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Sabine Porte (Traducteur)
EAN : 9782264017161
315 pages
Christian Bourgois Editeur (12/09/1999)
3.6/5   112 notes
Résumé :
Des femmes remarquables passe, en Angleterre, pour l'un des meilleurs crus, et à juste titre. Mildred Lathbury, qui s'épuise elle-même par son excès de vertu et contemple avec consternation les reflets gris et ternes que lui renvoient les miroirs du presbytère trop assidûment fréquenté, est l'un des personnages paradoxalement les plus réussis de Barbara Pym.

Son drame ? Être une chic fille qui sait prêter aux autres une oreille trop aisément compatis... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (29) Voir plus Ajouter une critique
3,6

sur 112 notes
Des Femmes Remarquables comme Mildred , il en existe des tonnes dans l' Angleterre des années 50.
Fille de pasteur , ayant perdu ses parents depuis des années , elle a la trentaine , pas vraiment moche mais pas vraiment belle non plus, la société est impitoyable et l'a catalogué "vieille fille ". Elle travaille à mi-temps dans un centre d'aide aux nécessiteuses. Dans sa vie , rien de remarquable, si ce n'est qu'elle passe ses journées à aider les autres . Pilier de la paroisse, elle est de toutes les ventes de charité : Youpi ! Sa vie est foutrement funky !
L' aménagement d'un couple atypique au dessus de chez elle, viendra faire de petites vaguelettes dans sa vie si lisse . L'épouse, Hélèna, est anthropologue dans une société où les femmes sont rarement surdiplômées, elle a une phobie pour les choses ménagères , son mari , officier de marine , est très séduisant .
Ça aurait pu s'appeler "les tribulations de Mildred ", car nous suivons ses petits tracas , ses réflexions douces amères sur la vie, , sur son entourage . Très représentatif de l'Angleterre des années 50, de la middle class, d'une certaine façon de penser assez étriquée.
C'est qu'elle donne beaucoup , Mildred ,et elle reçoit peu . Les hommes de cette époque avaient le beau rôle et les femmes seules comme elle , subissaient gentiment , avec dignité, avec abnégation , avec générosité aussi et toujours mues par une excellente éducation .
Ce petit roman qui dâte de 1952, publié dans la collection vintage de Belfond, est un témoignage intéressant sur une Angleterre qui se remet au ralenti de la 2° guerre mondiale . [ Les locataires qui partagent la même salle de bain , les veuves qui louent une chambre dans un presbytère ] .Témoignage aussi sur la condition de la femme et plus particulièrement sur celles qui sont seules , sans protection masculine qu'elle vienne d'un père ou d'un mari ... Femmes remarquables , rendant services sur services , mais femmes anonymes et pour certains hommes assez insipides et donc, presque invisibles .
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La guerre est à peine finie, Londres se relève tout doucement de ses ruines…grâce aux femmes remarquables. Vous savez, ces femmes tout entières dévouées à leur paroisse, leurs bonnes oeuvres, leurs ventes de charité, leurs hommes (du pasteur au bedeau).

Mildred en est une. Célibataire, ayant déjà dépassé de peu la trentaine, on peut donc l'appeler « vieille fille ». Dévouée, elle l'est, quitte à négliger sa propre vie. Toujours à préparer une bonne tasse de thé bouillant, ou de faire la médiatrice entre les membres d'un couple en dérive, ou encore de recueillir des bonnes âmes en déroute.

Voilà. Ma patience a été mise à rude épreuve, j'ai trouvé cette vie insipide, ou du moins les personnes entourant Mildred insipides. Car je ne pense pas que Mildred le soit, elle est même spirituelle et pleine d'humour à certains moments. Mais bon, ceci n'excuse pas l'ennui abyssal que j'ai ressenti face aux conversations nombreuses émaillant ce livre, dont je ne pourrais même plus donner les sujets. Ah si : la prochaine vente de charité, les petits-fours sur lesquels les hommes se jettent les premiers, le pasteur qui va se fiancer, les voisins qui se disputent, les humeurs du pasteur…

Une petite tasse de thé, peut-être ? Ce n'est pas moi qui vous l'offrirai, je ne suis pas une femme remarquable, moi.
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Dans les années 50, en Angleterre, les femmes non mariées étaient considérées comme des vieilles filles et faisaient pitié.
Mildred Lathbury, fille d'un pasteur décédé, bien qu'âgée d'une trentaine d'années seulement, vit seule, travaille à mi-temps dans un centre d'aide aux femmes en difficultés, et passe beaucoup de temps à oeuvrer pour la paroisse.
Cette jeune femme pieuse, ni riche, ni pauvre, ni laide, ni vraiment jolie, ni bête ni très intelligente, à une vie assez terne jusqu'à l'arrivée de nouveaux locataires en dessous de chez elle.
Ce jeune couple composé d'un officier de marine et d'une femme anthropologue a de quoi étonner Mildred, qui ne connaît pas grand chose, aux relations de couple, à l'anthropologie, à la liberté de penser, à l'athéisme...bref, à la vie en général.
Ce portrait d'une femme banale est émouvant et poignant tant cette vie semble vide, mais Mildred au fond ne s'ennuie pas, même si sa vie bien réglée par les mêmes ventes de charité, les mêmes tasses de thé prises avec les mêmes personnes, les mêmes discussions avec les mêmes amies, semaines après semaines et mois après mois n'ont rien de bien passionnantes.
Au fond, la vie de couple est-elle la seule alternative ?
Après avoir eu un aperçu de ce qui se passe réellement au quotidien entre des époux, Mildred aura peut-être envie de rester célibataire par choix et non par obligation.
Une jolie comédie des moeurs, car de l'humour, il y en a dans ce roman qui dégage autant de mélancolie et de douceur que de dérision.
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Si vous connaissez Barbara Pym, c'est sans surprise que vous allez confortablement vous installer chez Mildred, une célibataire d'une trentaine d'années, fille de pasteur et donc inévitablement investie dans les bonnes oeuvres et la vie paroissiale de ce petit quartier miteux de Londres, dans les années cinquante. C'est d'ailleurs elle-même, Mildred, comme si j'étais une amie chère, qui m'a ouvert la porte de son appartement et m'a suggéré généreusement de prendre une tasse de thé afin d'écouter les petites perturbations survenues dans sa vie depuis l'emménagement de ses voisins du dessous. Consciente de sa curiosité, elle s'est même demandé si celle-ci est inhérente à son état de « vieille fille » ou bien si cette curiosité est en fait toute naturelle.
Elle a fait connaissance avec sa nouvelle voisine, Mrs Napier, dans le local poubelles, et, croyez-moi, c'était fort embarrassant ! En plus, déjà d'un physique quelconque, elle était mal fagotée ce jour-là alors que Mrs Napier est une jolie blonde, bien vêtue, et exerçant le métier d'anthropologue alors que Mildred travaille juste à mi-temps pour un organisme de soutien de femmes dans le besoin.
Mrs Napier, lui confie bien vite que son couple est en perdition, soulevant un réel embarras chez Mildred qui doit faire face à cette conversation extrêmement gênante. Après tout, que peut-elle apporter comme soutien, elle, la célibataire qui se juge bien incompétente dans ce domaine ?
Le mari, avec son sourire enjôleur, arrive peu de temps après et, non insensible au charme masculin, Mildred le trouve instantanément sympathique, tout en gardant à l'esprit que c'est un séducteur. En revanche, sa voisine semble avoir plus d'affinités avec un certain Everard Bone, un collègue anthropologue, grand blond que Mildred juge instantanément déplaisant.

Pour brosser un tableau complet de l'existence de notre narratrice, il faut ajouter qu'elle fréquente assidûment le presbytère où le révérend Julian (également célibataire) habite avec sa soeur Winifred qui trouve toute nouveauté palpitante, comme l'arrivée d'une veuve de pasteur en tant que locataire du dernier étage du presbytère. Un nouveau personnage vient donc s'additionner au couple Napier et à Everard, des rencontres pouvant possiblement venir changer considérablement la vie figée dans ses habitudes de notre trentenaire.

Enfin voilà, Mildred n'a pas une vie que je qualifierai de mouvementée mais son train-train domestique, quelque peu perturbé par de nouveaux locataires ici et là, est à l'image de certains chocolats qu'on laisse fondre et qui finisse par pétiller sur la langue, vous connaissez ? En effet, le récit ronronne mais des traits d'esprit typiquement britanniques, toujours dans la retenue et l'élégance, nous surprennent, nous font sourire régulièrement. On y retrouve l'éternelle controverse de la supériorité de l'église anglicane face à l'église catholique romaine, les petits cancans interrompant les tâches paroissiales, les examens réfléchis sur l'agrément de vivre seule ou d'envisager le mariage...

Dans ce petit monde cloisonné de la classe moyenne toute britannique, dans cette atmosphère banalement ordinaire, dont le caractère douillet n'est peut-être pas étranger au réconfort apporté par la bouilloire jamais bien loin et toujours prompte à faire infuser dans une belle théière le thé tout proche, on se love au milieu des piètres repas servis au presbytère, des tentatives de peinture, des prix à fixer pour les objets de la future vente de charité, des préparatifs pour l'office de carême… Mildred est une femme bien serviable, une de ces femmes remarquables offrant immanquablement une tasse de thé réconfortante tout en prêtant une oreille attentive aux petits soucis des autres. Tous sont unanimes pour décréter qu'elle ferait une parfaite épouse mais, jusqu'à maintenant, aucune demande en mariage ne s'est présentée. Est-ce un bien ou un mal ? Elle s'interroge « Songeant aux tensions de la veille, j'en conclus le lendemain que l'amour était une véritable calamité. » Pourtant, Mildred, si pleine de vertu qui parfois la déprime, soupire aussi de ne pas aimer avec passion. Elle est réellement attendrissante avec ses petits remords dès qu'elle s'autorise, pourtant bien rarement, un refus à dîner ou bien lorsqu'elle nourrit des pensées légèrement malveillantes surtout envers Everard Bone. Sa façon de reconnaître ses petits défauts, de les exprimer, agit comme un miroir. Ces défauts, tout simplement humains, sont universels, intemporels, et chaque lecteur pourra retrouver son reflet dans cette autodérision.

Alors que notre narratrice, comme lectures les plus réconfortantes, puise dans ses ouvrages de cuisine ou ses livres pieux, lire Barbara Pym, une tasse de thé calée sur les genoux ou posée sur la table de nuit, fait merveilleusement office de livre de chevet !
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Mildred a toujours une tasse de thé à offrir, un conseil à donner à ses voisins, amis, un commérage à échanger avec les dames de charité qui entourent le vicaire du presbytère. Ses après-midi sont consacrées aux dames nécessiteuses qu'un coup du sort a fait tomber dans le besoin. Elle vit simplement, commence à dépasser l'âge où une femme songe au mariage, la trentaine bien sonnée...

Un couple en crise vient s'installer en dessous de chez elle, elle s'active à les réconcilier, s'occupe du mari Rocky quand sa femme Héléna le quitte, puis de l'ami anthropologue, Everard qui vient de quitter sa mère. Sans compter les amies qui viennent dormir chez elle, tout ce petit monde qui fourmille autour de l'église, les veuves qui cherchent des pasteurs à épouser...

Un roman très anglais, plein d'humour sur la condition des femmes de cette époque - les années 50 - au service des hommes, qu'elles soient mariées ou non, ayant toujours un frère, un père, un voisin esseulé ayant besoin de l'épaule rassurante d'une de ces femmes remarquables...entièrement dévouées au service des autres. Ambiance ventes de charité, parfum d'encens, tasses de thé et vieux jupons garantie !
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critiques presse (2)
LeJournaldeQuebec
14 août 2017
Combinant élégance surannée, ­ironie et humour typiquement british, un Barbara Pym qui mérite vraiment d’être redécouvert, même s’il est aux antipodes des « pages-­turner » ­d’aujourd’hui.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Telerama
21 juin 2017
La classe moyenne des années 1950 observée à travers le portrait d'une femme ordinaire. Toute l'irrévérence et le charme anglais de Barbara Pym.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (31) Voir plus Ajouter une citation
Peut-être vaut-il mieux s'abstenir de chercher délibérément l'âme sœur, hasardai-je. Je veux dire, ne pas se lancer en quête d'un fiancé comme d'une casserole ou d'une marmite.
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— Allez-y, servez-vous, nous pria miss Clovis. Je dois avoir un gâteau quelque part, un reste du dernier thé donné par la Société, déclara-t-elle en extirpant une boîte en fer-blanc de derrière une statuette.
La Société avait-elle donné beaucoup de thés depuis celui où je m'étais rendue au printemps ? m'inquiétai-je en constatant qu'une fois sorti, le gâteau avait l'air vieux de quelques semaines, si ce n'est de quelques mois. Mais, fort heureusement, c'était un gâteau du commerce fait de divers succédanés, or, je sais d'expérience qu'ils peuvent se conserver quasi indéfiniment.
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— Aujourd'hui, un vin convenable s'impose. Il semblerait que le printemps soit presque avec nous, observa-t-il.
— Nuits-saint-georges, déchiffrai-je sur l'étiquette. Comme c'est excitant ! Est-ce que cela a un rapport avec saint Georges ? Cela m'évoque des images fabuleuses d'armure, de chevaux blancs, de dragons et puis de flammes, peut-être aussi une grande procession à la lueur des flambeaux.
Il me regarda d'un œil dubitatif et, constatant que je n'avais pas encore goûté mon vin, entreprit de m'expliquer que Nuits-Saint-Georges était une région de vignobles, mais qu'il ne fallait pas croire pour autant que toutes les bouteilles portant cette étiquette étaient de qualité supérieur.
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Je servis le thé. Comme il est fréquent dans les moments critiques, il avait piètre mine. Il paraissait bien léger et s'écoulait, pour parler en termes poétiques, tel un fleuve d'ambre, du bec mal astiqué de la théière d'argent.
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Cela peut vous paraître bien cynique, mais ne pensez-vous pas que les hommes laissent parfois les difficultés se résoudre d'elles-mêmes ou attendent que les autres s'en chargent ?
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