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EAN : 9782221114889
210 pages
Éditeur : Robert Laffont (02/02/2012)

Note moyenne : 4.26/5 (sur 17 notes)
Résumé :
Une banlieue américaine, un mois d'août de l'après-guerre. Joe Keller, grâce à son usine d'armement, affiche une réussite sociale emblématique du " rêve américain ". Mais son fils Tom, pilote, est toujours porté disparu. Et Kate, sa mère, attend son retour. Quand leur second fils, Chris, décide d'épouser Anne, la fiancée de Tom, tout bascule, et la triste vérité éclate enfin : la réussite de Joe Keller est fondée sur un crime. En effet, vingt-deux pilotes – dont son... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Musardise
  18 mai 2018
Une famille ordinaire américaine, les Keller, après la Seconde guerre mondiale. Ils avaient deux fils, tous deux partis combattre, et l'un d'eux, Tom, a disparu pendant le conflit. Bien que Chris, le fils survivant, et Joe, le père, soient persuadés de la mort de Tom, la mère, Kate, s'obstine à attendre son retour. Et l'on apprend que Chris va épouser Anne, l'ancienne fiancée de Tom - tous deux sont tombés amoureux. J'ai très vite songé au film Still walking de Kore-eda, qui démarre sur des bases assez identiques, et dont le noeud est la mort du fils aîné et ses conséquences sur la famille. Mais rien de tel ici, parce qu'avant d'être un drame familial, Ils étaient tous mes fils est un drame profondément social.
Petit à petit, il s'avère que quelque chose couve depuis des années au sein de cette famille. L'acte I dévoilera, par petites touches, que Joe Keller, qui dirigeait une usine d'armement avec son associé (le père d'Anne), fut accusé pendant la guerre d'avoir laissé passer des culasses défectueuses qui, tenues pour parfaitement exploitables, furent montées sur des avions et causèrent la mort de vingt-deux pilotes. Joe, acquitté au détriment de son associé, qu'on a envoyé en prison, raconte la chose de façon plutôt légère : il a été injustement accusé, le père d'Anne a cherché à lui faire porter le chapeau, on l'a conspué, mais il n'en veut à personne et tout est rentré dans l'ordre. Sauf qu'à la toute fin de l'acte, le frère d'Anne, avocat, annonce qu'il vient se joindre à la petite réunion familiale... C'est donc à l'acte II, plus court mais plus intense, que va se démêler l'écheveau : Joe est le véritable responsable de l'escroquerie des culasses. Et l'acte III, encore plus court, trouvera sa conclusion dramatique, mais inévitable.
Arthur Miller avait précisé à propos de cette pièce que, si elle portait un message en termes de moralité, il ne s'agissait pas ici de bien ou de mal. Ce qui est pointé du doigt, ce sont les compromis moraux que chacun fait plus ou moins avec ses propres principes - et dans le cas de Joe Keller, c'est plutôt plus que moins -, les mensonges que l'on se raconte pour justifier ces compromis, et la volonté d'en profiter en toute impunité, sous prétexte qu'on veut gagner de l'argent pour sa famille, par exemple ; qu'y a t-il, ma foi, de mal à ça ? Joe Keller n'envisage pas un instant de subir les conséquences de ses actes. Pourtant, les conséquences sont là et bien là, sous ses yeux (et il n'a pas fini d'en découvrir les douloureux méandres) : le père d'Anne est en prison à sa place et des pilotes sont morts. Et puis il y a Anne, qui n'a jamais voulu croire à l'innocence de son père, Chris, qui a toujours cru les yeux fermés à la moralité du sien, et Kate, la mère, qui pressent toute cette malhonnêteté et qui cherche à protéger la famille avant tout, ne supportant pas la désagrégation de toutes ses valeurs, niant tout ce qui la dérange et l'empêcherait de vivre. Mais au-delà, il y a cette société américaine qui s'est enrichie avec la guerre, cette société de consommation qui met le profit par-dessus tout et pousse ses citoyens à faire fi des valeurs d'honnêteté et autres broutilles - chacun portant une part de responsabilité dans cette absence de moralité indécente, mais tellement courante qu'elle est devenue une habitude, voire une règle de vie.
On a beaucoup parlé d'Ibsen à propos du théâtre de Miller, et lui-même s'en est expliqué (en disant que c'était tout à la fois vrai et faux) : dans Ils étaient tous mes fils, la construction de la pièce ressemble effectivement assez à celle d'Une maison de poupée, par exemple. Lorsque débute la pièce, tout est déjà lancé, le drame est déjà joué, et ce qu'il reste à voir, c'est la façon dont les personnages en souffrance vont se tirer d'une situation quasiment inextricable. le langage, les personnages, le cadre ordinaires vont de plus plonger le lecteur directement dans une intrigue qui va rapidement leur sembler familière, et dont les tenants et les aboutissants, s'ils ne leur sont pas donnés d'emblée, vont leur apparaître, effrayants, dans toute leur essence.
Miller, dramaturge engagé ? Oui, sans aucun doute, et c'est tant mieux.

Challenge Théâtre 2017-2018
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Zazette97
  08 mars 2012
Parue aux USA en 1947 et disponible en français depuis le 2 février dernier, "Ils étaient tous mes fils" est une pièce en 3 actes de l'écrivain et dramaturge américain Arthur Miller, auteur notamment de "Mort d'un commis voyageur", "Les Sorcières de Salem" ou encore de "Les Misfits".
Assis à lire les petites annonces dans son jardin, Joe Keller voit débarquer son fils Chris qui lui annonce l'arrivée imminente d'Annie, la jeune femme qu'il a l'intention de demander en mariage.
Devant la surprise de son père, Chris tente de le convaincre de lui témoigner son soutien au moment où il annoncera la nouvelle à sa mère.
Il faut dire que Kate Keller aurait certainement des raisons de s'opposer à ce mariage compte tenu du fait qu'Annie était auparavant fiancée à Larry, son autre fils disparu durant la guerre et dont elle n'a jamais accepté de reconnaître la mort.
Alors que les messes basses vont bon train, la petite famille reçoit la visite impromptue de George, le frère d'Annie qui est bien décidé à confondre Joe dans une affaire de joints de culasse défectueux vendus durant la guerre.
Se pourrait-il que la justice ait mis à tort son père derrière les barreaux en lieu et place de Joe, son ancien associé ?
Bien que je connaissais Arthur Miller de nom et de par son mariage avec Marilyn Monroe, je ne l'avais encore jamais lu.
C'est maintenant chose faite et je ne regrette absolument pas le voyage dans cette Amérique d'après guerre aux valeurs douteuses !
J'ai été soufflée par la capacité de l'auteur à évoquer tant de sujets en si peu de pages et par la seule force du dialogue.
Au centre de la pièce (et du débat) se trouve Joe Keller, un homme pressenti comme pragmatique, préférant les petites annonces aux informations et qui, au motif de faire le bonheur et la fierté de ses enfants, semble substituer l'argent à toute valeur morale.
Sa femme Kate, qui occupe le rôle de "Maman", se fait la complice tourmentée de son mari, l'accompagnant dans ce souci de sauver les apparences, de protéger sa famille en dépit des circonstances tandis que son mari et son fils tâchent de préserver ses nerfs.
Bien que dépourvue de lucidité quand il s'agit d'évoquer son fils disparu, cette maman poule se montre plus clairvoyante qu'elle n'y paraît.
Leur fils Chris aspire à vouloir mener une vie à contre-courant tout en restant l'obligé de son père. Avec Anne et George, il incarne la naïveté et la jeunesse trahie par les secrets du monde adulte.
Tous les personnages de ce huis-clos assument parfaitement leurs penchants naturels, à commencer par Joe Keller qui tirera une énorme leçon de ses actes passés mais pas de la meilleure manière qui soit car ce sera encore une fois son individualisme, la conscience d'avoir perdu ses biens les plus précieux, qui lui fera mesurer toute l'ampleur d'une décision qu'il pensait être la bonne.
Les secrets de famille prennent ici une tournure dramatique. L'admiration des enfants pour leurs aînés vole en éclats et l'on entend d'ici Arthur Miller ironiser sur les profits tirés de la guerre et le beau modèle d'honnêteté transmis à la nouvelle génération.
Même si j'ai senti le vent venir au fil de cette tension croissante, je me suis demandée sur quelle leçon Miller ferait tomber le rideau.
La conclusion s'avère pour le moins amère dans ces dernières lignes qui voient rapidement se succéder le déni de responsabilité, la prise de conscience mal placée et finalement la lâcheté tandis qu'il se murmure que quand la justice des hommes fait mal son boulot, une autre s'en charge.
Autant vous dire que je compte bien découvrir d'autres oeuvres d'Arthur Miller !
Lien : http://contesdefaits.blogspo..
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Daniil
  04 janvier 2014
Le théâtre américain d'après-guerre (celui entre autres de Tennessee Williams, d'Edward Albee et d'Arthur Miller) inventa une morale , gorgée de mélancolie, remarquable dans son ensemble. Pourtant All my sons est certainement la pièce que j'apprécie le plus, qui mêle intrigue familiale, mensonge de guerre, faiblesse humaine et manifestation quasi-divine avec plus de finesse que nulle autre à mon sens. L'auteur y peint un homme d'apparence respectable, assuré et rassurant, mais profondément tiraillé entre ses sentiments (son égoïsme, son patriotisme, l'amour qu'il porte à ses enfants, etc.), qui le poussèrent à agir comme il jugea le meilleur et à faire des choix difficiles sinon impossibles. Ayant à vivre avec sa propre conscience, cherchant à se rassurer lui-même et à oublier, il sera finalement jugé et condamné par ceux-là même qu'il aime plus que tout au monde et pour lesquels il fit ce qu'il fit.
Le théâtre de Miller met en scène des individus dépassés par un mouvement auquel ils appartiennent (la guerre, la chasse aux sorcières, la société), qui les poussent à prendre des décisions insensées, mais tellement humaines qu'on les retrouve tout au long de notre histoire et même dans chaque famille… Tout le monde a tort, tout le monde a raison dans un monde tragique : agir dans l'intérêt de ses enfants est noble et respectable, mais qui sont nos enfants? ne sommes nous pas tous frères et soeurs, et les enfants des autres ne sont-ils pas un peu les nôtres aussi?
Je conseille l'édition de Methuen World Classics : Arthur Miller PLAYS : ONE (Avec : Death of a salesman, The crucible, A memory of two mondays, A view from the bridge, ainsi qu'une passionnante introduction par Arthur Miller lui-même).
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ScoutCurtis
  24 mai 2016
Ils étaient tous mes fils est une pièce de théâtre en trois actes du dramaturge américain Arthur Miller (La mort d'un commis voyageur, Les Sorcières de Salem) et écrit en 1947.
L'action de la pièce se situe dans l'après-guerre, elle met en scène les Keller, la famille américaine typique d'une banlieue prospère mais profondément marquée par la disparition au combat de leur fils Tommy.
Kate, la mère, reste convaincue que son fils n'est pas mort, dans le déni total, c'est devenu pour elle une obsession et elle ne tolère pas qu'on s'oppose à cette idée. Chris, le fils cadet, est celui sur qui le père Joe a reporté toutes ses ambitions sociales. Mais Chris, amoureux de Annie l'ancienne fiancée de Tommy, compte bien profiter de sa venue chez eux pour annoncer à ses parents leur intention de se marier. Joe lui est un self-made man, fier patron d'une usine où il a grimpé tous les échelons.
Mais voilà, la réussite de Joe est basée sur un crime. Vingt deux pilotes américains se sont écrasés au cours de leurs missions à cause de culasses défectueuses tout droit sorties de l'usine de Joe. Et c'est l'ex-partenaire de Joe, le père d'Annie, qui est emprisonné accusé par lâcheté par Joe.
La pièce se déroule sur une seule chaude journée d'été qui sera bouleversée par les révélations de George, le frère d'Annie, obligeant chacun à faire face à son passé et à ses responsabilités présentes.
À l'instar de la plupart de ses oeuvres, Arthur Miller expose ici «la tragédie de l'homme ordinaire», le revers du rêve américain, la face cachée du capitalisme et de la réussite sociale.
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polarjazz
  02 décembre 2018
Une très belle découverte que ce dramaturge. Ses dialogues maîtrisés révèlent sa technique de la langue américaine ainsi que sa posture dans les années 40 et 50. "Ils étaient tous mes fils" est une pièce de théâtre écrite en 1947. Dans la maison familiale, se réunissent les parents Joe et Kate Keller ainsi que leur fils cadet. le fils aîné, pilote durant la seconde guerre mondiale a disparu depuis plusieurs années. Il est mort en mission. Pourtant, sa mère attend son retour. le frère cadet, Chris décide d'épouser la fiancée de son frère. Anne les rejoint puis le frère d'Anne, avocat qui est opposé à ce mariage.
Un drame est à l'origine de ce retour liant les deux familles. Joe a menti ce qui a coûté la vie à plusieurs pilotes. La culpabilité ronge les dialogues.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
MusardiseMusardise   27 avril 2018
KELLER
Je ne sais pas, je ne lis pas les informations. Je ne m'intéresse qu'aux petites annonces.
FRANCK
Pourquoi, vous voulez acheter quelque chose ?
KELLER
Non, par curiosité. (Silence.) Pour voir ce que les gens recherchent. Par exemple, il y a là un type qui veut acheter deux saint-bernard. Non mais, voulez-vous me dire ce qu'on peut bien faire de deux saint-bernard ?
FRANCK
Oui, c'est bizarre.
KELLER
En voilà une autre, tenez... "Achète très cher vieux dictionnaires". Non, mais pourquoi des vieux dictionnaires ?
FRANCK
Probablement un bouquiniste.
KELLER
Vous voulez dire qu'il gagne sa vie avec ça ?
FRANCK
Bien sûr, c'est courant.
KELLER, secouant la tête.
Il y a vraiment des métiers baroques ! De mon temps, on était ou bien avocat, ou bien ouvrier-monteur. Maintenant...
FRANCK
Moi, je voulais être agronome, à un certain moment.
KELLER
Hum !... Voyez, c’est bien c e que je disais ! (Il parcourt la page d'un coup d’œil et balaie son contenu d'un revers de main.) C'est en regardant une simple page de journal qu'on voit combien on sait peu de choses. (Il secoue la tête avec une expression d'étonnement enfantin.) Pssss...

Acte premier
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MusardiseMusardise   28 avril 2018
CHRIS
[...] Moi, je les voyais tomber, jour après jour. Chaque fois, j'avais l'impression qu'on m'arrachait un morceau de moi-même. Jour après jour, tout craquait, tout croulait autour de moi. Alors, soudain, il m'a semblé que quelque chose de nouveau venait d'apparaître... une sorte de lien... de responsabilité de l'homme envers l'homme... et j’avais l'impression qu'il suffirait d'en parler après, de sortir des tombes cette évidence pour que chacun se sente réconforté, transformé, meilleur. (Pause.) Puis je suis revenu. C'était incroyable ! Tu me vois retrouvant ici les gens exactement pareils avec leurs petites manies, leurs petites préoccupations... comme s'il ne s'était rien passé. Oui, bien sûr il y avait eu la guerre... Mais eux voyaient ça de loin... un peu comme on s'imagine les catastrophes dans les journaux. Si bien que les gars qui pourrissaient là-bas faisaient figure de bien pauvres types.
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MusardiseMusardise   17 mai 2018
JIM, se levant
Vous ne connaissez pas votre fils.
Il n'est pas donné à tout le monde de savoir mentir. Cela demande certaines aptitudes. Vous les avez ; moi aussi. Mais pas lui.
MAMAN
Que voulez-vous dire ? Il ne reviendra pas ?
JIM
Oh ! si, il reviendra. On revient toujours, Kate. Ces petites révoltes finissent par mourir. On en arrive toujours à un compromis. Franck a raison dans un sens : tout homme a son étoile. L'étoile de son intégrité morale. Et toute sa vie, il essaie de s'y accrocher. Une fois qu'elle est éteinte, elle ne se rallume plus. Je en crois pas qu'il soit allé bien loin. Il voulait peut-être seulement rester seul, pour voir son étoile s'éteindre.
MAMAN
Pourvu qu'il revienne !
JIM
Je préférerais qu'il ne revienne pas, Kate. Un jour, j'ai tout plaqué, moi aussi. Je suis parti comme ça, tout simplement, à la Nouvelle-Orléans. Pendant deux mois je me suis nourri de lait et de bananes, en étudiant une certaine maladie. Puis elle s'est amenée , elle a pleuré. Et je suis rentré à la maison avec elle. Et maintenant, je mène une vie d'aveugle, je suis dans le noir, comme tout le monde. Je n’arrive pas à me retrouver moi-même ; il m'est parfois difficile de me rappeler que genre d'homme je voulais être. Je suis un bon mari ; Chris est un bon fils, il reviendra.

Acte III
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MusardiseMusardise   04 mai 2018
KELLER
C'était pour vous. Pour mes fils. Pour toi !
CHRIS, emporté par la fureur aveugle.
Pour moi ! Mais d'où sors-tu donc ! Dans quelle planète vis-tu ? Moi qui mourais chaque fois que tu tuais un camarade. C'était pour moi que tu le faisais ? Quand je pense que j'étais fier de toi ! Et tu faisais ça pour moi ! Mais à quoi t'imagines-tu que je pensais, nom de Dieu ! À ton affaire, peut-être ? Ta cervelle n'est donc pas capable de concevoir autre chose que ta maudite affaire ? Qu'est-ce que tu as donc dans le ventre ? Des billets de banque ! C'était pour moi !... Tu n'as donc pas de pays ? Tu ne vis donc pas sur terre ? Mais, bon Dieu, qu'est-ce que tu es au juste ?

Acte II
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ScoutCurtisScoutCurtis   29 juin 2016
Je sais que tu n'es pas pire que les autres mais, je te croyais meilleur parce que, pour moi, tu n'étais pas un homme, tu étais mon Père.
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