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ISBN : 2070439054
Éditeur : Gallimard (02/10/2011)

Note moyenne : 4.06/5 (sur 17 notes)
Résumé :

Dire que la popularité de Charles Dickens (1812-1870) fut immense est un euphémisme. Tout le monde le lisait: la Reine et ses ministres, le petit peuple et la gentry, toute l’Angleterre en somme, mais aussi les Français, les Américains, les Allemands, les Russes. Pour trouver un équivalent français à sa gloire, il faudrait additionner celle de Balzac et de Hugo, de Zola et de Dumas. Etencore échouerait-on à... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Musardise
  13 mai 2018
On serait presque tenté de déclarer qu'avec un sujet tel que Dickens, homme en haut en couleurs s'il en fut, on peut difficilement se planter et que la tâche est trop aisée. Cela dit, il faut bien avouer que cette biographie se lit presque comme un feuilleton. Et bien que j'aie pris mon temps pour le savourer - car j'ai toujours trois/quatre livres en route -, je peux affirmer qu'à peine un chapitre terminé, on a hâte de passer au suivant pour connaître les péripéties de la vie et de la carrière du véritable personnage que fut Charles Dickens.
Alors évidemment, n'étant pas spécialiste de la vie de Dickens, il m'est bien impossible de vérifier tout ce que Jean-Pierre Ohl y a écrit et affirmé, même si cela cadre plutôt bien avec ce que je savais déjà de l'écrivain anglais. Et on a en tout cas le loisir de comprendre l'époque dans quelle vivait Dickens,et, surtout, le contexte social qui eut sur lui tellement d'importance. L'auteur insiste sur la prégnance de la courte période de déchéance sociale que connut Dickens, lorsqu'il travailla enfant quelques mois en usine alors que son père était emprisonné pour dettes, et quel paradoxe fut le sien : s'il défendit toujours les pauvres dans son oeuvre, il n'en côtoyait certes aucun, mit toute son énergie à monter dans l'échelle sociale et fut obsédé par l'idée de chuter à nouveau.
Jean-Pierre Ohl montre également quel bourreau de travail fut Dickens, et s'intéresse de près à la genèse de ses oeuvres et à l'évolution qu'elles connurent, s'attardant sur les raisons de celle-ci . Mais ce n'est pas que le portrait d'un écrivain qu'on nous brosse : on voit le Dickens homme d'affaires, déjà tout jeune impitoyable, voire carrément injuste ou même filou avec ses employeurs dans l'édition ; ou bien encore le Dickens mal marié, qui se comporta de façon fort discutable avec sa femme. Bref, pas d'idéalisation de l'homme, mais la représentation d'un hypercatif qui bouleversa la littérature britannique, par ses sujets, ses prises de position, son ton, mais aussi son succès phénoménal.
J'ai juste quelques réticences sur le recours un peu trop régulier à des explications concernant certains comportements de Dickens, qui vont chercher, mais très superficiellement, du côté de la psychanalyse et auxquelles il est difficile de donner crédit, puisqu'impossibles à creuser tant d'années après la mort de l'écrivain, et d'autant plus dans une biographie aussi courte. Je reste également sur mes gardes sur l'insistance qu'a mis l'auteur a présenter Dickens comme un homme dévoré par une souffrance intérieure insupportable, qui l'aurait menée à la mort.
Toujours est-il que cette biographie, naturellement et intrinsèquement liée à la monographie de Dickens, fait revivre l'écrivain avec verve et donne très envie d'aller se plonger dans Oliver Twist et autres friandises.
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Titine75
  22 mars 2012
« Jamais personne n'avait porté aussi haut l'étendard de la fiction, au point de concurrencer la vie même, d'interagir avec elle et de réconcilier dans un même amour de la littérature tous les publics, du plus fruste au plus cultivé. » L'écrivain qui sut si bien passionner des millions de lecteurs c'est Charles Dickens à qui Jean-Pierre Ohl rend hommage dans cette biographie. L'admiration de Jean-Pierre Ohl pour Dickens transparaît dans chaque page mais sans complaisance. Les parts d'ombre du plus grand romancier victorien ne sont pas oubliées.
Il faut dire que la vie de Charles Dickens fut des plus mouvementée, elle pourrait être qualifiée de dickensienne ! L'enfance est le moment fondateur , le moment où se forge le caractère de Dickens. Jusqu'à l'année 1824, la vie est plutôt harmonieuse dans la famille de John Dickens. Mais ce dernier est impécunieux et cumule les dettes. Sa situation empire tellement qu'il demande à son fils Charles de travailler. A l'âge de 12 ans, celui-ci est embauché chez Warren's Blacking, une fabrique de cirage, pendant que son père est incarcéré à la prison de la Marshalsea. Cet épisode est un véritable traumatisme pour le jeune Charles, non seulement il doit travailler mais en plus il ne peut continuer à aller à l'école. Devenu adulte, Charles Dickens voudra prendre une revanche sur son enfance et travaillera de manière acharnée pour s'élever socialement et sortir de la misère.
Il réussit malgré tout à devenir clerc puis journaliste. Il écrit des chroniques publiées en volume en 1835, ce sont « Les esquisses de Boz ». Mais le succès arrive en 1836 avec la publication en feuilleton « Des papiers posthumes du Pickwick Club ». C'est un triomphe absolu et chaque publication est attendue par des millions de spectateurs. La même année Charles Dickens épouse Catherine Hogarth qui lui donnera dix enfants. le succès e Charles Dickens ne sera jamais démenti. Il y aura des hauts et des bas, des scandales (notamment lorsqu'il se sépare brutalement de sa femme) mais le lecteur sera toujours au rendez-vous. L'inimitable Boz laisse des chefs-d'oeuvre absolus à la littérature anglaise : « Oliver Twist », « David Copperfield », « le conte de Noël », « de grandes espérances », « L'ami commun ».
Charles Dickens avait une personnalité complexe et terriblement angoissée. La mort rôde toujours et la morbide assombrit ses romans. A cet égard la mort de sa jeune belle-soeur Mary Hogarth en 1837 est évènement majeur. Dickens ne s'en remettra jamais. Ses terreurs étaient masquées, apaisées par une énergie folle. Dickens était toujours en mouvement : écrire beaucoup, marcher, voyager, défendre les plus démunis, jouer ses propres pièces, faire des lectures publiques. Charles Dickens s'est consumé au fil des ans, s'est ruiné la santé à force de débauches d'énergie.
Charles Dickens était également un homme tyrannique. Ne laissant personne décider pour lui, il prenait le pouvoir de force comme avec ses différents éditeurs. Personne ne pouvait se mettre sur sa route quand il avait décidé quelque chose. Son besoin de contrôle rejoint son côté maniaco-dépressif.
La biographie de Jean-Pierre Ohl est vraiment passionnante, nous permettant de mieux cerner ce personnage flamboyant qu'était Charles Dickens. Ohl entremêle judicieusement la vie et les oeuvres de Boz, les deux étant totalement indissociables. Malgré les défauts de Charles Dickens, mon admiration est ressortie grandie de cette lecture. Dickens a consacré sa vie à la littérature avec grandeur, panache, talent et une passion brûlante. Oliver Twist, la petite Nell, Scrooge, Paul Dombey, Pip, Mr Pickwick, David Copperfield, Edwin Drood peuplent et peupleront pour toujours nos imaginaires.
Lien : http://plaisirsacultiver.unb..
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Evelynes66
  17 février 2019
Charles Dickens (1812-1870) Par Jean-Pierre Ohl
Quel est le roman le plus connu et le plus lu de Dickens ? Qui se cache sous le personnage de “la petite Dorrit”?. Vous le découvrirez en lisant cette biographie et bien d'autres secrets captivants concernant son enfance ainsi que le pouvoir de ses romans durant son époque.
Saviez vous que Charles Dickens travailla à 12 ans dans une usine de cirage à coller des étiquettes suite à l'emprisonnement pour dettes de son père ? Un séjour qui le marquera à tout jamais et qu'il dénoncera en 1838 dans ” Oliver Twist” concernant l'exploitation physique et morale des enfants qui entraînera la fermeture des écoles du Yorkshire.
Tout le monde lisait Dickens. de son vivant il réconcilia tous les publics du plus rustre au plus cultivé. Un homme complexe, un travailleur acharné laissant une oeuvre protéiforme, sensible, engagée soignant son mal de vivre par la littérature, les voyages….
Dans un “chant de Noël ” sous les traits de Scrooge, un conte où il développe les méfaits de la cupidité et de l'égoïsme sur lesquels l'emportent finalement la charité et la réconciliation. le thème de Noël devient central pour l'écrivain.
Un livre prodigieux, un mot qui revient fréquemment dans l'oeuvre de Dickens.
De quoi donner envie de relire ” les grandes espérances” ou une de ses oeuvres chaque année au mois de décembre !!!!
Éditions folio livre de poche

Lien : http://presscat.org
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
MusardiseMusardise   15 mai 2018
En 1834, lord Melbourne venait de mener à bien une réforme profonde du système de l’assistance aux pauvres. Chaque municipalité avait désormais l'obligation de créer un hospice (workhouse), dans lequel les indigents, pour bénéficier de l'aide publique devaient résider. En vertu d'u principe hérité de Jeremy Bentham, le philosophe utilitariste, les conditions de vie désastreuses à l'intérieur des workhouses - famine organisée, travail obligatoire et harassant, hygiène déplorable, séparation des couples et des familles - étaient censées inciter les "bénéficiaires" à renoncer à leurs droits à l’assistance et à chercher du travail au-dehors...
Hélas, l'industrialisation sauvage n'était pas synonyme de plein emploi, loin s'en faut, et, dans la plupart des cs, les pauvres n'avaient d'autre choix que de finir leurs jours entre les murs des workhouses, décimés par la faim, les maladies et le désespoir.
Chose difficile à comprendre aujourd'hui - et véritable crève-cœur pour Dickens, homme "de gauche" -, cette loi aux conséquences sinistres avait été imaginée par les Whigs, les libéraux au pouvoir, des "philanthropes" disciples de Bentham pour la plupart... Progressistes e un ses, puisque militant pour l'élargissement du corps électoral et la création des syndicats, les benthamistes mettaient aussi en œuvre dans les workhouses un système inhumain de confinement et de surveillance. Avec Oliver Twist, Dickens jette donc un pavé dans la mare de sa propre famille politique. Plus que jamais, il est ce "radical sentimental" qui fait passer le souci de la souffrance individuelle avant les grandes théories générales, la charité et la sympathie instinctive avant la rationalisation des problèmes sociaux.

Le premier Victorien
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MusardiseMusardise   16 mai 2018
Aujourd’hui encore, Oliver Twist demeure le roman le plus connu et le plus lu de Dickens, illustré par de nombreux films, dessins animés, bandes dessinées, albums et versions abrégées pour la jeunesse. À certains égards, cette popularité est presque regrettable car elle éclipse, hors du monde anglo-saxon en tout cas, le reste de son œuvre. Or, le livre n'a ni le génie comique de Pickwick, ni la finesse psychologique de Copperfield ou des Grandes espérances, ni la profondeur des grands romans sociaux tels que La Maison d'Âpre-Vent ou La Petite Dorrit ; et le fait que son héros soit un petit garçon entretient le poncif selon lequel Dickens serait un écrivain "pour la jeunesse". Mais, pour la première fois, un auteur "sérieux" donnait à voir les aspects les plus crus et les plus sordides de la vie des classes défavorisées, jusque-là cantonnés aux pages des journaux à sensation[.]

Le premier Victorien
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MusardiseMusardise   22 mai 2018
Par ailleurs, il faut noter que Chuzzlewit et Un chant de Noël traitent de l'argent au moment précis où Dickens connaît ses premières difficultés financières depuis le début de Pickwick. Ces aléas seraient bénins pour tout autre homme ; mais pour lui qui a souffert de la pauvreté, de la honte réservés aux débiteurs, ils sont tout bonnement insupportables... d'autant que John Dickens choisit ce moment précis pour refaire surface et exiger son retour à Londres. Le chantre de la famille régénérée autour de la traditionnelle dinde de Noël qualifie alors ses propres parents de "pétitionnaires avides de sang" ! Et le créateur du parricide Jonas Chuzzlewit confie à Thomas Mitton, son ami et homme de loi qui tente tant bien que mal de "gérer" en son nom l'ingérable John Dickens : "Je crois vraiment que je vais m'effondrer un de ces jours. Car rien de comparable à l'ombre atroce que mon fichu père étend sur mon visage, rien de tel n'a jamais existé en dehors d'un cauchemar..."

Fantômes
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MusardiseMusardise   17 mai 2018
Mais le meilleur dérivatif à ses angoisses, son principal recours contre les spectres coalisés de l'inaction et du trop-plein d'énergie reste le travail. À peine Pickwick terminé, tandis qu'Oliver Twist n'a pas encore vécu la moité de ses aventures, il s'est déjà investi dans le projet d'un troisième roman, qu'en bonne logique il aurait dû réserver à Bentley, mais qu'il destine pourtant à Chapman et Hall. Un nouveau scandale, celui des "écoles du Yorkshire", défraie la chronique : il s'agit d’institutions louches où des enfants indésirables - issus de familles aisées pour la plupart - sont placés, pour ne pas dire incarcérés, et où l'on pratique plus fréquemment les châtiments corporels que la grammaire latine. Dès janvier 1838, Dickens s'est rendu sur les lieux avec le dessinateur Hablot Browne, le fidèle "Phiz", préféré à Cruikshank en l’occurrence. La manière dont Dickens organise et mène l'expédition rappelle son ancienne profession de journaliste. Installé dans une auberge des environs de Bowes, où se situe la plus tristement célèbre de ces "écoles", il adopte un faux nom - Hablot Browne... - pour enquêter incognito et recueille de nombreux témoignages tandis que le vrai Browne accumule les esquisses.

Un bourreau de travail
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MusardiseMusardise   24 mai 2018
Pour L'Ami commun, il renoue avec le format des vingt livraisons mensuelles et plante pour la dernière fois son décor à Londres. Sa vision de la ville a bien changé depuis Pickwick, et même depuis Copperfield. L'activité inlassable dont les économistes s’enorgueillissent, modèle d'un monde moderne où industrie et capitalisme triomphent de toutes parts, s'y voit résumée à deux formes de "récupération" : celle des cadavres qui flottent sur la Tamise, et celle des détritus.

"Le rêve que nous rêvons tous"
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Videos de Jean-Pierre Ohl (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean-Pierre Ohl
KATARINA MAZETTI .Rencontre avec Katarina Mazetti le jeudi 17 mars 2011 à la Librairie GeorgesAnimée par Jean-Pierre Ohl
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