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EAN : 9782234010574
205 pages
Éditeur : Stock (30/11/-1)
3.67/5   12 notes
Résumé :

" Ainsi les grands jours s'annoncent. L'évolution s'est faite, la révolution ne saurait tarder. D'ailleurs ne s'accomplit-elle pas constamment sous nos yeux, par multiples secousses ? Plus les consciences, qui sont la vraie force, apprendront à s'associer sans abdiquer, plus les travailleurs, qui sont le nombre, auront conscience de leur valeur, et plus les révolutions seront faciles et pacifiques. Finalement, toute opposition devra c&... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
BVIALLET
  17 janvier 2021
L'évolution et la révolution sont deux aspects d'une même réalité historique et politique. L'une précède généralement l'autre. Ce sont les deux faces successives d'un même phénomène, toujours en alternance sur la voie de l'histoire de l'humanité. Toutes deux sont indispensables l'une à l'autre. Il faut qu'une idée germe avant qu'elle s'inscrive dans la réalité. La révolution n'étant que la conséquence logique de l'évolution. Cependant toutes les révolutions ne sont pas nécessairement un progrès, de même que toutes les évolutions ne sont pas toujours orientées vers la justice. Il y a des évolutions qui ne sont que des marches vers la décadence et des révolutions qui apportent le malheur et la mort. Les capitalistes établissent de puissants monopoles qui rétablissent sous une forme nouvelle l'esclavage d'autrefois en certainement pire car plus insidieux et plus totalitaire. Et l'ironie de tout cela c'est de voir des captifs qui brisent leurs chaînes pour mieux s'en charger de nouvelles…
Ce texte est la retranscription d'un long discours prononcé en 1902 à Genève par Reclus, ensuite publié dans de nombreuses langues et resté depuis dans les annales. L'analyse de la situation économique et politique, une trentaine d'années après l'évènement majeur que fut la Commune de Paris pour l'auteur, est d'une précision, d'une qualité et d'une intelligence remarquable. La critique du capitalisme qui monopolise les moyens de productions et spolie le travailleur du fruit de son travail est peu discutable. Avec le recul du temps, le lecteur remarquera même que notre réalité est pire que la sienne, les oligarques milliardaires étant en passe de faire main basse sur la totalité de l'économie mondiale. Sur ce point, Reclus le visionnaire a fait erreur. L'internationalisme dont il rêvait n'est toujours pas celui des travailleurs, mais celui des banquiers ! On ne s'étendra pas non plus sur son anticléricalisme assumé. Ni Dieu, ni maître : si l'Eglise a perdu tout pouvoir, les « maîtres » n'ont jamais été aussi puissants. Très intéressante demeure cette utopie idéaliste et généreuse qu'aurait pu être l'anarchisme s'il n'avait été discrédité par les actes terroristes qui se produisirent peu après. Texte encore intéressant de nos jours du point de vue historique (pour la description de certains aspects de la Commune de Paris à laquelle Reclus participa activement), politique (tous les principes doctrinaux du véritable idéal anarchique y sont développés) économique (condamnation sans appel du malthusianisme) et également comme point de comparaison avec notre époque.
Lien : http://www.bernardviallet.fr
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jeanparapluie
  12 octobre 2016
Je n'ai pas lu ce livre dans l'édition présentée ici, mais dans une édition datant de 1979. Je trouve que ce texte n'a pas vieilli. Reclus nous montre un anarchisme assez éloigné des casseurs d'aujourd'hui, mais, peut-être, tout aussi idéaliste, basé sur l'idée que l'espèce humaine n'est pas vouée à l'auto-destruction et à la haine de chacun contre tous, mais a sa place dans l'évolution naturelle de la planète et peut tendre à un idéal finalement assez proche de ce qu'on appelle les "valeurs de la république", liberté, égalité et fraternité, mais avec la vraie volonté d'en faire une réalité et non seulement une inscription au fronton des mairies !
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pchion
  01 décembre 2015
Excellent ouvrage d'un auteur pour lequel j'ai beaucoup de sympathie !
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
DanieljeanDanieljean   07 novembre 2015
Nous n'acceptons pas de vérité promulguée : nous la faisons nôtre d'abord par l'étude et par la discussion et nous apprenons à rejeter l'erreur, fut-elle mille fois estampillée et patentée. Que de fois, en effet, le peuple ignorant a-t-il dû reconnaître que ses savants éducateurs n'avaient d'autre science à lui enseigner que celle de marcher paisiblement et joyeusement à l'abattoir, comme ce boeuf des fêtes que l'on couronne de guirlandes en papier doré.
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JacopoJacopo   11 juin 2019
Il est cependant des esprits timorés qui croient honnêtement à l'évolution des idées, qui espèrent vaguement dans une transformation correspondante des choses, et qui néanmoins, par un sentiment de peur instinctive, presque physique, veulent, au moins de leur vivant, éviter toute révolution. Ils révoquent et la conjurent en même temps : ils critiquent la société présente et rêvent de la société future comme si elle devait apparaître soudain, par une sorte de miracle, sans que le moindre craquement de rupture se produise entre le monde passé et le monde futur. Êtres incomplets, ils n'ont que le désir, sans avoir la pensée ; ils imaginent, mais ils ne savent point vouloir.
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DanieljeanDanieljean   07 novembre 2015
En dépit du mot d'ordre, qui consiste à faire semblant de croire, même quand on ne croit pas, en dépit d'académiciens et de normaliens qui doivent à leur dignité de feindre, la foi s'en va et, malgré les agenouillements, les signes de croix et les parodies mystiques, la croyance en ce Maître Eternel dont était dérivé le pouvoir de tous les maîtres mortels se dissipe comme un rêve de nuit.
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DanieljeanDanieljean   07 novembre 2015
En cessant de croire, le catholique cesse d'être chrétien ; en changeant de système, le protestant ne fait que changer de secte, il reste chrétien, inconvertissable mystique.
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