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Nicolas Bourcier (Éditeur scientifique)
EAN : 9782253121541
247 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (11/04/2007)
3.25/5   83 notes
Résumé :
Rochus Misch a été le garde du corps d'Adolf Hitler. Quelque cinq années de 1940 à 1945 passées nuit et jour auprès du dictateur nazi. De la chancellerie berlinoise aux appartements privés, du nid d'aigle de Berchtesgaden à la « Tanière du loup » en Prusse orientale et au QG ukrainien, Rochus Misch a suivi le Führer jusqu'à la fin du IIIe Reich. Il a été le témoin des petites et grandes heures des dirigeants nazis et de leurs compagnes, dont Eva Braun.

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Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
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Anncy
  07 décembre 2013
Loin du cortège d'horreur et de désolation que la Seconde Guerre Mondiale nous renvoie, c'est une vision pour le moins décalée de ce conflit que nous réserve ce récit. Un contre-champ presque surréaliste tant il est en contraste avec l'imagerie que nous avons de ces événements, nous faisant entrer dans une autre dimension de l'histoire.
Nicolas BOURCIER, journaliste au Monde, nous conte la vie de celui qui fit partie (1940-1945) de la garde rapprochée d'HITLER: Rochus MISH, ultime survivant de ce cercle rapproché. Témoin “important et fiable” d'après les historiens de cette triste époque.
C'est en effet un parcours atypique qui conduit ce peintre, ayant des dispositions très tôt pour le dessin, étranger à l'idéologie hitlérienne, à côtoyer durant ces années déterminantes pour l'histoire du monde, le guide de l'Allemagne nazie, le Führer en personne. Leur goût partagé pour l'aquarelle n'y étant pour rien.
La vie est une succession de rencontres, d'opportunités, de hasards. Comment expliquer autrement l'accession (rapide) de ce jeune apprenti à la Begleitkommando (garde rapprochée d'Hitler) au coeur du pouvoir, et ce, sans avoir été membre du parti (NSDAP), ni des jeunesses hitlériennes.
Ce récit simple sur les rapports très humains de ces jeunes hommes confrontés à l'histoire et au pouvoir met mal à l'aise. On a froid. Et pas seulement à cause des bâtiments surdimensionnés comme la chancellerie du Reich. Car la guerre est bien là. Cette dichotomie entre les événements et la vie quotidienne de ceux qui les provoquent, montre les dangers de toute idéologie et de ceux qui y sont entraînés. le détachement terrifiant des “petites mains” qui participent dans leur quotidien presque anodin à l'effroyable massacre de millions d'êtres humains. Sans y prendre garde sur le moment. Même après pour certains. Ou comment toute idéologie au quotidien plonge dans un déni de réalité.
Il y a des milliers de livres dans toutes les langues traitant de ce moment de l'histoire. Au fond, l'intérêt d'un récit témoignage comme celui-ci n'est pas d'adoucir, ni de relativiser les crimes sans nom perpétrés à ce moment de l'humanité parce que tel ou tel dirigeant apparaît dans son quotidien avec son chat, ses enfants ou son entourage, attentionné, très amical, chaleureux; mais de prendre conscience que le mal est bien - certes à des degrés divers - en chacun de nous, et qu'il peut surgir directement, suite à des accidents de la vie, en accompagnement ou par aveuglement.
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kedrik
  07 septembre 2011
Ce n'est pas un livre que j'ai acheté, c'est un livre laissé chez moi par un visiteur de passage. Il n'avait pas sa place dans la PàL, il traînait à part, condamné par avance. le titre racoleur, la couverture qui tapine dans les plus bas instincts historiques. Il est pourtant arrivé à se faire lire.
Rochus Misch est un jeune orphelin devenu apprenti peintre quand la guerre éclate. Il sert sous les drapeaux comme il se doit et prend rapidement une balle dans la poitrine. À la sortie de sa convalescence, on le transfert à la chancellerie dans un commando chargé de protéger Hitler. Jusqu'à la fin du régime, Misch va donc être le témoin direct de la vie de la garde rapprochée d'Hitler.
J'étais garde du corps d'Hitler. Avec un titre pareil, on s'attend à une vie incroyable. Des complots stoppés à la dernière minute. Des tentatives d'empoisonnement avortées. Pas du tout. Misch est en vérité plus un facteur/téléphoniste qu'un vrai garde du corps. Son emploi est surtout administratif. Quand une bombe explose dans le bunker d'Hitler, Misch n'est même pas là. C'est au contraire de ce que laisse penser la couverture une petite vie de fonctionnaire. Misch liste les petits tâches de la chancellerie. Porter un cadeau de Noël à telle actrice. Apporter des messages à Hitler. Assurer les liaisons téléphoniques quand tout ce petit monde part dans un autre QG. C'est finalement un travail aussi passionnant que celui de commis adjoint au sous-secrétaire de la cour des comptes.
Ce sont les derniers jours d'Hitler et de son entourage qui sont les plus intéressants. Une sorte de redite du film La Chute (que Misch qualifie de drame d'opérette tant le film exagère sur l'ambiance régnant dans le bunker). Mais pour le reste, ce sont des souvenirs évasifs d'un vieux monsieur qui a la mémoire courte. Car à l'entendre, il ne savait rien. Oh non. Lui ne lisait pas les messages qu'il transmettait, il se contentait de les porter à Hitler. D'ailleurs il insiste bien : il n'a jamais lu Mein Kampf, n'a jamais été membre du parti nazi et a été même marié toute sa vie à une militante de la social-démocratie. Il ne savait rien des camps de concentration, évidemment. Il n'était qu'un simple soldat un peu con-con qui voulait faire son travail le plus correctement possible et avoir la reconnaissance de son patron. D'ailleurs, Misch n'a aucun regret et ne connait pas la culpabilité. C'est vrai, quoi, il faisait son devoir. Il estime avoir payé son ardoise quand il est passé dans les mains des bourreaux de la Lubyanka (c'est vrai que ça solde pas mal les comptes).
Je sais, c'est facile d'avoir le cul posé dans son année 2010 bien moelleuse et de fustiger la moralité d'un soldat peut être naïf. Sans doute était-il vraiment dépassé par ce qui l'entourait. Et c'est vrai qu'au final, il n'est coupable de rien. Il n'a fait déporter personne. Il n'a même jamais tiré un coup de feu de toute la guerre. Il était juste un rouage inconscient de cette saloperie de système. D'accord. Tiens, voilà mon pardon, pour ce qu'il vaut. Mais alors pourquoi éditer ces mémoires ? Elles n'apportent rien historiquement (je suis loin d'être un spécialiste de la période, mais je n'ai pourtant rien appris de neuf), elles sont floues, parfois erronées. Il n'a aucun recul sur ce qu'il a vu, il n'analyse rien. Il annone les détails sans importance. Il se caractérise même par une totale absence de conscience politique, il ne comprend par ce qui l'entoure. Son témoignage prend de la valeur parce qu'il est le dernier témoin vivant de tout ce merdier, mais en toute franchise, ses souvenirs ne sont pas significatifs. Ce n'est qu'un coup éditorial. Une petite crapulerie qui fait vendre du papier en obligeant Clio à faire le trottoir. Car je doute que Mish ait souhaité de lui-même témoigner. On sent qu'un journaliste (celui qui préface le bouquin) est allé lui soutirer des entretiens histoire d'en tirer un jus qui tache.
Lien : http://hu-mu.blogspot.com/20..
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Eugenie3945
  05 avril 2021
📙 J'étais gardé du corps d'Hitler. Un petit livre passionnant qui retrace certains événements historiques et de 1940 à la fin du III ème Reich. Cet homme c'est Rochus Misch une jeune homme qui n'était en aucun cas prédestiné à compter parmi la plus proche poignée de personnes autour d'Hitler surtout dans les derniers temps de la guerre. On découvrira son portrait lui qui n'était même pas un fervant nazi, c'est un concours de circonstances qui l'a mené et rapproché de la garde d'Hitler. Dans ce livre sera relaté ce moment où Rudolf Hess parti en secret en Ecosse pour tenter des négociations avec la Grande Bretagne. La colère d'Hitler fu immédiate il envoya ses proches qui auraient pu être au courant qui n'ont pas empêchés son départ au camps de concentration de Sachsenhausen près de Berlin. Ce qui est rageant à la lecture de ce livre c'est de connaître quelques détails comme le fait qu'il était plutôt simple d'assassiner Hitler à certains moments et lieux... D'ailleurs est retracé dans celui ci l'attentat du 20/07/44 qui malheureusement n'a causé que quelques égratignures à Hitler. Par la suite sa nourriture a été encore plus contrôlée et ses médecaments passés en laboratoire. On suivra Hitler par mis ses nombreux QG et ce livre se termine au bunker jusqu'à sa mort avec Eva braun. On plongera dans ce jour où Goebbles et sa femme tuent leurs enfants avant leur suicide... Il était là... Et nous raconte ces derniers instants. Il souligne aussi des erreurs sur le film "la chute" qui présente une ambiance bien trop festive à la réalité des faits.
Rochus Misch fu torturé et balloté de prisons en camps de détenus par l'armée soviétique pendant 10 ans avant de revoir sa femme et sa fille. Il estime avoir assez payé d'avoir fait simplement son boulot. Il confiera qu'il n'était pas informé des horreurs dans les camps. .
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pdupaty
  13 septembre 2014
Comme l'indique le titre, c'est le témoignage autobiographique d'un ancien membre de la garde rapprochée de l'oncle Adolf. Il s'est retrouvé dans la SS un peu par hasard, puisqu'il n'était pas du tout politisé (sa femme est socialiste et encartée au SPD, lui n'a jamais adhéré au NSDAP dont il ne s'est jamais intéressé à l'idéologie). C'est assez intéressant, mais c'est le témoignage d'un subalterne, qui n'a joué aucun rôle majeur. Il n'était pas proche du Führer ni des hauts dignitaires du IIIe Reich (à part peut-être Albert Bormann, le frère de Martin, qui avait un bon poste à la chancellerie). On n'apprend donc pas de grandes révélations politiques ou militaires, mais c'est intéressant par rapport à l'état d'esprit qui régnait chez les Allemands moyens à cette époque. Les descriptions des habitations de Hitler (la chancellerie, le bunker, le Berghof de Berchtesgaden ou la Wolfsschantze) sont intéressantes aussi.
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momotombo
  12 septembre 2021
Un témoignage étonnant sur des moments quasi intimes des principaux protagonistes du régime nazi. Des instants d'alégresse et de quiétude au "nid d'aigle" à la descente dans le bunker d'Hitler pour y vivre jusqu'à ses dernières heures, ce récit paraît presque imaginaire, en décalage avec notre représentation de cette monstrueuse machine de destruction. le narrateur, qui a vécu au plus près d'Hitler, nous transmet l'atmosphère presque familiale, pacifique et bienveillante d'un huis clos, bien loin de la violente réalité de son monde extérieur.
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
LadydedeLadydede   07 février 2013
L'atmosphère des jours suivants devint de plus en plus étrange. L'angoisse s'ajoutait à la peur. Comment quitter cet espace opressant ? Et comment sortir vivant de ce funeste bunker en se gardant bien d'afficher le pressentiment du désastre ? Les questions taraudaient visiblement beaucoup de monde, en silence. Les pensionnaires passaient devant mon bureau d'un pas rapide, la mine contrite et le regard ailleurs. Hitler, lui, m'apparut exténué, en proie certainement à une agitation interne phénoménale, il parvenait pourtant à garder la plupart du temps son sang-froid.
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Sakuraangel830Sakuraangel830   13 août 2015
J'étais le seul membre du commando à avoir une chambre dans la chancellerie du Führer. J'étais seul, encore célibataire, et surtout je suis arrivé à une période où il n'y avait plus de place dans ce que l'on appelle la nouvelle chancellerie, celle construite par Albert Speer avant 1939 et où logeaient la plupart des autres membres du commando, du côté de la Hermann-Göring-Strasse.
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baladinbaladin   17 janvier 2018
Hitler était déjà allongé sur le sol. Linge, Günsche, Kempka et un membre du RSD que je ne connaissais pas soulevaient son corps pour l'enrouler dans une couverture grise. J'ai demandé à Hentschel ce qu'on allait faire. Il m'a simplement répondu : "On attend". Les quatre hommes ont ensuite transporté le Führer par la sortie de secours. Je vois encore ses chaussures dépasser de la couverture. J'ai quitté le bunker à ce moment-là, bien décidé à faire passer l'information à la nouvelle chancellerie.
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baladinbaladin   17 janvier 2018
Il était encore relativement tôt. Je suis entré sans frapper. Le choc. Eva Braun était encore au lit, pratiquement nue avec une simple nuisette sur les épaules. Je me suis dit que tout était fini. Qu'on allait me virer, me mettre dehors. Pas un seul de mes camarades ne m'avait prévenu, personne pour me dire qu'elle était à Berlin et non au Berghof, dans les montagnes où elle passait une très grande partie de son temps. J'ai retenu mon souffle. Pris peur aussi. Eva Braun s'est alors redressée sur le lit. D'un geste de la main, elle m'a fait comprendre que ce n'était rien, que je ne devais pas m'inquiéter. J'ai tourné la tête et me suis cogné à la porte avant de sortir de cette chambre à toute vitesse. Il n'y a pas eu de suite. Eva Braun ne m'en a jamais parlé. Il n'y a pas eu de remarque, ni même une vague allusion. Personne n'a été au courant. Je crois.
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LugSamildatekLugSamildatek   10 avril 2021
Nous voilà face à Hitler, la , debout devant nous, comme s'il avait écouté toute la conversation.
Il m'observe un court instant. S'avance. Porte une lettre à la main. Je suis à un mètre de distance. Je le regarde sans le voir. J'ai froid. Je suis glacé. C'est l'effroi. J'ai chaud. L'envie de disparaître, de m'évanouir sur place. Bruckner prend la parole, annonce d'une manière très claire que l'on avait besoin de renfort, que j'étais nouveau. Hitler, lui, donne l'impression de ne pas écouter, paraît déjà tout savoir, avoir déjà tout entendu. D'une voix étonnamment calme, simple, loin de celle de ses discours, de celle avec laquelle il harangue les foules.
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