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Jean Rosenthal (Traducteur)Jean Bonnefoy (Traducteur)Francis Valéry (Traducteur)
EAN : 9782070346745
592 pages
Éditeur : Gallimard (10/07/2008)
3.86/5   76 notes
Résumé :
Il y a beau temps que la Terre n'est plus gouvernée par les politiciens mais par les PUBLICITAIRES. A coups d'annonces directes sur la rétine ou de pin-up en trois dimensions qui vous susurrent des slogans à l'oreille. Et qu'importe si notre planète est polluée jusqu'à l'os ! la nature nous aurait-elle donné l'intelligence de synthétiser l'acide ascorbique si elle tenait à nous voir manger des fruits frais ? Seul problème : l'espace. Où loger les consommateurs néces... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Foxfire
  05 octobre 2015
Lorsqu'il a été publié dans les années 50 "Planète à gogos" pouvait tout à fait être qualifié de dystopie. Il utilise d'ailleurs nombre d'éléments classiques du genre : surpopulation, épuisement des ressources naturelles, négation de l'individu... Mais son propos sur la publicité est plus que visionnaire et lorsqu'on le lit aujourd'hui, on a du mal à le qualifier de dystopie.
Je passerai rapidement sur les aspects du roman qui ne m'ont pas plu, à savoir l'écriture qui ne m'a pas séduite. S'il n'est pas mauvais, le style manque de fluidité et je ne l'ai pas toujours trouvé agréable. A ce titre, la mise en place, nécessaire et pourtant intéressante, est un peu longuette et ne m'a pas captivée.
Ce défaut est totalement racheté par la force et la pertinence du propos. On jurerait que ce roman a été écrit récemment tant la charge contre la publicité et la société de consommation vise juste.
Dans le monde dépeint par Pohl et Kornbluth, les citoyens ne sont plus que des consommateurs, et les publicitaires, caste supérieure, usent de tous les stratagèmes pour vendre leurs produits. Matraquage de slogans et d'images, manipulation, tous les stratagèmes des publicitaires sont parfaitement décrits. Et ce qui à l'époque passait sans doute pour une vision pessimiste de l'avenir est aujourd'hui la triste réalité.
Cette crédibilité et cette véracité du propos donnent au roman une tonalité assez désespérante.
Retirez l'aspect sf du récit (les voyages dans l'espace, la colonisation d'autres planètes...) et vous vous retrouvez face à un roman très actuel. Notre société ultra-libérale n'en sort pas grandie, et les gogos que nous sommes non plus.
Challenge Petits plaisirs 40
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lokipg
  14 mai 2018
La Terre est un immense marché avec d'un côté les consommateurs, de l'autre les produits et au milieu les publicistes dont le job est de créer chez les premiers un besoin irrépressible des seconds.
Prenez Vénus par exemple. Peu importe qu'elle ne possède ni eau ni atmosphère, qu'elle soit si chaude que vous y risquiez la combustion spontanée et que les vents soient si violents qu'ils vous arracheraient un bras : vous VOULEZ y aller, vous DEVEZ faire partie des premiers colons. Vous ne savez pas encore pourquoi, mais... une petite page de pubs et on en reparles, ok ?
Planète à gogos est une satire au vitriol de la société de consommation occidentale. Pohl et Kornbluth nous décrivent un monde de requins où tous les coups sont permis : la propagande, l'endoctrinement, la corruption, l'addiction, les menaces, la coercition... Tout est bon pour battre la concurrence, gagner de nouveaux marchés et engranger des bénéfices. Une guerre commerciale n'est plus une expression mais une réalité.
Écrit dans les années 50, le texte reste encore d'actualité aujourd'hui, peut-être même encore plus qu'à l'époque. On ne peut s'empêcher de constater que le monde dépeint dans ce roman, pour caricatural qu'il soit, comporte de nombreuses similitudes avec notre monde actuel. Lobbys puissants capable d'influencer des gouvernements de plus en plus faibles, naissance de mouvements anti-capitaliste prônant la décroissance, problème de surpopulation et d'appauvrissement des ressources naturelles... Autant de problématiques qui parlent au lecteur d'aujourd'hui.
Mais toutes ces thématiques sérieuses sont traitées avec une bonne dose d'humour et assez d'action pour ne pas assommer le lecteur. L'histoire parle du monde des affaires en y ajoutant une pointe d'espionnage et d'aventure, ce qui lui donne une petite ambiance Largo Winch pas déplaisante du tout.
J'ai déniché ce roman chez un bouquiniste et l'ai acheté sans trop savoir à quoi m'attendre. Cela s'est révélé être une excellente surprise. Un roman que j'ai dévoré d'une traite et que je recommande tout amateur de sf d'anticipation.

» Alors nous vaincrons, car notre cause est juste,
» Et ce sera notre devise : « L'a Vente est notre foi ».
» Et la bannière étoilée dans son triomphe flottera
» Sur la terre du marketing et la patrie des consommateurs.
- Extrait de l'hymne américain(tm) -
« Il ne faut pas prendre les gens pour des c..., mais ne jamais oublier qu'ils le sont. »
- Bourdon, Campan et Légitimus, penseurs français du XXe siècle -
Lien : http://lenainloki2.canalblog..
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yowie
  20 mai 2019
Mon deuxième Frederik Pohl. D'abord le titre: c'est quoi des gogos! Bon je le savais mais c'est loin d'être utilisé comme terme aujourd'hui. Cela signifie des acheteurs naïfs qui peuvent se faire vendre n'importe quoi.
Comme mon premier roman de Pohl - l'Ère des Gladiateurs - décrivait une société gérée par de grosses entreprises alors mon deuxième roman décrit une société gérée par des publicistes!
Pas un gros changement... Très similaire au premier roman. Encore une fois d'un côté les très riches - lire les publicistes - et de l'autre les très pauvres - lire les consommateurs.
Suprême idée des publicistes: puisque la Terre est devenue archi polluée, que ses richesses s'estompent alors il suffit de vendre l'idée d'aller s'installer sur Vénus. Ben quin: c'est pas habitable par l'humanité mais les publicistes sont capable de vendre l'idée. Tout un défi!
D'ici la colonisation on devrait trouver comment rendre Vénus habitable: ça c'est l'aspect science-fiction du roman.
Mais voilà il y a les écolos, les méchants écolos: des terroristes voyons! Ils n'aiment pas cette société. N'oubliez pas que ce roman a été écrit en 1953. Donc les écologistes - les verts - c'était un courant de pensées relativement nouveau et inquiétant.
Bref tout au long du roman c'est une guéguerre entre les publicistes pour qui obtiendra le contrat publicitaire pour Vénus.
Petites idées intéressantes du roman:
#1 le meurtre est interdit dans cette société. Si vous voulez tuer quelqu'un ben il y a un formulaire à remplir au préalable. Pour décourager les meurtriers la peine de mort - non non! - la peine de torture sur plusieurs années par électrochocs sert à les décourager. le truc d'une des firmes publicitaires: engager un meurtrier n'ayant pas peur de tuer et de se suicider par la suite. Des kamikazes terroristes quoi!
#2 Comme il manque de place pour les pôvres pour dormir le soir ben pourquoi ne pas utiliser les escaliers dans les gratte-ciels. On loue chaque marche pour la nuit c'est tout!
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Ecarlate
  20 juillet 2011
The space merchants, en anglais, a été écrit en 1952, par des routards (si je puis dire) de la SF. le premier chapitre n'est pas le plus stimulant, l'ensemble donnant un aspect de SF vieillie du point de vue technologique. Mais ce n'est pas le thème de l'ouvrage, et celui-ci, malheureusement d'actualité, reste percutant. Nous suivons les heurs et malheurs de Mitchell Courtnay, fervent cadre d'une boîte de publicité, la Schocken associates. Mitch est un zélé élément d'un système libéral où la publicité matraque sans pitié les consommateurs (d'ailleurs, on ne parle plus de citoyens mais de consommateurs), au détriment de leur santé mentale comme physique le plus souvent. le héros n'est pas cynique, c'est ce qui est le plus effrayant : il accepte parfaitement le système dans lequel il espère toujours pouvoir grimper plus. Pourtant le monde est pollué, l'espace vital dévolue aux gens ridicule, la vie du consommateur de base est des plus précaires. Les lois du commerce priment, et il va sans dire que les firmes s'efforcent de les contourner dès qu'elles y ont un intérêt quelconque. Si les gouvernements existent toujours, ils sont vendus aux lobbys. On le voit, cela ne ressemble plus trop à de la SF... Dans ce monde, les écolos, d'odieux réactionnaires et conservateurs (on peut y voir une image des communistes de l'époque), fomentent des attentats. Mitchell Courtnay connaîtra même la vie d'un consommateur de base, mais avec sa mentalité de cadre, il faudra du temps avant qu'il ne passe du côté des gentils, j'ai nommé les écolos. Seul l'amour pour sa femme l'y poussera. Ce qui nous paraît bien gentillet, voir cul-cul, mais tout le livre étant accompagné d'une sauce humoristique pimentée à point, cela passe. L'ironie distillée dans l'ouvrage fait appelle à l'intelligence du lecteur : si Courtnay est d'accord sur tout (polluons, surconsommons, mentons, etc.), on comprend bien que les auteurs nous décrivent un futur humainement affreux... d'autant plus qu'assez plausible. le pire, c'est qu'il n'y a pas dedans toutes les innovations technologiques que nous avons connues récemment, bien que l'immonde Poulgrain, sorte d'amas de chair gigantesque, puisse être vu comme le stade ultime de l'animal transgénique d'élevage. Dire que ce bouquin a été écrit il y a cinquante ans...
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Rusen
  10 janvier 2016
Planètes à gogos est un classique de la SF rédigé à quatre mains. Parmi elles, celles de Frederik Pohl, qui nous a quitté en septembre 2013 à l'âge de 93 ans, et celles de son ami Cyril M. Kornbluth, disparu en mars 1958, personnage haut-en-couleur dont je recommande tout particulièrement la lecture de la section « personnalité » sur la page wikipédia lui étant consacrée.
Ce roman, donc, constitue une critique du capitalisme et tout particulièrement du milieu de la publicité, nous plongeant dans un monde absolument cauchemardesque et ubuesque, croulant sous la pollution à outrance, la surpopulation et s'embourbant dans une véritable crise du logement.
Des thèmes toujours d'actualité, voire encore plus qu'à l'époque de sa sortie il y a 60 ans, traités de façon complètement barrée !
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
vdavda   02 février 2011
Je me frottais le visage au savon épilatoire et me rinçai à l'eau douce. C'était du gaspillage, bien sûr, mais après tout je paie des impôts, et puis l'eau salée me laisse toujours une sensation de démangeaison. Je n'avais pas tout à fait fini de me rincer la figure que le filet d'eau s'arrêtait de couler ; je jurai sous cape et dus terminer à l'eau salée. Cela arrivait souvent depuis quelque temps ; certains accusaient les saboteurs, les "consers". On avait beau organiser des commandos loyalistes dans le Service municipal des eaux de New York, cela n'avait guère donné de résultats jusqu'à maintenant.
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vdavda   24 mars 2018
Je maudis les esprits tortueux et pervertis qui avaient amené là un brave consommateur comme Gus. C'était presque du meurtre. Il aurait pu jouer son rôle dans le monde, acheter, consommer, travailler et procurer des bénéfices à ses semblables, accroissant ses besoins et accroissant par là-même les bénéfices du circuit de consommation où il se trouvait, il aurait pu élever des enfants qui auraient fait de futurs consommateurs. C'était navrant de voir ce qu'il était devenu : un fanatique inutile.
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