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Martine Leroy-Battistelli (Traducteur)
ISBN : 2283018811
Éditeur : Buchet-Chastel (02/03/2002)

Note moyenne : 3.86/5 (sur 25 notes)
Résumé :
Ex-agent du KGB, Leon Shertov raconte sa vie au service de Staline.

Il nous dit comment, du jeune juif ukrainien enrôlé dans l'armée russe à la veille de la Première Guerre mondiale, il devient l'instrument d'un pouvoir implacable, toujours plus violent et paranoïaque.

Apparatchik modèle, dans les sous-sols des services de contre-espionnage soviétiques, il questionne, torture et mène sans états d'âme ses interrogatoires.

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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
tynn
  03 février 2015
"Les histoires sont la mémoire du monde. Sans histoire, le passé s'efface."
Leon Shertov est transfuge soviétique réfugié aux Etats Unis après des années de bons et loyaux services dans l'organigramme du KGB. Il porte en lui "le néant d'un passé" à raconter, une culpabilité à porter, un aveuglement à assumer.
Il libère la parole en racontant le jeune combattant de 1917, sauvé de l'amputation par le docteur Rubinov, qui demande à son jeune patient juif de lui apprendre l'hébreu et lui permet de retrouver son village en lui fournissant des papiers. Mais le village a disparu et l'enrôlement dans l'armée rouge devient le seul futur possible.
Une nouvelle identité pour une nouvelle vie. Leon va devenir un excellent rouage de la machine soviétique et de son appareil de répression, prenant du galon, efficace et sans état d'âme. Jusqu'à croiser un jour un certain prisonnier dans les geôles de la Loubianka.
La prise de conscience est alors immédiate.
L'écriture est un peu sèche, économe, dépouillée de toutes fioritures littéraires. Certaines tournures sont un peu lourdes et maladroites. C'est bien un récit de souvenirs qu'un homme sans fantaisie transcrit, factuel et concis, tel un document comptable.
Le lecteur est face au tortionnaire pour suivre l'histoire tristement connue des purges staliniennes, et de l'antisémitisme de la Russie tsariste et du pouvoir communiste.
150 pages glaçantes pour le parcours d'un individu solitaire, impliqué dans un destin immaitrisable, porteur d'un blessure à jamais inguérissable, tel ce bras quotidiennement douloureux.
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SZRAMOWO
  25 avril 2019
S'il n'est pas autobiographique, le docteur Rubinov est pour le moins biographique. Il raconte une vie, des vies, des personnages cherchant à survivre dans l'univers soviétique, cet univers dont on a encore du mal à comprendre le fonctionnement.
Le récit pose la question des conditions de cette survie. Vous ne pouvez être indifférent au système et vous n'êtes pas indifférent au système. Il vous catalogue en bon ou mauvais citoyen avec des critères qui vous échappent et dont lui-même n'est peut-être pas aussi certain.
L'histoire repose sur une boucle, un retour sur soi, sur ce qu'on l'on a été, sur ce que l'on est devenu et avec une angoisse permanente la question de savoir ce que l'on va devenir.
Léon Shertov a quitté l'URSS pour les USA. 1953. Il Jouit du statut de transfuge géré par la CIA. Il est chargé d'une série de conférences dans des universités américaines.
Sa rencontre avec Ilana Davita, une étudiante dont le père est un ancien journaliste soviétique qui a couvert la guerre d'Espagne, le convainc d'écrire son histoire : « Qui pourrait s'intéresser aux histoires d'un juif de plus ? », pense-t-il.
1ère Guerre Mondiale : Dans l'armée rouge, commence-t-il, les juifs étaient considérés comme de mauvais soldats et cantonnés à des rôles mineurs. « J'empilais des caisses d'obus sur des chariots. »
Mais la guerre se soucie peu de rôles majeurs et de rôles mineurs, elle veut de la chair à canon.
Après une embuscade allemande il se retrouve en compagnie de 18 survivants, il entend « les soldats marmonner que c'était à cause des juifs que les Allemands remportaient des victoires en Pologne. »
Il se retrouve pourtant un fusil à la main et suit le mouvement, tirant quand les autres tiraient, s'arrêtant quand les autres s'arrêtaient. Il apprend vite la guerre. Servant d'une mitrailleuse. Soldat monté sur la jument alezane d'un cosaque mort. Il apprend aussi à obéir et à se faire apprécier de ses chefs malgré son surnom de « Kalik le Youpin. »
Il finit à l'hôpital de Petrograd. C'est là qu'il rencontre le docteur Pavel Rubinov. Ce dernier lui évite l'amputation du bras. Les deux hommes se lient. Rubinov, fils d'une famille juive qui ne l'a pas élevé dans la religion veut apprendre à lire les textes sacrés en Hébreu. Il a entendu Léon prier lors de l'opération.
Rubinov lui fournit un sauf conduit qui lui permet de regagner son village puis de repartir à la guerre contre les Polonais cette fois.
Sans savoir pourquoi, il se retrouve à Moscou dans une unité spéciale chargé de veiller à ce que les paysans remplissent les objectifs du plan. Pour éviter de liquider les paysans qui refusent, comme font le plupart de ses collègues, il cherche à convaincre, utilisant tous le subterfuges possibles. Alors qu'il veut simplement sauver des vies, il obtient des résultats qui font dire au commandant qu'il avait « accompli un travail magnifique » et qu'il était « prêt désormais pour la tâche qu'on allait lui confier. »
Inscription au Parti, Ecole du Parti, voilà Léon lacé sur les rails de la renommée et du succès.
« Au royaume de l'espérance il n'y a point d'hiver, dit un proverbe russe. Eh bien, grâce à une tradition, qui s'était transmise à travers les siècles, d'une génération d'inquisiteurs et de tortionnaires à l'autre, nous apprenions comment anéantir ce royaume et plonger nos prisonniers dans l'hiver éternel de désespoir. »
Voilà Léon face à son destin : Commandant en 1930, Colonel en 1941, il exécute les ordres et les membres du parti devenus « Ennemis du peuple »
Bien qu'il ait signé le pacte Germano-Soviétique, Staline impute la responsabilité de l'invasion de l'URSS par l'armée allemande à ses généraux accusés de comploter contre lui.
Léon est à la manoeuvre. « Frappez, frappez et frappez encore. », avait ordonné Iosif Vissarionovitch…
Novembre 1952. Léon est en charge du dossier du complot médical contre Staline. Devinez qui il va rencontrer à nouveau ? Rubinov qui le confronte à lui-même. C'est alors qu'il prend la décision de quitter l'URSS, peu après la mort de Staline.
En terminant la lecture, on s'interroge sur ce qui a guidé Léon Shertov pendant toutes ces années : la volonté de vivre ? La conviction que s'il n'était pas là, un autre le remplacerait, peut-être plus cruel ? le hasard ?
Sa fuite aux USA, n'effacera jamais les souvenirs tenaces de ce qu'il a fait. Comme le parasite intestinal qu'il a contracté en Crimée, « Ça va et ça vient. Cela se soigne (…) Mais cela ne se guérit pas. »

Lien : https://camalonga.wordpress...
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pallilogie
  28 avril 2014
Une descente glaçante et terrifiante dans les entrailles de la police politique stalinienne. Comment cette machine à broyer peut transformer un idéaliste en bourreau.
La nouvelle n'est pas très longue, mais essentielle.
Comme toujours avec Chaïm Potok, le style est impeccable. Je dois aussi souligner l'excellent travail du traducteur.
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Rhodopsine
  21 février 2013
Première guerre mondiale:le docteur Rubinov sauve le bras (et probablement la vie) d'un soldat de l'Armée Rouge. L'ancien combattant devient agent de renseignement sous Staline (comprenez: tortionnaire) et s'exécute de sa mission, au gré des accès de folie de son dirigeant. Jusqu'au jour où il se retrouve face à celui qui l'avait sauvé, accusé de complot contre le dictateur. Alors seulement, l'humanité refait surface chez le bourreau.
Un récit terrible, sur un homme qui exerce un "métier" consistant à broyer ses semblables, un homme qui fait face au génocide de sa famille à son retour de la guerre, qui efface ses racines (il a transmis des rudiments de la langue hébraïque à son médecin) mais qui finit par une note moins pessimiste que je n'y attendais.
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cvd64
  04 décembre 2017
Quand un soldat sauvé par le DR ROBINOV (et devenu oppresseur) le revoit dans les geôles de la NKVD celui-ci est déjà devenu fou suite à la torture. Peu de temps après, en 1953, Staline a une attaque cérébrale et plus aucun médecin n'est là pour le sauver.
quand la paranoïa dicte les actes du dictateur
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critiques presse (1)
Lecturejeune   01 juin 2006
Lecture jeune, n°118 - Léon Shertov, agent du KGB passé à l’Ouest quelques années après la mort de Staline, livre (à la première personne) ses souvenirs dans un manuscrit, transmis à un contact aux Etats-Unis. Né en Ukraine dans une famille juive pieuse, Kalman Shafstein se fait remarquer pour son courage lors de la Première Guerre mondiale. Gravement blessé, il évite une amputation du bras grâce à un médecin, Pavel Rubinov ; ce dernier lui fait promettre de lui apprendre à lire en hébreu prières et psaumes. Après avoir découvert son village natal décimé et rasé, le jeune juif bascule dans la foi communiste, seule capable d’étancher sa soif de « réparation ». Il s’engage dans l’Armée rouge avant d’être recruté dans les rangs du KGB, où il devient Léon Shertov. Pendant la guerre, « il exécutait les consignes et faisait ce qu’on lui disait de faire ». On attendra la même chose de lui tout au long de sa brillante carrière d’enquêteur et de tortionnaire docile : il travaille avec efficacité et zèle et jamais le lecteur ne connaît la réalité de ses pensées et de ses sentiments. Après les purges des années trente et les angoisses, privations et souffrances liées au deuxième conflit mondial, vient le temps de la purge des grands médecins juifs qui étaient au service de Staline, le Grêlé, atteint de démence sénile et paranoïa aiguë. Shertov perd alors de son assurance. A l’occasion du séjour dans les geôles du KGB de Pavel Rubinov, son « sauveur », il est ébranlé par les conditions de vie infligées aux détenus, dont il ne s’était jamais soucié. La mort de « l’infâme tyran » le libère de la terreur que lui inspirait l’extermination des juifs, mais pas de la honte. Il décide de s’exiler. Chaïm Potock a écrit un texte concis, sobre mais implacable et bouleversant. Le lecteur marche dans le sillage d’un fonctionnaire modèle du KGB, emblématique de cette machine à purger stalinienne. Les pages consacrées à l’évocation sensible des souffrances du peuple russe pendant les guerres (civiles et mondiales) et le tableau glacé de la terreur proposent une leçon d’histoire vivante et indispensable aux générations d’adolescents nés après la disparition des régimes communistes d’Europe. _ Marie-Françoise Brihaye
Lire la critique sur le site : Lecturejeune
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
annieannie   21 août 2009
p-63 - "Je dois dire que vous avez fait preuve de faiblesse et de sentimentalité bourgeoise en interdisant à votre sergent d'abattre ce vieux menteur de paysan. Mais vous êtes encore jeune, vous apprendez. Nous allons tout vous apprendre."
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RhodopsineRhodopsine   21 février 2013
Des instructeurs exigeants, sans être brutaux, nous montrèrent comment nous servir d'un bâton, d'un fouet,d'une matraque et autres instruments similaires. Tout cela nous était enseigné d'une manière très professionnelle et nous travaillions d'arrache pied pour maîtriser ces diverses techniques.
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RhodopsineRhodopsine   21 février 2013
"Cela se soigne, m'a dit mon médecin américain. Mais cela ne se guérit pas."
Ca va et ça vient. C'est tenace, comme les souvenirs.
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annieannie   20 août 2009
citation : p 52

"il y avait parmi eux quelques juifs, originaires pour la plupart de petites villes ou de villages du Sud, et aussi rustres et sanguinaires que n'importe quel cosaques."
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annieannie   21 août 2009
p.85 - "Chaque jour tire un enseignement du jour qui le précède, mais jamais un jour n'enseigne quoi que ce soit à celui qui le suit."
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Video de Chaïm Potok (2) Voir plusAjouter une vidéo

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Attablé au café "Le Rostand" Olivier BARROT presente "L'Arche de Noah".Banc Titre de la couverture du livre de Chaim POTOK, publié par L'école des Loisirs, collection Médium.
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