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ISBN : 2070362035
Éditeur : Gallimard (16/11/1972)

Note moyenne : 3.94/5 (sur 284 notes)
Résumé :
"La cachette fut terminée aux premières lueurs de l'aube. C'était une aube mauvaise de septembre, mouillée de pluie ; les pins flottaient dans le brouillard, le regard n'arrivait pas jusqu'au ciel. Depuis un mois, ils travaillaient secrètement la nuit : les Allemands ne s'aventuraient guère hors des routes après le crépuscule, mais, de jour, leurs patrouilles exploraient souvent la forêt, à la recherche des rares partisans que la faim ou le désespoir n'avaient pas ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (31) Voir plus Ajouter une critique
Arakasi
  16 août 2017
Nous sommes en 1943 en Angleterre. Quand il n'est pas en mission pour les Forces aériennes françaises libres, Romain Gary peine sur son premier roman, « Education européenne », qu'il espère achever avant d'être abattu comme tant de ses camarades pilotes. Nous sommes en 1943 en Pologne. Janek, quinze ans, sort prudemment de la cache souterraine où l'a dissimulé son père et s'aventure de la forêt. Il y rejoint les groupes de patriotes qui s'y calfeutrent depuis l'invasion de la Pologne par les forces allemandes. Janek est jeune, mais il veut se battre et pour cela, il est prêt à sacrifier beaucoup de choses, son innocence, sa candeur et même ses rêves de devenir un jour un grand compositeur reconnu et admiré par tous. Dans les bois polonais, des hommes se cachent, ils patientent l'oreille collée au poste de radio, ils tuent quand ils ont en l'occasion et, entre deux assassinats, deux bombes artisanales, ils rêvent… Ils rêvent du jour où leur pays sera enfin secouru, où les armées alliées s'abattront comme une grande marée sur les troupes allemandes, où ils pourront enfin rentrer chez eux, retrouver leurs femmes et leurs enfants. Ils rêvent qu'ils ne sont pas seuls.
Pour certains, l'Education européenne, ce sont « les bombes, les massacres, les otages fusillés, les hommes obligés de vivre dans des trous, comme des bêtes », la leçon infligée par l'Allemagne nazie au monde entier. Pour d'autres, c'est « une chanson, un poème, un livre », quelque chose qui permette aux hommes de tenir jusqu'à la fin de la guerre, d'apprendre à ne pas désespérer. Sans surprise, Romain Gary se place du côté des rêveurs. Oui, la guerre est épouvantable. Oui, les femmes y sont violées, les hommes fusillés, les enfants abandonnés. Oui, on n'en voit pas la fin et chaque jour est une occasion de plus de sombrer. Pourtant, un jour viendra où la guerre s'arrêtera, un jour « couleur orange » comme le disait Aragon où toutes les plaies seront cicatrisées et où les nations vivront en paix. C'est beau, c'est très beau même, et on n'a beau avoir du mal à y croire, c'est toujours réconfortant de lire un livre si porteur d'espoir. « Education européenne » ce n'est pas un roman sur les patriotes polonais, mais un livre sur tous les résistants contre l'oppression, quels que soient leur pays, leur continent et leurs raisons de combattre. Pas l'oeuvre la plus aboutie de Romain Gary, mais puissante et touchante tout de même.
« Un jour pourtant, un jour viendra couleur orange
Un jour de palme, un jour de feuillage au front
Un jour d'épaule nue où les gens s'aimeront
Un jour comme un oiseau sur la plus haute branche »
(« Un jour, un jour » d'Aragon. Merci Ferrat ! Nan parce qu'allez pas vous imaginer que je connais Aragon par coeur quand même…)
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Levant
  09 février 2016
Lorsque Romain Gary prend la plume pour écrire ce qui deviendra son premier roman édité sous ce nom, il ne connaît pas encore l'issue de cette guerre qui écrase son pays natal sous la botte des feldgrau de l'Allemagne nazie. L'Europe est plongée dans la dévastation. Pourtant, lui n'accable pas l'espèce humaine. Il est convaincu que l'homme, fût-il allemand, n'est pas responsable de son malheur : "Mon Dieu, est-ce vraiment Toi qui tire les ficelles. Comment peux-Tu ? Comment peux-Tu ? "
Au comble de la détresse, Romain Gary condamne la guerre à sa manière. Il ne s'épanche pas sur le sort des victimes. Ne Console ni ne plaint. Il ne vilipende pas non plus les traitres et les bourreaux. Il use du subterfuge de la déraison pour les engloutir dans le grand tourbillon du ridicule. Tel sergent décore de sa croix de fer la neige pour saluer son rôle dans le sort des batailles. Tel général soviétique se fait tirer l'oreille pas son petit caporal de père. Tels soldats allemands chevauchent des troncs d'arbres dans un ballet nautique délirant sur la Volga.
1943 ! L'issue de la guerre n'est pas encore envisagée. Quand sa ville natale est le théâtre des exactions qui banalisent la mort, Il lance ce "cri désespéré qui semble clamer d'avance la certitude de l'échec, la vanité de toute tentative, le deuil fatal de tout espoir humain."
La Bataille de Stalingrad sera peut-être un tournant. C'est la première fois que l'armée allemande est tenue en échec. Janek a alors 15 ans, son père l'a mis à l'abri dans une cache souterraine. Les événements le dépassent, mais les épreuves le rattrapent et lui volent sa jeunesse. Une maturité venue trop vite le jette dans l'action. Il rejoint un groupe de partisans qui se cache au coeur de la forêt.
"Education européenne, pour lui ce sont les bombes, les massacres, les otages fusillés, les hommes obligés de vivre dans des trous, comme des bêtes…". C'est cet énorme gâchis que Romain Gary dénonce. Mais il le dit et le répète : "Ce n'est pas la faute des hommes. C'est la faute à Dieu."
1943 ! Il faut se mettre dans la peau de cet homme, auteur au succès encore en devenir, qui a choisi de combattre avec les Forces françaises libres. Alors que le bout du tunnel n'est pas en vue, il prend la plume pour crier l'absurdité de la guerre, tout en rejetant le défaitisme. N'a-t-il pas choisi la lutte, en contradiction avec ses convictions humanistes.
A contre-courant du catastrophisme général, il se force à envisager un sursaut de sagesse. C'est pour cela que Janek rencontre l'amour au coeur de l'hiver et de la misère, au fond de son trou dans la forêt, quand un sac de pommes de terre est une manne tombée du ciel. C'est pour cela qu'il arrache Zosia à son commerce infâme qui lui fait vendre son corps à l'ennemi pour la bonne cause.
Roman noir écrit au plus profond de la guerre, mais roman d'espoir quand même. La raison des hommes triomphera de la déraison dans laquelle les plonge son Créateur. La démence déploie ses ailes dans des chapitres qui tirent en longueur. Mais n'est-ce pas cela cette guerre qui n'en finit pas et qui ne peut être qu'oeuvre de folie. Ne sommes-nous pas 1943 ?
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Missbouquin
  25 octobre 2012
Éducation européenne est le premier roman publié sous le nom de Romain Gary. Écrit en 1943 alors que celui-ci combat comme aviateur dans le groupe Lorraine, ce n'est pourtant pas un énième roman sur la résistance. Ce n'est pas la simple histoire d'une poignée de fous au fin fond d'une forêt polonaise glaciale. Éducation européenne est une magnifique ode à la liberté, à la force du conte, à l'amitié. Comme le dit l'étudiant Dobranski, le poète du groupe:
« Éducation européenne, pour lui, ce sont les bombes, les massacres, les otages fusillés, les hommes obligés de vivre dans des trous, comme des bêtes … Mais moi, je relève le défi. On peut me dire tant qu'on voudra que la liberté, l'honneur d'être un homme, tout ça, enfin, c'est seulement un conte de nourrice, un conte de fées pour lequel on se fait tuer. La vérité c'est qu'il y a des moments dans l'histoire, des moments comme celui que nous vivons, où tout ce qui empêche l'homme de désespérer, tout ce qui lui permet de croire et de continuer à vivre, a besoin d'une cachette, d'un refuge. Ce refuge, parfois, c'est seulement une chanson, un poème, un livre. Je voudrais que mon livre soit un de ces refuges, qu'en l'ouvrant, après la guerre, quand tout sera fini, les hommes retrouvent leur bien intact, qu'ils sachent qu'on a pu nous forcer à vivre comme des bêtes, mais qu'on n'a pas pu nous forcer à désespérer. »
Les seuls moments de liberté de ces pauvres gars, ce sont en effet les rares moments où ils peuvent se raconter des histoires, et rêver. Les contes parsèment ce roman, qui traitent de la guerre mais en sublimant la lutte quotidienne, pour mieux supporter le reste. C'est dans cette optique également qu'ils ont inventé un chef légendaire, pour qui ils mourraient tous sans hésitation, alors qu'il n'est que le symbole d'une idée : « Pour nous redonner du courage et pour désorienter l'ennemi, nous avons inventé le partisan Nadejda – un chef immortel, invincible, qu'une main ennemie ne pouvait saisir et que rien ne pouvait arrêter. »
L'éducation européenne, c'est aussi celle du jeune Janek, forcé de fuir et de se réfugier dans la forêt à quatorze ans, seul au monde : « Il sentait qu'il ne lui restait vraiment que peu de chose à apprendre, et que, malgré son jeune âge, il était un homme instruit. [...] Et le pouls de la liberté, ce battement souterrain et secret qui montait, de plus en plus fort, de tous les coins de l'Europe et dont les échos parvenaient jusque dans cette forêt perdue, le faisaient rêver d'exploits héroïques. » C'est ce jeune homme qui représente l'espoir, à la fois par son amour pour la jeune Zosia, forcée de se prostituer afin de soutirer des informations aux Allemands – et par son attirance, son émotion lorsqu'il écoute de la musique. Une faiblesse qui permet de garder la foi envers la beauté humaine.
Dans ce roman, j'ai trouvé un souffle épique propre aux récits de guerre, et qui ne se trouve dans aucun autre des romans de Romain Gary. En un sens, c'est aussi en se racontant des histoires – cette histoire – que Gary a pu tenir durant la guerre. Conserver un idéalisme salvateur, garder l'espérance, est alors tout ce qui compte.
Cette histoire n'est en effet pas celle des jeunes Polonais mais celle des résistants de tous les pays, celle des horreurs vécues sur toutes les terres de guerre. Un roman essentiel, grâce à la plume superbe et sensible de Romain Gary.
« Abandon de poste devant l'ennemi ! essaie de la morigéner le bon soldat Schatz. C'est très grave ce que vous faites là, vie … Mais la vie continue son implacable désertion. »
Lien : http://missbouquinaix.wordpr..
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blandine5674
  17 septembre 2014
Hiver 1942, début de la bataille de Stalingrad : Janek a 14 ans. Son père, médecin polonais, l'installe avec 500 kilos de pomme de terre dans un trou qu'ils ont creusé dans la forêt dans l'espoir de le sauver. Lui qui venait tous les jours, ne vient plus. Pensant que son père a été tué par les allemands et sur ses conseils, il rejoint les partisans qui, eux aussi, se cachent et luttent dans la forêt. C'est dans ce lieu que Janek va devenir un homme. Devenu agent de liaison, ses déplacements lui feront aimer la musique, découvrir l'amour avec Zosia, l'amitié avec un romancier, la haine, tuer. Leurs seules libertés sont de s'inventer et de se raconter des histoires.
J'avais envie de le relire après bien longtemps : il n'a pas pris une ride. On y trouve beaucoup de choses, de sentiments. Les rapports entre deux opposants de la même famille donnent des scènes très fortes. Un petit bémol : un peu perdue dans les parties livre dans livre.
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lecassin
  22 juillet 2012
« Éducation européenne » est le premier roman de Romain Gary, paru en 1945, sous ce nom. Un roman écrit durant l'automne 1943 alors qu'il combat comme aviateur dans le groupe Lorraine depuis l'Angleterre.
Janek Twardowski, 17 ans, est fils d'un médecin polonais dans la ville alors polonaise de Wilno. Alors que la bataille de Stalingrad débute il se terre, sur ordre de son père, dans la forêt ; riche de quelques sacs de pommes de terre.
Il sera « récupéré » par un groupe de partisans et deviendra leur agent de liaison. Et puis voilà Zosia, la jeune fille qui se prostitue auprès des Allemands pour obtenir des renseignements. Zozia et l'amour pour Janek…
La jeune fille acceptera une dernière mission auprès des Allemands et confirmera les informations déjà en possession des partisans ; et qui les conduiront à détruire un convoi en transit pour Stalingrad.
Prix des critiques 1945, « Education européenne » est un très fort « roman de résistance » que d'aucuns n'ont pas hésité à assimiler à Malraux. Il remportera un vif succès et Sartre n'hésitera pas à en faire « le meilleur roman sur la Résistance.
Vu la personnalité de son auteur et ses états de service, « Éducation européenne » est un ouvrage témoignage indispensable à qui s'intéresse à la seconde guerre mondiale .
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LevantLevant   06 février 2016
Il lui arrivait souvent d'appuyer sa main contre l'écorce dure et rassurante d'un arbre et de lever les yeux vers lui avec gratitude, et il s'était même lié d'amitié avec un très vieux chêne, certainement le plus beau, le plus puissant de la forêt, dont les branches s'ouvraient au dessus de Janek comme des ailes protectrices. Le vieux chêne murmurait et grommelait sans cesse et Janek essayait à comprendre ce qu'il cherchait à lui dire; il y avait même des moments de naïveté, dont il avait un peu honte, lorsqu'il attendait que le chêne lui parlât d'une voix humaine. Il savait bien que c'étaient là des enfantillages indignes d'un partisan, mais ne pouvait s'empêcher parfois de se serrer contre le vieil arbre, d'attendre, d'écouter, d'espérer.
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lecassinlecassin   22 juillet 2012
À quoi sert-il de prier, d'espérer et de croire? Le monde où souffrent et meurent les hommes est le même que celui où souffrent et meurent les fourmis: un monde cruel et incompréhensible, où la seule chose qui compte est de porter plus loin une brindille absurde, un fétu de paille, toujours plus loin, à la sueur de son front et au prix de ses larmes de sang, toujours plus loin! sans jamais s'arrêter pour souffler ou demander pourquoi...
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meevameeva   12 mai 2014
En Europe on a les plus vieilles cathédrales, les plus vieilles et les plus célèbres Universités, les plus grandes librairies et c’est là qu’on reçoit la meilleure éducation – de tous les coins du monde, il paraît, on vient en Europe pour s’instruire. Mais à la fin, tout ce que cette fameuse éducation européenne vous apprend, c’est comment trouver le courage et de bonnes raisons, bien valables, bien propres, pour tuer un homme qui ne vous a rien fait, et qui est assis là, sur la glace, avec ses patins, en baissant la tête, et en attendant que ça vienne.
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lecteur84lecteur84   04 juillet 2014
Il avait souvent souhaité visiter la Russie. c'est un pays agréable et romanesque, aux milliers de traineaux lancés sur les pistes blanches, dans un grand tintement argentin de clochettes. c'est un pays tourmenté, aussi, qui cherche à noyer son excès d'âme dans une musique infiniment triste, où les seuls accents entrainants sont ceux d'une révolte brève et vite résignée, ou ceux d'un désir débordant mais jamais assouvi, un pays où seuls les rêves comptent et vous font vivre; où les grands hommes sont mesurés à la taille de leurs songes et où la réalité est chose vile et sans importance, tolérée avec indifférence et mépris.
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sarahorchanisarahorchani   13 juillet 2017
Comment le peuple allemand peut-il accepter cela? Pourquoi ne se révolte t il pas ? Pourquoi se soumet il à ce rôle de bourreau? Sûrement des consciences allemandes, blessés , bafouées, dans ce qu'elles ont de plus élémentairement humains, se rebellent et refusent d'obéir? Et bien là dessus un jeune soldat allemand est venu ici, dans la forêt. Il avait déserté . Il venait se joindre à nous, se mettre de notre côté, sincèrement, courageusement. Il n'y avait aucun doute là-dessus : c'était un pur. Ce n'était pas un membre du Harrenvolk : c'était un homme. Il avait suivi l'appel de ce qu'il y avait de plus simplement humain en lui arrachant son étiquette de soldat allemand. Mais nous n'avions d'yeux que pour ça, pour l'étiquette. Nous savions tous que c'était un pur. On la sent la pureté, lorsqu'on la rencontre. Elle vous crève les yeux, dans toute cette nuit. Ce garçon était un des nôtres, Mais il y avait l'étiquette. Nous l'avons fusillé. Parce qu'il avait cette étiquette sur le dos: Allemand. Parce que nous en avions une autre: Polonais. Et parce que la haine habitait nos coeurs. Quelqu'un lui avait dit en matière d'explication ou d'excuse, je ne sais: "c'est trop tard". Mais il avait tord. Ce n'était pas trop tard. C'était trop tôt.
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Vidéo de Romain Gary
Le psychiatre, neurologue et éthologue Boris Cyrulnik est l?invité fil rouge de François Busnel dans La Grande Librairie ! Son dernier livre « La nuit j?écrirai des soleils » (Editions Odile Jacob) est consacré à l?extraordinaire pouvoir thérapeutique des mots.
De Jean Genet à Romain Gary, en passant par Rimbaud et Perec, Boris Cyrulnik revient sur les destins d?écrivains célèbres et montre comment l?écriture et la lecture peuvent accompagner, soigner et changer nos vies.
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