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EAN : 9782366400342
97 pages
Physalis (01/06/2013)
3.81/5   27 notes
Résumé :
L'histoire tragique de Yacouba Ndaw, tirailleur sénégalais, de l'engagement à la désillusion, la souffrance, la peur et la mort. Face à l'horreur des combats à Verdun et au chemin des Dames, soldats français et tirailleurs sénégalais apprennent le respect mutuel, et deviennent frères d'armes. Avec un dossier historique documenté.

Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
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OverTheMoonWithBooks
  01 mars 2014
Quelle superbe découverte !
Trouvée par hasard en flânant entre les rayons de la médiathèque, j'ai d'abord été attirée par le graphisme et la texture des couleurs utilisés. Je n'avais pas entendu parlé de ce sang noir jusqu'ici, mais franchement, cette BD mérite bien plus de pub !
Le titre utilise l'image si souvent utilisée comme argument anti raciste : le sang, qui est de la même couleur chez tous les êtres humains, quelque soit la couleur de leur peau. C'est la guerre, celle de 14, alors du sang… on en verse ! et de tous les côtés. Les cultes dits païens sont peut-être fini, mais sur l'autel du nationalisme, le tribu du sang a été plus qu'à la hauteur sans le moindre doute.
Puisqu'on parle de la Première Guerre mondiale, on n'échappe pas (et quoi de plus normal! ) aux tranchées, au mépris des généraux, d'autant plus exacerbé ici qu'on a à faire à des soldats qui ne sont ni blancs, ni chrétiens t qui se sont encore plus pris au dépourvu lorsque le froid du sol français s'invite.
l'originalité de cette bande dessinée, c'est d'abord d'être structurée en chapitre dont la moitié d'entre eux porte un mot en wolof. Ainsi, l'auteur ne rend pas seulement leur place aux tirailleurs sénégalais dans les planches.
J'ai aussi beaucoup aimé l'opposition entre les planches aux couleurs chaudes lorsque l'action se passe encore en Afrique, et les celles de la guerre où les couleurs froides dominent.
On croise aussi deux hommes célèbres de l'époque : Jean Jaurès et Blaise Cendrars. Et s'ils ne font que de brèves apparitions, elles n'en sont pas moins appréciables.
Dans le prologue, l'auteur est parvenu à mettre en avant à la fois le pessimisme qui monte en 1939 et la désolation de voir que la "Der des ders" n'est que la première d'une série, et l'espoir des "indigènes" (dont le courage n'est pas encore reconnu par la métropole) qui sentent que l'avenir ne va pas tarder à tourner en leur faveur ; ce que le griot dans sa grande sagesse avait annoncé avec la pauvre Koumba Amoul N'Délé.
J'en viens à être à cours d'arguments pour vous dire que cette BD est vraiment bien, en plus, pour satisfaire les curieux , vous trouverez même des pages qui expliquent avec plus de détails qui étaient ces fameux tirailleurs avec de jolis documents historiques pour illustrer.

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tynn
  12 juin 2015
J'ai eu un vrai coup de coeur pour cette bande dessinée qui participe à une reconnaissance bien légitime de la contribution des peuples Africains dans le conflit mondial de 14/18.
A la déclaration de guerre, et grâce à l'apport numérique de ses colonies, la France se fait fort de mettre une déculottée rapide et efficace à l'Allemagne, supérieure en nombre d'habitants.
137 bataillons africains vont être constitués.
Le recrutement va donc se faire sans état d'âme, en dépit de peuplades de langues africaines variées, ce qui complique considérablement l'instruction militaire. le "sabir" du soldat va participer durablement à la vision commune du "petit nègre", moqué et dénigré dans l'imagerie populaire.
Et pourtant, quels combattants!
En dépit du déracinement, du climat, de la discipline militaire et de la condescendance de certains de leurs officiers, les troupes dites sénégalaises vont être à la pointe des combats avec une loyauté et un courage sans faille. Engagées en masse à Verdun et au Chemin des dames, les pertes seront massives dans leurs rangs. La reconnaissance des compagnons Poilus et des habitants sera néanmoins à la hauteur du sacrifice, pendant et après le conflit. Et cette dette nationale ouvrera la conscience d'une décolonisation possible dans l'esprit des pays africains comme en Métropole.
Une lecture touchante, au graphisme simple sans être simpliste, aux "gueules" noires de combattants, des couleurs assez sombres, contrastantes, collant bien à l'ambiance de la guerre. Et en postface quelques pages explicatives du contexte.
Mangi dem! ( au revoir en wolof)
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MurielT
  21 janvier 2014
Sang noir est une bande dessinée, de Frédéric Chabaud au scénario et Julien Monier au dessin, et des Editions Physalis.
C'est l'histoire des tirailleurs Sénégalais qui sont venus donner leur vie pour une patrie qui n'était pas la leur, pendant la 1ere guerre mondiale.
L'histoire commence avec l'assassinat de Jean Jaurès à Paris, puis elle se poursuit en Afrique avec le parcours de Yacouba et de trois garçons de son village, on suit leur « entrainement », puis leur départ pour la France leur arrivée à Marseille et leurs premiers contacts avec la guerre et ses atrocités.

Dans cette BD les auteurs nous parlent de racisme, de bêtises des colonialistes et des officiers supérieurs (surtout le général qui est autant raciste qu'il est bête, de toute façon racisme et bêtise vont toujours de paire) une de ses répliques : « Il faut stopper l'hémorragie de notre jeunesse, le « sang noir » va bientôt épargner « le sang blanc » », seul un officier qui les suivra tout au long de la guerre leur montre du respect et de l'humanité.
Les soldats noirs doivent lutter pour survivre dans cet enfer et doivent lutter pour garder et faire respecter leur humanité et leur dignité d'hommes et la bêtise et le racisme des êtres humains n'a pas de limite puisque l'histoire se termine en 1939 et Yacouba malgré sa participation à la guerre de 14/18 se fait encore traiter de « négro » - Mais malgré tout Yacouba ne perd pas espoir et pense que son engagement l'aidera à s'émanciper lui et son peuple.
A la fin de la BD quelques pages sont consacrées à la force noire, on y apprend différentes choses sur le début de la guerre de 14 et sur le colonialisme. J'y ai appris une chose qui m'a fait bondir et m'a indigné, le sabir le langage que les tirailleurs parlaient et que l'on appellera longtemps « petit nègre » n'est pas une déformation de notre langue par les tirailleurs, mais ce sont les coloniaux qui leur ont appris à parler comme cela.
J'ai beaucoup apprécié cette BD, autant l'histoire que son graphisme, le dessinateur n'utilise pas beaucoup de couleurs et se sont toujours des tons sombres, sur certaines images seul le rouge des couvre-chefs des tirailleurs rend l'image un peu moins sombre.
Je remercie Babelio et masse-critique ainsi que les éditions Physalis, sans qui je n'aurai surement jamais lu cette belle BD, merci beaucoup.
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IreneAdler
  19 juin 2013
L'Europe est en feu. La France fait appel à ses colonies pour que la machine à broyer ait assez d'hommes à digérer.
Une amitié naîtra entre un officier blanc et un sous-off sénégalais. Une amitié d'une guerre à l'autre.
L'ambiance des tranchées est ben rendue, haine sang mort et horreurs. Là où ça me gêne un peu, c'est que le schéma des personnages est le même que pour L'Homme de l'Année 1917 : une amitié par delà les couleurs et les religions (ce qui est très bien), et un haut gradé raciste et xénophobe. Même certains dialogues sont proches.
A côté de ça, même si le scénario n'est vraiment très original, elle se laisse lire et permet une petite incursion dans la boue des tranchées et le début d'une conscience indépendantiste.
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dcs919
  03 janvier 2014
Sang noir permet d'aborder le rôle qu'ont joué les troupes de l'Empire colonial français durant la première guerre mondiale, une face méconnue de l'Histoire.
L'horreur des tranchées est bien rendue dans le récit et les dessins, horreur aggravée pour ces hommes déracinés et traités par (une partie) de leur hiérarchie de manière ouvertement raciste comme de la chair à canon sous-humaine.
Si le sujet est sans nul doute historiquement très intéressant, le scénario est un peu décevant, se focalisant exclusivement sur un seul groupe d'hommes, sénégalais, prélevés par l'armée française dans leur village et envoyés, après une formation expresse en première ligne dans une tranchée. Brodée par dessus, une histoire d'amitié touchante entre un officier français "de souche" ayant le courage de s'opposer à sa hiérarchie raciste et le sous-officier sénégalais.
En terminant la lecture, je me suis dit: "Quoi ? Déjà ? C'est tout ?". En somme, ce zoom sur un petit groupe d'homme, ne rend pas suffisamment hommage à l'ensemble des soldats des colonies (même si la double page d'explications historiques à la fin rattrape un peu).
Bref, on reste un peu sur sa faim sur le fond, mais sur la forme, cela reste une belle bande-dessinée avec des dessins sobres mais sombres, comme les tranchées.
Lu dans le cadre de Masse Critique. Merci à Babelio et aux éditions Physalis
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
OverTheMoonWithBooksOverTheMoonWithBooks   28 février 2014
(griot : ) Les temps sont venus. L'homme blanc va venir chercher nos enfants pour les emmener combattre loin, là où le ciel est sombre et où la glaise sera leurs linceuls.
Chaque nuit, j'entends le tonnerre et je vois la pluie de métal s'abattre sur des hommes blancs et noirs. Je vois leurs sangs se mélanger, devenir ruisseaux puis fleuve…
Un fleuve d'une seule couleur…Rouge. Car dans la mort, Allah m'est témoin, nous sommes tous frères et égaux, riches et pauvres, blancs et noirs.
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OverTheMoonWithBooksOverTheMoonWithBooks   28 février 2014
Nous étions devenus des machines à tuer.
La propagande allemande nous faisait passer pour des sauvages et mettait en avant notre cruauté...
Et nous, nous jouions de la peur que nous dégagions.
[...]
Elle était loin l'image du blanc supérieur, qui nous dominait parce qu'il était plus fort que nous, meilleur que nous, plus intelligent que nous...
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Lilou08Lilou08   08 janvier 2014
Sauf votre respect mon commandant, vous faites une grave erreur.
Comment osez-vous Villefort ?
Vous un militaire de carrière, un saint Cyrien, vous opposer ainsi à votre officier supérieur !
Et pourquoi ? Parce que je refuse que des pratiques païennes soient entérinées !
Seriez-vous donc prêt à mettre votre carrière en jeu pour ces, ces….
Ces hommes ? Oui mon commandant. Beaucoup d’entre eux ne reverront jamais leur terre et mourront ici, sur une terre qui n’est pas la leur. Si vous ne leur accordez pas un minimum de respect, ne serait-ce que dans la mort, je ne vous garantis pas leur fidélité.
Nous avons besoin d’eaux pour gagner cette guerre.
Je n’aimerais pas être à votre place lorsque vous devrez expliquer au général Mangin les raisons de la défaillance de vos troupes.
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IreneAdlerIreneAdler   19 juin 2013
Moi, le fier guerrier wolof, j'étais resté là transi de peur, laissant agoniser mon ami, et lui [un Tonkinois], par bravade, était allé au-devant d'une mort certaine. Le courage n'est imputable qu'à l'homme et non à ses racines, c'est ce que m'avait dit une fois le lieutenant Villefort. Je venais de le comprendre.
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Lilou08Lilou08   08 janvier 2014
Ils nous ont traité de nègres mon Capitaine.
De « nègres » ?! Mais vous êtes des nègres, des bon dieu de nègres !
Je vous jure que si j’avais pas besoin d’hommes, je vous ferais volontiers passer en cour martiale. Mais les hautes autorités ont finalement compris, il faut stopper l’hémorragie de notre jeunesse, le « sang noir » va bientôt épargner le « sang blanc »…
Foutez-moi le camp.
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