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EAN : 9782702445631
336 pages
Le Masque (08/02/2017)
3.84/5   156 notes
Résumé :
Frank Stave, tome 1
« Notre société est dévastée, se dit l'inspecteur Stave. Nous, les flics, pouvons seulement déblayer les ruines. »
Hambourg, 1947. Une ville en ruines, occupée par les Britanniques et confrontée à l'hiver le plus froid du siècle. Les réfugiés et les sans-logis se retrouvent suite aux bombardements à aménager des trous de cave, à vivre dans la promiscuité des bunkers et des baraques. Les aliments sont rationnés, le marché noir est fl... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (61) Voir plus Ajouter une critique
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sur 156 notes
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Jeanfrancoislemoine
  28 janvier 2019
Dans ce roman , le nom du héros se trouve dans le titre , " les ruines ". Ce décor d'apocalypse omniprésent , de la première à la dernière page de ce polar , donne à l'intrigue un cadre sinistre exceptionnel . Nous sommes à Hambourg , en 1947 , dans les quartiers populaires dévastés par les bombardements . La paix est , certes , revenue mais un nouvel ennemi a pris possession des lieux : le froid , un froid sibérien , un froid assassin , un terrible froid de moins vingt degrés.....On ne cherche plus à se relever des ruines , on se réfugie dans leurs entrailles , et seuls les plus intrépides sont en quête du moindre morceau à manger , du moindre morceau de charbon , du moindre morceau de métal à vendre au marché noir , au risque de se faire prendre par la police ou détrousser par un " chercheur " moins heureux , poussé par l'instinct de survie ....
Le froid , les privations ,les êtres chers disparus , des individus louches qui rôdent, cherchant à dissimuler un passé peu glorieux qui leur colle à la peau et pourrait leur valoir les pires ennuis judiciaires.... voilà un cadre de " cour des miracles " , un milieu bien hostile ...
C'est dans ces " sublimes ruines ", dans ce décor de fin du monde que l'on va découvrir des corps nus , étranglés....Qui sont-ils ? Qui est l'assassin ? Pourquoi ces crimes ?
Ils seront trois à mener l'enquête. Il y a l'inspecteur Frank Stave dont la femme est décédée dans un bombardement et dont le fils a disparu . Un être au bord de la rupture , qui ne " tient " que par le travail . Il sera secondé par le lieutenant britannique Mac Donald et un inspecteur des moeurs , Maschke , entré dans la police après la fin des hostilités.
Tous trois vont se démener mais les "ruines " livreront -elles leur secret à une époque où le seul leitmotiv est de sauver sa propre peau et où la mort a déjà tellement frappé ?
C'est un roman qui m'a beaucoup plu , plus peut-être encore par son atmosphère, sa description de l'immédiate après-guerre que par l'intrigue cependant solide.C ' est le premier volet d'une trilogie et j'avoue que je retrouverai avec plaisir Frank Stave. Sera-t-il un peu plus apaisé ? La fin de l'intrigue nous donne une petite indication , mais....attendons de voir . Pour moi , ce sera pour très bientôt, je vous dirai....
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nameless
  06 septembre 2018
L'assassin des ruines est bien davantage qu'un excellent roman policier au style irréprochable. Cay Rademacher utilise, pour l'interpréter romanesquement et en modifier l'issue, un fait divers et d'hiver qui a bouleversé Hambourg entre 1946 et 1947. Surnommé l'assassin des ruines, un meurtrier a fait 4 victimes sans être jamais identifié. L'auteur met en scène Frank Stave, un inspecteur de police broyé par la guerre. Sa femme est morte dans le bombardement de la ville en 1943, il est sans nouvelles de son fils, lui-même est estropié. Voilà pour l'aspect policier du roman et l'enquête à résoudre, dans un contexte de manque de moyens humains, financiers, et même de transport.

Mais l'intérêt de cette lecture va bien au-delà de la résolution d'un intrigue criminelle. Le lecteur partage avec le héros une déambulation apocalyptique dans une ville rayée de la carte, dont le port est anéanti, où le déblaiement des ruines est une priorité. Cay Rademacher aborde tous les aspects de la vie quotidienne des survivants hébétés, sans logements, sans chauffage, frigorifiés par la rigueur de cet hiver exceptionnel : humiliation d'être sous le contrôle des forces alliées britanniques ; tickets de rationnement pour obtenir des ersatz d'aliments de première nécessité, en quantité tellement minime que la population est affamée  ; « criminalité de la misère » sous forme de contrebandes de toutes sortes et marché noir, pillages et trafics de rares objets exhumés des ruines, vols simples ou à main armée. A ces maux induits par la guerre, s'ajoutent le travail habituel de la police, crimes, viols et autres délits ainsi que l'ombre du nazisme qui plane toujours.

J'ai beaucoup aimé ce roman à la fois policier, historique et sociologique, très solidement documenté, qui nécessite un peu d'attention car l'auteur sème des indices dans son récit sur l'identité du tueur. Cay Rademacher devrait plaire à tous ceux qui apprécient le regretté Philip Kerr et son héros, Bernie Gunther. Une excellente découverte pour moi !
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Crazynath
  05 février 2022
Je suis contente d'avoir des amis qui me conseillent régulièrement des lectures qui me permettent de sortir des sentiers battus. En effet, même si je suis une lectrice très dispersée, j'ai tout de même tendance à revenir vers les mêmes auteurs.
Merci à P, sans qui il se serait surement encore déroulé beaucoup de temps avant que je n'entame le premier tome de cette trilogie de Cay Rademacher.
Basé sur des faits réels, comme l'indique l'auteur à la fin de ce livre, l'histoire se déroule entièrement à Hambourg en 1947. Nous sommes en janvier, et la ville n'est qu'un immense champ de ruines. Ce sont ces dernières qui servent d ‘ailleurs de décor à toute cette histoire et dans lesquelles on va découvrir le cadavre d'une jeune femme. D'autres meurtres vont se succéder et personne ne semble connaitre les victimes.
L'auteur, à travers son enquêteur l'inspecteur Stave, a su faire revivre cette période de l'histoire dans une ville qui survit difficilement et dont les habitants meurent de froid. La fin de la deuxième guerre mondiale est encore très proche et l'armée d'occupation britannique est bien présente pour contribuer au maintien de l'ordre.
Difficile de ne pas faire le parallèle avec un autre écrivain, anglais celui-ci, c'est-à-dire Philip Kerr et son héros récurrent Berni Gunther. Alors certes, les enquêtes se déroulent à la même période, mais je trouve, pour ma part, que la ressemblance s'arrête là. J'ai beaucoup aimé, et franchement, rien que pour la plongée dans cet univers de ruines quasi apocalyptique, cette lecture mérite le détour. Et puis mon petit coeur tendre de lectrice s'est attaché à Stave, il faut le dire.
Trop hâte d'attaquer le deuxième tome !

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Sylviegeo
  18 juillet 2019
Malgré le froid, malgré le manque, malgré les défaites, malgré les vainqueurs, malgré le rationnement, malgré la résilience, malgré ce poids sur les épaules, malgré le malheur qui noircit tout, j'ai adoré "L'assassin des ruines" de Cay Rademacher que je découvrais. Nous sommes à Hambourg, en 1947. Les Allemands n'ont plus rien, les Britanniques imposent les règles, les petites gens, les rescapés, les déplacés survivent comme ils peuvent. Habitant de Hambourg à cette époque, on en bave ! Même Stave, inspecteur de la police criminelle n'y échappe pas: peu de moyens, pas de chauffage, pas de quoi se nourrir, se vêtir convenablement à la maison ou au bureau c'est pareil. Il fait froid en cet hiver '47 et voilà qu'on découvre dans la ville un corps, puis un autre et encore et encore...Des corps dénudés, impossible à identifier...Mais Stave est déterminé, il lui faudra savoir qui sont ces victimes et qui les a assassinées.
On s'imagine , bien sûr à tort que lorsqu'une guerre est finie, les choses doivent revenir à la normale. Mais comment vivre dans une ville en ruines, comment survivre de tickets de rationnement quand les magasins sont vides, que les trains ne roulent pas, qu'il n'y a pas d'électricité, que tous sont assujettis au couvre-feu? Le marché noir ? Bien sûr qu'il existe et bien sûr que ceux qui s'y adonnent sont traqués par le vainqueur. Vainqueur qui, on dirait, veut priver ces gens de tout...Premier tome d'une trilogie, c'est avec grand plaisir que je poursuivrai mon errance hambourgeoise avec l'inspecteur Stave.
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Foxfire
  21 mai 2019
Ceux qui suivent mes avis le savent, je ne suis pas très friande de roman policier à énigme. le côté whodunit ne m'intéresse pas. Il est d'ailleurs certain que sans une lecture commune des trolls je n'aurais jamais lu cet « assassin des ruines ». Cela aurait été bien dommage car malgré certaines choses qui ne m'ont pas plu, j'ai globalement apprécié cette lecture.
S'il y a bien une enquête au sens classique du terme, avec indices et déductions, elle n'est finalement qu'un prétexte pour raconter autre chose. En effet, l'auteur semble presque plus intéressé par le contexte historique que par l'enquête elle-même, en tout cas pendant la plus grande partie du roman. Et c'est vraiment cet aspect du récit qui m'a vivement intéressée. La peinture du Hambourg d'après-guerre est saisissante. J'ai trouvé passionnante cette plongée dans la vie quotidienne des habitants d'une ville du clan des « vaincus ». Les descriptions sont précises, la peinture est fouillée, il est évident que l'auteur s'est documenté sur le sujet. du coup, cet aspect du récit est très immersif. On déambule dans les ruines, on partage le quotidien fait de tickets de rationnement et de marché noir… On imagine également l'ambivalence des sentiments du peuple allemand qui doit surmonter ses plaies tout en admettant sa culpabilité et qui est contraint de vivre sous la domination d'un vainqueur.
Si ce contexte m'a beaucoup intéressée, en revanche, comme prévu, l'enquête m'a laissée de marbre. J'exagère un peu, l'intrigue est bien ficelée et nul doute qu'elle satisfera les amateurs de roman policier classique. Ceci dit, malgré son efficacité, l'enquête a des défauts qui ont nettement amoindri mon plaisir de lecture. Tout d'abord, je préférais quand l'enquête n'était qu'un prétexte et que l'auteur s'attardait davantage sur la peinture du Hambourg de 47 que sur les investigations et c'est le cas pendant la plus grande partie du roman mais dans les derniers chapitres, sans doute pour clore son histoire, l'auteur met plus l'accent sur l'enquête. le décor s'efface au profit du classique indice-témoin-déduction.
En plus, j'ai trouvé la résolution plutôt décevante. Si le fait que Globalement, le quasi happy-end m'est apparu comme un peu forcé :

Malgré les réserves évoquées, je suis tout de même très contente d'avoir lu ce roman qui propose une immersion dans un contexte historique intéressant et, à ma connaissance, pas souvent exploité.
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Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
namelessnameless   28 août 2018
- Saviez-vous qu'à Hambourg, plus de 250 000 appartements et maisons ont été détruits lors des bombardements ? 3 500 entreprises, 277 écoles, 24 hôpitaux, 58 églises. 43 millions de mètres cube de ruines et de décombres. On dirait que les gars de l'Office sont fiers de leurs chiffres.
- Ça leur assure vingt ans de boulot.
p. 169
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BlackKatBlackKat   18 juin 2017
Cette sérénité toute récente vient certainement du fait que, depuis la guerre, les femmes sont devenues des soutiens de famille (...) les femmes ont su organiser tout le nécessaire aussi bien que les hommes. Au minimum aussi bien. Mais elles en payent le prix fort, et pas seulement par la fatigue, le surmenage. Bien des mariages n'ont pas tenu quand les hommes sont rentrés après des années de guerre: ils n'ont pas supporté que leurs épouses se débrouillent mieux qu'eux dans ce monde étranger de ruines et de marchés clandestins.
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PecosaPecosa   28 février 2018
Quand un homme ne sait plus quoi dire à une femme, il l'embrasse.
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luocineluocine   29 janvier 2018
l arrive que de jeunes Hambourgeois, dont certains viennent juste d’être libérés d’un camp de prisonniers des Alliés, chahutent des soldats britanniques dans les rues sombres, par fierté nationale comme ils disent, sans toutefois oser aller plus loin. Stave quant à lui ne ressent aucune haine des occupants, même si c’est bien une bombe anglaise qui lui a ravi Margarethe. Confusément, il se sent honteux des crimes des nazis, et c’est pourquoi, même si l’idée lui paraît perverse, il se sent libéré d’un poids face aux dévastations de la ville et à sa vie anéantie. Une perte et des privations comme punition méritée. On est devant des temps nouveaux. Peut-être.
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NATBNATB   07 juin 2021
Et pourtant, poursuit le procureur, je ferai tout pour que " l'égalité de tous devant la loi " soit respectée. Et vous savez pourquoi ? Parce que je ne veux pas la vengeance, mais l'équité. Car c'est seulement avec l'équité qu'on pourra construire un État meilleur. Car seule l'équité vaincra la peur. Car seule avec l'équité grandira un jour une génération pour laquelle la ''normalité ''sera de nouveau vraiment normale.
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