AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix BabelioRencontresLe Carnet

Martine Béquié (Traducteur)Anne-Marie Augustyniak (Traducteur)
EAN : 9782264016133
332 pages
Christian Bourgois Editeur (01/03/1991)
3.77/5   71 notes
Résumé :
Barbara Pym ne s'est jamais cassé la tête pour trouver un sujet ! Tous ses romans portent sur le même thème : la vie d'une vieille fille à Londres ou en province, qui partage son existence entre les kermesses et l'église. On pourrait se lasser. On retrouve pourtant toujours avec le même plaisir les livres de cet auteur anglais. Et le dernier paru en français Une Demoiselle comme il faut se révèle " pymissime ".
Que lire après Une demoiselle comme il fautVoir plus
Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
3,77

sur 71 notes
5
2 avis
4
4 avis
3
5 avis
2
0 avis
1
0 avis
Une demoiselle comme il faut, c'est une demoiselle qui se comporte en société et chez elle exactement comme on s'attend à ce qu'elle le fasse. Avec modération en toute chose, respect, courtoisie et sans aucune fantaisie ou presque. Très réjouissant en somme…
Les héroïnes de Barbara Pym sont souvent de vieilles filles, pas vieilles dans le sens « âgées » pourtant, car elle peuvent tout à fait avoir 25 ou 30 ans, mais puisqu'elles ne sont pas mariées, elles ont un statut à part.
Elles travaillent, sont raisonnables dans tous leurs comportements, ont des vies bien réglées et sont souvent actives au sein de leur paroisse. Que des vies bien folichonnes !
L'auteur elle-même ne s'est jamais mariée et a longtemps vécu avec sa jeune soeur, on sent qu'elle connaît donc bien ce genre de vie solitaire. Elle décrit ces existences avec beaucoup de minutie et on sent qu'elle a de la tendresse pour ces femmes qui ne peuvent se permettre de vivre comme elles l'aimeraient réellement, car bien que plus libres que les consoeurs mariées et mères de famille, la bonne société anglaise ne leur reconnaît pas le droit d'être trop indépendantes quand même.
Il y a toujours un collègue, un parent, un voisin attentionné ou le prêtre de la paroisse pour veiller sur elles et les surveiller au besoin. Ianthe est l'héroïne de ce roman, et c'est cette bibliothécaire d'une trentaine d'année que nous allons suivre pendant quelques mois.
J'ai beaucoup aimé ce personnage, même si je ne me suis pas reconnue du tout dans l'image de la bibliothécaire type qui s'habille très sobrement, ne fait que chuchoter et exerce son métier avec une rigueur qui ne laisse pas beaucoup de place au plaisir de lire !
L'autre protagoniste important de cette intrigue est un anthropologue, le nouveau voisin de Ianthe, et là encore les clichés sur cette profession m'ont bien fait rire.
Barbara Pym manie l'ironie avec subtilité, ses romans ont un coté suranné et ses personnages sont tous croqués avec malice.
Commenter  J’apprécie          360
Premier roman de cette auteure dont j'ai lu plusieurs avis assez élogieux et lorsqu'on aime la littérature anglaise comme moi on note le nom et à l'occasion on découvre ..... et c'est une belle découverte.

On se pose davantage de questions et des questions plus audacieuses, sur un homme célibataire que sur une femme dans la même situation (...) le fait qu'il est disponible est en soi plus intéressant que ça ne l'est chez une femme. (p308)

Voilà à travers cette citation l'objet de ce roman.

L'histoire, comme souvent dans ce type de littérature, tourne autour d'une femme, ici Ianthe et d'un homme, Rubert, elle bibliothécaire, lui anthropologue, qui vivent dans deux maisons face à face. Ecrit en 1963 mais publié après le décès de Barbara Pym, il y est question de la position de la femme dans la Société surtout quand cette dite femme n'est pas mariée mais aussi pour l'homme dans la même situation.

Comme toujours on retrouve des personnages aux traits marqués : il y a le couple dont le mari est pasteur, Mark et Sophia, sans enfant mais possédant une chatte Faustina,  qui tient une place prépondérante auprès de Sophia. Il y a également Pénélope qui attend, espère, rêve de rencontrer l'homme qui s'intéressera à elle car l'horloge tourne, 25 ans et pas mariée..... quelle horreur ! et à chaque homme croisé elle imagine, elle fantasme, elle rêve que cet homme va partager sa vie !

Ianthe elle est la femme vivant seule mais heureuse, ayant perdu ses parents (son père était chamoine) , dans une jolie maison décorée avec soin et goût, travaillant dans une bibliothèque avec Mervyn son supérieur et John qui vient d'être embauché pour la seconder. 

Voilà pour les acteurs principaux mais il y en a bien d'autres, cela fourmillent des figures traditionnelles anglaises : bourgeois, aristocrates, religieux car c'est en fin de compte une fresque de la société d'après guerre, qui évolue doucement mais qui garde ce côté "so british" que j'aime tant : thé, petits fours, intérieurs cosy, humour anglais, convenances, qu'en dira-t-on, religion et rumeurs..... 

On voyage également en Italie avec les caractéristiques de ces anglais qui voyagent beaucoup mais sans se départir de leurs rituels, habitudes (thé, confort) et regards critiques sur ce qui les entoure mais avec souvent, peut être sans le vouloir car c'est dans leurs gènes je pense, une pointe d'humour et de dérision.

Ecriture fine, légère, pleine de gaieté qui vous fait pénétrer dès les premières lignes dans ces petits intérieurs feutrés mais où les langues sont bien pendues, on ne s'ennuie pas et par un jeu de fausses pistes on prend plaisir à suivre la destinée de chacune et chacun.

Un livre dans lequel il ne se passe rien de spécial mais que l'on ne lâche pas car on passe un bon moment à voir tous les protagonistes se démener, se contredire, changeant d'avis comme on boit une tasse de thé,  on se déconnecte de notre quotidien, on prend du plaisir sans se prendre la tête..... , c'est une histoire de quartier euh je veux dire de paroisse où tout le monde semble se connaître, où on intrigue, où l'on s'observe.

C'est pertinent, lucide et gai, Barbara Pym mériterait d'être plus connue et lue....
Lien : http://mumudanslebocage.word..
Commenter  J’apprécie          220
La chronique d'une paroisse du Nord de Londres dans les années 60.
Pourquoi "paroisse" plutôt que quartier ?
Parce que le lien avec l'Église y détermine la position de chaque personnage :
"Fils d'archidiacre et fille de chanoine, que pouvait-il y avoir de mieux, quand on y réfléchissait ? Il était vrai que Pénélope était la fille d'un pasteur, mais c'était somme toute moins huppé, plus mesquin pour tout dire."
Cette position entraîne tout un tas de conventions très, très détaillées dans ce roman : ce qui se fait et ne se fait pas, les bons ou mauvais quartiers à habiter, les cadeaux appropriés pour telle ou telle visite…
C'est assez rasoir.
Dans une première partie, on présente les personnages (notamment les célibataires que l'entourage cherche à marier), dans la deuxième les relations qui se nouent entre eux ; dans la troisième une petite excursion à Rome qui n'apporte rien à l'intrigue… (sinon que les hommes y ont des conversations plus intéressantes que les femmes - ce roman ne passerait pas le test de Bechdel).
Et puis cette morale de l'histoire ! Vous êtes, mesdames, plus dignes d'attention si vous avez de jolis meubles et une tenue discrète, que si vous êtes rousse, boulotte et excentrique.
C'est pourtant écrit avec élégance et humour, mais l'intrigue est si mince que l'on n'a jamais l'impression d'entrer réellement dans l'histoire.
Traduit par Martine Béquié.
Challenge Solidaire 2023
Commenter  J’apprécie          217
Il parait que Barbara Pym fut la romancière anglaise la plus méconnue de sa génération.
Son talent : nous plonger dans une Angleterre désuète, qui semble immobilisée dans le temps, et nous raconter les petites histoires de paroisse.
Barbara Pym a aussi le don de nous dépeindre des situations engoncées dans la bienséance et de nous décrire des personnages truculents, empêtrés dans leurs contradictions, ce qui en fait des êtres profondément humains. Dans Une demoiselle comme il faut, Ianthe, vieille fille bibliothécaire, emménage dans le quartier. Elle est jolie, socialement parfaite (j'entends par là qu'elle ne fait jamais preuve de mauvais goût et qu'elle fait ce qu'on attend d'elle). Ianthe va cependant avoir le coeur chamboulé par un nouveau collègue de travail, qui semble attiré par elle, mais, so shocking, plus jeune qu'elle de 5 ans…
Penelope, soeur de la femme du pasteur, jeune fille émancipée (mais l'est-elle vraiment ?), cherche l'âme soeur. Tout célibataire ferait d'ailleurs l'affaire. Rupert,anthropologue, arrive également dans le quartier. Il est célibataire, ce qui fait de lui une proie potentielle. Autour de ces personnages gravitent d'autres portraits amusants ou féroces, et pathétiques bien souvent.
Il ne se passe finalement pas grand-chose, dans ce roman… Mais si on aime l'humour et l'ambiance british guindée, le thé et les scones, il ne faut pas hésiter : on passe un bon moment de lecture.
Commenter  J’apprécie          190
C'est le deuxième livre de cet auteur que je lis , celui-ci est plus palpitant , il y a plus d'intrigues amoureuses, d'action (enfin tout est relatif) , et de tasses de thé!

Cela se passe dans le Nord-ouest de Londres, dans un quartier populaire, tout gravite autours de la paroisse , de son pasteur Mark , de sa femme Sophia, et de la soeur de celle-ci: Pénélope. Quelques voisins vont et viennent, dont Ianthe (célibataire bibliothécaire ) prise entre un choix cornélien (3 hommes lui tournent autour) , ce qui n'est pas du goût de Pénélope qui apprécie beaucoup l'un d'entre eux.

Les personnages de Barbara Pym ne sont pas énérvés (!) , le flegme britannique y est merveilleusement représenté. (A coté de Barbara Pym, Jane Austen passe pour très audacieuse et très moderne ,alors qu'elle lui est antérieure).
C'est intéressant au niveau sociologique,de suivre les tribulations de quelques Londoniens quelques années avant la deuxième guerre mondiale. On apprend qu' une communauté Antillaise s'installe dans ce quartier, que les Anglais aiment voyager entre eux , qu'à l'époque , beaucoup de personnes modestes louaient des chambres chez des logeuses .
Le monde (représenté dans ce roman), est assez étriqué.On se fréquente entre voisins (alors qu'ils n'ont aucun centre d'intérêt commun) , les célibataires ont un choix restreint , les distractions sont ternes...
Mais, les tasses de thé remontent le moral lors des ventes de charité, kermesses et autres mondanités.
Une lecture assez "vintage".
A lire avec un plaid,( et/ ou un chat), une "cup of tea" fumante, et des scones (of course) !
Commenter  J’apprécie          140

Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
Il y a quelques semaines, j'ai eu la visite d'une de ces assistantes sociales. Elle fait une espèce d'enquête sur les retraités ; elle imaginait qu'ils arrivaient à vivre avec vingt-cinq shillings par semaine pour la nourriture. Elle m'a demandé de participer, de servir de cobaye en quelque sorte , et de calculer es dépenses hebdomadaires . Le vin l'a un peu surprise . Elle m'a dit que je ferais mieux de dépenser cet argent en haricots blancs et en lentilles . Ils savent mieux que nous ce que nous devrions manger , vous vous rendez compte !
Commenter  J’apprécie          90
"Mesurer des crânes et des choses comme ça."
Voilà qui aurait fait soupirer Rupert Stonebird intérieurement, car il était habitué à ce genre de plaisanterie, mais il expliquait toujours poliment - si quelqu'un l'écoutait encore- qu'il était en réalité maître de conférences en anthropologie sociale, ce qui consistait à étudier le comportement des hommes dans la société et non pas la taille et la forme de leurs crânes. Mais sans doute qu'à ce moment-là plus personne ne lui prêtait attention... Les gens ne s'intéressaient pas vraiment au métier des autres, et une classification rapide suffisait amplement pour distinguer un universitaire d'un paysan ou d'un agent de change.
Commenter  J’apprécie          50
On se pose davantage de questions et des questions plus audacieuses, sur un homme célibataire que sur une femme dans la même situation (...) le fait qu'il est disponible est en soi plus intéressant que ça ne l'est chez une femme. (p308)
Commenter  J’apprécie          120
Les femmes ont tendance à accorder trop d'importance aux mots qu'elles écrivent , car les hommes les lisent à leur manière et y voient rarement ce qu'elles y ont mis.
Commenter  J’apprécie          120
La bouche de Robina Fairfax dessina un sourire qui révéla des dents qui ne pouvaient qu'être les siennes, si variées étaient leurs couleurs et bizarres leurs formes.
Commenter  J’apprécie          120

autres livres classés : pasteursVoir plus
Les plus populaires : Polar et thriller Voir plus


Lecteurs (162) Voir plus



Quiz Voir plus

Londres et la littérature

Dans quelle rue de Londres vit Sherlock Holmes, le célèbre détective ?

Oxford Street
Baker Street
Margaret Street
Glasshouse Street

10 questions
1048 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature , littérature anglaise , londresCréer un quiz sur ce livre

{* *}