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ISBN : 2714468942
Éditeur : Belfond (12/01/2017)

Note moyenne : 3.63/5 (sur 15 notes)
Résumé :
Un roman russe fulgurant, une plongée dans l'immensité sibérienne, qui conte l'éternel affrontement entre désir de liberté et asservissement au pouvoir. Porté par une seule devise, Volia volnaïa, « Libre liberté », une très forte quête identitaire, avec, en toile de fond, le tableau contrasté de la Russie d'aujourd'hui, tiraillée entre tradition et modernité.
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Critiques, Analyses & Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
20 janvier 2017
La Russie post communiste.
Sibérie, sur les côtes de la mer d'Okhotsk.
Un mois d'octobre, sur les rives de l'Ioukhta, dans le cadre du
rituel parfaitement rodé de la nature au coeur de la taïga, Guenka
chasseur de zibelines et pêcheur à ses heures, amoureux de la taïga et de la chasse,
pêche à la senne.
Ainsi débute ce magnifique mais difficile voyage à travers l'immensité sibérienne, que nous offre Victor Remizov dans ce premier roman foisonnant de personnages.
C'est l'ouverture de la saison de la chasse. Chasseurs, pêcheurs et milice locale s'entrecroisent dans ces contrées perdues, dans la taïga sous la neige avec ses zibelines, élans, cerfs, loups.... superbement décrite dans ses moindres frémissements.
Même loin de Moscou, "les patrons" toujours présents, carburent sur place à l'alcool et aux filles. Les chefs de milices, gouverneurs des chef-lieux, aux emplois trés convoités -même qu'il faut payer pour avoir la place- selon l'ampleur du business, sous déguisement d'autorité font fonction de mafia locale. Ils rackettent, fixant leurs propres lois. Face à ces hommes maîtres du bourg, les chasseurs et les pêcheurs, maîtres de la taïga ( " il n'aimait pas que la vie du bourg empiète sur la chasse...").
Un incident entre un chasseur et le chef de la milice va mettre le bourg et la taïga en ébullition.....
De magnifiques portraits d'hommes superstitieux, attachants et touchants, dont l'insoumis Kobiakov,chasseur/ pêcheur , Tikhi, chef de la milice, Choura, dit l'Etudiant en quête de justice, Balabane, le musicien courageux, Jebrovski, l'ex businessman en quête d'une nouvelle vie.......et bien qu'au second plan, des femmes fortes et pleines de vitalité.
Le titre du livre " VOLIA VOLNAÏA" qui littéralement signifie " volonté ou liberté de l'individu d'utiliser son libre arbitre ", résume parfaitement cette oeuvre qui raconte les hommes et leur volontés d'être libre dans l'Extrême-Orient russe, de nos jours; Une liberté que leur octroie la nature mais pas la société des hommes. Moscou, bourg ou taïga, le pouvoir est partout, et pourri ! Bref, comme dit Choura," Je crois que nous ne faisons plus de différence entre le bien et le mal ".
Un bel aperçu de la Russie de Poutine ! qui fait mal au coeur.....

"Il aimait cette immensité dont il était, qu'on le veuille ou non, le maître...... chemin absurde vers la liberté ! "
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Renod
08 janvier 2017
Aux premières chutes de neige, les hommes de Rybatchi, un bourg de Sibérie orientale, partent chasser la zibeline en pleine taïga. Ils y passent plusieurs mois dans la plus grande solitude, dormant dans des isbas rudimentaires. Leurs conditions de vie sont austères mais pourtant, ils attendent le moment du départ avec impatience. Car à leurs yeux, cet exil au coeur de la forêt est une expérience de liberté totale. Leur solitude leur permet de se retrouver. Ils vivent en communion avec une nature sauvage et si grande, qu'elle paraît sans fin.
Un événement va contrarier la nouvelle saison de chasse. Les habitants de Rybatchi tirent leurs principaux revenus de la pêche illégale et du trafic d'oeufs de saumon. Activités formellement interdites mais tolérées par la milice en échange d'une « taxe » de 20%, un impôt discrètement payé aux autorités en enveloppes de cash. Seul Kobiakov refuse de se soumettre à ce système de corruption. Et un matin, il va s'accrocher violemment avec les deux responsables de la milice. L'altercation va déclencher une réaction massive qui va déborder tous les protagonistes. Car l'Etat russe, s'il se montre indifférent au sort de ces populations éloignées, a toujours su exprimer son autorité avec la plus grande fermeté. Une chasse à l'homme débute dans la taïga.
Ode à la nature, désobéissance civile, âme russe… Remizov semble s'inspirer aussi bien de Tolstoï que de Thoreau. Il évoque le destin de ces hommes qui se ressourcent au contact de la nature mais qui doivent affronter une époque de dérèglement. « Volia volnaïa » critique férocement la corruption généralisée de la société qui gangrène la Russie de sa capitale à la Sibérie orientale. le roman attaque un pouvoir arbitraire, violent, exercé sans justice. le livre m'a fait penser à "Léviathan", le film d'Andreï Zviaguintsev ; le réalisateur et le romancier ont des intentions similaires : comment réagir face à un État qui est devenu un « monstre dévoreur d'âmes » ? Comment acquérir une liberté qui est le « seul bien authentique » de l'homme ? Faut-il choisir la retraite dans la taïga, comme Guenka, loin des problèmes des hommes ? Faut-il accepter de vivre en esclave ? Ou bien faut-il choisir la voie de la révolte et de la violence ?
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Seraphita
29 juillet 2017
Dans l'actuelle Sibérie orientale russe, au bord de la taïga vaste et rude, des hommes vivent de la pêche et de la chasse. Pourtant, le fruit de leurs récoltes est soumis aux lois arbitraires du pouvoir et de son bras armé, la milice. Quand l'un de ces autochtones ose s'en prendre de manière virulente au chef de la milice et à son adjoint, il déclenche un véritable séisme. Une chasse à l'homme va s'engager dans la taïga, des forces spéciales du pouvoir central venant en renfort. A Rybatchi, l'événement interroge les habitants ; certains décident d'ailleurs de se lancer dans la taïga pour aider l'homme pourchassé.
« Volia volnaïa » est le premier roman de l'écrivain russe Victor Remizov, publié en 2014. le parcours de cet auteur, né en Russie en 1958, navigue entre nature et littérature : il a travaillé comme géomètre expert dans la taïga, puis en tant que journaliste et professeur de littérature russe. Ce roman est un hymne bouleversant à la beauté rude et sauvage de la taïga sibérienne ainsi qu'à ses habitants, tiraillés entre traditions et appel à la modernité.
Dans une écriture portée par une poésie simple et, dès lors, envoûtante, l'auteur fait vivre les grands espaces enneigés, les pins qui s'inclinent face à la puissance du gel, les animaux qui se fraient un chemin pour survivre au sein de ces contrées hostiles. Dans ces territoires, le chasseur ressent de façon accrue la force et la fragilité de sa solitude. C'est ce sentiment que les autochtones viennent chercher, cet appel à la liberté qui se conquiert à la force de la survie. D'ailleurs, une note explique le sens du titre du roman : « Volia volnaïa, « liberté libre », comprend l'idée de grands espaces à parcourir et de risque, souvent associée à la figure du Cosaque, du guerrier, du bandit. Volia signifie à la fois liberté et volonté. » (p. 386.)
Pour autant, la soif de liberté se heurte bien souvent à la soumission à l'autorité. L'un des chasseurs, venu de Moscou, va en faire l'expérience en peu de temps : alors qu'il avait réussi à tuer un ours qui le pourchassait, le voilà qui accepte l'asservissement de représentants de la loi et qui vient trahir des autochtones.
Toute la force du roman de Victor Remizov réside dans cette dialectique entre la quête de la liberté et l'asservissement face au pouvoir, la révolte et la soumission. Les chasseurs ont beau fendre la glace des lacs pour se nourrir, la surface brisée gèlera de nouveau quand les remous auront cessé. Pour autant, la volonté de liberté demeurera au fond des coeurs humains, telle une étincelle prête à embraser un quotidien figé dans la gangue des habitudes.
Malgré quelques longueurs, « Volia volnaïa » est un hymne envoûtant à la liberté des grands espaces, vient conter sa beauté hypnotique et se conclut d'une manière magistrale et époustouflante. Au terme de cette chasse à l'homme, chacun des protagonistes sera amené à revisiter le sens de sa propre existence.
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LeaTouchBook
11 janvier 2017
Si comme moi vous adorez le genre du nature writing, sachez que la littérature russe avec les éditions Belfond viennent de nous offrir une belle pépite du genre !
Volia volnaïa est une hymne à la nature, aux paysages magnifiques russes mais aussi un constat féroce, un portrait controversé de la Russie de nos jours. Lorsque un coin reculé qui semble hors du temps, libre et authentique se confronte à la modernité, à l'autorité de la civilisation; cela donne un très bon roman dans la lignée des grands classiques.
J'ai énormément aimé la plume de Victor Remizov, traduit par Luba Jurgenson: c'est à la fois poétique, sensible, fort : c'est un premier roman extrêmement réussi ! Les thématiques abordées sont extrêmement passionnantes, pertinentes et audacieuses. Au travers de protagonistes émouvants, charismatiques et uniques; l'auteur ose poser des questions essentielles sur la volonté de vivre en toute autonomie et sur les choix de combat dans notre vie.
Kobiak, le seul qui ne souhaite pas se soumettre à la taxe imposée par les autorités, est un être extrêmement profond, entier et dont le combat est important. Dans une chasse à l'homme terrifiante où la force des armes affronte la force de la volonté, Remizov livre un roman intelligent sur le choix d'une liberté détachée de la société.
En définitive, un très beau roman, un premier livre que je recommande fortement !
Lien : http://leatouchbook.blogspot..
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biribi
16 septembre 2017
De fort nombreux personnages dans ce roman, nommés alternativement par leur nom, leur nom de famille ou leur diminutif. Forcément, on s'y perd un peu. C'est très russe. car ça foisonne. Heureusement une liste de personnages aide le lecteur à s'y retrouver.
La nature est très présente et décrite avec tendresse et beaucoup de sensibilité. Cette immensité sibérienne, cette taïga attire les chasseurs même si elle est peuplée d'ours, de loups, … Ils s'y sentent bien, peuvent vivre selon leur envie. S'y déplacer est très physique car il faut déneiger, débarrasser les troncs d'arbres qui d'une année à l'autre barrent le chemin, réparer le véhicule tout-terrain avec ce que l'on a sous la main, c'est-à-dire pas grand-chose.
Dans la région les oeufs de saumon sont une source de revenus pour les habitants. Ils en font très largement le commerce, illicite, bien évidemment. le gouvernement de Moscou a édicté un règlement (en chambre, comme souvent, sans s'être rendu sur le terrain) et tellement loin de la réalité de ce qui se vit sur place.
Lorsque débarque l'OMON de Moscou pour régler ce trafic c'est la panique dans le bourg. Contrôles, perquisitions, sans aucune humanité. le pouvoir sa sait tout-puissant et intouchable. Il en profite.
Il y a des longueurs, comme dans de nombreux livres, mais beaucoup d'humanité chez ces personnages très endurcis pour vivre par moins 20, moins 30 degrés dans cette immensité magnifique qu'ils chérissent. C'est très russe aussi.
J'ai aimé mais c'est un peu trop long et certains n'apprécieront sans doute pas.
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Les critiques presse (3)
LePoint18 avril 2017
Victor Remizov nous entraîne au bout du monde russe, entre braconnage et vent de révolte. Un chant d'amour à lire absolument.
Lire la critique sur le site : LePoint
Actualitte16 mars 2017
Un souffle lyrique, une quête identitaire complexe, des paysages époustouflants, des habitudes de vie singulières, si pittoresques… C'est certain, le voyage ne se refuse pas.
Lire la critique sur le site : Actualitte
LeFigaro10 mars 2017
Plongée dans une contrée hostile où l'histoire passe sans altérer l'âme des hommes.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations & extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
NikozNikoz24 septembre 2017
Parfois je me dis qu’on aurait tout de même besoin de flics normaux. Parce que si on nous laissait faire, en trois ou quatre ans la région serait dévastée. Les gens sont comme ça aujourd'hui, ils se mettraient à barrer les rivières. Il faut les protéger… de nous.
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nadejdanadejda11 mars 2017
L'air était empli d'échos. Durant ces journées où Guenka remontait la rivière, allant d'une maison forestière à l'autre, le soleil était resté éclatant dans le ciel bleu. Les mélèzes faisaient tomber leurs aiguilles sur les bancs de galets. Jaunes ou grises, elles virevoltaient dans l'air sonore, petites toupies légères et rapides, avant de se figer à la surface transparente de l'eau ; elles coulaient doucement au même rythme que le ciel. Leur masse dorée bordait les rives d'un tendre liseré. C'était le temps le plus agréable : il gelait légèrement ; la nuit, la température descendait à moins dix. La glace, ne fondait pas sur les flaques. Le matin, les rives sablonneuses étaient saisies par le froid, on pouvait marcher dessus comme sur du macadam. La rivière exhalait de la vapeur, les pierres et les branches sortant de l'eau étaient ornées de givre blanc.
Guenka attendait la neige.
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BookycookyBookycooky14 janvier 2017
C’était probablement parce que les ombles ne périssaient pas qu’ils n’avaient pas la même force vitale : ils étaient toujours moins nombreux que les saumons de mer. Trop craintifs, ils capitulaient là où ils auraient pu l’emporter, alors qu’une femelle de saumon pas très grosse n’hésitait pas à se jeter sur un banc d’ombles en défendant son nid et les mettait en fuite. Il s’agissait de deux philosophies différentes. Les uns vivaient et se protégeaient, mesquins, les autres se sacrifiaient, et cela les rendait forts.
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nadejdanadejda12 mars 2017
Le soleil descendait derrière la montagne, la rive opposée était dejà d'un bleu sombre, seules les crêtes enneigées au sud restaient éclairées. Le Iélovoïé se chantait une berceuse à lui-même. En refroidissant, la glace se craquelait sur toute la surface, des craquements sonores roulaient d'une rive à l'autre, tonitruants, effrayants, l'écho se démenait entre les rochers, puis s'envolait vers le ciel vespéral. Et de nouveau, déflagrations et hurlements reprenaient. On eût dit qu'un immense vase de cristal se brisait interminablement dans une séquence au ralenti. Le ciel grondait sans cesse au-dessus du lac Ielovoïé.
Le froid devenait intense.
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BookycookyBookycooky19 janvier 2017
Un grand téléviseur à écran plat assurait discrètement le fond sonore, peuplant la pièce de voix et de visages : différents présentateurs moscovites célèbres et contents d’eux y apparaissaient, en compagnie d’invités tout aussi satisfaits. Le bonheur et l’aisance coulaient de l’écran, il aurait fallu prévoir une bassine pour qu’ils n’inondent pas le sol.
Quoi qu’on dît, la télévision était l’unique moyen de fédérer un pays aussi immense
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Videos de Victor Remizov (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Victor Remizov
Victor Remizov met en avant son rapport avec la nature à travers son roman « Volia Volnaïa ». Une plongée dans l?immensité sibérienne, qui conte l?éternel affrontement entre désir de liberté et asservissement au pouvoir. En savoir plus sur « Volia Volnaïa » : http://bit.ly/2iEDfj9
Victor Remizov est né à Saratov, en Russie, en 1958. Après des études de géologie, il s?est tourné vers les langues à l?université d?État de Moscou. Toujours entre nature et littérature, il a travaillé comme géomètre expert dans la taïga, puis en tant que journaliste et professeur de littérature russe. Nommé pour le Big Book Award et le Russian Booker, Volia Volnaïa est son premier roman. Il vit à Moscou avec sa famille.
Interview réalisée par Nathalie Iris ? librairie Les mots en marge à La Garenne Colombes
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