AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Marie-Pierre Bay (Traducteur)Jacqueline Chnéour (Traducteur)
ISBN : 2234059895
Éditeur : Stock (07/02/2007)

Note moyenne : 4.11/5 (sur 63 notes)
Résumé :

Varsovie, 1939. Pour la communauté juive de Pologne, le temps des dernières illusions est passé. Le drame qui se prépare va tout emporter, tout détruire. Le jeune Arele Greidinger - qui ressemble comme un frère à Isaac Bashevis Singer à vingt-cinq ans - fait comme tout le monde : il vit " comme si ". Comme si le succès était quelque chose d'important, comme si on pouvait encore tomber amoureux, comme si de... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Aela
  27 janvier 2014
Dans la Varsovie des années 30, Aaron Greidinger commence sa carrière d'écrivain. C'est le fils d'un rabbin.
On lui offre la possibilité de vivre aux Etats-Unis mais, juste avant l'invasion du pays par les troupes allemandes, il retrouve son amie d'enfance Shosha, une jeune femme pure et innocente, que certains trouvent un peu "arriérée".
Elle vit encore dans la rue Krochmalna; elle a gardé son côté "enfantin"; et elle l'attend depuis toujours.
Il va rester pour elle.
Au delà de l'histoire d'amour, c'est une belle réflexion sur les missions de l'écrivain dans la société, sur les opportunités manquées et la rédemption.
Isaac Bashevis Singer a mis beaucoup de lui-même dans ce livre à forte coloration autobiographique.
L'édition anglaise (Penguin) est intéressante et d'abord relativement facile.
Un livre très attachant, avec beaucoup d'émotion et de tendresse.
Commenter  J’apprécie          380
dourvach
  03 août 2018
"Shosha" [1978] d'Isaac Bashevis SINGER est assurément un fort joli livre, dense roman et pétri de belle fantaisie, de haute culture rabbinique et d'enfance universelle.
Je vous renvoie à la critique (excellente et enthousiaste) qu'a publié ici notre amie Aela [27 janvier 2014] : elle vous donnera assurément envie de vous immerger à votre tour dans ce monde prodigieux dépeint dans une langue prodigieusement agile.
Monde ashkénaze - des "hassidim" aux "intégrés" - profus et toujours surprenant, "chagallien" à souhait... L'inattendu surgit à chaque ligne. Jusqu'aux digressions joyeusement prolifiques qui donnent au récit cette saveur inimitable, commune à tous les écrits de Singer.
"Le monde d'Hier" (pour reprendre le titre du beau livre de souvenirs de Stefan ZWEIG) ... d'avant les cataclysmes successifs de l'Invasion et de la Shoah qui s'abattirent sur la Pologne commune à l'écrivain-graveur Bruno SCHULZ (né en 1892, assassiné en 1942) et à la famille Singer (le frère d'Isaac sauva la vie de son frangin journaliste en permettant à tous ses proches de le rejoindre à New York...).
Shosha la chétive, "l'arriérée", est pure et rayonne de toutes les lumières de l'enfance partagée dans la très populeuse rue Krochmalna...
On y retrouve - en mode volontairement plus "réaliste" sous la plume de cet autre "conteur"- l'atmosphère enchantée des souvenirs d'enfance transfigurés dans les nouvelles inoubliables que composa Schulz depuis sa Drohobytch paisible des années 30, d'avant les ouragans de rouge-et-noire (très crasse) bêtise nazie.
Le petit Aaron "Tsutsik" Greidinger - fils de rabbin, tout comme Isaac Bashevis S. - jouait avec Shosha-"Shoshele" (sa petite voisine de pallier) : c'était un peu la risée du quartier mais, voilà, il a grandi... Adulte, il a le coeur ô combien volage, navigant parfois simultanément entre ceux de Celia Chentshiner, "Miss" Betty Slonim (la "poule" à Sam Dreiman) , Dora Stolnitz, la gentille bonne Tekla (appartenant tout naturellement au monde des "Gentils") et... la "petite" Shosha à laquelle il veut absolument rester fidèle...
Et le jour, enfin, arrivera où le rêve inespéré de Shosha se réalisera :
" Mazel tov ! le marié est arrivé ! ".
Combien il nous est agréable de découvrir - pour nous si tardivement - pareil livre : c'est une épopée de l'intime (écrite directement en yiddish, traduite immédiatement en anglais - puis ici en un très souple français par Marie-Pierre Castlenau-Bay et Jacqueline Chnéour, 1979). "Shosha" n'est pas non plus un ouvrage "facile", évident - puisqu'il est complexe et "déborde" de matière...
D'inspiration autobiographique, on peut imaginer "vitale" l'accouchement de cette oeuvre par son auteur (et l'on constate à mille indices d'habileté stylistique combien I. B. SINGER est un "grand", assurément...) : promenés avec lui au fil d'insouciantes années bercées par les plus tendres lueurs du souvenir, on est constamment émus par la fragilité de ces existences ignorées, traversées de temps à autre par la prémonition de l' "Orage d'Acier" comme de l'Absurde des temps à venir...
Lien : http://www.regardsfeeriques...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          202
LouSayahazar
  03 avril 2015
1939, un vent mauvais souffle sur le monde. Retour en Pologne, dans les quartiers juifs de Varsovie. Alors que la violence progresse inlassablement, cette histoire nous raconte des scènes de la vie quotidienne, d'un réalisme sans faille, dans la Varsovie disparue.
Le récit immortalise la ville, ses rues et ses milliers de vies anonymes sortis du néant et de l'oubli. On y découvre des personnages anodins d'une force et d'une vigueur incroyable, aux interrogations vibrantes, ancrés dans leur époque. Ces protagonistes ne sont pas des héros mais des gens "comme tout le monde", aussi beaux qu'imparfaits, sages qu'idiots et fatalistes ou confiant, malgré l'étau qui les enserre de toutes parts.
À l'extérieur du récit, le lecteur ne peut s'empêcher d'être tendu car au-delà de leurs réflexions et de leurs échanges, lui seul sait exactement ce que l'Histoire leurs réserve. Lui seul sait que cette société vit ses derniers instants.
Prix Nobel de littérature ? Une récompense méritée tant son oeuvre est riche d'un point de vue mémoriel et sensoriel. Singer ramène à la vie un monde anéanti, enterré pour toujours. Au travers des mots, le lecteur pénètre au coeur de la ville, dans cette communauté hétéroclite à la diversité culturelle et religieuse si spécifique ! Entre les lignes, le gâchis des pertes humaines… Un véritable kaddish aux juifs polonais. le plus beau des textes en guise de mémoire.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          172
assiaemilie
  03 juillet 2012
J'étais curieuse de connaitre un peu le mode de vie juif askhénaze "traditionnel", qui s'est effondré dans les années 30.. Je voulais approcher le "vrai" monde juif originel. C'est plus dans un souci ethnologique que littéraire que j'ai donc lu ce livre.. Justement, d'un point de vu littéraire je trouve ce livre assez fade avec toutes ces discussions alambiquées qu'ont les personnages sur la vie, la mort, l'arrivée du messie.. Par ailleurs, l'auteur échoue dans l'évocation de la tendresse qui lie Aaron et Shosha. Avec Singer, on tombe dans des écueils du genre c'est le ciel qu'il a voulu, c'était écrit... En revanche, il évoque très bien la honte sociale qu'il a au début de ce mariage fou vis à vis de sa Shosha... A mon avis, la vraie réussite de Singer est dans la description de la Pologne d'antan où les Juifs étaient cantonnés à un certain nombre de rues (dans Varsovie). Cela permet d'oublier toutes sortes de clichés vis à vis des Juifs tels que les Juifs et l'argent et surtout cela montre la culture de l'irrationnel dans la culture juive (les esprits, les fantômes) par rapport à la culture chrétienne des gentils quasiment oubliés. Les gentils sont apparentés à des "brutes incultes" sauf la bonne de Aaron Tekla qui kiffe les Juifs (Juifs=culture=civilisation). Singer prix Nobel? Exagéré pour moi mais bon le prix Nobel de littérature...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          41
venividiosculavi
  03 mars 2017
Un récit très émouvant sur la communauté juive de Varsovie des années 30, avant la fin atroce que l'on connait tous. La tension s'accroit de page en page, au fur et à mesure de la montée du péril nazi. Une description réaliste et presque ethnologique de la vie (et la mort) de cette communauté. Une réflexion aussi sur le sens de la vie, la religion, la place de dieu. Admirable et poignant.
Commenter  J’apprécie          90
Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
Alice_Alice_   29 janvier 2016
Par la fenêtre, je vis scintiller une étoile, entre deux nuages. De là où j'étais assis j'essayai de la fixer dans ma mémoire avant qu'elle ne disparaisse. Je m'amusai à penser à ce qu'il se passerait si le ciel restait perpétuellement couvert et ne s'ouvrait qu'une seconde tous les cent ans, seul moment où quelqu'un pourrait entrevoir une étoile. Il raconterait ce qu'il aurait vu comme une révélation, mais personne ne le croirait. On le traiterait de menteur, et on l'accuserait d'avoir eu une hallucination. Derrière combien de nuages la vérité se cachait-elle maintenant? Et que savais-je de l'étoile que j'étais en train de contempler? C'était une étoile fixe, pas une planète. Peut-être était-elle plus grosse que le soleil. Qui savait combien de planètes tournaient autour d'elle, combien de mondes existaient grâce à cette étoile? Qui pouvait se représenter le genre d'êtres qui y vivaient, quelles plantes y poussaient, quelles pensées y avaient cours? Et il y avait des milliards d'étoiles fixes comme celle-là dans notre seule Voie lactée.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          182
Alice_Alice_   26 janvier 2016
J'étais un personnage anachronique à tous points de vue, mais je l'ignorais ; de même que je ne savais pas que mon amitié pour Shosha, la fille de nos voisins, Bashele et son mari Zelig, avait quelque chose à voir avec l'amour, cela se passait entre des jeunes gens mondains, qui se rasaient la barbe et fumaient des cigarettes le jour du shabbat, et des filles qui portaient des corsages à manches courtes et des robes décolletées. De telles sottises ne pouvaient concerner un écolier de sept ou huit ans issu d'une famille de hassidim.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
AelaAela   09 novembre 2013
From the time I can first remember, I heard my father repeat the phrase "It's forbidden".
Everything I wanted to do was a transgression.
I was not allowed to draw or paint a person - that violated the Second Commandment.
I couldn't say a word against another boy - that was slander. I couldn't laugh at anyone - that was mockery.
I couldn't make up a story - that represented a lie.
Commenter  J’apprécie          151
Alice_Alice_   03 février 2016
Où sont donc parties toutes ces années? Qui s'en souviendra quand nous ne seront plus là? Les écrivains les mentionneront, certes, mais ils mélangeront tout. Il doit bien exister quelque part un lieu où tout est préservé, inscrit jusque dans les moindres détails. Disons qu'une mouche est tombée dans une toile d'araignée et que l'araignée l'a dévorée. C'est un fait universel et un tel fait ne doit pas être oublié. S'il l'était, cela constituerait une tache, universelle, elle aussi. Vous me comprenez?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
LouSayahazarLouSayahazar   01 avril 2015
L'amère vérité c'est qu'un grand nombre d'hommes - des jeunes en particulier - ont la passion de tuer. Ils n'ont besoin que d'un prétexte, ou d'une cause. Une fois c'est pour des motifs religieux, une autre fois c'est pour soutenir le fascisme, ou pour défendre la démocratie. Leur désir de tuer est si fort qu'il l'emporte sur leur peur d'être tués. C'est une chose qu'il est interdit de dire, mais elle n'en est pas moins vraie. Ces nazis prêts à mourir pour Hitler seraient dans d'autres circonstances tous prêts à le faire pour Staline. Il n'existe pas une seule ambition stupide, une idée folle quelconque pour lesquelles les hommes n'ont pas été un jour ou l'autre prêts à mourir.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
Videos de Isaac Bashevis Singer (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Isaac Bashevis Singer
Vidéo de Isaac Bashevis Singer
Dans la catégorie : Littérature yiddishVoir plus
>Littérature des langues germaniques. Allemand>Autres littératures germaniques>Littérature yiddish (34)
autres livres classés : varsovieVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Dead or Alive ?

Harlan Coben

Alive (vivant)
Dead (mort)

20 questions
1251 lecteurs ont répondu
Thèmes : auteur américain , littérature américaine , états-unisCréer un quiz sur ce livre