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Éric Chédaille (Traducteur)
ISBN : 2859408304
Éditeur : Phébus (21/05/2002)

Note moyenne : 4.17/5 (sur 193 notes)
Résumé :
En 1941, une petite troupe de bagnards s'évade d'un camp russe situé tout près du cercle polaire...et de gagner l'Inde à pieds. Quatre d'entre eux y parviendront au terme d'une odyssée extraordinaire. Ce récit est inspiré d'une histoire vraie.

La présente réédition (dans une traduction nouvelle) de ce classique absolu de l'aventure vécue est due à l'initiative de Nicolas Bouvier - qui n'aura pas eu le temps de l'accompagner jusqu'à son terme.
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Critiques, Analyses & Avis (35) Voir plus Ajouter une critique
Coriolis
30 janvier 2016
Son nom, Slavomir Rawicz, aurait pu symboliser à lui seul le courage et l'obstination mais reste sujet à polémique. Que son histoire soit totalement fausse ou enjolivée, elle est de celles qui marquent les esprits. Et si l'on oublie l'invraisemblance de certains faits, la controverse liée à ce témoignage, on se fraye un chemin au coeur d'une aventure inoubliable par-delà les questions autour de son authenticité.
Slavomir Rawicz, polonais d'origine russe, condamné par les soviétiques à vingt-cinq ans de travaux forcés, n'aura pas eu le loisir de mourir au combat. Les prémices de la seconde guerre mondiale, il va les vivre depuis sa cellule de Lubyanka où les interrogatoires et les tortures tenteront de lui arracher des aveux infondés. Les blessures, les brimades et les privations n'atteindront que son corps, sa volonté de vivre restant à peine ébranlée. La marche de près de 1500 kilomètres pour atteindre le camp 303, au coeur de la Sibérie, l'affaiblira un peu plus et sonnera le glas pour plusieurs de ses compagnons d'infortune reliés par les chaînes ; sordide fil d'Ariane dans ce dédale de glace et de froid. Si la mort l'a déjà frôlé à de nombreuses reprises, il sait qu'il ne survivra pas à ces vingt-cinq années de captivité. Et c'est avec six autres prisonniers : Kolemonos, Makowski, Paluchowicz, Zaro, Smith et Marchinkovas, qu'il organise son évasion. Ensemble, ils fuient. Ensemble, ils redeviennent des hommes. Ensemble, ils écrivent une odyssée incroyable tout au long de leur marche de plus de six mille kilomètres pour atteindre l'Himalaya. Ensemble, ils font preuve d'ingéniosité pour déjouer les pièges de la faim et affronter la rudesse de la nature. Et chaque pas, chaque jour supplémentaire arraché à l'existence les rapproche de leur destinée hors du commun.
Tels des Ulysses défiant les Dieux, ils bravent les éléments hostiles tout au long de ce fabuleux périple. Au-delà des blessures infectées, de la faim au ventre, de la soif inextinguible, du froid ou de la chaleur écrasante, se dresse un rempart que rien ne saurait abattre tant il est sincère et vrai : leur amitié.
Une lecture endurante peuplée d'épreuves et de rencontres.


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litolff
12 août 2012
L'intérêt du récit ne réside pas dans la qualité de sa prose mais dans son contenu. Les aventures que nous raconte Slavomir Rawics sont incroyables. La résistance acharnée de cet homme force l'admiration. La mémoire exceptionnelle de Rawicz permet de retracer l'épopée avec de nombreux détails. S'il décrit ses ennemis sans complaisance, il n'oublie pas d'évoquer les rencontres avec de nombreux bienfaiteurs qui ont sans doute rendu la survie possible. le froid, la chaleur et la faim furent des adversaires redoutables. le petit groupe de fugitif n'eut qu'une seule arme pour les vaincre: la détermination.
Ce livre a soulevé pas mal de polémique de la part d'experts assurant qu'il était impossible de traverser le désert de Gobi sans eau. Rawicz n'a jamais répondu à la polémique, il est mort à Londres en 2004.
Ce livre reste un formidable témoignage sur la volonté et l'endurance humaine ! Captivant !
A noter le film tiré du livre : Les chemins de la liberté (que je n'ai pas encore vu)
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Levant
08 novembre 2016
A marche forcée est l'incroyable aventure d'un officier polonais interné dans un goulag de Sibérie en 1941. Il réussit à s'en évader avec six de ses codétenus, en partie grâce à la bienveillance, pour ne pas dire la complicité, de l'épouse du commandant du camp. Mais les autorités savent bien que l'obstacle le plus difficile à franchir n'est pas l'enceinte du camp. le vrai geôlier c'est bien la taïga elle-même.
L'auteur, Slavomir Rawicz, s'affiche comme le narrateur acteur de cette odyssée. Il intervient à la première personne et relate ce périple surhumain de six mille kilomètres, jalonné, on l'imagine sans peine, de mille dangers, souffrances et privations vers la porte de leur liberté : l'Inde.
Partis à sept, ils seront rapidement huit en recueillant une jeune fille en fuite elle aussi, mais d'un kolkhoze. de peu banale au départ l'histoire devient touchante. L'amitié qui soude cette équipée clandestine sera le gage de son succès en dépit des drames qui émailleront tout de même le récit.
L'histoire est tellement incroyable que certains émettront des doutes quant à la sincérité de son auteur. Ce qui se présente comme un récit autobiographique devrait selon eux s'afficher comme un roman. le sujet de son récit aurait, toujours selon eux, été emprunté par son auteur, approprié et augmenté de son imagination. Les détracteurs font l'inventaire des incohérences, au nombre desquelles le silence, à la parution de l'ouvrage en 1956, des équipiers de Slamovir Rawicz rescapés avec lui.
Il faut bien dire qu'à la lecture de cet ouvrage, on reste perplexe quant à la capacité d'endurance d'organismes humains exposés à tant de périls, de souffrance physique et mentale, dans les conditions extrêmes des latitudes sibérienne, du désert de Gobi et de l'Himalaya. Faut-il que notre condition ait bien changé pour nous rendre pareille aventure inconcevable de nos jours ? En suivant ces fugitifs tout au long de leur périple de l'extrême, je n'ai eu de cesse de m'interroger sur ma propre capacité à endurer autant de souffrances. L'instinct de survie est-il aussi fort ?
Fantastique aventure ou formidable imposture, le doute subsiste quoi qu'il en soit quant à la véracité des faits. Dans L'axe du loup, Sylvain Tesson qui n'est pas du style à rester dans un fauteuil pour peser le pour et le contre, que rien n'arrête, surtout pas la taïga sibérienne et ses rigueurs, refera le parcours de cette aventure hors du commun. Pour voir, se faire une idée. C'était si simple, il suffisait d'y penser. Dix jours sans boire dans le désert de Gobi, exploit ou affabulation ?
Se poser la question gâche le plaisir de pareille lecture lorsqu'on est réduit à faire usage du conditionnel pour en parler. Odyssée inimaginable ou bien … imaginée. J'ai hâte de lire l'ouvrage de Sylvain Tesson pour connaître les conclusions de son aventure qui ne prête pas quant à elle le flanc à contestation.
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darkmoon
27 mars 2013
1.Critique du livre "A marche forcée" :
Magnifique ! Une lutte pour la survie et une humanité brisée qui se reconstruit .
C'est une histoire terriblement fascinante qui nous entraîne de la glaciale Sibérie jusqu'en Inde, en passant par le désert de Gobi et les sommets du Népal. C'est l'histoire d'un groupe d'hommes, prisonniers des terribles goulags russes de la deuxième Guerre Mondiale, qui s'évaderont en fuyant les horreurs du communisme. Il est difficile aujourd'hui de croire que quelques hommes, sans moyens technologiques, nutritifs ou économiques aient pu parcourir près de 6.500km dans des territoires souvent très hostiles. le roman constitue donc une charge appuyée contre le communisme étatique tel qu'il s'est pratiqué pendant plus de 70 ans en Union Soviétique.
Et quelle magnifique lecture! Une ode à la liberté pour ces hommes prisonniers du système. Une aventure humaine d'envergure, racontée de manière admirable, qui trouve sa justesse dans cette solidarité qui n'était pas acquise et par la relation entre grandeur de leur périple et les petits riens qui font de ces hommes de véritables héros. Tout est juste, l'atmosphère y est très pesante au début du livre, les paysages hostiles mais néanmoins splendides se succèdent. le lecteur arrive vraiment à accompagner nos évadés durant tout cet interminable voyage. Avec des moments forts en émotion.
Et la Nature, théâtre majestueux où se joue ce drame humain, est le plus souvent mystique et animée d'une force propre, elle pousse les personnages dans leurs retranchements, aux confins de la bestialité ou de la folie. Impitoyable, cette logique aura raison des plus fragiles car la mort frappe plus d'une fois au cours du voyage, y compris contre les êtres les plus attachants.
C'est une oeuvre d'une nature vraie qui surpasse l'homme mais pas sa témérité. Je le recommande intensément à toutes les personnes en recherche de vérité. Roman sans fioriture, intense et prenant, mettant en avant la volonté in quantifiable de ces hommes d'être libre. le roman tient ses promesses, une oeuvre forte et poignante de courage. Une volonté profonde de liberté portée par la beauté vraie de la nature brute. Comme il est bon de se rappeler la force de la volonté humaine.
2.Critique du film inspiré du roman "Les chemins de la liberté" :
Une épopée magistrale, sublimée par la photographie de Russell Boyd. Peter Weir nous offre une plongée intelligente et éprouvante dans un voyage aux multiples rebondissements, qui offre un scénario malin, s'attachant aux repères historiques, ne négligeant surtout pas les repères géographiques, et s'attardant également dans une psychologie profonde aux sein du groupes de personnages, à travers lesquels on partage le point de vue durant tout le film et auxquels on s'identifie rapidement. le point fort reste dans la mise en scène, d'une simplicité admirable, et d'une rare beauté, les paysages, à couper le souffle, y sont sans doute pour beaucoup. Peter Weir capte chaque instant de beauté naturelle, la confrontant à la réalité et la vérité sombre et angoissante dans une route impitoyable, silencieuse et semée d'obstacles. Une réussite de plus pour Peter Weir, qui se dote d'une excellente distribution, dans laquelle Ed Harris, le doyen, sort du lot en offrant une nouvelle fois une composition impressionnante et solide, à l'image de sa carrière.
C'est un film qui se déploie comme une symphonie épique, dans des décors à couper le souffle, où le "chacun-pour-soi" devient, au fil des kilomètres parcourus, le " rien sans l'autre", donnant sens et existence à la solidarité et au partage. Et nous rappelle, à bon escient, ce que furent les camps de la mort du monde communiste.

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cathe
10 août 2015
En 1940 Slavomir Rawicz, soldat polonais, est condamné à 25 ans de travaux forcés en Sibérie. Après plusieurs semaines d'un terrible voyage en train dans des conditions indescriptibles, puis à pied dans la neige, il arrive dans le nord de la Sibérie où il construit un camp avec plusieurs milliers de camarades.
Plutôt qu'attendre soit la mort, soit 25 ans, il décide de s'évader avec six camarades avec comme cap l'Inde. Sans carte, sans boussole, sans vêtements autres que ceux qu'ils portent, et avec des vivres pour quelques jours, ils vont traverser la Sibérie, les bords du lac Baïkal, la Mongolie et son terrible désert de Gobi, un peu de la Chine, l'Himalaya et le Tibet. Leur principale peur : se faire prendre et devoir retourner au camp.
Donc ces milliers de km qui vont durer presque deux ans vont être faits en évitant toute rencontre et donc sans aucune aide. Leur groupe est constitué d'hommes costauds mais complètement différents (polonais, russe, américain,..) et il faudra aussi apprendre à vivre ensemble, à prendre des décisions, à s'encourager quand il n'y a plus d'espoir, et aussi à surmonter les drames.

On dévore ce récit comme un thriller et on vit avec ces hommes cette incroyable aventure ! Ou comment le désir de vivre permet d'aller bien au-delà des capacités humaines habituelles !
Certes la véracité de ce récit a été mise en cause, certains oublis ou certaines incohérences ayant été pointés (traverser le désert de Gobi sans eau ni nourriture par exemple). Sylvain Tesson a refait ce périple et il le décrit dans "L'axe du loup - de la Sibérie à l'Inde sur les pas des évadés du Goulag". Il pense que ce récit, écrit plus de dix ans après les faits, et sans aucune notes écrites, doit être vrai. Il veut le croire et je veux aussi le croire !
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Les critiques presse (2)
Lexpress04 juillet 2011
Mi-manuel survivaliste, mi-récit d'aventures, cette épopée […] est saisissante comme une traversée du Baïkal par - 30 °C.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeFigaro18 juin 2011
Un texte puissant qui a marqué des générations entières. A l'origine, l'évasion du goulag de quelques prisonniers en hiver 1941. Quatre mille bornes en chaussettes, de la Sibérie à l'Inde en traversant l'Himalaya.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations & extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
Walden-88Walden-8804 mars 2015
Je me tournai vers lui et lui vers moi. L'instant d'après, nous nous dévisagions les uns les autres en riant follement : nous venions de comprendre que nous nous voyions pour la première fois, que chacun découvrait pour la toute première fois les traits, le dessin de la bouche, la forme du menton, de ceux aux côtés desquels, durant douze mois et sur plus de six mille kilomètres, il avait lutté pour survivre. Il ne nous était jamais rien arrivé de plus comique. Jamais je n'avais songé à ce qu'il pouvait y avoir sous ces barbes et ces tignasses, et eux non plus sans doute. C'était comme de mettre bas les masques au terme d'un bal costumé qui se serait fantastiquement éternisé.
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Walden-88Walden-8804 mars 2015
J'étais habité de l'angoisse que, après les milliers de kilomètres que nous avions parcourus, la chance vînt soudain à nous manquer. Souvent la nuit, j'étais assailli par le désespoir et le doute. Les autres aussi, j'en suis sûr, livraient le même combat intérieur, même si jamais personne ne s'en ouvrait. Au lever du jour les perspectives semblaient moins sinistres. La peur persistait, tapie quelque part, mais l'action et le mouvement, la nécessité de résoudre les problèmes quotidiens, la reléguaient à l'arrière-plan. Nous étions, et plus que jamais, animés d'une compulsion à aller de l'avant. C'était devenu une obsession, une forme de folie.
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musaraneusmusaraneus10 février 2015
Quand j'atteignis le barbelé, Smith était en train de le franchir. Deux étaient déjà passés. Les autres attendaient, accroupis. D'angoissantes minutes s'écoulèrent encore tandis que le sergent puis Makowski se contorsionnaient en ahanant, ventre plaqué au sol. La grande masse de Kolemenos s'engagea tête la première dans le passage et je retins mon souffle.
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tengotengo25 janvier 2012
L'histoire est belle et forte, basée sur des souvenirs de prisonnier. Mais peu à peu l'émotion cède la place à l'incrédulité, impossible de traverser le Gobi sans eau sans même une outre pour faire des provisions. puis c'est la traversée de l'Himalaya en plein hivers et la rencontre avec des yétis...
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CoriolisCoriolis30 janvier 2016
Cacher du pain était un réflexe de prisonnier, un symptôme lié à la captivité.
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