AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizForum
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Paul Wyczynski (Éditeur scientifique)Réjean Robidoux (Éditeur scientifique)
ISBN : 2894060793
Éditeur : Bibliothèque Québécoise (07/01/1995)

Note moyenne : 4.14/5 (sur 63 notes)
Résumé :
Emile Nelligan est le plus grand poète lyrique du Québec. Sa vie et son oeuvre se confondent dans la même fulgurance. Né à Montréal en 1879, marqué par Musset, Verlaine et Baudelaire, il écrivit des poèmes sur les paradis perdus de l'enfance, le visage consolateur de la femme, la nostalgie des pays inconnus dont le lointain désespère le désir. Cet écrivain du néant, cet " hypocondriaque au front blêmi ", fut interné en 1899 et passa quarante-deux ans dans un asile, ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses & Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
bilodoh
26 novembre 2013
Nelligan n'avait pas vingt ans en 1899 lorsqu'il a sombré dans la maladie mentale et a été interné, à une époque où les traitements psychiatriques étaient rudimentaires. Ce fut la fin abrupte de son génie, il passa le reste de sa vie en institution sans créer d'autres poèmes.
Toute son oeuvre tient donc en un seul recueil, mais si elle n'a pas la quantité, sa qualité fait en sorte que Nelligan est quand même considéré comme un grand poète québécois.
Sa poésie est accessible aux néophytes du genre et a pénétré la culture populaire : ses « Soirs d'hivers » ont été mis en musique par Claude Léveillée.
Commenter  J’apprécie          140
Cielvariable
27 avril 2013
Classique de la poésie québécoise qu'il faut absolument avoir lu. On revient toujours à Nelligan.
Commenter  J’apprécie          30
VACHARDTUAPIED
28 mars 2013
Qu'il m'est agréable de replonger régulièrement dans les poèmes de Nelligan, Ses sonnets me transpercent l'âme, éternellement....
Commenter  J’apprécie          20
alinex13
03 août 2016
L'âme d'un poète s'offre à l'autre fragile et vulnérable. Une telle sensibilité dans ces temps pouvaient peut-être être qualifiée de folie parce qu'elle transcendait la vie humaine ordinaire.
Commenter  J’apprécie          00
MarianneRichard
31 août 2013
Recueil de poèmes du célèbre auteur québécois. Bien sur, un recueil de poésie, reste ce qu'il est. Mais si vous aimez le genre, c'est un poète qu'il faut avoir lu.
Commenter  J’apprécie          00
Citations & extraits (75) Voir plus Ajouter une citation
coco4649coco464930 novembre 2015
À Georges Rodenbach


Blanc, blanc, tout blanc, ô Cygne ouvrant tes ailes pâles,
Tu prends l’essor devers l’Éden te réclamant,
Du sein des brouillards gris de ton pays flamand
Et des mortes cités, dont tu pleuras les râles.

Bruges, où vont là-bas ces veuves aux noirs châles ?
Par tes cloches soit dit ton deuil au firmament !
Le long de tes canaux mélancoliquement
Les glas volent, corbeaux d’airain dans l’air sans hâles.

Et cependant l’Azur rayonne vers le Nord
Et c’est comme on dirait une lumière d’or
Ô Flandre, éblouissant tes funèbres prunelles.

Béguines qui priez aux offices du soir,
Contemplez par les yeux levés de l’Ostensoir
Le Mystique, l’Élu des aubes éternelles !

p.189
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          120
TandaricaTandarica02 avril 2015
C’est un vase d’Égypte à riche ciselure,
Où sont peints des sphinx bleus et des lions ambrés :
De profil on y voit, souple, les reins cambrés,
Une immobile Isis tordant sa chevelure.

Flambantes, des nefs d’or se glissent sans voilure
Sur une eau d’argent, plane aux tons de ciel marbrés :
C’est un vase d’Égypte à riche ciselure
Où sont peints des sphinx bleus et des lions ambrés.

Mon âme est un potiche où pleurent, dédorés,
De vieux espoirs mal peints sur sa fausse moulure ;
Aussi j’en souffre en moi comme d’une brûlure,
Mais le trépas bientôt les aura tous sabrés…

Car ma vie est un vase à pauvre ciselure.
(Potiche)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
coco4649coco464902 février 2014
Rêve de Watteau

Quand les pastours, aux soirs des crépuscules roux
Menant leurs grands boucs noirs aux râles d’or des flûtes,
Vers le hameau natal, de par delà les buttes,
S’en revenaient, le long des champs piqués de houx ;

Bohèmes écoliers, âmes vierges de luttes,
Pleines de blanc naguère et de jours sans courroux,
En rupture d’étude, aux bois jonchés de brous
Nous allions, gouailleurs, prêtant l’oreille aux chutes

Des ruisseaux, dans le val que longeait en jappant
Le petit chien berger des calmes fils de Pan
Dont le pipeau qui pleure appelle, tout au loin.

Puis, las, nous nous couchions, frissonnants jusqu’aux moelles,
Et parfois, radieux, dans nos palais de foin,
Nous déjeunions d’aurore et nous soupions d’étoiles...

p.63
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
coco4649coco464931 octobre 2015
Poèmes posthumes

Frère Alfus
I


Ce fut un homme chaste, humble, doux et savant
Que le vieux frère Alfus, le moine des légendes.
Il vivait à Olmutz dans un ancien couvent.

Il avait un renom de par beaucoup de landes,
Son esprit était plein d’un immense savoir
Car la Science lui fit ses insignes offrandes.

De tous bords l’on venait pour l’aimer et le voir ;
Son chef s’était blanchi sous des frimas d’idées
Mais son penser restait sur un point sans pouvoir.

Parmi les grandes paix des retraites sondées,
Dès l’aube, tout rêveur il venait là souvent
Quand les herbes chantaient sous les primes ondées.

Il écoutait la source et l’oiseau, puis le vent,
Et comme en désespoir de solver le mystère
Il retournait pensif toujours vers son couvent.

On le vit se voûter comme l’arbre au parterre.
Peu à peu dans son âme une tempête entra
Car le Doute y grondait comme un rauque cratère.

Du glaive de l’orgueil l’humble foi s’éventra
Et le vieux moine allait portant sur ses épaules
Les douleurs que l’enfer sans doute y concentra

Parfois il se disait marchant sous les hauts saules,
L’index contre la tempe et le missel au bras,
Dieu peut-être est chimère ainsi que vains nos rôles.

À quoi nous servirait ainsi jusqu’au trépas
De cambrer nos désirs sous les cilices chastes
Et vivre en pleine mort pour un ciel qui n’est pas ?

Son cœur confabulait avec des voix néfastes,
Le ciel, l’arbre, l’oiseau, la terre étaient joyeux
Et le Moine était triste au fond de ces bois vastes.

p.215-216-217
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
CielvariableCielvariable05 janvier 2012
La romance du vin

Tout se mêle en un vif éclat de gaîté verte.
Ô le beau soir de mai! Tous les oiseaux en choeur,
Ainsi que les espoirs naguères à mon coeur,
Modulent leur prélude à ma croisée ouverte.

Ô le beau soir de mai! le joyeux soir de mai!
Un orgue au loin éclate en froides mélopées
Et les rayons, ainsi que de pourpres épées,
Percent le coeur du jour qui se meurt parfumé.

Je suis gai! je suis gai! Dans le cristal qui chante,
Verse, verse le vin! verse encore et toujours,
Que je puisse oublier la tristesse des jours,
Dans le dédain que j'ai de la foule méchante!

Je suis gai! je suis gai! Vive le vin et l'Art!...
J'ai le rêve de faire aussi des vers célèbres,
Des vers qui gémiront les musiques funèbres
Des vents d'automne au loin passant dans le brouillard.

C'est le règne du rire amer et de la rage
De se savoir poète et l'objet du mépris,
De se savoir un coeur et de n'être compris
Que par le clair de lune et les grands soirs d'orage!

Femmes! je bois à vous qui riez du chemin
Où l'Idéal m'appelle en ouvrant ses bras roses;
Je bois à vous surtout, hommes aux fronts moroses
Qui dédaignez ma vie et repoussez ma main!

Pendant que tout l'azur s'étoile dans la gloire,
Et qu'un hymne s'entonne au renouveau doré,
Sur le jour expirant je n'ai donc pas pleuré,
Moi qui marche à tâtons dans ma jeunesse noire!

Je suis gai! je suis gai! Vive le soir de mai!
Je suis follement gai, sans être pourtant ivre!...
Serait-ce que je suis enfin heureux de vivre;
Enfin mon coeur est-il guéri d'avoir aimé?

Les cloches ont chanté; le vent du soir odore...
Et pendant que le vin ruisselle à joyeux flots,
Je suis si gai, si gai, dans mon rire sonore,
Oh! si gai, que j'ai peur d'éclater en sanglots!

+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Videos de Émile Nelligan (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Émile Nelligan
"Soirs d'hiver" de Nelligan interprétés par Claude Léveillée
autres livres classés : poésieVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle





Quiz Voir plus

Testez vos connaissances en poésie ! (niveau difficile)

Dans quelle ville Verlaine tira-t-il sur Rimbaud, le blessant légèrement au poignet ?

Paris
Marseille
Bruxelles
Londres

10 questions
566 lecteurs ont répondu
Thèmes : poésie , poèmes , poètesCréer un quiz sur ce livre