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EAN : 9782221247525
Éditeur : Robert Laffont (24/10/2019)

Note moyenne : 4.2/5 (sur 62 notes)
Résumé :
Antan a tout l'air de n'être qu'un paisible village polonais. L'existence y est ponctuée par le temps ; le temps d'aimer, de souffrir puis de mourir. Antan est situé au centre de l'univers - cœur du monde, cœur des hommes, cœur de l'Histoire. Mais qui préside à son destin ? Dieu, qui du haut des cieux lui envoie les maux et les bonheurs dévolus aux humains, ou le châtelain Popielski, envoûté par le Jeu du labyrinthe que lui a offert le rabbin qui, d'un coup de dés,... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
rosulien
  03 avril 2020
Dans ce livre au titre magnifique, Olga Tokarczuk nous raconte la histoire d' un moulin à café à travers plusieurs générations dans un petit village polonais. On pense à Proust et à sa madeleine
L' histoire débute en 1914
Il faut se laisser emporter par l' écriture originale, inventive et poétique
Il faut entrer dans ce village rempli de personnages assez fantastiques, écouter les légendes, laisser le temps passer , le temps paisible des saisons , mais aussi le temps de la violence des hommes et de la guerre
Dieu est là, en filigrane
La magie et le mystère aussi
Peu importe que le lecteur ne retienne pas tous les épisodes de ce récit , qu' il oublie certains des nombreux personnages
Il faut se laisser bercer , suivre, avec simplicité et émotion , l' histoire surprenante de cette vie villageoise en Pologne , une vie qui semblerait banale et monotone que Olga Tokarczuk transformé en un magnifique roman
Et le moulin à café, me direz-vous ?Mystère.
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5Arabella
  24 juillet 2016
Nous sommes quelque part, et nulle part à la fois. Un village en Pologne, nous allons suivre sur trois générations la vie de certains villageois. Cela débute à la veille de la première guerre mondiale. Mais les échos du monde, de l'histoire, ne parviennent que d'une manière assourdie jusqu'à ce village, dans lequel l'essentiel, comme depuis la nuit des temps, est et de naître, d'aimer, d'avoir des enfants, puis de mourir. Et de trouver quelque part sa place au monde. Au monde des hommes mais aussi celui de la nature, et peut être aussi d'une façon plus vaste dans un ensemble de forces qui font tourner l'univers, quelle que soit la conception que l'on en a.
C'est le troisième roman d'Olga Tokarczuk et sont premier grand succès populaire. J'ai décidé de lire désormais ses livres dans l'ordre dans lequel ils ont été écrits, ce qui donne vraiment la mesure de son oeuvre. On voit à quel point les thèmes se mettent en place et se répondent. C'est un livre étonnant, composé de bouts de vies, très précises, décrites minutieusement, par les gestes du quotidien, on a la sensation de voir, presque de toucher ces personnages, qui sont touchants, attachants, pathétiques ou répulsifs. En même temps, l'auteur arrive à partir de ces petits bouts d'existences banales, d'aborder une sorte de conception de l'univers, très panthéiste, dans une vision où tout est finalement interdépendant, si on touche un morceau aussi minuscule quelque part, cela a des répercussions. C'est une lecture au final terriblement tonique et enthousiasmante, alors que la vie des personnages n'a rien d'idéalisée, il y a des événements terribles, et d'autres tristes. C'est plutôt dans le rapport au monde, dans un équilibre global qu'il y a une sorte d'optimisme communicatif.
Un livre que l'on dévore et qui laisse une forte trace.
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oree
  22 mai 2020
Un livre plein de charme et de poésie qui se lit comme un conte sur l'universalité des vies humaines, avec leurs tragédies, leurs joies et le temps, maître des destinées de chacun dans la totalité du vivant.
Surprenant par la manière de narrer à l'aide du fil chronologique les histoires de trois générations en superposant la complexité des manières d'être ensemble des humains, objets, animaux, végétaux brassés dans la grande roue de tous les temps, ce récit pose un regard contemplatif sur nous et nos questionnements.
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kathel
  15 mars 2020
Le petit village d'Antan est un village polonais comme les autres, jusqu'à ce qu'on observe de plus près ses habitants, le Mauvais Bougre, la Glaneuse, le châtelain, la femme du meunier, le Noyeur… le temps qui rythme la vie du village ressemble au nôtre, les jours, les saisons, les naissances et les décès, les événement du XXe siècle y passent comme partout ailleurs. Les guerres en particulier. Mais la sensation du temps y est aussi fort différente d'un personnage à l'autre, d'une vie qui se termine avant d'avoir été vécue à une autre qui n'en finit pas. Tous les chapitres évoquent le temps, par leur titre, et par leur point de vue sur l'histoire du village. Ceux qui m'ont le plus parlé au début du roman, et m'ont immergée complètement dans la lecture du texte, sont « le temps des enfants » qui montre comment une sorte de vision du monde vient progressivement aux enfants, et « le temps du moulin à café » qui s'intéresse au temps des objets, pas aussi opposé qu'on l'imagine au temps des êtres vivants.
Ces chroniques villageoises peuvent sembler décousues et un peu déroutantes au début, mais deviennent de plus en plus captivantes au fur et à mesure des chapitres.
Dans un chapitre du roman, le châtelain Popielski se pose des questions qui, d'une manière générale sont celles posées par le temps qui défile dans les pages du roman : « D'où venons-nous ? », puis « Peut-on tout savoir ? », « Comment vivre ? », et « Où allons-nous ? » questions par lesquelles le châtelain s'approprie les origines de la philosophie et de la religion.
Grâce à une belle traduction, de celles où on sent les phrases couler, les paragraphes se saisissent de leur rythme propre, et s'enchaînent parfaitement. On ressent la tendresse de l'auteure, mêlée d'une certaine dose de malice, pour ses personnages, mais aussi envers les animaux, les plantes, la nature. Quant à la force des personnages féminins, elle participe à la fascination exercée par le texte. Je pense en particulier à Misia et Ruth.
Olga Tokarczuk a réussi à trouver une très belle alliance entre le décor et la galerie de personnages, l'arrière-plan historique, les éléments du conte, les réflexions philosophiques, sans oublier le découpage original qui aide appréhender l'histoire d'Antan dans sa continuité. J'ai préféré déguster ce roman à petites doses que le dévorer, j'ai eu l'impression que cela lui convenait mieux, et je serais curieuse de savoir si c'est le cas pour d'autres lecteurs aussi.
Lien : https://lettresexpres.wordpr..
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Bafie
  31 mars 2014
Où le temps et l'espace développent d'autres dimensions.
Le roman débute en 1914 et conte le quotidien de trois générations d'habitants d'Antan, quotidien marqué par deux temps de guerre.
Ce ne sont que petits détails qui nous permettent de fixer ce roman dans le temps, tant ce qu'il nous dit des hommes, des animaux, des lieux, des choses et du monde nous semblent intemporel.
Les hommes sont attachants, cruels, sensibles marqués par leur environnement, torturés par le temps et parfois en relation avec l'Univers. Ils sont humains.
Les animaux les accompagnent, les nourrissent et semblent traverser le temps.
Les lieux sont un coin de terre polonaise aux confins de rivières et de bois peuplés d'humains, d'animaux...mais aussi marqués du sceau d'un mystère qui les englobe tous...
La guerre et l'histoire triture les hommes et façonnent les paysages.
Le temps avance inexorablement révélant à chacun le meilleur, le pire ou l'essentiel de lui-même.
J'ai retrouvé dans ce roman une terre où le merveilleux, le divin et les croyances primitives se côtoient et s'enrichissent mutuellement, ce qui m'évoque l'écriture de Liliana Lazar dans "Terre des affranchis", le roman de Liliana Lazar se déroulait en Roumanie, celui-ci en Pologne. Olga Tokarczuk met en scène son roman dans un pays qu'elle aime et dont elle apprécie sans doute la nature, de même que le faisait Liliana Lazar en Roumanie.
Me viennent aussi en tête d'étranges images : les images de villages abandonnés, dévastés autour de Tchernobyl...
Le monde rural de l'Est se plaît à naître et à prendre vie sous la plume de ces écrivains pour alimenter notre imaginaire.
Un dernier mot cependant avant de clore cette "critique", le récit d'Olga Tokarczuk n'est pas linéaire, il est constitué de petits chapitres révélant chacun un temps de la vie d'un personnage...l'on avance cependant dans la lecture sans aucune difficulté, les pièces du puzzle se sont assemblées sans que je n'aie du fournir aucun effort.
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Citations et extraits (30) Voir plus Ajouter une citation
oreeoree   18 mai 2020
Si des lettres disparaissaient à la poste, ce n'était plus la poste à laquelle il songeait toujours avec tant d'admiration : cette organisation mystérieuse qui avait ses gens en tout point du globe, cette puissance universelle, mère de tous les timbres, reine de tous les facteurs bleu marine du monde, protectrice de millions de lettres, souveraine des mots.
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rbreizhrbreizh   01 avril 2020
Les arbres appréhendent le monde uniquement à travers la matière. Leur vie, c'est la circulation de sucs puisés dans les profondeurs de la terre et le pivotement de feuilles offertes au soleil. L'âme de l'arbre se repose après ses pérégrinations multiformes. Pour l'arbre, un orage est un flux alterné de chaud et de froid, une onde tout à tour paresseuse et violente. Lorsque l'orage survient, c'est le monde entier qui devient orage. Pour l'arbre, il n'y a pas de monde avant et après l'orage.
Au cours du quadruple changement de saison dans une année, l'arbre ignore le temps et ne sait pas que les saisons se suivent. Pour lui, les quatre saisons coexistent. L'hiver fait partie de l'été, l'automne est intégré au printemps. Le froid est une partie du chaud; la mort, un élément de la naissance. Le feu est une partie de l'eau; la terre, une partie de l'air.
Aux arbres les hommes paraissent éternels - ils s'arrêtent depuis toujours dans l'ombre des tilleuls sur la grand-route -, mais cela leur importe autant que s'ils n'existaient pas.
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laurannslauranns   19 mars 2020
Le cognement de la hache, le fracas de la foudre troublent le rêve intemporel des arbres. Ce que les gens appellent "la mort des arbres" est un instant où ceux-ci se rapprochent de l'existence inquiète propre au monde animal. Pourtant les arbres n'atteindront jamais le royaume d'inquiétude des animaux et des hommes.
Lorsqu'un arbre meurt, son rêve dénué de signification et d'impressions est récupéré par un autre arbre. Aussi les arbres ne meurent-ils jamais. Ignorer qu'on existe libère du temps et de la mort.
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kathelkathel   15 mars 2020
Car Isidor se contrefoutait du parti aussi bien que de la fréquentation de l’église. À présent, il lui fallait beaucoup de temps pour réfléchir, se remémorer Ruth, lire, apprendre l’allemand, écrire des lettres, collectionner des timbres, contempler sa lucarne et pressentir, tout doucement, paresseusement, l’ordre de l’univers.
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Michel7090Michel7090   29 février 2020
A force de manifester sa puissance, la jeunesse se fatigue. Une nuit, un matin, l'homme franchit la ligne de démarcation, atteint son sommet, esquisse le premier pas de la descente. Survient la question : faut-il descendre fièrement, défier le crépuscule, ou bien tourner son visage vers le passé, s'efforcer de sauver les apparences, prétendre que cette pénombre résulte simplement du fait qu'on a provisoirement éteint la lumière dans la chambre ?
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