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La trilogie hambourgeoise tome 1 sur 4
EAN : 9782702445631
336 pages
Le Masque (08/02/2017)
3.9/5   202 notes
Résumé :
Frank Stave, tome 1
« Notre société est dévastée, se dit l'inspecteur Stave. Nous, les flics, pouvons seulement déblayer les ruines. »
Hambourg, 1947. Une ville en ruines, occupée par les Britanniques et confrontée à l'hiver le plus froid du siècle. Les réfugiés et les sans-logis se retrouvent suite aux bombardements à aménager des trous de cave, à vivre dans la promiscuité des bunkers et des baraques. Les aliments sont rationnés, le marché noir est fl... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (68) Voir plus Ajouter une critique
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Dans ce roman , le nom du héros se trouve dans le titre , " les ruines ". Ce décor d'apocalypse omniprésent , de la première à la dernière page de ce polar , donne à l'intrigue un cadre sinistre exceptionnel . Nous sommes à Hambourg , en 1947 , dans les quartiers populaires dévastés par les bombardements . La paix est , certes , revenue mais un nouvel ennemi a pris possession des lieux : le froid , un froid sibérien , un froid assassin , un terrible froid de moins vingt degrés.....On ne cherche plus à se relever des ruines , on se réfugie dans leurs entrailles , et seuls les plus intrépides sont en quête du moindre morceau à manger , du moindre morceau de charbon , du moindre morceau de métal à vendre au marché noir , au risque de se faire prendre par la police ou détrousser par un " chercheur " moins heureux , poussé par l'instinct de survie ....
Le froid , les privations ,les êtres chers disparus , des individus louches qui rôdent, cherchant à dissimuler un passé peu glorieux qui leur colle à la peau et pourrait leur valoir les pires ennuis judiciaires.... voilà un cadre de " cour des miracles " , un milieu bien hostile ...
C'est dans ces " sublimes ruines ", dans ce décor de fin du monde que l'on va découvrir des corps nus , étranglés....Qui sont-ils ? Qui est l'assassin ? Pourquoi ces crimes ?
Ils seront trois à mener l'enquête. Il y a l'inspecteur Frank Stave dont la femme est décédée dans un bombardement et dont le fils a disparu . Un être au bord de la rupture , qui ne " tient " que par le travail . Il sera secondé par le lieutenant britannique Mac Donald et un inspecteur des moeurs , Maschke , entré dans la police après la fin des hostilités.
Tous trois vont se démener mais les "ruines " livreront -elles leur secret à une époque où le seul leitmotiv est de sauver sa propre peau et où la mort a déjà tellement frappé ?
C'est un roman qui m'a beaucoup plu , plus peut-être encore par son atmosphère, sa description de l'immédiate après-guerre que par l'intrigue cependant solide.C ' est le premier volet d'une trilogie et j'avoue que je retrouverai avec plaisir Frank Stave. Sera-t-il un peu plus apaisé ? La fin de l'intrigue nous donne une petite indication , mais....attendons de voir . Pour moi , ce sera pour très bientôt, je vous dirai....
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Je suis contente d'avoir des amis qui me conseillent régulièrement des lectures qui me permettent de sortir des sentiers battus. En effet, même si je suis une lectrice très dispersée, j'ai tout de même tendance à revenir vers les mêmes auteurs.
Merci à P, sans qui il se serait surement encore déroulé beaucoup de temps avant que je n'entame le premier tome de cette trilogie de Cay Rademacher.
Basé sur des faits réels, comme l'indique l'auteur à la fin de ce livre, l'histoire se déroule entièrement à Hambourg en 1947. Nous sommes en janvier, et la ville n'est qu'un immense champ de ruines. Ce sont ces dernières qui servent d ‘ailleurs de décor à toute cette histoire et dans lesquelles on va découvrir le cadavre d'une jeune femme. D'autres meurtres vont se succéder et personne ne semble connaitre les victimes.
L'auteur, à travers son enquêteur l'inspecteur Stave, a su faire revivre cette période de l'histoire dans une ville qui survit difficilement et dont les habitants meurent de froid. La fin de la deuxième guerre mondiale est encore très proche et l'armée d'occupation britannique est bien présente pour contribuer au maintien de l'ordre.
Difficile de ne pas faire le parallèle avec un autre écrivain, anglais celui-ci, c'est-à-dire Philip Kerr et son héros récurrent Berni Gunther. Alors certes, les enquêtes se déroulent à la même période, mais je trouve, pour ma part, que la ressemblance s'arrête là. J'ai beaucoup aimé, et franchement, rien que pour la plongée dans cet univers de ruines quasi apocalyptique, cette lecture mérite le détour. Et puis mon petit coeur tendre de lectrice s'est attaché à Stave, il faut le dire.
Trop hâte d'attaquer le deuxième tome !


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Le titre français, L'assassin des ruines, résume parfaitement ce roman. Une intrigue policière un peu bancale mais surtout une description saisissante et incroyablement réaliste de l'Allemagne de l'immédiat après guerre.
1947, à Hambourg, ville en ruine s'il en est, une femme est retrouvée nue au milieu des ruines, assassinée. L'inspecteur Stave mène l'enquête avec ses deux partenaires, Maschke des moeurs et McDonald de la police britannique. le Nord ouest de l'Allemagne étant zone d'occupation de ces derniers.
Cet ouvrage renferme deux livres en vérité. le premier qui prend les deux tiers des 450 pages (format poche) est surtout centré sur la vie quotidienne des hambourgeois au milieu des ruines de leur ville et de l'idéologie nazie. L'enquête sur les morts, car le cadavre de la femme sera suivie d'autres corps retrouvés au milieu des décombres, n'avance pas, piétine même, car l'auteur prend son temps pour nous décrire le froid, la faim, l'attente des êtres chers de retour de Sibérie et en même temps quelques touches d'espoirs et de renouveau (toutes petites touches). L'inspecteur Stave est suivi comme dans un documentaire dans ses déambulations à travers la ville à la recherche de l'assassin et il ne rencontre que la misère et la mort.
Cette partie est certes très intéressante, mais si vous êtes habitués des romans policier, la lenteur de l'enquête est un petite peu énervante.
Et puis, après presque 300 pages de néoréalisme, le deuxième livre commence et la résolution de l'énigme avance enfin mais pour le coup très (trop ?) vite. On se rend compte que nombre d'indices étaient habilement dispatchés par l'auteur tout au long de la première partie et en dehors du sentiment d'urgence à boucler l'affaire, celle-ci demeure toutefois à la hauteur des romans noirs dont elle s'inspire.
L'ouvrage terminé, je me retrouve avec un sentiment mitigé. Pourquoi diantre, me suis-je dit (oui, je me parle beaucoup à moi-même !) l'auteur n'a-t-il pas choisi un dosage un peu plus savant entre le contexte et l'intrigue policière tout au long du roman ? Mais ce défaut (à mon humble goût) est souvent celui des romans policiers historiques partagé entre description d'une époque et enquête criminelle.
Ceci mis à part, l'assassin des Ruines se lit avec beaucoup d'aisance Cay Rademacher (et son traducteur) a une plume assez dynamique, qui fait que même lors des descriptions de la misère humaine, on ne sombre pas, nous lecteurs, dans la dépression.
J'ai donc plutôt accroché au roman car, je suis à la fois un passionné de cette période de l'histoire en plus d'être amateur de polar. Mais, ce roman serait plus à recommander pour les premiers que pour les seconds.
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Malgré le froid, malgré le manque, malgré les défaites, malgré les vainqueurs, malgré le rationnement, malgré la résilience, malgré ce poids sur les épaules, malgré le malheur qui noircit tout, j'ai adoré "L'assassin des ruines" de Cay Rademacher que je découvrais. Nous sommes à Hambourg, en 1947. Les Allemands n'ont plus rien, les Britanniques imposent les règles, les petites gens, les rescapés, les déplacés survivent comme ils peuvent. Habitant de Hambourg à cette époque, on en bave ! Même Stave, inspecteur de la police criminelle n'y échappe pas: peu de moyens, pas de chauffage, pas de quoi se nourrir, se vêtir convenablement à la maison ou au bureau c'est pareil. Il fait froid en cet hiver '47 et voilà qu'on découvre dans la ville un corps, puis un autre et encore et encore...Des corps dénudés, impossible à identifier...Mais Stave est déterminé, il lui faudra savoir qui sont ces victimes et qui les a assassinées.
On s'imagine , bien sûr à tort que lorsqu'une guerre est finie, les choses doivent revenir à la normale. Mais comment vivre dans une ville en ruines, comment survivre de tickets de rationnement quand les magasins sont vides, que les trains ne roulent pas, qu'il n'y a pas d'électricité, que tous sont assujettis au couvre-feu? Le marché noir ? Bien sûr qu'il existe et bien sûr que ceux qui s'y adonnent sont traqués par le vainqueur. Vainqueur qui, on dirait, veut priver ces gens de tout...Premier tome d'une trilogie, c'est avec grand plaisir que je poursuivrai mon errance hambourgeoise avec l'inspecteur Stave.
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Ceux qui suivent mes avis le savent, je ne suis pas très friande de roman policier à énigme. le côté whodunit ne m'intéresse pas. Il est d'ailleurs certain que sans une lecture commune des trolls je n'aurais jamais lu cet « assassin des ruines ». Cela aurait été bien dommage car malgré certaines choses qui ne m'ont pas plu, j'ai globalement apprécié cette lecture.

S'il y a bien une enquête au sens classique du terme, avec indices et déductions, elle n'est finalement qu'un prétexte pour raconter autre chose. En effet, l'auteur semble presque plus intéressé par le contexte historique que par l'enquête elle-même, en tout cas pendant la plus grande partie du roman. Et c'est vraiment cet aspect du récit qui m'a vivement intéressée. La peinture du Hambourg d'après-guerre est saisissante. J'ai trouvé passionnante cette plongée dans la vie quotidienne des habitants d'une ville du clan des « vaincus ». Les descriptions sont précises, la peinture est fouillée, il est évident que l'auteur s'est documenté sur le sujet. du coup, cet aspect du récit est très immersif. On déambule dans les ruines, on partage le quotidien fait de tickets de rationnement et de marché noir… On imagine également l'ambivalence des sentiments du peuple allemand qui doit surmonter ses plaies tout en admettant sa culpabilité et qui est contraint de vivre sous la domination d'un vainqueur.

Si ce contexte m'a beaucoup intéressée, en revanche, comme prévu, l'enquête m'a laissée de marbre. J'exagère un peu, l'intrigue est bien ficelée et nul doute qu'elle satisfera les amateurs de roman policier classique. Ceci dit, malgré son efficacité, l'enquête a des défauts qui ont nettement amoindri mon plaisir de lecture. Tout d'abord, je préférais quand l'enquête n'était qu'un prétexte et que l'auteur s'attardait davantage sur la peinture du Hambourg de 47 que sur les investigations et c'est le cas pendant la plus grande partie du roman mais dans les derniers chapitres, sans doute pour clore son histoire, l'auteur met plus l'accent sur l'enquête. le décor s'efface au profit du classique indice-témoin-déduction.
En plus, j'ai trouvé la résolution plutôt décevante. Si le fait que Globalement, le quasi happy-end m'est apparu comme un peu forcé :


Malgré les réserves évoquées, je suis tout de même très contente d'avoir lu ce roman qui propose une immersion dans un contexte historique intéressant et, à ma connaissance, pas souvent exploité.
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Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
Cette sérénité toute récente vient certainement du fait que, depuis la guerre, les femmes sont devenues des soutiens de famille (...) les femmes ont su organiser tout le nécessaire aussi bien que les hommes. Au minimum aussi bien. Mais elles en payent le prix fort, et pas seulement par la fatigue, le surmenage. Bien des mariages n'ont pas tenu quand les hommes sont rentrés après des années de guerre: ils n'ont pas supporté que leurs épouses se débrouillent mieux qu'eux dans ce monde étranger de ruines et de marchés clandestins.
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Quand un homme ne sait plus quoi dire à une femme, il l'embrasse.
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l arrive que de jeunes Hambourgeois, dont certains viennent juste d’être libérés d’un camp de prisonniers des Alliés, chahutent des soldats britanniques dans les rues sombres, par fierté nationale comme ils disent, sans toutefois oser aller plus loin. Stave quant à lui ne ressent aucune haine des occupants, même si c’est bien une bombe anglaise qui lui a ravi Margarethe. Confusément, il se sent honteux des crimes des nazis, et c’est pourquoi, même si l’idée lui paraît perverse, il se sent libéré d’un poids face aux dévastations de la ville et à sa vie anéantie. Une perte et des privations comme punition méritée. On est devant des temps nouveaux. Peut-être.
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Et pourtant, poursuit le procureur, je ferai tout pour que " l'égalité de tous devant la loi " soit respectée. Et vous savez pourquoi ? Parce que je ne veux pas la vengeance, mais l'équité. Car c'est seulement avec l'équité qu'on pourra construire un État meilleur. Car seule l'équité vaincra la peur. Car seule avec l'équité grandira un jour une génération pour laquelle la ''normalité ''sera de nouveau vraiment normale.
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Un paysage de désolation où des murs éventrés se dressent comme les décors d'un film muet expressionniste dans la lueur jaune et douteuse des phares.
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