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EAN : 9782035839237
143 pages
Éditeur : Larousse (14/03/2008)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 112 notes)
Résumé :
Valentin, vingt-cinq ans, mène une vie de dandy vouée aux plaisirs et jure qu'il ne se mariera jamais, de peur d'être trompé. Quand son oncle, las de l'entretenir, lui propose de s'unir à Cécile de Mantes, une riche aristocrate, Valentin parie qu'il séduira incognito sa promise... dans le seul but de prouver qu'il ne doit pas épouser une jeune fille aussi sensible aux avances ! Cette comédie, l'une des plus gaies de Musset, démontre avec grâce et fantaisie qu'en amo... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
Yassleo
  08 décembre 2015
Il s'appelle Valentin, comme le saint des n'amoureux. Mais lui, à 25 ans, n'a rien du bel amoureux transi, romantique, perdu dans des rêves étoilés de passion et d'extase. Lui, c'est moi d'abord, les autres quand j'aurai le temps.
Sans situation, dandy et coureur de jupons en plus d'un penchant pour le jeu, il accumule les dettes et mène la belle vie.
Et quelle importance quand on vit aux crochets de son oncle?  Aucune, si ce n'est que tonton van Buck, plein aux as, commence à en avoir ras le chapeau à plumes du neveu, et de raquer pour ses frasques.
Et ce serait pas mal que le cher neveu se trouve un bon parti, dot à la clé pour enfin voler de ses propres ailes. Surtout qu'il y a la petite Cécile de Mantes qu'est dispo en ce moment. Fille de baronne. Ça sent le bon plan ça non?
Taratata, Valentin ne l'entend pas de cette oreille et élabore une supercherie de son cru pour prouver à son oncle la terrrrrrrrible erreur qu'il commet avec cette grotesque idée de mariage.
Car c'est bien connu, inconsistante et de peu de vertu, la femme est faible. Selon lui, toutes les mêmes, prêtes à s'enflammer pour le premier beau gosse quelque peu enjôleur qui pointe le museau, et prête à vous tromper la première occasion venue.
Il le jurerait et va le prouver. Oui mais il ne faut jurer de rien qu'on vous dit...
Pièce ancrée plein XIXème siècle, Alfred de Musset aux commandes s'il vous plaît.
Et vas-y que je me gausse de l'aristocratie et de la bienséance, que je me moque avec complaisance du clergé, et que je te balance de la belle prose à tour de bras.
Puis qu'est ce que ça fleure bon l'amour, la sensibilité.
Pas une figure du romantisme pour rien le Musset
Comédie en 3 petits actes et le tour est joué.
Grand classique, incontournable, et qu'on aime ou pas le genre, l'oeuvre ou l'auteur, la formidable qualité de l'écriture reste sans conteste un délice littéraire.
Y a pas à dire, la belle prose à tour de bras ça s'admire et ça se respecte quand même.
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Bruidelo
  30 septembre 2019
C'est là une idée bien tordue qu'a Valentin, si tordue que ça met le sourire aux lèvres, assurés pour le coup qu'on est bien au théâtre et qu'on peut joyeusement se permettre toutes les extravagances en envoyant valser tout ce qui dans le réel nous pèse et nous plombe. Pas de lourdeur, c'est léger, plein de vivacité, ça brille, ça séduit par de belles répliques et de plaisants renversements.
Devant l'insistance de son oncle (en cas de refus, il pourrait le déshériter), notre jeune dandy totalement réfractaire au mariage accepte de se rendre chez Mademoiselle de Mantes, à une condition: s'il arrive à la séduire en huit jours, son oncle conviendra qu'il aurait tort de l'épouser - Eh oui! ce serait la preuve irréfutable du grand risque qu'il encourrait d'être fait cocu s'il avait le malheur d'être son mari.
La jeune fille est bien un peu surprise que Valentin lui sorte le grand jeu du séducteur amoureux transi alors que tout le monde est d'accord pour le mariage, et le contraste entre son bon sens et le comportement saugrenu du héros mussetien est assez réjouissant.
Une pièce qui se lit vite et bien, de la drôlerie, une écriture séduisante, bref, un moment de lecture tout à fait agréable.
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PiertyM
  10 février 2014
Une pièce de théâtre que j'ai bien plus aimé que la nuit vénitienne. Les personnages sont mieux conçus, les situations bien ficelées. C'est une lecture agréable que de lire cette pièce. L'air un peu comique a sa raison d'être sans que les personnages paraissent burlesques. On s'y plait dans toutes les scènes où chaque oui et chaque non se martèlent dignement. Et puis ce personnage de l'abbé qui n'en a pas l'air détend l'atmosphère avec ses airs soupçonneux.
Le jeune valentin a juré de ne jamais se marier. Depuis qu'il a été témoin à 16 ans, étant amant de femmes mariées, des manies que usent celles-ci pour ganter leurs maris, il refuse à pied ferme de devenir un mari ganté plutôt qu'un amant vénéré. Sous l'insistance de son oncle Ban Vuck qui veut à tout prix qu'il épouse Cécile de Mantes, il le défie dans un pari où il espère bien lui prouver sur un délai de huit jours, la légèreté des femmes. Malheureusement tous ses plans rencontreront comme un mur l'intelligence de la jeune Cécile qui à la fin paraîtrait comme l'instigatrice du jeu. Valentin qui croyait avoir piégé, tombe lui-même dans ses propres pièges.... Sans résister face à la femme savante le jure se fond comme la cire...
Une pièce qui vous détend agréblement!!!
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saphoo
  21 avril 2020
Voilà une bien belle lecture, je connais plus l'auteur pour sa poésie et jamais lu de pièce de théâtre de sa plume qui est ravissante. Que de légèreté, de poésie et d'humour. C'est court, mais efficace. Dessiner des personnages en si peu, et offrir une atmosphère aussi réelle, pour un peu, j'avais l'impression d'être face à la scène.
Si on lit peu ce genre de lecture, c'est bien dommage, car, c'est plaisant et ça détend, et suscite l'envie d'aller plus souvent au théâtre. Bon en ce moment c'est mission impossible, raison de plus de se faire une joie d'y retourner prochainement et de savourer deux fois plus ce divin plaisir.

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Clelie22
  04 avril 2020
Valentin, jeune dandy de 25 ans, mène une joyeuse vie insouciante, aux crochets de son oncle. Mais celui-ci en a par-dessus le chapeau de payer les dettes de son neveu et lui pose un ultimatum : ou Valentin épouse Cécile de Mantes, ou son oncle lui coupe les vivres et le déshérite. le jeune homme refuse de se marier, arguant qu'il craindrait trop d'être trompé. Devant l'insistance de son oncle, il lui propose un marché : celui-ci renoncera à son idée de mariage si Valentin parvient à séduire Cécile, incognito, en moins d'une semaine.
J'aime beaucoup l'adaptation cinématographique de cette pièce par Eric Civanyan. J'ai donc voulu profiter du challenge solidaire "Des classiques contre l'illettrisme" pour lire l'original. le début de la pièce est vraiment plaisant. La première scène entre Valentin et son oncle est un régal : c'est drôle et le personnage de Valentin est bien campé : il n'est pas juste un dandy allergique au mariage. Cependant, ensuite, j'ai eu un peu de mal à suivre à la fois l'action et l'évolution des personnages. Des ellipses répétées font sauter des passages-clés de l'intrigue (la rencontre entre Cécile et Valentin, Valentin découvert et chassé du château...). du coup, j'avais l'impression d'avoir du mal à suivre. La conséquence est que la pièce est tellement courte et va tellement vite que les changements dans les sentiments de Valentin et de Cécile deviennent incompréhensibles et absurdes.
Je suis finalement assez déçue par cette pièce. Je l'ai trouvée difficile à suivre dans ses évolutions et frustrante. Les autres pièces De Musset ne m'avaient pas non plus laissé un souvenir impérissable. Je dois peut-être en conclure que, décidément, la sensibilité De Musset et la mienne ne se rejoignent pas. Une fois n'est pas coutume, je continuerai à préférer le film au livre !
Challenge solidaire "Des classiques contre l'illettrisme" 2020
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Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
LydiaBLydiaB   04 mai 2010
VAN BUCK

Monsieur, veuillez garder le silence, et ne pas vous permettre de me plaisanter. C'est vainement que les plus sages conseils, depuis trois ans, tentent de mordre sur vous. Une insouciance ou une fureur aveugle, des résolutions sans effet, mille prétextes inventés à plaisir, une maudite condescendance, tout ce que j'ai pu ou puis faire encore (mais, par ma barbe! je ne ferai plus rien!)... Où me menez-vous à votre suite? Vous êtes aussi entêté...

VALENTIN

Mon oncle Van Buck, vous êtes en colère.

VAN BUCK

Non, monsieur, n'interrompez pas. Vous êtes aussi obstiné que je me suis, pour mon malheur, montré crédule et patient. Est-il croyable, je vous le demande, qu'un jeune homme de vingt-cinq ans passe son temps comme vous le faites? De quoi servent mes remontrances, et quand prendrez-vous un état? Vous êtes pauvre, puisqu'au bout du compte vous n'avez de fortune que la mienne; mais, finalement, je ne suis pas moribond, et je digère encore vertement. Que comptez-vous faire d'ici à ma mort?

VALENTIN

Mon oncle Van Buck, vous êtes en colère, et vous allez vous oublier.

VAN BUCK

Non, monsieur, je sais ce que je fais; si je suis le seul de la famille qui se soit mis dans le commerce, c'est grâce à moi, ne l'oubliez pas, que les débris d'une fortune détruite ont pu encore se relever. Il vous sied bien de sourire quand je parle; si je n'avais vendu du guingan à Anvers, vous seriez maintenant à l'hôpital, avec votre robe de chambre à fleurs. Mais, Dieu merci, vos chiennes de bouillottes...

VALENTIN

Mon oncle VAN BUCK, voilà le trivial; vous changez de ton; vous vous oubliez; vous aviez mieux commencé que cela.

VAN BUCK

Sacrebleu! tu te moques de moi. Je ne suis bon apparemment qu'à payer tes lettres de change? J'en ai reçu une ce matin : soixante louis! Te railles-tu des gens? il te sied bien de faire le fashionable (que le diable soit des mots anglais!) quand tu ne peux pas payer ton tailleur! C'est autre chose de descendre d'un beau cheval pour retrouver au fond d'un hôtel une bonne famille opulente, ou de sauter à bas d'un carrosse de louage pour grimper deux ou trois étages. Avec tes gilets de satin, tu demandes, en rentrant du bal, ta chandelle à ton portier, et il regimbe quand il n'a pas eu ses étrennes. Dieu sait si tu les lui donnes tous les ans! Lancé dans un monde plus riche que toi, tu puises chez tes amis le dédain de toi-même; tu portes ta barbe en pointe et tes cheveux sur les épaules, comme si tu n'avais pas seulement de quoi acheter un ruban pour te faire une queue. Tu écrivailles dans les gazettes, tu es capable de te faire saint-simonien quand tu n'auras plus ni sou ni maille, et cela viendra, je t'en réponds.Va va, un écrivain public est plus estimable que toi. Je finirai par te couper les vivres, et tu mourras dans un grenier.
+ Lire la suite
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PiertyMPiertyM   10 février 2014
VALENTIN.
J’avais seize ans, et je sortais du collège, quand une belle
dame de notre connaissance me distingua pour la première fois.
À cet âge-là, peut-on savoir ce qui est innocent ou criminel ?
J’étais un soir chez ma maîtresse, au coin du feu, son mari en
tiers. Le mari se lève et dit qu’il va sortir. À ce mot, un regard
rapide échangé entre ma belle et moi me fait bondir le coeur de
joie : nous allions être seuls ! Je me retourne, et vois le pauvre
homme mettant ses gants. Ils étaient en daim de couleur verdâtre,
trop larges, et décousus au pouce. Tandis qu’il y enfonçait
ses mains, debout au milieu de la chambre, un imperceptible
sourire passa sur le coin des lèvres de la femme, et dessina
comme une ombre légère les deux fossettes de ses joues. L’oeil
d’un amant voit seul de tels sourires, car on les sent plus qu’on
ne les voit. Celui-ci m’alla jusqu’à l’âme, et je l’avalai comme un
sorbet. Mais, par une bizarrerie étrange, le souvenir de ce moment
de délices se lia invinciblement dans ma tête à celui de
deux grosses mains rouges se débattant dans des gants verdâtres
; et je ne sais ce que ces mains, dans leur opération
confiante, avaient de triste et de piteux, mais je n’y ai jamais
pensé depuis sans que le féminin sourire vînt me chatouiller le
coin des lèvres, et j’ai juré que jamais femme au monde ne me
ganterait de ces gants-là.
VAN BUCK.
C’est-à-dire qu’en franc libertin, tu doutes de la vertu des
femmes, et que tu as peur que les autres te rendent le mal que tu
leur as fait.
VALENTIN.
Vous l’avez dit : j’ai peur du diable, et je ne veux pas être
ganté.
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SZRAMOWOSZRAMOWO   20 janvier 2016
Van buck.
Sacrebleu ! tu te moques de moi ! Je ne suis bon apparemment qu’à payer tes lettres de change ? J’en ai reçu une ce matin : soixante louis ! Te railles-tu des gens ? il te sied bien de faire le fashionable (que le diable soit des mots anglais !) quand tu ne peux pas payer ton tailleur ! C’est autre chose de descendre d’un beau cheval pour retrouver au fond d’un hôtel une bonne famille opulente, ou de sauter à bas d’un carrosse de louage pour grimper deux ou trois étages. Avec tes gilets de satin, tu demandes, en rentrant du bal, ta chandelle à ton portier, et il regimbe quand il n’a pas eu ses étrennes. Dieu sait si tu les lui donnes tous les ans ! Lancé dans un monde plus riche que toi, tu puises chez tes amis le dédain de toi-même ; [tu portes ta barbe en pointe et tes cheveux sur les épaules, comme si tu n’avais pas seulement de quoi acheter un ruban pour te faire une queue.] Tu écrivailles dans les gazettes ; [tu es capable de te faire saint-simonien quand tu n’auras plus ni sou ni maille, et cela viendra, je t’en réponds.] Va, va ! un écrivain public est plus estimable que toi. Je finirai par te couper les vivres, et tu mourras dans un grenier.

Valentin.
Mon bon oncle Van Buck, je vous respecte et je vous aime. Faites-moi la grâce de m’écouter. Vous avez payé ce matin une lettre de change à mon intention. Quand vous êtes venu, j’étais à la fenêtre et je vous ai vu arriver ; vous méditiez un sermon juste aussi long qu’il y a d’ici chez vous. Épargnez, de grâce, vos paroles. Ce que vous pensez, je le sais ; ce que vous dites, vous ne le pensez pas toujours ; ce que vous faites, je vous en remercie. Que j’aie des dettes et que je ne sois bon à rien, cela se peut ; qu’y voulez-vous faire ? Vous avez soixante mille livres de rente…
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EpicteteEpictete   05 janvier 2014
VALENTIN : (à son oncle)

... vous êtes jeune, gaillard encore , et bon vivant. Croyez-vous que cela me fâche et que j'aie soif de votre bien ? Vous ne me faites pas tant d'injures; et vous savez que les mauvaises têtes n'ont pas toujours les plus mauvais cœurs. Vous me querellez de ma robe de chambre : vous en avez porté bien d'autres. Ma barbe en pointe ne veut pas dire que je sois saint-simonien : je respecte trop l'héritage. Vous vous plaignez de mes gilets : voulez-vous qu'on sorte en chemise ? Vous me dites que je suis pauvre et que mes amis ne le sont pas : tant mieux pour eux, ce n'est pas ma faute. Vous imaginez qu'ils me gâtent et que leur exemple me rend dédaigneux : je ne le suis que de ce qui m'ennuie, et puisque vous payez mes dettes, vous voyez bien que je n'emprunte pas. Vous me reprochez d'aller en fiacre: c'est que je n'ai pas de voiture. Je prends, dites-vous en rentrant ma chandelle chez mon portier : c'est pour ne pas remonter sans lumière; à quoi bon se casser le cou ? Vous voudriez me voir un état : faites-moi nommer premier ministre, et vous verrez comme je ferai mon chemin. Mais quand je serai surnuméraire dans l'entresol d'un avoué, je vous demande. Ce que j'y apprendrai, sinon que tout est vanité....
Tenez ! Mon oncle, ou je me trompe ou vous n'avez pas déjeuné. Vous êtes resté à jeun sur cette maudite lettre de change; avalons-la de compagnie; je vais demander du chocolat.
VAN BUCK : Quel déjeuner ! Le diable m'emporte ! Tu vis comme un prince.
VALENTIN : Eh, que voulez-vous! Quand on meurt de faim, il faut bien tacher de se distraire.

Commentaire : (Un vrai sketch ! Imaginez un peu d'adaptation et un accent un peu "jeune" et ça peut très bien fonctionner.)
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SZRAMOWOSZRAMOWO   20 janvier 2016
J’avais seize ans, et je sortais du collège, quand une belle dame de notre connaissance me distingua pour la première fois. À cet âge-là, peut-on savoir ce qui est innocent ou criminel ? J’étais un soir chez ma maîtresse, au coin du feu, son mari en tiers. Le mari se lève et dit qu’il va sortir. À ce mot, un regard rapide échangé entre ma belle et moi me fait bondir le cœur de joie. Nous allions être seuls ! Je me retourne, et vois le pauvre homme mettant ses gants. Ils étaient en daim de couleur verdâtre, trop larges, et décousus au pouce. Tandis qu’il y enfonçait ses mains, debout au milieu de la chambre, un imperceptible sourire passa sur le coin des lèvres de la femme, et dessina comme une ombre légère les deux fossettes de ses joues. L’œil d’un amant voit seul de tels sourires, car on les sent plus qu’on ne les voit. Celui-ci m’alla jusqu’à l’âme, et je l’avalai comme un sorbet. Mais, par une bizarrerie étrange, le souvenir de ce moment de délices se lia invinciblement dans ma tête à celui de deux grosses mains rouges se débattant dans des gants verdâtres ; et je ne sais ce que ces mains, dans leur opération confiante, avaient de triste et de piteux, mais je n’y ai jamais pensé depuis sans que le féminin sourire ne vînt me chatouiller le coin des lèvres, et j’ai juré que jamais femme au monde ne me ganterait de ces gants-là.
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« C'est l'histoire de Cléo de 13 à 48 ans, racontée par celles et ceux qui l'ont connue, aimée ou parfois simplement croisée, tout au long des années 90. Un vers De Musset m'a accompagnée dans l'écriture ; a rejailli sur chacun des chapitres, chacun des personnages : "A défaut du pardon, laisse venir l'oubli". **Chavirer**, c'est l'histoire des gestes qu'on n'a pas fait, et du pardon que l'on accorde, ou pas, et plus encore, de ce que l'on se pardonne, ou pas. » Lola Lafon
Plus d'informations sur le roman : https://rentree.actes-sud.fr/
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