AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Raymond Gérôme (Adaptateur)
EAN : 9782221114490
252 pages
Éditeur : Robert Laffont (11/11/2009)

Note moyenne : 3.8/5 (sur 134 notes)
Résumé :
Dans la nuit, cerné par les hauts blocs d'immeubles enserrant sa petite maison, un homme plante des graines à la lumière d'une lampe de poche.

C'est un homme comme tant d'autres, fasciné par l'argent et la réussite, qui arrive au bout de trente années de travail dans la même entreprise.

Il va pourtant perdre son emploi -et décevoir irrémédiablement sa femme et ses deux fils. Lorsque la pièce commence, il est déjà perdu.

... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
  13 mars 2014
Vous souvenez-vous du vieux western de Sergio Leone, Et Pour Quelques Dollars De Plus ? Le film s’ouvrait sur un carton où il était inscrit en substance (je cite de mémoire) : « Là où la vie n’avait aucune valeur, la mort pouvait parfois en avoir une. Et c’est ainsi que naquirent les chasseurs de primes. » Et bling !, vous aviez la musique d’Ennio Morricone à fond dans les oreilles et l’image où vous crouliez sous un soleil de plomb juste avant qu’un malfrat transpirant et mal rasé avec la tête de l’emploi ne fasse son entrée sur l’écran. Bref, toute une époque…
Là où la vie n’avait aucune valeur, la mort pouvait parfois en avoir une… Voilà ce qui nous raccroche à la pièce d’Arthur Miller. Car dans Mort D’Un Commis Voyageur, la vie des individus ne vaut rien, justement. La seule chose qui prime, c’est l’argent que vous êtes capable de rassembler chaque semaine, c’est l’argent que vous êtes à même de dépenser pour rembourser un crédit, c’est le crédit que vous êtes capable de contracter pour acheter un bien de consommation, c’est le nombre et l’éventail des biens de consommation que vous êtes capable de présenter à vos connaissances quand vous ou elles vous rendez visite.
Oui, c’est bien au système de la société de consommation, la société marchande, la société du chiffre, à l’idéal de la réussite financière auxquels l’auteur s’attaque. Où sont les hommes derrière tout ça ? où sont les êtres, les âmes derrière ce luxe ou ces biens de consommation ? où sont les relations sociales, les rapports humains véritables qu’il y a derrière le credo de « la réussite »
Quel est le sens de cette vie où après avoir travaillé d’arrache pied toute sa misérable existence on se retrouve tout juste apte à avoir épongé les dernières dettes, pour la maison, l’aspirateur et le frigo, au moment où l’on est plus bon à rien, plus bon à vivre pour de vrai une vraie vie avec des vrais hommes ayant des vraies relations sociales dénuées de considérations de business et de rentabilité. On a passé sa vie à payer des études à nos enfants, à s’inquiéter de leur réussite professionnelle plutôt qu’à vraiment les écouter et chercher à les connaître pour eux-mêmes.
C’est de cette vie, c’est de ce système dans lequel nous sommes encore, aujourd’hui plus que jamais, dont Arthur Miller nous parle, dès 1949. Il nous met en garde, il nous dit : n’oubliez pas de vivre, surtout ! N’oubliez pas les moments gratuits, juste d’homme à homme, ceux que vous ne pourrez jamais porter en bracelet ni accrocher au mur mais qui sont pourtant tellement, tellement plus que les zéros sur un compte en banque, tellement plus que toutes les cartes de visite que vous pourrez présenter, aussi prestigieuse que puisse être votre position et votre entreprise.
Attention ! dit-il, si votre vie se résume à produire et acheter, votre vie n’est qu’un bien de consommation comme un autre. Arrêtez seulement de produire et vous ne pourrez plus acheter, si bien que votre existence ne vaudra plus rien du tout, sauf peut-être à considérer le montant de l’assurance-vie que vous aurez été capable de souscrire. Là où la vie n’avait aucune valeur, la mort pouvait parfois en avoir une…
Oui, c’est ça qu’il nous dit l’ami Miller. Il est touchant son Willy, car c’est un bosseur, un trimeur, un brave gars dans le fond, qui met du cœur dans ce qu’il fait, qui croit aux muscles et à la réussite. C’est un brave gars Willy, oui, un vrai brave type qui a roulé sa bosse des affaires toute sa vie sur les routes de la Nouvelle Angleterre en quête de nouveaux clients pour son patron qui doit toujours lui faire obtenir de l’avancement.
C’est un brave gars Willy, qui veut dur comme fer que ses deux fistons réussissent : Biff et Happy. Sait-il seulement ce que ça veut dire réussir ? Et sa femme Linda ? sait-elle ce que cela veut dire réussir pour ses deux fils ? réussir dans son couple ? réussir dans sa vie ?
Le tableau de cette pièce, une maison individuelle à la campagne cernée, étouffée désormais par d’immenses immeubles tout autour qui lui bouchent la vue me rappelle fortement l’album pour enfant La Petite Maison de Virginia Lee Burton et datant de 1942. Je ne serais pas du tout surprise que Miller s’en soit inspiré pour sa pièce, et même pour ses personnages (Biff notamment), vous me direz.
Vous me donnerez votre avis qui, en faisant la navette, signera peut-être la fin du mien. Ce sera donc la mort d’un avis voyageur, c’est-à-dire, bien peu de chose.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          864
Tandarica
  11 avril 2020
Une pièce de théâtre qui révolutionne plus ou moins la tragédie en y introduisant des personnages courants et une langue de tous les jours. Mais ce qui frappe en premier, avant l'aspect domestique, c'est la féroce critique sociale de « l'american way of life », malgré ce qui peut le racheter (la modestie et le succès de Bernard par exemple), avec le langage stéréotypé de ceux qui réussissent ou veulent réussir (la conversation de Ben et Willy est fort limitée), le manque de communication (Howard, le patron de Willy a acheté un dictaphone), le mépris des autres à la recherche démagogique de la popularité.
À noter enfin que les décors étaient eux aussi relativement innovateurs.
Commenter  J’apprécie          510
palamede
  10 avril 2016
Après trois décennies loin de sa femme et de ses fils à effectuer un travail qui ne lui a rien rapporté, pas même de quoi payer les dernières traites des objets du quotidien et de sa petite maison déjà entourée de grands immeubles, l'homme fatigué, usé, le commis voyageur, après avoir cru au dieu argent prend la mesure de la vacuité de sa vie, du fossé qui le sépare de sa famille et pense qu'il ne lui reste plus qu'à disparaître.
En 1949, dans cette première pièce qui eut un succès immédiat, Arthur Miller, inspiré par les représentants qui travaillaient dans la fabrique paternelle, dénonce déjà les dérives d'une société où la réussite est avant tout économique et matérielle. Traité avec beaucoup de subtilité et de sensibilité, ce sujet sur le manque de repères - cause d’une grande détresse chez certains - est plus que jamais d’actualité. Une oeuvre remarquable d'un homme qui a su garder toute sa vie le sens des vraies valeurs malgré le succès et la gloire.
Commenter  J’apprécie          470
Musardise
  06 août 2018
Willy Loman est un commis voyageur de la fin des années quarante, qui doit avoir autour de la cinquantaine et a toujours cru au mensonge du rêve américain. Il a voulu acheter une tranquille petite maison pour sa famille - sa femme Linda, son fils aîné Biff, qui ne vit plus avec eux, et Happy, le cadet. La petite maison tranquille s'est retrouvée emmurée dans un ensemble d'immeubles, et le rêve américain s'est mué en cauchemar. Malgré tout, Willy Loman fait encore semblant d'y croire, alors qu'il gagne à peine sa vie, se traînant de ville en ville, son chiffre d 'affaires baissant chaque année davantage. Il reporte ses espoirs sur ses fils : Biff, rétif aux projets illusoires de son père et maintenant d'assez mauvaises relations avec lui, revenu pour un temps sous le toit familial, et Happy, qui lui, croit encore pouvoir "réussir". Linda a compris depuis longtemps que son mari n'était pas un bon commercial, que les fins de mois seront toujours difficiles, et elle écoute ses rodomontades sans illusions, mais avec tendresse, se rendant compte à quel point son mari est malheureux (ce qui échappe aux deux fils), mais ne pouvant pas grand-chose pour lui. Willy se referme sur lui, refuse la plupart du temps d'avouer sa détresse, se mure dans une dignité factice et inutile. On ne saura jamais ce qu'il vend ; lorsqu'on posait la question à Miller, celui-ci répondait que Willy Loman se vendait lui-même.
C'est une pièce âpre, amère, terriblement réaliste. Une pièce politique, bien entendu, puisqu'Arthur Miller dénonçait ici, en 1949, comme il l'a souvent fait, les dégâts du capitalisme et des illusions que le gouvernement américain vendait à sa classe moyenne et à ses citoyens en général ; illusions qui sont toujours d'actualité, aux États-Unis et presque partout dans le monde, à travers l'invention du concept du fameux ascenseur social, dont on voit aujourd'hui qu'il fonctionne plus que jamais à vide. Willy Loman, comme tant d'autres, a cru toute sa vie qu'il fallait gagner de l'argent, que là était le Graal. Or, non seulement il passe à côté de sa vie, mais il ne sait même pas comment gagner de l'argent. C'est un homme déphasé, qui ne correspond pas à l'image qu'on lui a toujours renvoyé de l'Américain idéal, celui qui doit gagner de l'argent pour l'argent - et qui est pourtant le fruit de la société de consommation et de l'idéologie capitaliste et libérale - une idéologie qui se révèle chez Miller, une fois de plus, destructrice.
C'est une pièce aussi terriblement efficace, dès le titre qui annonce la fin du drame. Une pièce en deux actes, où Willy Loman se raccroche encore, dans une première partie, à ses rêves qu'il sait pourtant perdus à jamais ; et où l'instabilité mentale s'installe peu à peu, dans une seconde partie, Willy se raccrochant alors à son passé, parlant tout haut et seul, ou du moins avec des personnages issus de sa mémoire, invisibles à ses proches mais visibles du lecteur/spectateur. Tennessee Williams ayant influencé Miller et Albee, j'imagine que la scénographie de la ménagerie de verre n'est peut-être pas pour rien dans ces flash-back, le côté un peu kitsch en moins. C'est que chez dans Mort d'un commis voyageur, on va droit au but, et que si on voyage dans la mémoire de Willy Loman, le ton reste d'un réalisme acerbe : pas de chichis dans les dialogues, ni dans la construction des personnages. Ibsen n'est encore pas très loin, en ce sens que dès le début de la pièce, la situation dramatique est déjà à l'oeuvre depuis longtemps, et que ce sont les réactions et les choix de Willy Loman qui vont constituer l'argument de la pièce ; le pire étant que Willy Loman, qui dira valoir plus cher mort que vif, va transmettre l'idéologie qui va le tuer à son plus jeune fils.
Il paraît qu'il faut des jeunes Français qui aient envie de devenir milliardaires... M'est avis qu'il faudrait également plus d'Arthur Miller en ce bas-monde.

Challenge Théâtre 2017-2018
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          263
Bruidelo
  16 mai 2018
C'est un peu désespérant, Arthur Miller a écrit sa pièce en 1949, mais la noirceur du tableau social où l'argent est roi, où les impératifs de la rentabilité économique transforment l'être humain en citron à presser, où le chômage et le déclassement social créent un sentiment de déchéance , n'a malheureusement rien perdu de son actualité.
Pourtant il y a de la belle amour dans la famille Loman, et c'est d'autant plus dur de voir les aspects néfastes du rêve américain se distiller comme un poison dans l'affection que Willy a pour ses fils, pourrir leurs relations et générer une atmosphère étouffante.
Le théâtre intérieur où Willy se rejoue des scènes de son passé, parle avec ses fantômes, se construit son mythe personnel, renforce encore l'épaisseur et la profondeur de la pièce, mais aussi son côté oppressant, en soulignant le besoin du protagoniste de s'échapper de la réalité présente, son désordre mental.
Pas le livre à lire si vous avez envie de légèreté et d'éclats de rire. Une pièce intense, dont la profondeur psychologique et la force de la critique sociale donnent à réfléchir.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          330

Citations et extraits (50) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   11 mars 2014
BIFF : En quittant le collège, tu te souviens, j'ai fait des tas de petits boulots : expéditionnaire, vérificateur, commissionnaire, démarcheur... et toujours une voix me disait : tu n'es pas fait pour ça, laisse tomber. Surveiller les stocks, vendre, acheter, compter, dépasser les copains, toujours avec un col fermé, une cravate, un veston, sans jamais voir le ciel, non ! Ce qu'il te faut à toi, c'est vivre au grand air, torse nu, sous le soleil !
HAPPY : Ben si c'est ce que tu veux, Biff...
BIFF : J'ai conduit du bétail, du Nebraska au Dakota du Sud, au Dakota du Nord aussi, et puis je me suis occupé de chevaux, en Arizona d'abord, et enfin, depuis quelques temps, là-bas au Texas. Les poulains sont en train d'y naître, Happy ! Il n'y a rien de plus beau, de plus libre au monde qu'un poulain, et à chaque printemps, je suis émerveillé en les voyant naître, et heureux, et malgré cela tu vois, je suis là ! C'est le printemps au Texas et je suis là ! J'ai quitté ma place et je suis rentré, parce que maintenant, là-bas je me demande sans cesse : mais qu'est-ce que tu fous là, couillon minable, à faire joujou avec tes canassons miniatures, pour vingt-huit dollars par semaine. Vingt-huit dollars par semaine à trente-quatre ans ! Alors que tu devrais être en train de construire ton avenir ! Happy, j'en pouvais plus, j'ai quitté ma place, le Texas, les chevaux, la liberté, la beauté, et je suis rentré la queue basse à la maison, construire mon avenir... Seulement, à peine arrivé, j'étouffe, je ne sais plus quoi foutre de ma peau, je tourne en rond, et j'ai envie de repartir dare-dare pour le Texas ou pour n'importe où ailleurs, loin d'ici, à l'air ! Ce que je veux vraiment faire dans ma vie, Happy, c'est de ne pas la gâcher, et où que j'aille, je sens que je suis justement en train de la gâcher, et tout particulièrement, quand j'arrive ici...

Acte I.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          230
Nastasia-BNastasia-B   31 mars 2014
BIFF : Cet après-midi, je me suis retrouvé dans cet escalier, ce stylo à la main, fuyant comme un perdu, et tout à coup, au centre de cet immeuble de bureaux, sur les marches de fer de cet escalier, j'ai vu, j'ai vu par une toute petite meurtrière, trouant le béton, le ciel, l'immensité bleue du ciel et je me suis senti tellement heureux, tellement soulagé ! Et puis je me suis souvenu de tout ce que j'aimais en ce monde : travailler de mes mains, manger du fromage en plein air, fumer allongé sur l'herbe au pied d'un arbre, alors, j'ai regardé ce stylo en plaqué or et je me suis demandé ce qu'il faisait dans ma main, pourquoi je courais ainsi, pour échapper à qui, à quoi, pourquoi tous ces efforts pour devenir autre chose que ce que je suis, pourquoi enfin je venais de passer toute une journée sur le paillasson de ce gros crétin abject, en attendant, en espérant qu'il daigne m'honorer d'un regard de ses yeux vides ! Pourquoi ? alors que tout ce que j'aime au monde m'attendait dehors, sous le ciel du bon Dieu ! C'est alors, papa, que la peur m'a quitté et que j'ai eu envie de vivre et de t'expliquer ça, simplement ça, tu comprends ?
WILLY : Parfaitement, c'est ta vie, gâche-la !
BIFF : Papa, comprends donc enfin, des types comme toi et moi, on en fait des soldes, pas du premier choix !

Acte II.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          260
Nastasia-BNastasia-B   14 mars 2014
WILLY : Voilà, ils nous ont emmurés vivants, briques sur briques, coincés comme des rats entre leurs deux tas de clapiers !
LINDA : On aurait dû acheter le terrain mitoyen.
WILLY : Et les voitures, tu as vu, ça déborde de voitures par ici maintenant, l'air en est infesté, même le gazon ne pousse plus, tiens plante une carotte, avec un peu de chance tu récolteras un radis rachitique ou un navet nain ! Tu te souviens Linda, les deux grands ormes là-bas ce qu'ils étaient beaux, et quand Biff et moi on y avait mis un hamac, tu te souviens ?
LINDA : On se serait cru à des milliers de kilomètres de la ville.
WILLY : Tu sais quoi ? On aurait dû couper les têtes de ceux qui ont coupé ces arbres, ils ont bousillé le quartier, Linda, et ils vont bousiller le pays entier, partout ils construisent leurs clapiers ! Tu te souviens des fleurs, Linda ? Maintenant ce serait les glycines non . Et juste après, les pivoines, et dans un mois les jonquilles, et les lilas, Linda, le lilas, tu te souviens du lilas ?
LINDA : Bien sûr, mais d'un autre côté, il faut bien que les gens trouvent à se loger.
WILLY : Il y a trop de gens !
LINDA : Je ne crois pas qu'il y ait trop de gens chéri, je crois que...
WILLY : Il y a trop de gens ! La surpopulation, c'est ça qui est en train d'étrangler ce pays, la concurrence est devenue dingue, tout le monde ici se prend à la gorge, c'est à qui écrasera l'autre !

Acte I.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          220
Nastasia-BNastasia-B   16 mars 2014
BIFF : Je suis paumé Happy, paumé... Je ne touche plus le sol ! Je ne sais pas ce que j'ai... Je suis libre comme l'air Happy, je ne suis pas marié, je n'ai pas de métier, je ne suis pas dans les affaires, ni même dans la vie active, je suis comme un enfant Happy, comme un enfant, j'attends impatiemment le jour où je serai enfin grand... Mais toi au moins, t'es heureux ? tu as réussi non ?
HAPPY : Si on le dit vite et la bouche en biais, ouais !...
BIFF : Tu gagnes bien ta vie non ?
HAPPY : Moi, mon vieux, j'attends que mon directeur commercial crève, c'est un copain hein, mais... oui. Il s'est fait construire une maison, il l'a habitée deux mois, il l'a revendue, il s'en fait construire une autre, plus grande, avec une piscine plus grande aussi... Déjà, il cherche à la revendre, il ne sait pas profiter de son pognon, c'est maladif ! Et je sais déjà que ce sera pareil pour moi... Tiens, des fois je suis dans mon deux-pièces, terrasse, tout confort, et je me demande ce que je fous là, et pourquoi je paye si cher le loyer de cet endroit où je ne suis pas chez moi ! Pourtant, c'est ce que j'ai toujours voulu : un appartement à moi, une grosse voiture et plein de pétasses partout, qui attendent leur tour. J'ai tout ça et pourtant...

Acte I.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          190
Nastasia-BNastasia-B   01 avril 2014
CHARLEY : Qui sait de quoi un homme est fait Biff, surtout un commis voyageur ?... Essaie d'en peser un pour voir ! Plus léger que l'air, il te filera entre les doigts, il plane bien haut dans les nuages, chevauchant sa valise d'échantillons, avec son sourire comme une armure et ses chaussures trop bien cirées comme stratégie. Qu'une tache vienne salir son chapeau, et le voilà qui dégringole, mais qu'un vieux client perdu lui rende son sourire et le voilà reparti vers les sommets. Non, il ne dicte pas de lois, il ne construit ni maisons ni ponts ni usines, il ne donne ni médecine ni remèdes, il parle, il parle, il parle, d'une ville à l'autre, il court apporter un bon mot et la promesse d'une saison heureuse et fructueuse. Ne cherche pas à savoir de quoi il est fait Biff, il est tissé dans cette soie impalpable dont sont tissés nos rêves, comme eux, il nous est totalement inutile et totalement indispensable ! N'essaie jamais Biff de demander des comptes à ce commis voyageur-là, remercie-le plutôt d'avoir déployé tant d'énergie pour vendre tant de vent et faire si peu de mal, remercie-le de son sourire, de son air toujours affairé, de son espoir toujours affiché, et surtout de ses rêves, laissés en gage gracieusement à chaque membre de son aimable clientèle...

Acte II.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          180

Videos de Arthur Miller (12) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Arthur Miller
Nouveau thriller disponible sur la chaîne POLAR+ à partir du mardi 21 Janvier 2020.
Un film de Brian A. Miller. Avec Bruce Willis, Frank Grillo, Jonathon Schaech.
A la suite d'un braquage causant la mort d'une personne, un ancien policier s'associe à un directeur de banque pour retrouver un voleur impitoyable. Mais la situation s'aggrave rapidement lorsque le voleur kidnappe la femme et la fille du directeur…
Genre : Thriller/Action
BePolarTV est la première WebTV consacrée exclusivement au polar. le site www.bePolar.fr propose de l'actu sur les romans, films, BD, séries TV polars, ainsi que des dossiers thématiques comme La petite Histoire du Polar, San Antonio, le Prix SNCF du Polar, etc.
+ Lire la suite
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature américaine en anglais>Littérature dramatique américaine (40)
autres livres classés : théâtreVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Titres d'oeuvres célèbres à compléter

Ce conte philosophique de Voltaire, paru à Genève en 1759, s'intitule : "Candide ou --------"

L'Ardeur
L'Optimisme

10 questions
680 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature française , roman , culture générale , théâtre , littérature , livresCréer un quiz sur ce livre

.. ..