AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix BabelioRencontresLe Carnet
Darnand : Le bourreau français tome 1 sur 2
EAN : 9782369813644
56 pages
Rue de Sèvres (13/09/2017)
3.79/5   46 notes
Résumé :
« Sous-officier d’élite, d’une bravoure hors pair, le sous-officier Darnand a été, en tout point, un serviteur modèle et un de nos artisans de notre victoire finale. C’est un beau brave ». Voici la phrase qui accompagne la croix de la légion d’honneur qui sera remise à Joseph Darnand en avril 1927, pour ses faits de bravoure pendant la Première Guerre mondiale.

Reims, 1918. On annonce l’attaque la plus brutale de l’armée allemande dans les prochains j... >Voir plus
Que lire après Darnand : Le bourreau français, tome 1Voir plus
Sam Lawry, tome 1 : Celui qui voit par Richez

Sam Lawry

Hervé Richez

3.91★ (117)

6 tomes

La Cagoule, tome 1 : Bouc émissaire par Brugeas

La Cagoule

Vincent Brugeas

3.90★ (155)

3 tomes

The Regiment, tome 1 par Brugeas

The Regiment

Vincent Brugeas

3.90★ (156)

3 tomes

La bataille, tome 1 par Richaud

La bataille

Frédéric Richaud

3.92★ (199)

3 tomes

Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
3,79

sur 46 notes
5
5 avis
4
8 avis
3
3 avis
2
0 avis
1
0 avis
« Héros de guerre ou bourreau impitoyable ? »

Joseph Darnand, sergent de l'armée française en 1917 se distinguera par sa bravoure exceptionnelle durant la Première Guerre Mondiale. Une bravoure qui ne le quittera pas. Sa fidélité, sa pugnacité et son courage ne le feront jamais trahir ses frères d'armes, ni ses idées.

Et des idées, Darnand il en a plein ! Inspirées de ses valeurs militaires, Darnand aime l'ordre. le vrai, le grand. Celui qui fait que rien ne bouge. Que personne, surtout pas une femme, ne vient essayer de bousculer ses habitudes ou ses façons de penser (pages 19 à 21). Et encore les femmes, elles ont le beau rôle car elles sont utiles : pour tenir sa maison propre, car même quand on est habitué aux dures conditions militaires, il est toujours bon de rentrer dans un chez-soi propre et rangé. Et puis c'est utile pour assouvir ses besoins sexuels, car c'est un homme Darnand, un vrai. Il a des couilles Darnand ! Il aurait pu s'en servir pour démontrer son amour à sa femme, il préférera les mettre au service de la haine.

Car si pour Darnand une femme est utile, qu'en est il des homosexuels, des Tziganes, des juifs, des musulmans ou de tous ceux qui au fond sont différents de l'idée que ce patriote se fait de sa tendre et chère France ?

Reconnu comme héros de la Première Guerre Mondiale, décoré sous le titre d' « Artisan de la Victoire », durant l'entre-deux-guerres, Joseph Darnand s'engagera dans le mouvement fasciste de l'OSARN*, plus connu sous le nom de « La Cagoule ». Patriotes, royalistes, tout ce beau monde se rassemble « contre Blum et la juiverie » (p. 21) pour « rendre sa souveraineté à la France » et « redonner la fierté à ceux qui l'ont défendue » (p. 24).

Darnand ne tardera pas à s'engager contre un ennemi qui menace encore plus dangereusement la « grandeur de la France » que « les cocos » : la menace Hitler plane au-dessus de la nation. Mais l'Allemagne nazie cache peut-être des atours que Darnand ne soupçonne pas encore...

Avec un dessin incisif et efficace, et malgré un scénario qui manque un peu de chair, on suit avec un intérêt grandissant l'évolution de cet homme qui au fond ressemble à beaucoup d'autres : « Antisémite ? Pas plus que les autres. À cette époque, la plupart des gens rendaient les juifs responsables de leur misère. » (p. 32)

« Je suis un soldat, je n'ai pas une âme de vendeur de meubles. Les gars comme moi sont faits pour mourir à la guerre... pas pour vivre une existence de petit-bourgeois. » (p. 20). En effet, ce n'est pas un petit-bourgeois... mais il est au service de la bourgeoisie, sous le patronage de l'Église catholique.

Un album édifiant et captivant ! On attend la suite...

*OSARN : Organisation Secrète d'Action Révolutionnaire Nationale

Lu en janvier 2018.
Commenter  J’apprécie          850
Voici l'histoire d'un héros de la Première Guerre mondiale devenu collabo. durant la seconde...
Une «histoire française» qui aurait mérité plus d'explications de l'entre-deux-guerres.
Cet homme est un salaud et ce dès la Première Guerre mondiale il casse du «boche» comme il «cassera du juif ou du communiste et du gaulliste».
Un parcours atypique assez bien retranscrit (sauf l'entre-deux-guerres).
Les dessins sont expressifs surtout les regards.
Une bonne bd d'aventure mais une bd historique moyenne.
Commenter  J’apprécie          460
1918. Joseph Darnand est l'« artisan de la victoire », distinction suprême que seul Clemenceau et Foch obtiennent également. Il vient, avec ses hommes, de forcer les lignes allemandes, fait plus de vingt prisonniers et récupérer les plans de la future offensive ennemie. La guerre vient de basculer. Inimaginable, mais il l'a fait. Un héros, certainement, mais son histoire ne s'arrête pas là…

Rue de Sèvre est une de ces maisons dont la qualité des choix éditoriaux est incontestable. Darnand, le bourreau français en est une nouvelle preuve. Pat Perna revient dans cette bande dessinée prévue en deux volumes sur le destin de Joseph Darnand, personnage équivoque déjà dépeint en 2015 par le très contestable Eric Brunet dans un essai intitulé Un monstre à la française. Héros en 18 puis en 39 Darnand va basculer… Il serait dommage d'en dire plus. Perna brosse un personnage téméraire, brutal, convaincu… droit dans ses bottes. La finesse n'a pas droit au chapitre, si ce n'était l'association à un deuxième personnage, son compagnon d'arme, Ange Servaz. Sniper, il accompagne Darnand dans ses entreprises les plus insensées. Servaz n'a pas sacrifié sa part d'humanité sur l'autel de la guerre et du nationalisme. Parfait contrepoint, tantôt conteur ou conscience, oublié de l'histoire mais porteur de nuance dans le récit. Perna trouve avec ses deux acteurs un bon équilibre narratif.

Fabien Bedouel, à qui l'on doit les très bons Kersten avec le même scénariste et L'or et le sang, nous offre un très beau travail graphique, épuré mais précis. Sans aucun détail superflu, ses planches mettent à l'honneur, à travers des choix très cinématographiques de cadrage, les hommes, leurs gueules, leur passions, leur violence. Le dynamisme est la règle, le gros plan, l'instrument favori du dessinateur. Il en va de même pour la couleur tout en aplat, sobre mais efficace. Et quel meilleur encrage que le sien pour dépeindre la guerre des tranchés. En résumé, une esthétique actuelle et accomplie.

Un très bel album donc, où les auteurs nous offrent le trouble reflet de ce que fût la France de la première moitié du XXè… sans angélisme.
Commenter  J’apprécie          170
Un livre = une acquisition = une histoire.

Je ne suis pas une connaisseuse de BD. Je suis née à une époque où la BD s'était Tintin, Lucky Luke etc... Même si l'expression 9eme art a été utilisée pour la première fois avant ma naissance, il n'empêche que la BD a beaucoup évolué ces 20 dernières années. Bref tout cela pour dire que ce n'est pas forcement ce que je lis ou achète de préférence. Mais j'ai fait une exception car, ma fille qui a découvert la lecture avec Captive (gros BEURK) est maintenant passionnée d'histoire et adore sa prof d'histoire.

Aussi pour Noël ai je contacté cette prof pour savoir quels livres pourraient être en rapport avec sa matière et intéressant pour ma fille / ado. Suite à ses recommandations, j'ai acheté "Darnand."

C'est une série beaucoup plus noire que "la guerre des lulus" ou "Les godillots" qui m'ont été également recommandés. Bien que ces trois histoires narrent les mêmes horreurs, les différents points de vue, auteurs, dessinateurs laissent une impression très différente.

Darnand est un héros dans ce tome 1 mais il glisse vers le coté sombre de la force...

Entre héros, résistance et collaboration finalement tout peut basculer.
Commenter  J’apprécie          180
En commençant cette bande dessinée, je ne me suis pas posé de question sur le titre, et je n'ai pas regardé de quoi elle parlait. Ce n'est donc que progressivement que j'ai compris que c'est de Joseph Darnand que l'on allait parler. Et, j'avoue, je n'ai pas très précisément en tête le parcours de ce monsieur.

Aussi, pendant toute la première partie, celle qui se déroule en 1918, il apparait essentiellement comme un homme courageux, qui n'abandonne jamais ses hommes, qui fait tout, même si ce n'est pas raisonnable, pour les ramener.

Puis, lorsqu'on le retrouve en 1938, on découvre son côté sombre. Il est aigri, pratiquement marginalisé, il frappe sa femme, il est hyper-politisé. Bref, c'est un sale type, qui ne recule devant rien. Il n'hésite pas à tuer, il est prêt à renverser la république. Et encore, le peu que je connais de lui me permet d'anticiper sur le fait qu'il va aller encore bien plus loin…

Le scénario est agréablement construit : il laisse suffisamment de suspense, mais reste assez facile à suivre. La construction en plusieurs « moments » (en 1918, en 1938, en 1939) constitue une espèce de millefeuille, mais on ne s'y perd pas.

Les dessins et les couleurs sont très efficaces. Les variations d'ambiance sont bien rendues, elles accompagnent les changements d'époque, ce qui facilite aussi le fait de s'y retrouver.

Bref, une très bonne bd, qui permet d'apprendre des choses tout en restant agréable à lire. Alors vivement le tome 2 !
Lien : https://ogrimoire.wordpress...
Commenter  J’apprécie          190


critiques presse (4)
ActuaBD
08 octobre 2018
Comment faire d’un salaud le héros d’une bande dessinée et éviter toute complaisance avec le discours nauséabond du personnage ? Un projet ambitieux qui n’est pas sans risque !
Lire la critique sur le site : ActuaBD
LaLibreBelgique
28 février 2018
Bedouel et Perna revisitent une part sombre de l’histoire de France.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
BDGest
17 janvier 2018
Efficace de bout en bout, ce premier acte lance de manière convaincante une biographie romancée sur une personnalité trouble de l'Histoire de France.
Lire la critique sur le site : BDGest
Sceneario
08 janvier 2018
Ce premier tome est l'une des belles surprises en ce début d'année 2018. Une oeuvre que je vous recommande chaudement !
Lire la critique sur le site : Sceneario
Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
Je suis un soldat, je n’ai pas une âme de vendeur de meubles. Les gars comme moi sont faits pour mourir à la guerre... pas pour vivre une existence de petit-bourgeois.

Quatrième de couverture et page 20, Rue de Sèvres, 2018.
Commenter  J’apprécie          410
– Je le fais pour vous et pour la France !
– Eh bien avant de penser à la France, commence par t’occuper de ta famille... Je ne sais même pas comment on va payer le loyer !

Page 20, Rue de Sèvres, 2018.
Commenter  J’apprécie          420
– Antisémite ?
– Pas plus que les autres. À cette époque, la plupart des gens rendaient les juifs responsables de leur misère.

Page 32, Rue de Sèvres, 2018.
Commenter  J’apprécie          400
Parfois les guerres créent des héros. Souvent la paix fabrique des monstres.

Page 4, Rue de Sèvres, 2018.
Commenter  J’apprécie          430
Bah… Comme souvent à la guerre, la victoire ou la défaite tiennent surtout du hasard.
Commenter  J’apprécie          180

Lire un extrait
Videos de Pat Perna (36) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Pat Perna
Après avoir adapté en BD le roman d'espionnage (mais bien plus que ça) de Trevanian, "Shibumi" (aux éditions des Arènes), réputé inadaptable, le scénariste Pat Perna continue d'avoir de chouettes projets. En 2024, il devrait publier une BD sur l'assassinat de Trotsky et une autre sur les derniers jours de Mussolini. Puis il laissera un temps de côté la géopolitique guerrière du XXème siècle pour revenir sur une anecdote d'enfance, dans un format roman graphique confié à Jean-Baptiste Hostache, son dessinateur de "Shibumi".
autres livres classés : miliceVoir plus
Les plus populaires : Bande dessinée Voir plus


Lecteurs (101) Voir plus



Quiz Voir plus

Les personnages de Tintin

Je suis un physicien tête-en-l'air et un peu dur d'oreille. J'apparais pour la première fois dans "Le Trésor de Rackham le Rouge". Mon personnage est inspiré d'Auguste Piccard (un physicien suisse concepteur du bathyscaphe) à qui je ressemble physiquement, mais j'ai fait mieux que mon modèle : je suis à l'origine d'un ambitieux programme d'exploration lunaire.

Tintin
Milou
Le Capitaine Haddock
Le Professeur Tournesol
Dupond et Dupont
Le Général Alcazar
L'émir Ben Kalish Ezab
La Castafiore
Oliveira da Figueira
Séraphin Lampion
Le docteur Müller
Nestor
Rastapopoulos
Le colonel Sponsz
Tchang

15 questions
5159 lecteurs ont répondu
Thèmes : bd franco-belge , bande dessinée , bd jeunesse , bd belge , bande dessinée aventure , aventure jeunesse , tintinophile , ligne claire , personnages , Personnages fictifsCréer un quiz sur ce livre

{* *}