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EAN : 9782260054634
240 pages
Julliard (04/03/2021)
4.26/5   36 notes
Résumé :
Paris, de nos jours. Tandis que le climat ne cesse de se dérègler, les pénuries de pétrole se multiplient, les tensions montent dans la société, et pourtant chacun continue à mener sa vie comme si de rien n’était.

Alice, une radiologue proche de la quarantaine, trompe son ennui - et son compagnon - en recourant frénétiquement aux sites de rencontres.

Iris, nonagénaire atteinte de la maladie d’Alzheimer, cache à ses enfants la gravité ... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
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Iris, Alice, Aurélien. 3 solitudes avides de liberté, confrontés à leurs envies (Iris veut mourir, Aurélien partir et Alice vibrer), dans un Paris et un monde en pleine déroute : climat déréglé, violence, précarité du travail et des relations amoureuses. Un livre sombre, dérangeant, qui pose réflexion.

Les personnages sont parfaitement incarnés. le style est vif. Les 3 voix s'harmonisent bien. Et il subsiste quelques lueurs d'espoir, heureusement

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Ce que j'ai ressenti:

Je suis une femme. Je suis une femme qui ne voudrait pas en finir, pour d'excellentes raisons. J'ai encore des choses à vivre, des émotions à ressentir, des horizons à voir et des toits parisiens à fouler du pied, si c'est encore possible…Et puis, j'aimerai relire le coeur et le Chaos. Parce que la tendresse d'Aurélien, la sensibilité d'Alice et la fragilité d'Iris m'ont cueilli le coeur, malgré le chaos. Ce n'était pas évident, cette alchimie entre ces trois voix qui se racontent, dans un Paris sans dessus-dessous, et pourtant, l'effet est là dans ce joli roman choral. On les écoute dans leurs tourments personnels, et leurs confidences sont touchantes. le coeur et le chaos font beau mélange dans ces quelques 200 pages… le chaos de chacun vibre fort, les coeurs de ces trois-là n'ont pas fini de leur en faire voir de toutes les couleurs, que ça leur plaise ou non…Et la vie, parfois est tenace, revancharde et excitante…Mais parfois, dans la vie, c'est compliqué d'y trouver du sens et des raisons de pas vouloir en finir avec elle…

C'est tellement ridicule de creuser sa propre tombe comme ça, de pas s'arrêter.

Les corps, les esprits, la ville, les coeurs, les convictions, les limites, le ciel, les écritures, les attentions, la musique, les gestes de tendresses, les mots que l'on tait: tout ça à la dérive. Tout cela, comme des bouées fatiguées, sur la crue des eaux de Paris. On étouffe dans ces rues, on cherche désespérément l'étincelle de vie, d'éclats, de bonnes vibrations qui pourraient mener à la reconstruction du coeur et du chaos. On cherche un nouvel horizon, clair et grand. Encore faudrait-il dépasser les codes, les humeurs maussades, le vide, la peur…Ce roman de Jennifer Murzeau, m'a émue. Parce qu'il parle d'amour et de tendresse, mais pas seulement, il aborde des thèmes sensibles de sociétés et d'environnement qui poussent à une réflexion méditative sur toutes les dérives de ce monde. La plume est hypersensible et j'ai reçu certains passages de cette histoire, comme des dégringolades de douceur sur mon coeur, mais j'ai parfois eu mal à voir le chaos plus tangible à chaque minute…

C'est désarmant, la sincérité.

Je suis une femme qui n'a pas envie d'en finir. J'ai pourtant, regarder de près les effets dévastateurs de la vieillesse, de la marginalité, du vide intérieur avec le coeur et le chaos, mais je reste lucide. Je suis peut-être folle remarque, mais je reste persuadée qu'il y a de la beauté partout, et de l'espoir aussi dans cet avenir. La preuve, ce roman! Alors, je vais aller m'assoir sur le seul banc survivant du boulevard, qu'importe le vertige et les débordements, je promets de ne pas bouger. Et j'ouvre encore ces pages qui m'ont foudroyée d'émotions…

« Il n'y a qu'ici qu'existe cette lumière. »


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Qui veut prendre une petite claque ?

Immense coup de coeur pour ce roman dont le rythme ne faiblit jamais. D'une grande maîtrise narrative, pertinent et visionnaire, il nous cueille à l'arrivée des gilets jaunes pour nous poser dans un futur proche aux allures d'apocalypse, où l'amour semble pousser par hasard.

Car il en faut du hasard, pour regrouper ces trois personnages que tout oppose.

Alice, radiologue, s'ennuie dans une vie bourgeoise et écume les sites adultères pour se perdre dans des bras d'hommes qu'elle ne revoit jamais.

Aurélien, alias Trelox le toxico, pédale comme un fou sur son vélo pour livrer des burgers et des sushis au tout-Paris avant de rentrer dans son squat.

Iris, 90 ans, ex-pianiste virtuose, repense à sa vie pailletée en contemplant la démence s'emparer d'elle et ne désire plus qu'une chose : mourir.

Elle croise Aurélien sur le trottoir en bas de chez elle et lui demande de l'aider, il doit bien avoir quelques produits adaptés. Aurélien s'installe chez Iris et une étrange relation d'entraide mutuelle commence, elle la grand-mère permissive, lui la jeunesse et l'audace.

Un soir, Aurélien livre des sushis à Alice. Et si on allait danser ? lance-t-elle à l'inconnu, assommée par les confinements. S'ensuit l'une des scènes les plus incandescentes du roman, cette fête en plein air organisée dans une ancienne usine, où l'amour naît, où les corps dansent, devant nos yeux de lecteurs ébahis par l'improbable.

Tout cela pourrait bien se terminer, mais ce serait trop facile, si peu réaliste. Il ne faudrait pas oublier que la planète tourne à l'envers, l'eau déborde et les virus nous figent. La question est la suivante : étouffés par les gaz lacrymogènes, la panique et la colère, y-a-t-il encore une petite place pour l'amour ?

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C'est un coup de poing ce roman. Une radiographie de notre société que l'on se prend en pleine poire. Des vérités qui claquent, des images qui interpellent, des peurs et des angoisses qui surgissent. Des êtres qui se débattent au milieu du chaos, cherchent une issue, attentifs au moindre battement de leur coeur comme autant d'espoir de repousser les ténèbres. Jennifer Murzeau sonne l'alerte, déclenche le compte à rebours d'un monde en perdition mais semble vouloir croire que la lumière est encore possible, petite flamme tremblante qui n'attend qu'à être ranimée. Avant qu'il ne soit trop tard.

Pour cela, elle effectue une légère distorsion temporelle, sans tomber dans la dystopie, juste quelques pas en avant. Nous envoie une image anticipée de notre monde dans 3, 6, 10 ans ? Peu importe, c'est presque demain et c'est criant de vérité. Pas besoin de trop d'imagination, il suffit de continuer sur le chemin que nous suivons. Les personnages qu'elle met en scène sont ceux que nous côtoyons, ils pourraient être nous aussi. Aurélien, Alice, Iris. Ils ont 30, 40 et 90 ans. Fatigués d'un monde dans lequel ils ne se reconnaissent plus, usés par le manque de perspectives, la fuite en avant. Aurélien a passé la moitié de sa vie à militer et combattre en faveur de l'environnement, ses idéaux ont fini par se fracasser sur les charges violentes des policiers, il risque sa vie chaque jour en livrant à vélo pour gagner quelques euros et tient par-dessus tout à sa liberté, malgré la précarité. Alice souffre du conformisme social dans lequel elle se coule malgré elle au risque d'imploser. Iris assiste chaque jour un peu plus à son déclin, l'esprit qui s'enfuit, la menace de l'enfermement, l'impuissance qui la mine et l'indifférence qui l'entoure. Ces trois-là vont se croiser, leurs solitudes vont se confondre un instant, leurs quêtes de liberté se rejoindre. Ils sont à la marge, chacun à sa manière. Aurélien par choix assumé, Alice par rejet du rôle que la société veut lui faire jouer et Iris du fait de son grand âge qui l'éjecte de facto de cette même société.

Sur fond de chaos social, des conséquences du changement climatique, des limites d'un modèle de croissance au bord de l'épuisement, Jennifer Murzeau ausculte la vérité des êtres à travers des questions qui se posent à chacun de nous. Comment résister seul contre tous ? Comment continuer à croire à un monde meilleur et conserver l'envie de le bâtir ? Comment rester maître de sa vie, libre de ses choix jusqu'à l'instant ultime ? La littérature est un petit caillou qui peut tenter d'enrayer le rouleau compresseur déjà tout à son oeuvre destructrice. Les hommes et les femmes en sont d'autres, pour peu qu'ils croient en ce qui les relie. Ce roman est un coup de poing dans la figure. Espérons qu'il en mette beaucoup K.O.


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Voilà, nous y sommes.

Ce moment tant redouté où il faut bien admettre que ce roman, celui dont on a tant parlé, celui qui a fait une quasi unanimité, celui-là même, vous en êtes revenue. Un peu lassée, un peu déçue.

Plus proche du chaos que du coeur.

Paris tremble, s'affole, l'essence manque et le climat déconne. Comme un p'tit air familier, mais l'air n'amène pas la chanson, tout juste un roman pré-apocalyptique. Comme si on avait enfermé Nicolas Mathieu et Anna Gavalada ensemble. Tadam. Oh le joli... oups. Bébé. Bon d'accord, ne soyons pas cruelle !

Roman chorale, où il est honnête de reconnaître que ça chante plutôt juste, pour rester dans la métaphore musicale.

Alice, la quadra malheureuse dans son quotidien tout lisse, froisse des draps anonymes avec des corps non moins anonymes.

Aurelien, fils de bonne famille, écoeuré du monde tel qu'il est, plaque l'hôtel particulier de papa et maman pour des squats, des drogues et des boulots de merde.

Et puis Iris, quatre-vingt dix ans et la mémoire qui fout le camp. Vite, très vite. A peine le temps de la voir décamper, de lui dire adieu.

Les personnages ne tiennent plus debout, difficilement, en boitillant. Mais tiennent bien la route. On est touché par leur solitude, si criante, aussi criante qu'il est vrai que notre planète se délite. Hey, merci qui ?!

Phrases au cordeau. Ça écrit comme on dit "ça joue" chez les musiciens, il m'aura quand même manqué ce petit truc en plus. J'y ai trouvé certaines facilités de narration, suffisamment rédhibitoires pour moi.

Attention, ce n'est pas un mauvais roman ! du tout. Simplement, demain déjà j'aurai oublié que je l'ai lu...

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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation

L’ivresse appelle toujours chez moi la démesure. J’ai envie qu’on gobe tous les deux, qu’on s’envole ensemble », qu’on revienne pas, peut-être. Je me demande si j’ai pas un peu envie de mourir avec cette fille que je connais depuis deux minutes. Je le lui dis. Narquoise, elle me répond que ça la touche.

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Je serais d'ailleurs bien en peine de dire avec exactitude ce qu'il faisait. Je crois qu'il était commercial. Il a connu près de quarante ans durant un quotidien humiliant, il a subi les brimades de chefs autoritaires, enivrés de leur petit pouvoir, il a fini par disparaître entre ses épaules, un peu plus voûté chaque année, viré finalement à cinquante-cinq ans passés, périmé, castré par le salariat, attendant une retraite amputée.

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On a gâché nos crises. On les a absorbées, les unes après les autres, sans rien changer, sans rien apprendre. Leur accélération va nous enterrer.

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C’est désarmant, la sincérité.

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C’est si rare, la bonté.

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Videos de Jennifer Murzeau (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jennifer Murzeau
Résumé : Sur fond d'effondrement écologique, trois personnages en quête de sens confrontent leurs solitudes pour mieux se trouver eux-mêmes. Un roman d'amour choral sur l'aliénation du monde contemporain et l'espérance d'un avenir en commun. Paris, de nos jours. Tandis que le climat ne cesse de se dérègler, les pénuries de pétrole se multiplient, les tensions montent dans la société, et pourtant chacun continue à mener sa vie comme si de rien n'était. Alice, une radiologue proche de la quarantaine, trompe son ennui - et son compagnon - en recourant frénétiquement aux sites de rencontres. Iris, nonagénaire atteinte de la maladie d'Alzheimer, cache à ses enfants la gravité de son état. Pianiste de haut vol dans sa jeunesse, elle n'a plus qu'une pensée en tête : mettre fin à ses jours avant de ne plus s'appartenir ; Aurélien, idéaliste trentenaire, livreur à vélo ubérisé, ne se fait plus d'illusions sur la vie communautaire des ZAD, comme sur les free parties, vidées de leur esprit révolutionnaire. Il économise pour s'acheter un voilier et quitter la rive. Rien ne rapproche a priori ces trois individus, si ce n'est un sentiment de solitude envahissant et l'obsession de la liberté. le hasard va faire s'entrechoquer leurs existences, pour mener chacun vers l'horizon qu'il attendait. Dans ce roman choral, trois voix, trois visions du monde, se succèdent, entre rage et découragement face aux bouleversements de la planète. Au rythme de cette valse à trois temps, Jennifer Murzeau ausculte l'état de la société contemporaine et du coeur humain, pour mieux ranimer l'irréductible aspiration au bonheur de ses trois personnages, criants de vérité.
http://bit.ly/3bHEo6n
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