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Théa Rojzman (Autre)Juan Bernardo Muñoz Serrano (Autre)
EAN : 9782344033234
128 pages
Glénat (17/02/2021)
3.28/5   16 notes
Résumé :
L’histoire de celle qui voulait éradiquer la masculinité.

En 1968, Valérie Solanas tente d’assassiner Andy Warhol. S’il y a de la haine et de la folie dans cet acte, elle l’a d’abord commis pour accéder à la célébrité. Devenir célèbre pour faire entendre sa voix et celles de toutes les femmes. Devenir célèbre pour écraser l’immonde et arbitraire patriarcat. Devenir célèbre et promouvoir son manifeste féministe radical : le SCUM manifesto.
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Valerie Solanas est une théoricienne très connue dans les cercles féministes (sans que celle-ci ne se décrive autrement que comme une écrivaine et une artiste, semblant mépriser les associations féministes) qui pour certains se revendiquent de sa pensée radicale visant à – tout simplement – éradiquer le genre masculin, jugé nocif et inutile (grâce à la Society for Cutting Up Men, acronyme potentiel du titre de son ouvrage « SCUM Manifesto »).
Les théories radicales menant à un certain extrémisme proviennent-elle forcément d'une vie marquée par les traumatismes ? C'est ce qu'indique cette bande-dessinée dès son titre, et si je n'ai pas forcément de réponse tranchée à cette question, cette position revendiquée par l'autrice Thea Rojzman (et confirmée dans une interview en fin d'ouvrage) m'a quelque peu dérangée durant ma lecture.

« SCUM Manifesto - la tragédie Solanas » nous décrit ainsi le parcours de l'écrivaine du début de la rédaction de son manifeste jusqu'à sa mort prématurée. Un parcours assez misérable puisque Valerie Solanas subit dans son enfance les viols répétés de son père dans l'indifférence de sa mère, l'empêchant de se structurer mentalement malgré une vive intelligence, et la poussant vers la drogue, la prostitution et une vie de bohème, supportée grâce à un dédoublement de personnalité et la compagnie d'un rat qu'elle s'imagine lui parler, mais surtout une haine des hommes qui atteindra son paroxysme quand elle décidera de tuer Andy Wahrol. Une décision motivée par le dépit face au créateur de la Factory qui rejeta sa pièce « Up the ass » (qu'on pourra traduire « DTC » - je vous laisse chercher la signification ras les pâquerettes de l'acronyme 😉) et à une volonté de se rendre célèbre pour mettre en avant ses théories. Une décision tragique car si Valérie Solanas est bien restée dans l'histoire, c'est davantage pour son attentat manqué que pour « SCUM Manifesto »…

« SCUM - La tragédie Solanas » est ainsi une bande-dessinée très crue, qui m'a poussée dans mes retranchements par le malaise, dû au parcours et à la personnalité plus que clivante de Valérie Solanas, qui apparaît manifestement très dérangée et en pleine souffrance car prise dans un mouvement auto-destructeur intense. Cette souffrance qui, selon l'autrice, a nourri les thèses radicales de SCUM et sans laquelle Valerie n'aurait pas été Solanas. C'est probablement vrai, mais est-ce que cette souffrance est la seule raison de cette radicalité ? Est-ce que toutes les personnes en situation de détresse mentale sont forcément radicales ? Et à l'inverse, est-ce que toutes les personnes ayant des thèses radicales sont en détresse mentale ? Je ne le crois pas, et envisager l'oeuvre de Valerie Solanas sous ce seul prisme m'a gênée. La vie de cette dernière n'étant pas vraiment documentée, rien ne permet en outre de l'affirmer clairement. Une position qui a clairement détérioré cette lecture, qui ne fut pas des plus faciles au demeurant.
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Je lis trop peu de BD et depuis bien trop peu de temps pour être une spécialiste. Non je lis juste des BD quand à la bibliothèque, nos lecteurs et nos lectrices ont déserté les lieux et qu'en service public posté j'ai du temps à revendre entre deux usagers. Je n'ai jamais connu cela, être désoeuvrée ici, Habituellement je fais de la veille documentaire polar mais cet été j'ai décidé de bouquiner en voyant mes collègue plongées dans leur lecture. Alors moi je me suis dit, c'est l'occasion de découvrir la bande dessinée.
Et tant qu'à faire autant lire des BD polar ou mieux des BD militantes.
Donc j'alterne les deux !
Aussi aujourd'hui je vous propose de découvrir "Scum : la tragédie Solanas "
En 1968, Valérie Solanas, l'auteure de Scum manifesto, tente d'assassiner Andy Warhol afin d'accéder à la célébrité pour faire entendre sa protestation contre le patriarcat. Cet album brosse un portrait psychologique de cette féministe radicale, depuis les agressions répétées de son père, jusqu'à la prostitution, en passant par la vie dans la rue et le milieu de la pop culture à New York.
Alors ce que j'ai aimé dans cette BD c'est d'abord le sujet.
J'avais découvert à la fin des année 80, le texte de manifeste Scum de Valérie. Pamphlet qui fit scandale en 1968 et ouvrit la voie au Mouvement de libération des femmes : les mâles humains étant, comme chacun sait, des êtres incomplets et dépendants, manifeste littéraire et politique, où l'humour et la provocation révèlent les rapports de force entre les sexes.
Et puis à la fin des années 2000, j'ai lu un roman inspiré de la vie de Valérie Solanas, "La faculté des rêves ", un roman écrit par une suédoise, Sara Stridsberg.
Et voilà que je tombe sur ce roman graphique, il était fait pour moi. 
Cette BD est sans contexte une lecture contestataire
Ce que j'ai aimé c'est que jamais la scénariste , Théa Rojzman, ne prend parti, jamais elle ne juge la vie et les propos de Valérie Solanas
D'ailleurs dans l'histoire on retrouve des extrait de scum manifesto. Une belle façon de remettre en avant ce texte provocant mais aussi cette féministe que l'on dit trop souvent radicale. Quoique !
On sent à travers le scénario que Théa Rojzman a du être complétement envoutée par la femme à la fois incroyable mais surement aussi invivable qu'à était Valérie Solanas. On sent la tendresse qui émanent de sa plume, de la tendresse mais aussi pas mal d'humanité.
Il faut dire que la vie de Valérie Solanas est une pur tragédie. Et ici les auteurs ont combiné leur talent pour nous la faire vivre et ressentir au plus près.
Et puis j'ai aimé le découpage du scénario, je vous le disais j'y connais rien en graphisme BD. Juste ici je trouve le découpage très claire. Facile a suivre. Et puis il y a les couleurs qui alternent et qui a mon avis représentent parfaitement l'état d'esprit de notre héroïne., les états d'esprits devrais-je dire, ses états d'âmes, ses malheurs, ces dépressions, ses états physiques et psychiques. Une  immersion totale en fait !
Ah oui, et j'ai trouvé malin que le dessinateur ajoute un rat. Un rat qui accompagne Solanas dans toutes les phases de sa vie et qui du coup devient un peu son animal totem qui serait un peu son double et sa conscience à la fois !  (Le rat de Valérie change de prénom tous les jours)
Et puis il y a aussi la vie dingue de Valérie, et le milieu dans lequel elle déambule, un milieu artistique et intellectuel auquel elle devrait appartenir mais qui la rejette.
Il faut dire que Solanas avait sans doute une personnalité borderline. Et il y avait tous les excès, drogue, alcool, sexe mais aussi pauvreté, un cocktail vraiment explosif.
Etre ainsi rejetée pour celle qui voulait faire entendre sa voix m'a pas du être facile non plus à vivre

...

Alors ce qui est marrant aussi c'est que le titre culte de Valérie Solanas a été rééditer pour la énième fois le jour même de la sortie de cette formidable BD sous le nouveau titre : "Scum manifesto : les femmes, qu'elles le veuillent ou non, prendront bientôt le monde en main"

Voilà donc une vraie belle découverte. Et moi, du coup, je replonge étonnamment dans une autre BD après ce coup de coeur !

Lien : https://collectifpolar.fr/20..
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Une bande dessinée sur Valérie Solanas dont j'ignorais tout. Cette femme accède à la célébrité en juin 1968 en tirant sur Andy Warhol, le blessant sérieusement.
Une femme blessée, détruite, narcissique, créative qui se voulait avant tout artiste et écrivaine.
Un parcours chaotique, des viols répétés par son père durant son enfance, la drogue, l'alcool, la rue, la prostitution, la violence, des agressions, des troubles psychiques importants. Dans les années 1960, elle compose une pièce de théâtre ("up your ass", "dans ton cul", perdue par Warhol et retrouvée des décennies plus tard) et un manifeste de féminisme radical : le Scum qui prône ni plus ni moins l'éradication de la gent masculine. Il ne faut pas réformer la société mais la détruire. Néanmoins (selon l'auteur car je ne connais pas son manifeste), un mélange d'idées visionnaires, cohérentes et violentes, délirantes, fascistes, dystopiques (une société exclusivement féminine !), traduisant la confusion mentale de son auteur.
Le graphisme est net, précis, parfois violent, parfois poétique, parfois confus, des couleurs sombres, parfois claires, Valérie Solanas passant par des états d'esprit opposés.
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critiques presse (4)
BoDoi
16 juillet 2021
Les effets sont un peu appuyés, mais l’évocation du New York de la fin des années 1960 et de l’essor du féminisme fonctionnent en revanche assez bien. L’album a surtout l’intérêt de rappeler la ligne radicale de Valérie Solanas —à tel point qu’on la parfois cru satyrique—, qui rappelle que la pensée féministe reste complexe et non univoque.
Lire la critique sur le site : BoDoi
Sceneario
01 mars 2021
Une BD dérangeante, qui a le mérite de ne pas cantonner Solanas à sa tentative d’assassinat, mais également relatant une pensée misandre qui connaît un timide succès aujourd'hui en France, au moment où Scum Manifesto est réédité en cette année 2021, et où une certaine Alice Coffin squatte les médias pour répandre sa parole violente et clivante. Saluons également le courage de l’éditeur Glénat d’oser se lancer sur un terrain pas vraiment mainstream…
Lire la critique sur le site : Sceneario
BDGest
22 février 2021
La vitalité de l'écriture de Théa, mêlée à la force de la mise en scène et du séquençage de Bernardo Juan Serrano brossent dans les pages de cette bande dessinée un portrait psychologique d'une grande subtilité.
Lire la critique sur le site : BDGest
LesInrocks
16 février 2021
Avec Scum. La tragédie Solanas, bio piquante et rêche, Théa Rojzman et le dessinateur Juan Bernardo Muñoz Serrano font revivre Valerie Solanas, figure féministe mésestimée.
Lire la critique sur le site : LesInrocks

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