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EAN : 9781090090553
Steinkis Editions (01/11/2014)
3.55/5   29 notes
Résumé :
« Monsieur, je n'ai pas dit que ce jeune homme mentait. J'ai dit que je suis incapable de le croire. Ce n'est pas la même chose. »
1939. Jan Kozielewski, jeune Polonais de bonne famille, catholique, est happé par la guerre. Sous le nom de Jan Karski, il devient un agent de la résistance.
Sa mission : s’introduire au cœur du ghetto de Varsovie puis dans un camp d’extermination et transmettre son rapport au Président des États-Unis.
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
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Jan Karsky l'ai a tous rencontrés, ils l'ont tous écoutés mais personne ne l'a entendu.
Voilà comment ce polonais évadé du ghetto de Varsovie va vivre sa vie, bouleversé pour toujours de ne pas avoir su convaincre les alliés de l'horreur et des abominables exactions des SS. Richement documentée les auteurs rendent un hommage à travers Karsky a ceux qui ont choisit la lutte. Coute que coute.
Leurs dessins pour montrer ce que fut l'ignominie allemande (et de ces alliés) sont d'une cruelle vérité. Avec les textes de Karsky, elles renforcent le récit de ce héros.
Alors que la haine antisémite resurgit, cette BD est forcément à découvrir et à montrer à nos plus jeunes.
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Comment raconter les camps de travail, les ghettos surpeuplés, les camps de concentration, à des gens qui ne pouvaient pas croire à des choses pareilles, qui ne pouvaient concevoir des conditions de vie et de mort aussi abominables, aussi inhumaines, même en temps de guerre?
Que faire quand on n'est qu'un simple individu témoin de tant de barbarie ?

Jan Karski fut un soldat polonais avant d'être fait prisonnier, parvenant à s'évader, il devient résistant et son rôle consista non pas à poser des bombes, à détruire des bases militaires ou à échanger des informations secrètes mais il a tenté de révéler aux yeux du monde quelque chose de si terrible qu'il a bien failli passer pour un affabulateur, un simple menteur oublié de l'histoire.

Les auteurs ont volontairement choisi de raconter certaines parties de sa vie plutôt que d'autres. Ils ont insisté sur l'entrée en résistance de cet homme, et peut-être un peu moins sur les horreurs dont il a été témoin.
Les deux tiers du livre sont consacrés à sa vie de soldat, de prisonnier et à ses débuts dans la résistance.
Certes, on a tous vu des images ignobles des camps, des corps, de l'horreur de ces endroits empuantis par la vermine et la mort, mais dans cet album, ces parties sont peut-être montrées un peu sommairement, enlevant du même coup une partie de l'horreur, la rendant presque plus supportable.

Jan Karski a réussi à s'infiltrer dans le ghetto de Varsovie et dans un camp de concentration, il a vu les corps abandonnés nus en pleine rue, les enfants abattus juste pour amuser les soldats nazis, les hommes et les femmes crevant littéralement de faim, à peine vêtus, hagards.
Il a tenté de révéler à des membres de son gouvernement en exil ces faits auxquels personne ne croyait vraiment.
Il s'est ensuite rendu, au péril de sa vie, en France, en Angleterre et même aux Etats-Unis pour témoigner, pour tenter de donner une existence réelle à ces images qu'il avait en tête sans pouvoir lui-même les accepter.

Les dessins ont un style un peu particulier, à la limite de la caricature parfois concernant les visages, et un peu flou concernant les décors, ce qui crée un barrage contre l'émotion et rend peut-être ces actes de barbarie plus supportable, je l'ai toutefois regretté.
J'ai eu l'impression que ce récit, bien que tiré en grande partie des écrits de Jan Karski lui-même était un peu "fade", trop délayé, sans trop d'explications, comme si les auteurs avaient eu peur de heurter les lecteurs.
Mais peut-être que ce qui devrait réellement choquer les lecteurs ce sont ces actes sans nom et ceux qui les ont commis au nom d'une idéologie et non des dessins un peu trop crus, trop explicites....

Je remercie Babélio et les éditions Steinkis qui m'ont envoyé ce livre, qui ne m'a pas tout à fait convaincu, mais m'a davantage donné envie d'aller lire le livre de Jan Karski "Mon témoignage devant le monde", ce qui, au fond, est plutôt une bonne chose.



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« C'est l'histoire d'un homme devenu un héros par hasard mais aussi celle d'un être ordinaire ballotté par les événements. » On découvre avec ce roman graphique l'histoire passionnante de Jan Karski, ce résistant polonais chargé par son gouvernement en exil de dresser un compte rendu de la situation en Pologne sous l'occupation nazie pendant la Seconde Guerre mondiale. Camp de travail, ghetto de Varsovie, camp de concentration..., on plonge avec cet homme au coeur même de l'horreur de l'holocauste. Marco Rizzo et Lelio Bonaccorso se sont de toute évidence abondamment documentés sur le sujet et proposent un aperçu succinct mais néanmoins parlant des événements qui eurent lieu dans l'Est de l'Europe dès la fin de l'année 1939. Arrivée des Allemands, construction du ghetto de Varsovie, organisation de la résistance..., l'ouvrage nous fait revivre cette période dramatique par les yeux de Karski, témoin privilégié des atrocités commises par les nazis qui ira porter son témoignage jusque devant le président des États-Unis et le ministre des Affaires Étrangères britanniques.

Comme n'importe quel ouvrage consacré à l'enfer vécu par les déportés dans les camps de concentration, ce roman graphique se lit avec beaucoup d'émotion. Certaines scènes sont à peine supportables, notamment au moment où le protagoniste découvre pour la première fois l'intérieur du ghetto de Varsovie et ses habitants, errants, hagards et squelettiques, au milieu des cadavres abandonnés en plein milieu des rues. La longue scène de la visite du camp de concentration est également marquante, tant au niveau des images montrant des dizaines d'hommes, femmes et enfants fusillés ou entassés comme des bêtes dans des wagons, que du texte, tiré du véritable témoignage de Jan Karski. L'ouvrage montre aussi très bien le développement de la résistance polonaise et l'abnégation dont durent faire preuve ses membres afin de contrer les nazis dans la région. Là encore, certains moments sont particulièrement chargés d'émotion, comme celui du passage du protagoniste aux mains de la Gestapo ou encore celui d'une descente des Allemands dans l'un des QG de la résistance.

Un ouvrage poignant et terrible consacré à un homme peu cité dans les livres d'histoire malgré sa position de témoin privilégié des ravages causés par la barbarie nazie en Pologne. Une lecture difficile, donc, mais nécessaire pour de ne jamais reproduire les horreurs du passé (le chemin est malheureusement encore bien long...).
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Merci à Babelio et à Steinkis pour ce cadeau de Noël. Place à la critique.

La première impression est esthétique. C'est un bel album avec des illustrations réalistes et maîtrisées. Bien que je n'adhère pas totalement à ce genre de graphismes, j'ai tout de même trouvé que ça passait bien.
L'horreur de la guerre y est bien représentée. Certaines planches, certaines vignettes, peuvent d'ailleurs heurter la sensibilité des plus émotifs. Les images sont crues mais sans fards. Il n'y a pas d'exagération de la part des auteurs: ils n'ont pas la volonté de choquer, juste de représenter.

Un problème subsiste selon moi: la crédibilité de ce témoignage. Il soulève une vague d'interrogations sur certains aspects. Il est vrai que certains faits m'ont paru invraisemblables, un peu mirobolants. De plus, les deux auteurs ayant dû retailler dans le récit de Jan Karski, je me suis dit que cela avait pu créer des incohérences. En effet, l'adaptation du témoignage est trop rapide. Les actions s'enchaînent sans qu'aucune base ne soit posée. Il aurait peut-être fallu découper ce récit en plusieurs tomes. Ce qui aurait permis de développer.

Je n'ai pas pu m'empêcher de comparer cette adaptation à l'oeuvre d'Art Spiegelman, Maus. De fait, ce roman graphique m'a paru moyennement satisfaisant.

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Je ne connaissais pas Jan Karski, un jeune polonais de bonne famille qui fut un agent de la résistance. C'est toujours positif de réhabiliter un personnage méconnu de l'Histoire qui a joué dans l'ombre un grand rôle. le sujet est grave puisqu'il s'agit de l'homme qui a fait découvrir l'holocauste. Les nazis ont fait périr des millions de juifs durant la Seconde Guerre Mondiale devant le nez des alliés. On s'aperçoit que l'auteur ne les as pas ménagé et de même que les Russes qui ne faisaient guère mieux. Très souvent dans l'Histoire, une dictature en fait tomber une autre. Les vainqueurs s'arrogent toujours le bon rôle mais la réalité est souvent autre.

J'éprouve bien évidemment de la compassion pour ce terrible carnage. Ce qui a changé en moi depuis quelques années, c'est le fait de m'apercevoir que les descendants des rescapés de la Shoah n'ont pas compris la leçon et massacrent à leur tour le peuple palestinien sous le regard impuissant des occidentaux. On dira que les choses ne sont pas aussi simples et qu'il faut parler de terrorisme face aux gentils colons. Mais bon, au bout d'un moment, personne n'est dupe sur ce qui se passe.

Alors oui, cette oeuvre d'un juste parmi les justes est assez marquante. Elle est fort bien dessinée et elle fait passer l'émotion entre l'horreur et la déshumanisation. le personnage de Jan agit avec la plus grande humilité au péril de sa vie pour faire progresser la vérité. L'abomination nazie est à condamner avec la plus grande véhémence. Une oeuvre pour entretenir le devoir de mémoire.
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critiques presse (3)
BDGest
17 janvier 2022
Album s'inscrivant dans le devoir de mémoire, Jan Karski, l'homme qui a découvert l'Holocauste met en lumière l'existence et le parcours d'un homme en quête de vérité. Une réédition bienvenue à (re)découvrir.
Lire la critique sur le site : BDGest
BoDoi
18 décembre 2014
Au-delà de la biographie respectueuse nourrie d’une documentation abondante, la BD, dotée d’un graphisme fluide et expressif, souffre peut-être de l’absence d’un propos de fond, plus polémique, sur les responsabilités de chacun.
Lire la critique sur le site : BoDoi
ActuaBD
02 décembre 2014
Ce récit cadencé, qui suit de près la réalité historique même s’il a fallu abréger une partie du voyage et remplacer plusieurs partisans par un seul visage pour gagner en fluidité, reste fidèle au témoignage du résistant.
Lire la critique sur le site : ActuaBD
Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
Je suis sûr que tu aurais suffisamment de culot pour te faire passer pour un simple soldat, pourquoi pas un ancien ouvrier... Tu réussirais peut-être même à t'évader. Alors que moi, je serais seulement capable de me faire tuer par un Allemand après avoir échappé aux Russes.
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Cette guerre est celle des résistants. C'est la seule à laquelle peuvent participer les boiteux, les estropiés, les vieillards et les femmes. 
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— Moi aussi, j'ai entendu toutes sortes d'histoires, mais peut-être que le moment est venu d'aller nous rendre compte par nous-mêmes. Voici deux amis de Varsovie. Ce sont des gens dignes de confiance, des compagnons de la Résistance. Ils ont beaucoup entendu parler de toi, Jan. Ils voudraient que tu les accompagnes dans le ghetto pour voir ce qu'il s'y passe... et pour le raconter à nos dirigeants en exil. Es-tu prêt à retourner en première ligne avec cette armée de boiteux, de malades et de désespérés, mon ami ?
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Le sol des wagons était recouvert d'une poudre blanche. C'était de la chaux vive. Tous ceux qui ont vu préparer le ciment savent bien ce qui se passe quand on verse de l'eau sur de la chaux. Cela provoque une réaction chimique. Le mélange commence à bouillir et à exhaler des vapeurs accompagnées d'un dégagement de chaleur intense. La brutalité du système nazi intégrait l'utilisation de la chaux vive dans un double objectif. La peau moite, mise en contact avec la chaux, se déshydrate et brûle. Ceux qui seraient donc dans le train seraient brûlés vifs, lentement, au fur et à mesure que dessécheraient les tissus. Le sort des autres occupants du wagon n'était pas plus enviable. Pendant le voyage, la chaux absorberait toute l'humidité de l'air, asphyxiant progressivement les prisonniers. Et en entrant en contact avec les excréments, elle dégagerait des substances toxiques comme le chlore. Ainsi, comme l'avait promis Himmler, "les Juifs périraient dans les tortures, conformément à la volonté du Führer".
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Cette guerre est celle des résistants. C'est la seule guerre à laquelle peuvent participer les gamins, les boiteux et les estropiés, les vieillards et les femmes.
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Vidéo de Marco Rizzo
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