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ISBN : 2702445632
Éditeur : Le Masque (08/02/2017)

Note moyenne : 4/5 (sur 12 notes)
Résumé :
« Notre société est dévastée, se dit l'inspecteur Stave. Nous, les flics, pouvons seulement déblayer les ruines. »
Hambourg, 1947. Une ville en ruines, occupée par les Britanniques et confrontée à l'hiver le plus froid du siècle. Les réfugiés et les sans-logis se retrouvent suite aux bombardements à aménager des trous de cave, à vivre dans la promiscuité des bunkers et des baraques. Les aliments sont rationnés, le marché noir est florissant. Lorsque le cadavr... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Eroblin
07 février 2017
Je ne connaissais pas Cay Rademacher mais la lecture de ce roman policier qui se déroule à Hambourg durant l'hiver 1947 m'a beaucoup plu et me donne envie d'en lire d'autres de cet auteur en espérant qu'ils seront traduits car Rademacher est un écrivain allemand. Ce dernier s'est inspiré d'un fait divers horrible qui s'est déroulé à Hambourg après la deuxième guerre mondiale alors qu'un froid polaire s'était abattu sur la ville quasiment détruite et ses habitants. Quatre corps avaient été retrouvés nus, gisant dans des caves ou des trous causés par des bombes. La police de l'époque ne parvint jamais à trouver l'assassin, les raisons de ces morts et les noms même des cadavres! Rademacher utilise donc ces crimes impunis pour nous permettre de faire connaissance avec son personnage principal: Frank Stave est inspecteur, veuf (sa femme est morte dans un bombardement en 1943) et son fils est porté disparu. Chaque week-end d'ailleurs Frank Stave se rend à la gare en espérant que parmi les hommes dévastés qui reviennent de l'est se trouve son fils. Ce n'est pas tellement l'enquête en elle-même qui m'a intéressé, je l'ai trouvée assez quelconque. Par contre, le contexte historique est passionnant, Cay Rademacher décrit avec soin la ville de Hambourg, ses quartiers dévastés par les bombes, ces hambourgeois frigorifiés, tentant de survivre dans ce qui reste des immeubles d'autrefois, humiliés par la présence de l'occupant anglais. Durant l'hiver 46/47, un froid terrible a sévi en Europe, accentuant d'autant la misère de ces habitants qui, pour essayer d'améliorer leur ordinaire déjà difficile, se livraient au marché noir: il y a une scène saisissante dans le roman qui montre des hommes, des femmes se livrant à des tractations âpres pour gagner un peu d'argent en échange d'une paire de chaussures ou de cigarettes. C'est ce décor figé dans la glace, l'amertume et le deuil qu'on retient surtout en lisant ce roman. Ceci dit, le personnage principal Frank Stave prend de l'ampleur au cours de l'histoire, c'est un homme qui a beaucoup souffert de la guerre, il ne se remet pas de la mort de sa femme, lui-même n'est pas sorti indemne de la guerre, il boîte et son jeune fils unique, qui le méprisait, a disparu dans les derniers jours d'avril 1945 alors qu'il combattait dans les rues de Berlin. Depuis, sa vie est comme ralentie et l'énigme de ces quatre morts sans identités et que personne ne réclame le mine. C'est son acharnement et un peu de chance qui lui permettront de découvrir la vérité. Un roman à lire donc, absolument
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BlackKat
03 août 2017
L'assassin des ruines est le premier roman traduit en français de Cay Rademacher, écrivain allemand. Et c'est aussi le premier de la série ayant pour personnage récurrent Frank Stave.
Frank Stave aborde la quarantaine, reste traumatisé par la mort de son épouse dans les bombardements de Hambourg et recherche un fils soldat porté disparu tout en menant son travail de flic. Hambourg est sous contrôle britannique et Frank va devoir composer avec un militaire anglais pour la résolution de meurtres étranges alors que sévit un hiver des plus terribles…
C'est une excellente découverte!
Ce roman est basé sur des faits authentiques: un tueur des ruines a bien existé à Hambourg et la police lui a attribué quatre assassinats pendant l'hiver 1946-1947. Mais dans la réalité, l'assassin n'a jamais été identifié, contrairement à l'histoire de L'assassin des ruines.
Ce fait divers n'est pas le seul élément historiquement véridique de ce roman. le quotidien des hambourgeois au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale est fidèlement retranscrit et quelques personnages ne relèvent pas de la fiction.
L'enquête policière en elle-même est très lente et laborieuse: pas d'indices, une logistique compliquée, une identification impossible, aucun témoin. Pourtant les enquêteurs, avec très peu de moyens, restent minutieux et ne ménagent pas leurs efforts.
Bien entendu, la curiosité de connaître le coupable est grande et ce manque de rebondissements et de rythme pourraient en rebuter quelques uns mais ce sont les aléas du métier et cela n'empêche pas une enquête au dénouement surprenant.
Et si le roman est essentiellement centré sur cette énigme, il est passionnant pour bien d'autres aspects, de part ses personnages et le contexte historique.
Le quotidien des civils d'une ville allemande durant le terrible hiver de 46-47 est édifiant. Les privations, la faim, le froid, les ruines toujours en l'état, l'occupation des forces étrangères et la dénazification ne reflètent absolument pas un état de paix revenue.
Les moyens manquent, les hommes également, les personnes déplacées affluent tout comme les orphelins, le marché noir est le seul à se montrer florissant.
Les blessures et les souffrances sont encore vives et la bataille pour la survie est quotidienne.
Ce sentiment de précarité extrême est excellemment bien transcrit au cours de l'histoire et les descriptions des lieux, l'abandon de quartiers entiers, les silhouettes bravant les températures glaciales renforcent davantage encore l'image du délabrement de la ville et du dénuement des êtres humains.
Si survivre au quotidien est difficile, la défaite est aussi bien présente dans les esprits. La présence britannique n'arrange pas les choses mais chacun doit dépoussiérer sa conscience.
L'heure de la vengeance est un fantôme omniprésent.
Chaque allemand est jugé en fonction de son passé sous le joug hitlérien.
Les anciens nazis essayent de sauver leur peau.
Les opportunistes sont les seuls à tirer leur épingle du jeu, évidemment.
Frank Stave et son fils se sont séparés sur du mépris. Frank a juste fait ce qu'il fallait pour ne pas se retrouver dans un camp de concentration alors que le fils s'est porté volontaire pour le Front de l'est dès que son âge le lui a permis.
Il n'est pas revenu.
Et si Frank entame des recherches pour retrouver sa trace, s'il le veut vivant, il n'en a pas moins l'angoisse au coeur de se retrouver face à lui…
Comme chaque allemand peut se retrouver devant un juif, avec les ombres de la guerre au-dessus de leurs têtes et dans le regard.
Ce roman nous parle donc également des orphelins, des traumatisés, des personnes qui ont tout perdu, chassés de chez eux ou de retour dans la ville dévastée. Il soulève le voile d'atrocités que beaucoup aimeraient oublier, les bourreaux pour ne pas payer pour leurs crimes, les victimes pour essayer de guérir, mais que certains vont s'évertuer à poser sur la place publique pour obtenir justice. Et Frank Stave ne sera pas le dernier à empêcher les coupables de retrouver l'anonymat civil en profitant du chaos ambiant.
Entre le parcours personnel de Frank sur fond très documenté de chronique sociale et politique d'après-guerre et les enquêtes policières solides, cette série est prometteuse.
J'ai beaucoup apprécié le style de l'auteur qui a le talent d'équilibrer les différents thèmes abordés, de nous offrir un panel riche de personnages pour avoir un aperçu multiple et riche de ceux qui ont vécu ce même événement de la Seconde Guerre Mondiale et ouvrir pour la suite des perspectives intéressantes.
En tout cas, je suis sous le charme de cette plume allemande et j'ai hâte de lire la suite… dès qu'elle sera traduite et publiée!
Lien : http://livrenvieblackkatsblo..
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croc1706
04 mars 2017

Car c'est bien de cela qu'il s'agit, ce polar m'a littéralement retournée. Tout d'abord parce que l'auteur décrit cliniquement une époque que j'apprécie pour son côté historique. Il nous entraîne à Hambourg, ville qui a été dévastée par les Alliés et dont la population souffre , mais essaie de se reconstruire. Basée sur une histoire réelle ," L'assassin des ruines", est à la fois un polar , un roman historique et un roman sociétal. Ce contexte qui nous fait sillonner l'Europe, de l'Allemagne à l'Angleterre, en passant par Oradour-sur-Glane, l'auteur nous fait revivre des horreurs qui touchent et qui marquent.
Dans un deuxième temps, la force de ce roman, ce sont ces personnages. Que ce soit Frank Stave, l'enquêteur principal, dévasté par la mort de sa femme et la disparition de son fils , qui trouve dans ses enquêtes, sa raison de vivre. MacDonald , l'émissaire anglais et Edna la secrétaire de Frank , qui essaient de faire naître un amour au milieu des ruines de la ville. Ou encore ces dizaines de personnages de retour des camps qui vivent cachés, survivant de rapines ou de marché noir . On trouve dans cette galerie , force, courage, amour, désespoir ... et avec eux on passe par toutes les émotions. Chacun à sa façon touche et interpelle.
Au final , on pourrait presque croire que l'intrigue policière passe au deuxième plan, mais pas du tout, l'enquête menée avec les moyens du bord est bien aboutie !
Pour résumer, je dirais que ce roman est pour moi un sans-faute, alternant contexte historique chargé, horreurs de la Seconde Guerre Mondiale, et intrigue policière aboutie. Un roman qui m'a profondément touché et que je ne peux que vous conseiller.
Lien : http://livresforfun.overblog..
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Mome35
15 mai 2017
Frank Stave est un accidenté de la vie. Sa femme est morte dans un bombardement allié. Il est sans nouvelles de son fils de 19 ans parti sur le front de l'Est et toutes les fins de semaines, il se rend à la gare d'Hambourg attendre les réfugiés lorsqu'il y a des trains qui arrivent. Car nous sommes en 1947 et le pays est confronté à l'hiver le plus froid du siècle.
N'ayant pas épousé les thèses nazies durant le conflit mondial, il a été réintégré par les occupants britanniques à son poste originel d'inspecteur de police. Avec le peu qu'il gagne, il tente de vivre dans un appartement glacial, sans chauffage, entre son bureau et ses visites à la gare. Pas d'essence, peu de tiquets de rationnement, un avenir de solitaire sans horizon souriant.
Il va alors être confronté à une enquête sans précédent. Tour à tour, en différents quartiers, quatre cadavres entièrement nus (un homme âgé, deux femmes et une fillette) sont retrouvés dans les ruines (très) nombreuses de la cité hanséatique dévastée. Très peu d'indices, pas d'identité, pas de témoins, un minimum d'informations exploitables, il doit faire face en compagnie d'un collègue des moeurs volontaire et d'un officier britannique.
En s'inspirant d'un fait divers réel, Cai Rademacher a construit un polar solide, bien écrit, bien documenté, retraçant parfaitement l'atmosphère lugubre et les difficultés d'évoluer dans cette période d'occupation britannique. Au milieu des décombres d'une ville ravagée, d'une population pour beaucoup nostalgique d'un passé récent, mais aussi étouffée par les réfugiés, les orphelins, les sans-logis et gangrénée par le marché noir, il va avancer aidé par la chance, quelques rencontres et le comportement bizarre de certaines personnes proches de son enquête.
L'épilogue est heureux, car le printemps succède toujours à l'hiver, fusse-t-il polaire.
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GabySensei
12 mai 2017

Hambourg, 1947. Alors que la ville peine à se remettre des bombardements et que l'hiver est l'un des plus rudes du siècle, des corps sont retrouvés sans vie, étranglés au milieu des décombres.
L'originalité de ce livre vient du contexte choisi par l'auteur. Il nous montre l'Allemagne de l'immédiat après-guerre, encore occupée par les Alliés. La dénazification est en cours, mais beaucoup de soldats ont changé d'identité ou se sont fabriqués des alibis leur permettant de se réinsérer dans la nouvelle administration. La ville est sous tutelle britannique et la police doit collaborer activement avec les « occupants ». le rationnement et le marché noir sont encore une nécessité absolue pour survivre. Il n'y a pas d'essence, peu d'électricité et les réfugiés se comptent par dizaine de milliers. Tous les registres des administrations ont été détruits par les Nazis. Dans ces conditions, mener une enquête est assez compliqué. Comment retrouver un assassin au milieu de milliers de personnes déplacées ? La police est vite sous pression car la peur, mêlée à l'extrême pauvreté, pourrait bien embraser la ville. Cay Rademacher mêle avec habileté la grande Histoire avec des personnages de fiction très crédibles et pleins d'humanité. Il nous donne à voir un moment de l'Histoire très particulier, sans manichéisme. Une belle réussite.
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Citations & extraits (2) Ajouter une citation
BlackKatBlackKat18 juin 2017
Cette sérénité toute récente vient certainement du fait que, depuis la guerre, les femmes sont devenues des soutiens de famille (...) les femmes ont su organiser tout le nécessaire aussi bien que les hommes. Au minimum aussi bien. Mais elles en payent le prix fort, et pas seulement par la fatigue, le surmenage. Bien des mariages n'ont pas tenu quand les hommes sont rentrés après des années de guerre: ils n'ont pas supporté que leurs épouses se débrouillent mieux qu'eux dans ce monde étranger de ruines et de marchés clandestins.
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BlackKatBlackKat01 août 2017
Plus vite ils parlent, plus vite nous les renvoyons chez eux. Nous ne sommes pas des barbares. Nous n’avons pas besoin d’utiliser les méthodes de la Gestapo. Nous attendons. La plupart du temps, nos candidats collaborent dès le premier jour et nous confessent tout ce qu’ils savent. Ils sont fiers de leurs inventions, comme des gamins pleins d’ambition. Même quand il s’agit des armes les plus meurtrières. Surtout là, d’ailleurs.
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