaptation cinématographique avec Simone Signoret et Yves Montand.
Lien : http://lecottageauxlivres.ha..
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Pachy
  22 mai 2013
Il est peut-être utile (en tout cas jamais inutile) de préciser que cette pièce d'Arthur Miller date du début des années cinquante. Les mentalités n'étaient pas les mêmes, les croyances non plus. D'autant que nous nous ici des États d'Amérique. Certaines pratiques et croyantes y étaient très ancrées (ont-elles complètement disparu ?)
Ma première m'a déçu. Pourquoi ? J'étais jeune ado lorsque j'ai vu l'adaptation cinématographique de Raymond Rouleau datée de 1957 avec Yves Montand et Simone Signoret. J'avais dû être très impressionné pour en avoir gardé le souvenir d'un film terrifiant.
(Je l'ai revu récemment ; je comprend mieux).
La pièce est un bijoux d'audace : la sorcellerie est un sujet audacieux. Est-ce vraiment de sorcellerie dont on veut parler ? Ne serait-ce pas plutôt de la manipulation. Manipulation à grande échelle. Celle d'une ville : Salem. Hormis la politique; la religion est un terrain idéal nourri de la crainte de Satan.
Une excellente pièce et un grand film porté par une distribution de qualité.
Faites-vous plaisir !
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Marti94
  08 avril 2018
En pleine guerre froide Arthur Miller a eu le courage de dénoncer le maccarthysme sous couvert d'une autre chasse aux sorcières datant du 17ème siècle. le procès de Salem est un épisode de l'histoire des États-Unis qui entraîna la condamnation et l'exécution de personnes accusées de sorcellerie en 1692 dans le Massachusetts.
Cette tragédie a donc inspiré Arthur Miller qui a écrit une pièce de théâtre en 1953 intitulé "Les sorcières de Salem" jouée admirablement par Yves Montand et Simone Signoret pour la version française traduite et adaptée par Marcel Aymé.
Dans le village de Salem, la fille du pasteur souffre d'un mal inexplicable que l'on ne tarde pas à attribuer au diable. Abigaïl, jeune fille et nièce du pasteur, va profiter de la situation pour se venger d'Elisabeth Proctor dont elle fut la servante. Cette dernière la renvoya pour avoir eu une relation adultérine inavouable avec John Proctor, son mari, dont Abigaïl est amoureuse. Elle cherche à se venger et pour parvenir à ses fins, elle est prête à tout. Avec l'aide d'autres jeunes filles, elle dénonce certains habitants et les accuse de sorcellerie. La superstition et le puritanisme vont faire le reste et de nombreuses personnes vont être conduites à la potence et les Proctor emprisonnés.
Autant le film de 1957, qui a été adapté de la pièce, insiste beaucoup sur la relation entre Abigaël et les Proctor et autant le texte de la pièce montre surtout où peuvent mener les croyances absurdes, l'hystérie collective et les procès abusifs qui en découlent.
J'aimerai vraiment avoir l'occasion de voir cette pièce jouée sur scène.

Lu en avril 2018
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frandj
  12 mars 2014
L'action de cette pièce de théâtre se déroule à la fin du XVIIème siècle, dans le Massachusetts. L'ambiance générale de cette époque est profondément influencée par le puritanisme. John Proctor, un fermier honnête, est tombé amoureux d'une jeune fille, Abigaïl, qui était servante dans sa maison; il a entretenu une liaison avec elle. Mais l'épouse, Elizabeth, a chassé la jeune fille et John est rentré dans le "droit chemin". Pour se venger d'Elizabeth, Abigaïl se livre à des pratiques de sorcellerie. Mais quelqu'un l'a vue dansant nue dans la forêt, avec quelques autres. le pasteur de la ville et un de ses collègues commencent alors une enquête minutieuse, pour confondre tous ceux qui se seraient rendus coupables de sorcellerie. Très habilement, l'accusée (Abigaïl) s'arrange pour devenir aussitôt l'accusatrice. Les enquêteurs, trop contents de débusquer partout le "péché", lui prêtent une oreille (trop) complaisante. D'accusations en accusations, un bon nombre d'habitants de Salem sont dénoncés par d'autres. Des personnes honorablement connues sont ainsi mis en cause, perdent leur honneur et se retrouvent en prison. Parmi eux, John Proctor. Celui-ci n'a aucun doute sur l'ignoble "comédie" d'Abigaïl et veut dénoncer ses mensonges. Soumis à de très fortes pressions, il persiste à résister aux enquêteurs qui veulent le faire avouer. Cependant, il pourrait sauver sa peau mais il préfère finalement ne pas se renier et accepte la mort comme un martyre.

Il est évident que l'exemple de Salem est représentatif de situations dramatiques auxquelles sont confrontés les individus dans de nombreux pays. C'était le cas des Etats-Unis au temps de MacCarthy (peu avant que A. Miller a écrit cette pièce) et, beaucoup plus encore, dans tous les pays totalitaires. L'auteur montre extrêmement bien l'engrenage diabolique du totalitarisme. le juge est d'avance certain que l'accusé est coupable; son rôle est de l'obliger (par tous les moyens) à se plier à sa conviction pré-existante. Pour arriver à ses fins, l'enquêteur utilise une arme fatale contre son "client": celui-ci, comme tout être humain, a nécessairement quelque chose à se reprocher: une vétille, une vieille "casserole" qu'il a peut-être oubliée - ou voulu oublier - et qui n'a probablement rien à voir avec l'objet de la procédure. Il suffit de fouiller dans sa vie antérieure et on trouvera certainement le point faible. Et, puisqu'elle a fait un écart par rapport à la loi civile ou morale, la personne incriminée se retrouve en position de faiblesse et toute sa défense s'en trouve fragilisée. Dans ces conditions, elle va devoir choisir entre deux possibilités qui sont également inadmissibles: ou bien résister stoïquement aux enquêteurs (mais jusqu'à quand pourra-t-il tenir ?), ou bien avouer son crime et surtout dénoncer d'autres soi-disant complices. Et c'est ce qui se passe, en vérité, avec sans doute 90% des personnes "cuisinées". La réaction en chaîne est alors amorcée, la machine s'emballe et c'est ainsi que - par exemple - on peut envoyer des millions de citoyens russes au Goulag…
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isaoubienrien
  24 septembre 2012
Un classique du théâtre anglo-saxon. L'intensité dramatique est longtemps à son apogée, ce qui rend la lecture passionnante et oppressante à la fois. le thème est preuve de l'éternel recommencement de la lutte contre le fanatisme, l'obscurantisme, les abus de pouvoir...
A lire, et mieux, à voir, au théâtre mais la pièce n'est guère reprise.
Si jamais vous pouvez vous procurer une vidéo de la pièce montée par Raymond Rouleau avec Montand et Signoret, vous êtes bien chanceux...
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