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ISBN : 2259216021
Éditeur : Plon (11/04/2013)

Note moyenne : 3.36/5 (sur 7 notes)
Résumé :
Charles-Hyppolite de La Bussière, dit La Bussière, est un enfant terrible et le restera jusqu’à sa mort. Incorrigible farceur, plaisant mystificateur, comédien à ses heures, menant une vie bruyante et dissipée, il se plaît à ne rien prendre au sérieux, jusqu’au jour où, pour se soustraire aux dangers de la Révolution, il réussit à se faire engager au Comité de salut public. Devant l’horreur des exécutions en masse il fait disparaître, par un ingénieux procédé, les p... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Clubromanhistorique
  02 août 2014
La découverte d'un auteur
Bien entendu, je connaissais l'acteur et comédien de théâtre, mais pas l'écrivain. Et de l'acteur, principalement les années 1980, l'époque où il jouait des rôles de personnages gaffeurs, naïfs et rêveurs : le Roi des cons, Tête à claques, le Joli Coeur, Ça n'arrive qu'à moi… Bref, j'avais une vision totalement partiale et partielle de cet homme, ayant du mal à concevoir qu'on puisse être à la fois acteur et écrivain. Et pourtant, j'ai découvert avec étonnement et beaucoup de plaisir que Francis Perrin est un conteur hors pair et un très bon auteur de romans historiques !
L'histoire vraie d'un personnage oublié
Qui connaît aujourd'hui Charles-Hippolyte de la Bussière, cet homme qui a sauvé des milliers de vie à ses risques et périls sous la Révolution ? Un amuseur public et un comédien certes, mais aussi un homme de coeur qui a fait preuve d'un grand courage, à qui Francis Perrin rend justice !
Dénoncé un beau jour au Comité révolutionnaire pour avoir brisé les bustes de Marat et de Lepeletier sous le coup de la colère, le comédien Charles-Hippolyte de Labussière – il avait éliminé la particule de son nom au moment de la Révolution – échappe de peu à la mort. Cette mésaventure nuit à sa carrière puisque, considéré comme un paria par les gens du théâtre, il ne trouve plus de rôle à jouer. le hasard le conduit à accepter un poste d'employé au bureau des détenus du Comité de salut public, où il est chargé de classer les dossiers des accusés et d'y insérer les lettres de dénonciation. Écoeuré par ce qu'il découvre alors et refusant de devenir un rouage de la machine à tuer, il décide, avec l'accord du chef central du bureau des détenus, de retarder les jugements en faisant disparaître les pièces compromettantes de certains dossiers. Comment ? le soir, après avoir détrempé les pièces d'accusation dans l'eau d'un seau, il en fait de petits pâtés de papier placés ensuite dans ses poches et qu'il émiette ensuite en petites boulettes jetées dans la Seine. Hélas, il ne peut pas sauver tout le monde, sinon il serait immédiatement suspecté et guillotiné. Mais, grâce à lui, des milliers de personnes ont échappé à la guillotine. Parmi elles, Joséphine de Beauharnais, La Montansier, les comédiens du Théâtre-Français, Jean-Pierre Florian, le vicomte de Ségur…
Après Thermidor, il est chargé de faire libérer les innocents dont les prisons de Paris sont pleines, ceux qu'on a oubliés au fond de leurs cachots. Mais cet homme bon suscite bien des jalousies et évite la prison à plusieurs reprises. Après une énième blague réalisée aux dépens d'un directeur de théâtre, il redevient persona non grata dans le milieu du théâtre et là commence sa lente déchéance. Malgré l'aide de Talma et de quelques autres comédiens qui jouent une pièce dont les bénéfices lui sont reversés, il sombre dans l'alcool et la misère. Un jour, il s'écroule dans la rue et se retrouve à l'hospice d'aliénés de Charenton, où il meurt en 1808, totalement oublié de tous et même de ceux à qui il avait sauvé la vie.
Un grand merci à Francis Perrin pour avoir redonné vie et rendu justice à Charles-Hippolyte de la Bussière, ce "comédien humanitaire", comme le nomme le marquis de Sade dans ce roman.
Le ton du témoignage et une écriture fluide
C'est La Bussière lui-même qui prend la parole à l'hospice de Charenton où il est enfermé. En effet, le marquis de Sade, également enfermé dans cet hospice, a pour habitude d'y organiser régulièrement des soirées théâtrales animées par des aliénés et qui attirent le Tout-Paris. Fasciné et abasourdi par le récit que lui a livré La Bussière, le marquis de Sade a décidé d'organiser cette soirée pour que La Bussière puisse raconter son extraordinaire histoire au public. Mais averti que ce spectacle risquait de calomnier certains hauts représentants du gouvernement, Fouché, ministre de la Police, fait le déplacement, accompagné de deux agents secrets. Après une brève introduction du marquis de Sade, ce dernier s'efface devant celui qui estime qu'il est mieux là où il est que dehors. Commence alors le récit de sa vie...
L'utilisation du "je" est terriblement efficace : sujet du récit, La Bussière raconte ce qu'il fait, ce qu'il pense, ce qu'il ressent… le lecteur ne peut que se mettre à la place de ce "je" ; tout en lisant, il ressent immédiatement ses craintes, ses espoirs, ses désillusions, ses peurs…
Francis Perrin ne fait pas de chichis, l'écriture est simple, sans apprêt, donnant au roman un rythme qui colle bien avec le ton du témoignage, de la confession. Il parvient à nous présenter le héros de ce roman et à installer le contexte historique sans nous ennuyer avec des détails interminables. Tout s'imbrique merveilleusement bien au point qu'on est transporté plus de deux cents ans en arrière aux côtés de ce personnage fantasque et attachant. On a ainsi la sensation d'être en permanence aux côtés de la Bussière, de déambuler avec lui dans les rues de la capitale, d'assister avec lui aux divers événements de cette période troublée. Cela donne un côté très vivant, très dynamique et spontané au roman. On sent que l'auteur est très attaché à son personnage et il s'efface pour mieux mettre en avant l'astucieux courage dont La Bussière a fait preuve.
Une bonne retranscription de l'atmosphère de l'époque
Grâce à ce témoignage, on est aux premières loges de la Révolution ! On vit aux côtés de la Bussière sous la Constituante, la Convention, la Terreur, Thermidor, le Directoire et le Consulat. On croise des personnages aussi divers que pittoresques, qu'ils soient réels ou inventés : Camille Desmoulins, Talma, La Montansier, Fouquet-Tinville, Maximilien Robespierre, Charlotte Corday, Marat, Barras, Hébert… Parcourant la ville sous toutes ses coutures aux côtés de la Bussière, on assiste à tous les événements : montée de la colère du peuple, harangues au Palais-Royal, prise de la Bastille, abolition des privilèges et des droits féodaux, journées d'octobre, jour de la fête de la Fédération, assassinat de Lepeletier de Saint-Fargeau, assassinat de Marat… On ressent aussi l'atmosphère poisseuse de la Terreur, période de dénonciations par excellence où tout un chacun pouvait se retrouver du jour au lendemain, sans raison, dans la charrette conduisant à l'échafaud.
Une plongée passionnante dans du milieu du spectacle
Le théâtre sous la Révolution ? Un angle d'approche original pour un sujet rarement abordé dans le cadre du roman historique, donc un sujet passionnant ! Francis Perrin nous fait découvrir ce qu'était le théâtre à cette période, les relations entre les comédiens, entre les théâtres, la vie culturelle d'alors, les pièces plébiscitées, les grands comédiens (Talma, Dugazon, Grandmesnil, Naudet, Champville…)… et c'est assez étonnant !
On découvre l'importance du théâtre à cette période, son rôle culturel mais aussi politique, et la toute-puissance du public qui pouvait, par des interventions assassines, arrêter du jour au lendemain une pièce : c'est impressionnant !
Il existait des rivalités entre les comédiens et entre les théâtres. Au début du roman, on découvre La Bussière souffleur de théâtre, poste d'observation idéal des comportements des comédiens : mesquineries, égocentrisme, jalousies, mépris, scélératesses, les comédiennes et comédiens ne s'épargnent rien ! Mais à ces rivalités professionnelles s'ajoutent bientôt les querelles entre pro et antirévolutionnaires. Il est difficile pour le lecteur contemporain de saisir les sous-entendus et les interprétations contenus dans les pièces de théâtre d'alors, mais ce roman nous permet d'en avoir un aperçu grâce à l'évocation du scandale provoqué en 1790 par la pièce "Charles IX" de Marie-Joseph Chénier, que les nobles estimaient outrageante mais qui ravissaient les hommes d'État libéraux comme Mirabeau. C'est à la suite de la représentation de cette pièce que la troupe de la Comédie-Française (devenu en 1789 le Théâtre de la Nation) se divise entre révolutionnaires et les autres sociétaires qui refusent de jouer avec Talma (qui joue le rôle de Charles IX). Exclu de la Comédie-Française en 1791, Talma s'installe avec d'autres membres de la troupe au Théâtre de la République.
Ainsi, si le Théâtre de la République regroupe les partisans des idées nouvelles, le Théâtre de la Nation est le lieu de rendez-vous des monarchistes. On se livre bataille à chaque création de pièce : à chaque lever de rideau, on s'injurie, on se bouscule, on se menace… le 3 septembre 1793, le Comité de salut public ordonne la fermeture de la Comédie-Française et l'emprisonnement des comédiens (qui seront sauvés de la guillotine grâce à La Bussière), ainsi que François de Neufchâteau, l'auteur de "Paméla", pièce jugée contre-révolutionnaire.
Autres aspect intéressant concernant le théâtre : il est étonnant de voir le scandale provoqué par Talma en novembre 1790 quand il apparut sur scène en costume romain alors qu'il jouait le rôle du tribun Proculus dans "Brutus" de Voltaire. En effet, tandis que ses compagnons sont en perruque poudrée, bas et habits de soie, Talma entre en scène vêtu en Romain, drapé dans une toge en laine et chaussé de sandales, bras et jambes nus, cheveux courts. En effet, il propose de jouer les personnages vêtus selon leur temps, et non selon la mode contemporaine : c'est une révolution dans le théâtre !
Lien : http://romans-historiques.bl..
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Cyril34
  21 mai 2015
C'est un fieffé plaisantin, que dis-je, un diable d'agitateur que ce Labussière ! Toujours à semer le trouble là où il passe ! Pas étonnant, avec une gouaille aussi séditieuse...
En bon comédien porté sur la calembredaine drolatique, ses frasques inénarrables nous arrachent immanquablement un sourire. du côté de la narration, le bilan est, hélas, plus contrasté.
Le bouquin oscille assez maladroitement entre le récit historique et le roman d'aventure. Les facéties de notre trublion sont trop souvent « englouties » par l'appétit vorace de l'instrument inventé par le Dr Guillotin. de fait, on ne sait plus très bien qui de la Révolution ou de Labussière doit occuper le devant de la scène.
Si on est tout de joie de croiser Marat, Robespierre, Fouquier-Tinville et autres artisans de la libération (et artisans bouchers à leurs heures, soit dit en passant...), tout cela manque d'un peu de piquant. Un comble pour un pitre patenté.
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LaMoun
  16 février 2015
une heureuse découverte que ce roman
une écriture simple et vraie qui colle bien au thème
une vue originale de la révolution française, de ses suites et de la vie des comédiens à cette époque
un bon moment de lecture
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tomsoyer
  18 mai 2017
Roman plaisant qui comme l indique le titre se passe sous la révolution
Notre héros très intrépide participe à de nombreux événements
Si vous voulez en savoir plus sur Marat Robespierre la Bastille les Montagnards les Cordeliers etc plonger dans ce roman
Bien que j aurai aimé en apprendre davantage sur tous ces lieux et noms cités
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
Cyril34Cyril34   20 mai 2015
Impudence, audace et effronterie sont les trois principaux moyens pour réussir dans le monde, et ceux qui veulent faire plus rapidement leur chemin doivent coûte que coûte rajouter une dose d’ingratitude et de flatterie.
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ClubromanhistoriqueClubromanhistorique   02 août 2014
Quand vous avez été toute votre vie un plaisantin, un charmeur, un bas-comique, un « inclassé déclassé », peu importe les bonnes actions que vous avez pu faire, vous resterez toujours ce que les autres ont décidé que vous êtes. Aurait-il mieux valu que je sois Fouché, Marat, Carrier, Collot d’Herbois, Robespierre ou Fouquier-Tinville, responsables de milliers de morts, plutôt que celui à qui l'on conteste la véridicité d’avoir sauvé 1 153 têtes ? Je ne vous pose pas la question, j'en connais depuis longtemps la réponse.
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ClubromanhistoriqueClubromanhistorique   02 août 2014
Je ne faisais pas de substitutions arbitraires mais j'étais bien obligé de laisser passer certaines pièces qu'il m'était impossible de soustraire parce qu'il fallait qu'il s'en trouvât. Je devais accomplir le travail qu'on attendait de moi. Pardon pour ceux que je n'ai pas pu sauver. Ils faisaient partie de mon « gâchis ».
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ClubromanhistoriqueClubromanhistorique   02 août 2014
Je n'étais pas responsable si les victimes en un an étaient passées, par mois, de quinze à cent cinquante. Je n'ai peut-être pas tout le temps fait le bien, mais j'ai, autant qu'il m'a été possible, empêché le mal.
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ClubromanhistoriqueClubromanhistorique   02 août 2014
J'en étais venu à me demander si ce que je faisais avait un sens, si cela servait vraiment à quelque chose. C'était une goutte d'eau dans un lac de sang. Tous ces gens qui mouraient autour de moi, est-ce que cela valait la peine de continuer à vivre ? Il y avait de quoi être las de toutes ces boucheries inhumaines.
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