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EAN : 9782754829250
208 pages
Futuropolis (18/08/2021)
3.92/5   53 notes
Résumé :
Los Angeles. Septembre 1921. Acteur et réalisateur, Roscoe Arbuckle, dit "Fatty", est au sommet de sa gloire. Plus connu que Charlie Chaplin et Buster Keaton réunis, il est le premier acteur à gagner un million de dollars par an. Mais l'Amérique puritaine souhaite moraliser Hollywood et voit d'un très mauvais oeil la vie "de débauche" de Roscoe. Dans quelques jours, la fête qu'il a organisée va virer au drame et le plonger au coeur du premier grand scandale hollywoo... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
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Studios MGM, Beverly Hills. 1960.
Andrew est jeune et rêve de travailler dans le monde du cinéma. Il a le rôle ingrat d'un petit assistant. le réalisateur le charge d'aller chercher la doublure de l'acteur principal pour faire les réglages lumière. Problème : la doublure a la gastro…
Le jeune assistant a une idée : pourquoi ne pas demander à l'acteur principal de venir lui-même ? le réalisateur lui offre alors le choix. Soit il ramène la vedette en question pour se prêter à ces réglages, soit il est viré. C'est plein d'inquiétude qu'il va frapper à la porte de la loge de monsieur Buster Keaton.
Là, il va entreprendre un voyage dans le temps qui va lui faire découvrir celui qui fut le premier Roi d'Hollywood… Fatty ! Fatty qui ? Quoi ? Connais pas…

Critique :

Si vous vivez déjà depuis six décennies ou plus, vous vous souvenez certainement de ces films en noir et blanc du cinéma muet avec Charlot, Laurel et Hardy, Buster Keaton… On les diffusait le dimanche à la télévision (qui n'émettait qu'en noir et blanc) et ils étaient souvent programmés dans les cinémas de quartier le dimanche avant LE grand film en couleurs. Je vous parle des années '60…

Vous souvenez-vous aussi de Fatty ? Je gage que non ! Ce nom ne vous dit pas grand-chose. Et pour cause… Il va se retrouver mêlé à un des pires scandales auquel le cinéma américain ait été confronté. Roscoe, c'est ainsi que ses amis l'appelaient, avait un talent fou, selon les critères de l'époque, et était connu et admiré dans toute l'Amérique. Dans toute l'Amérique, mais pas par toute l'Amérique. Une vague de puritanisme envahit le pays et dans ses films, Roscoe « Fatty » qui est acteur et réalisateur, n'hésite pas à placer des scènes de meurtres, de beuveries, des jolies filles en maillot de bain… et il se moque avec délectation de la police. La consommation d'alcool va être interdite dans les années 1920 et Hollywood n'est pas en reste. Hollywood veut « moraliser » la profession.

Fatty, Roscoe Arbuckle, donne des fêtes somptueuses où l'alcool coule à flot, où la drogue est présente et où les jolies femmes sont les bienvenues. Ces fêtes ont souvent lieu dans des hôtels, les lits ne manquent pas. C'est au cours d'une de celles-ci qu'une jeune et très jolie actrice, peu ou pas connue, va se retrouver en train de mourir dans la chambre de Fatty. S'ensuit alors une accusation lourde de conséquences pour celui qui est le Roi d'Hollywood. Il sera accusé de viol et d'homicide involontaire. Les dirigeants de la MGM, plutôt moralistes ne tardent pas à lâcher leur acteur fétiche, d'autant que, comme toujours, des foules de « justiciers » se pressent pour réclamer la tête du monstre, Fatty, et justice pour Virginia (du déjà vu et qu'on verra encore). L'affaire tombe bien pour Matthew Brady, procureur de San Francisco. Il a besoin d'une belle affaire pour gagner en popularité et devenir le prochain gouverneur de San Francisco. Au besoin, s'il manque des preuves, la police se chargera d'en fabriquer… Pardon, d'en trouver ! Et si certains témoins font des déclarations en faveur de l'accusé, les services du procureur, et donc la police, vont vite s'empresser de les discréditer ou de les faire changer d'avis. J'ajoute encore que la presse à scandale en rajoute plusieurs couches… Et pour cause, cela fait vendre et assure la fortune de ceux qui publient ces soi-disant informations.

C'est la vie, la gloire et la chute de ce premier roi d'Hollywood que julien Frey retrace dans ce fantastique scénario au travers du témoignage de Buster Keaton qui devait à Fatty d'avoir embrassé ce métier d'y avoir rencontré le succès.

A ce splendide scénario, relatant plutôt fidèlement les faits, viennent s'ajouter les dessins pleins de vie aux magnifiques couleurs issues d'une jolie palette d'aquarelles de Nadar.

Vous n'aimez pas la BD ? Vous lui préférez des romans ? Essayez donc ce roman graphique. Il serait étonnant que vous ne soyez pas conquis !
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Eclipse d'étoile au pays des stars…

Ah, Hollywood dans l'entre-deux guerres : les débuts du cinéma grand public, la montée en puissance des studios et des majors, la gloire du muet et de ses stars alors qu'émerge tout juste le parlant, l'âge d'or d'un art appelé à devenir une industrie…

Mais l'histoire est sans pitié. Si Buster Keaton et Charlie Chaplin sont entrés dans la légende, Roscoe « Fatty » Arbuckle, le troisième larron de la bande aussi connu qu'eux dans les années 20, a depuis été effacé des tablettes.

Car Fatty ne fut pas le dernier à profiter des excès de la starification naissante qu'offrait alors Hollywood : argent, soirées, alcool, drogue, sexe… Un mélange habituel pour cet acteur adulé, éternel bon vivant. Mais un mélange destructeur et particulièrement mal vu pour l'Amérique puritaine qui s'apprêtait à décréter la prohibition et le retour à la moralisation des âmes et des arts.

Et lorsqu'une énième fête tourne au drame, c'est l'Amérique tout entière qui va se retourner contre Fatty, que l'amitié de son ami Buster ne parviendra pas à sauver d'une injustice criante, d'une déchéance annoncée et de l'oubli des historiens du septième art.

Côté textes, j'ai particulièrement apprécié Fatty, le premier roi de Hollywood de Nadar et Julien Frey pour ce pan d'histoire américaine qui m'était inconnu. Loin d'être un spécialiste de romans graphiques ou de bandes dessinées, je me garderai bien de porter un jugement avisé sur les dessins, sauf pour dire combien certains véhiculent une forme d'émotion étonnante et touchante.

Mais c'est surtout la contextualisation de l'épisode dans cette période troublée où la société US s'opposait, qui m'a séduit. Comme un rappel étonnamment moderne et actuel que les divisions internes mènent immanquablement aux excès. Et aux drames.

Bref une jolie découverte plus grave qu'il n'y paraît, qui ne me serait jamais tombée entre les mains sans les conseils bien ciblés - une fois de plus – des avisées libraires de l'Armitière.
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Le roman graphique nous permet de nous instruire d'une certaine manière en permettant de combler nos carences. Moi, j'aime bien le cinéma par exemple. Cependant, je ne connaissais pas forcément Roscoe Arbuckle dit Fatty qui était l'acteur le mieux payé Hollywood dans les années 20. Il dépassait en popularité Charlie Chaplin et Buster Keaton réunis. Bref, il fallait le faire !

Visiblement, comme la plupart des acteurs qui rencontrent le succès, sa vie s'est transformée en débauche dégoulinante. C'est clair que la chute n'en fut que plus rude. On va assister impuissant au premier grand scandale hollywoodien. Cela ne sera que le premier d'une longue suite, le dernier scandale étant celui de l'affaire Alec Baldwin qui a joué à la roulette russe sur un tournage de western en ne vérifiant pas si son arme était chargé (ce qui paraît être pour certain un geste élémentaire de prudence).

J'ai adoré l'introduction avec un Buster Keaton vieillissant qui raconte la légende Roscoe à un jeune technicien du plateau de tournage de la quatrième dimension dans les années 60. En effet, Fatty faisait dans le cinéma populaire tendance burlesque. Il était loin du courant moralisateur qui va sévir dans l'Amérique des années 20 conduisant à la prohibition par exemple.

Visiblement, ce fut une époque où les acteurs pouvaient encore faire une douzaine de films en seulement deux ans ce qui arriva à nos deux complices amis Fatty et Buster Keaton. On croisera la route d'un Charlie Chaplin au bras d'une très jeune femme qui aurait pu être sa fille. Bref, il ne sera pas montré sous le meilleur angle mais son talent comme acteur comique sera reconnu.

On voit comment la notoriété attire des femmes assez vénales et comment on peut se retrouver accusé de viol ou pire d'homicide involontaire. Fatty n'a fait qu'aider assez naïvement une jeune femme ivre. Cependant, le contexte est celui Hollywood qui passe pour un camp de vacances de dépravés. Il fallait que quelqu'un en paye le prix. Les ligues féministes s'en sont données à coeur joie. Balance ton porc !

J'ai été ému pour cet homme certes extravagant mais innocent qu'on a fait passer pour un monstre. On voit la machine judiciaire en oeuvre quand elle essaye de broyer une célébrité qui devient une victime expiatoire. Bref, une aubaine pour le procureur qui rêve de devenir le prochain gouverneur de San Francisco. Même la presse a fait ses choux gras avec des titres de manchette comme « Roscoe aurait violé Virginia avec une bouteille de Coca-Cola ». Ridicule mais cela marche !

Bref, je n'ai pas été déçu de cette lecture qui nous montre le milieu Hollywood mais également celui d'une justice parfois corrompue. Ainsi l'un des jurés avait un compagnon qui travaillait pour le bureau du procureur et qui aurait dû être récusé par conséquent. Sans l'unanimité des jurés, le procureur pouvait faire appel ce qu'il ne manqua pas de faire. On traîne dans la boue une célébrité pour gagner en prestige. Ce procès va révéler encore quelques désagréables surprises sur le système américain. Au bout du compte, la morale sera sauve mais bon. Fatty fut détruit à jamais banni par les pontes et la censure.

En conclusion, je dirai que c'est une BD très intéressante à découvrir. La lecture fut très agréable grâce à un magnifique dessin qui oeuvre à la qualité de l'ensemble.

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Charlie Chaplin ça vous parle ?
Si je vous dis Buster Keaton, vous êtes encore nombreux à me suivre.
Mais si je vous dis Roscoe "Fatty" Arbuckle, là, j'en perds beaucoup, je vois les grimaces, les interrogations.
Pourtant, avant les deux premiers cités, il fut le premier Roi d'Hollywood, la première star.
Adulé par les foules.
Il a rencontré le succès et a fait fortune bien avant ses célèbres collègues.
Les studios l'envient, lui font des ponts d'or, Fatty c'est la recette assurée.
Personnage rondouillard, au visage poupin et souriant, qui aime se travestir et qui multiplie les gags hilarants, qui, selon ses dires, a offert à Charlot ce fameux pantalon trop large qui fait sa silhouette inoubliable.
Mais un jour, sa vie bascule.
Un drame, trois procès dont il sort blanchi mais haï.
Premier blacklisté par le tristement célèbre Sénateur Hayes, il mettra longtemps à revenir sur le devant de la scène.
Fatty, Julien Frey (scénario) et Nadar (dessin) vous le font découvrir dans ce magnifique roman graphique de 200 pages.
Ils ont choisi Buster Keaton pour nous le raconter.
Un Buster vieillissant qui se remémore son ami.
Pourquoi je vous recommande cet album ?
Parce que, même si le cinéma du temps du muet vous est totalement étranger, les auteurs réussiront, j'en suis sûr, à vous passionner avec ce personnage atypique de l'âge d'or d'Hollywood.
Ne soyez pas effrayé par le pavé, tout est quasiment dit dans les dessins (excellent travail de Nadar) et Frey a évité les bavardages inutiles et limité les dialogues à l'essentiel.
Bref, vous l'aurez compris, cet ouvrage est un véritable coup de coeur.
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Cette BD revient sur le premier âge d'or d'Hollywood et sur la tragique histoire de celui qui fut la plus grande et la première réelle star du cinéma muet : Roscoe Arbucke.
Tombé relativement dans l'oubli suite à l'histoire racontée dans ces pages et à la révolution qu'a représenté Charlie Chaplin, Roscoe 'Fatty' Arbuckle était un comédien de très forte carrure qui jouait des gags mettant en avant son physique, une certaine naïveté et des comiques de situation.
Il était l'ami de Buster Keaton « l'homme qui ne rit jamais ».
Si le drame qui a enterré la carrière de Arbuckle prend une part importante du récit, l'accent est tout de même mis par les auteurs sur l'amitié qui lie les deux hommes et qui est le réel enjeu de cette BD.
Les personnages sont attachants même si ils restent fort distants pour le lecteur. On ne nous donne que peu de moments de réflexion ou d'intimité mais cela reste peut-être préférable finalement...
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critiques presse (1)
BoDoi
08 septembre 2021
Encore une réussite pour le duo qui ne cesse d’éclairer par son travail les oubliés de l’Histoire et les zones d’ombres du passé.
Lire la critique sur le site : BoDoi
Citations et extraits (1) Ajouter une citation
Hollywood est une putain qui peut tout te donner et tout te reprendre d'un claquement de doigt.
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