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EAN : 9782020237246
554 pages
Éditeur : Seuil (01/01/1998)

Note moyenne : 3.79/5 (sur 17 notes)
Résumé :
Faire tenir le monde dans un livre, ou tout au moins une journée du monde, celle de l'équinoxe de printemps de l'année 1989 : telle est l'ambition de ce roman qui se veut à la fois réaliste et délirant.

Des milliers de personnages vivent et meurent dans ces pages, des centaines d'histoires et de lieux s'y croisent. Projet absurde, mégalomane ? Il se peut, mais l'auteur ne croit pas que la littérature soit faite pour être nécessairement raisonnable ou ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Delphine-Olympe
  02 juin 2013
L'un des plus étonnants, des plus poétiques et des plus exceptionnels romans contemporains qu'il m'ait été donné de lire.
Lorsque je l'ai découvert, à sa sortie, il y a de cela une vingtaine d'années, j'ai hésité à l'acheter, lui ai longtemps tourné autour, l'ouvrant, lisant quelques pages, le reposant sur la table du libraire.
Mais cette question lancinante me taraudait : comment un écrivain peut-il être aussi mégalo pour prétendre faire entrer le monde dans un livre ? Moi qui jusqu'alors ne lisais que des classiques, j'ai fini par céder à la curiosité. J'ai acheté le livre. Et je dois dire que cette lecture fait partie de celles qui ont changé ma vie.
Oui, cet écrivain réussissait le pari fou de donner à voir le monde ! Cette lecture est aujourd'hui ancienne pour moi, aussi aurais-je du mal à en faire un résumé. D'ailleurs, ce roman est-il "résumable" ? Je ne le crois pas.
Tout son intérêt réside dans sa démarche et dans son écriture : l'auteur a collecté d'innombrables articles de journaux du monde entier, il a aussi beaucoup bourlingué lui-même et a vu beaucoup de choses.
C'est par le biais d'un narrateur orchestrant les multiples événements - dramatiques ou heureux, grandioses ou anecdotiques - par le regard même qu'il pose dessus et au moyen d'une structure narrative d'une incroyable maîtrise que l'auteur parvient au miracle.
Les langues et les graphies s'entrecroisent, les différents niveaux de langue également. La langue est la matière même et la raison d'être du livre. le monde n'existe que par ce que l'on met des mots dessus : pour un habitant français lambda, l'horreur de l'incendie d'un atelier de confection faisant des centaines de victimes à l'autre bout du monde a-t-il une existence si le récit ne lui en est pas fait ? Ce sont les mots qui, finalement, font le monde. C'est ainsi qu'un auteur peut prétendre inventer le monde. Et avec quelle maestria.
Lien : http://delphine-olympe.blogs..
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Anis0206
  28 avril 2019
Imaginez un matin, vous vous réveillez et dans votre boîte aux lettres 500 journaux !! Oui 500 différents journaux provenant de la planète entière. Grâce aux efforts des différents ambassades françaises à travers le monde, Olivier Rolin s'est vu envoyé 500 journaux d'une seule journée : le 21 juin 1989.
Ce roman est une synthèse en quelque sorte de cette journée vu par le monde entier, de la France jusqu'aux états unis en passant par l'Amérique latine et l'océan indien. Tout y est ! Et c'est présente d'une façon assez magnifique et très poétique.
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Charybde2
  04 juin 2018
La journée de l'équinoxe de printemps 1989 comme somme démiurgique du monde, tragique, folle et hilarante.
Sur le blog Charybde 27 : https://charybde2.wordpress.com/2018/06/04/note-de-lecture-linvention-du-monde-olivier-rolin/
Lien : https://charybde2.wordpress...
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
nadejdanadejda   08 février 2016
Sur le toit d'un ascenseur à Krasnoïarsk
Je vais t'offrir toutes les fleurs et tous les champagnes, et aussi tous les fleuves et toutes les campagnes... les arabesques bleues du Brahmapoutre, les deltas arborescents des cours d'eau tropicaux, la dentelle des mangroves pour t'en faire une voilette... les méandres de l'Amazone scintillants au milieu des choux-fleurs géants... les miroirs brisės des rizières pour que tu t'y contemples mille fois, ô jeune pousse, les plages de blé pâle du Saskatchewan... les sillages de café-crème des trains de barges sur le Zaïre... te faire peur avec les crocodiles...
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Charybde2Charybde2   04 juin 2018
Par exemple, les policiers du commissariat de Noryangjin contrôlaient devant le motel Ujung, dans le centre de Séoul, une automobile Stellar blanche immatriculée 1 NA 1666, occupée par trois individus suspects, du genre jeunes à cheveux longs, qui refusaient de présenter leur permis et prenaient la fuite. L’agent Kang Dal-won dégainait aussitôt et tirait trois coups de revolver à blanc. Un peu plus tard la Stellar, repérée devant le cinéma Yongsan, démarrait en trombe vers le grand pont du fleuve Han et dans sa course folle provoquait sept accidents, d’ailleurs relativement mineurs. Mais sept, tout de même. Devant le bâtiment de la société Pacifique-Chimie, les poulets tiraient de nouveaux coups de sommation, ce que voyant ou entendant, plutôt, la Stellar arrachait ses gommes en un U-turn terrifique au feu rouge, et filait en lâchant un sillage de caoutchouc vulcanisé vers le quartier de Samkakji. Devant l’état-major de l’armée de terre (un peu avant le troisième tunnel de Namsan), les trois individus abandonnaient leur caisse qui commençait, jugeaient-ils, à s’être trop fait remarquer, et continuaient leur petite virée à la course à pied. Kwon Hee-man, vingt ans, sans profession, résidant à Daekoo et grand fumeur, ne tenait pas longtemps le rythme et se faisait ceinturer. Il prétendait aussitôt connaître à peine les deux autres, c’était la première fois qu’il les voyait, en fait, etc. On continuait à l’interroger en lui conseillant de changer de disque, celui-là étant usé (on aurait dit Juju de Salvador ou autre, lui faisait-on remarquer). Et en effet, il en mettait un nouveau : les deux autres, il les connaissait vaguement, mais au point de se souvenir de leurs noms et adresses, non, malheureusement ; ils avaient siphonné de l’essence ensemble à Anamdong, très peu d’ailleurs, et c’est parce qu’ils avaient peur d’être inquiétés à ce sujet qu’ils avaient pris la fuite, en dépit de ses réticences à lui, Kwon. Sans même s’être consultés du regard, les poulets de Noryangjin décidaient de l’inviter fermement à imaginer d’autres versions de l’événement. Un véritable atelier littéraire.
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Charybde2Charybde2   04 juin 2018
Ainsi, au pied des colonnes d’Hercule, à Gibraltar – j’aurais peine à la croire si on me le racontait, mais je le vois de mes yeux – un officier de la Royal Navy sort à quatre pattes du London Tavern ! Oui, à quatre pattes, au sens strict, il dévale la rue nocturne sur les genoux et les paumes, à assez bonne allure ma foi, braillant la chanson des sept nains : « Hi-ho, hi-ho, it’s off to work we go » Mais ce n’est pas du tout au boulot qu’il se rend, parce que son boulot c’est de commander le sous-marin nucléaire d’attaque HMS Winston Churchill, qui l’attend pour appareiller dans un alvéole de la base : et en la circonstance le maître des torpilles atomiques est absolument incapable de distinguer le kiosque noir d’un sous-marin d’une écarlate cabine téléphonique. Son ordonnance le suit, debout mi-consterné mi-amusé, portant sa casquette et sa cravate, fredonnant quant à lui, c’est inévitable, « We all live in a yellow submarine », ce qui à tout prendre, et même si cet air n’est pas au répertoire des musiques de la flotte, et même si le Churchill n’est pas jaune, mais rouge vif (seul le cor de chasse peint sur les ailerons est bouton d’or), correspond mieux à son état. Le Commander s’est maintenant redressé, on ne saurait dire cependant qu’il a fait surface, c’est plutôt en immersion périscopique qu’il pénètre dans un premier restaurant où le waiter hésite à lui servir un, puis deux verres de bordeaux, mais après tout son métier à lui n’est pas de patrouiller sous l’eau mais de verser du vin à qui en demande, et si tout le monde faisait scrupuleusement son boulot – nains, barmen, officiers de marine et tous les foutus autres -, les affaires du monde, et notamment celles du Royaume-Uni, s’en porteraient mieux, c’est en tout cas son avis. Bordeaux, sir ? Oui, j’ai dit oui, je veux bien oui. Ce sera donc deux verres, et puis deux autres encore un peu plus loin, et ainsi de suite jusqu’à ce que l’ambulance du Royal Naval Hospital jette les éclats bleus de son gyrophare sur les façades hispano-cottages tandis qu’une longue forme en fourreau noir, aux lèvres blanches fumant des Winston, portant à l’oreille gauche un rubis et à la droite une émeraude, glisse sur l’eau moirée des bassins. Accoudé en veste fourrée à la baignoire, jumelles infra-rouge sur la poitrine, le second attend que soient passés les derniers feux du port pour laisser paraître sur son visage que gerce le vent un fin, satisfait et sarcastique sourire : en temps de paix, les commandements sont rares dans la Navy, et ce vieux cochon ne se relèvera de son coma éthylique que pour passer en Cour martiale.
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Charybde2Charybde2   04 juin 2018
Lettres gréco-latines et ourdoues se carambolent et se niquent joyeusement dans les bosquets jaunis de poussière de la vallée de l’Indus, et je mène leur troupeau de rejetons absolument illégitimes. Le grand express international des mots, plein de couples adultères, de passagers clandestins et de marchandises de contrebande, descend en grondant, en sifflant, le cours de l’Indus, et je suis le cheminot aux moustaches cirées qui fait voler le convoi au-dessus des aiguillages en folie, derrière la figure de proue de la locomotive, une Vénus aux petits seins de biscuit sous la robe-drapeau noir. Tout mot m’est bon pour te plaire, ma muse, ceux qui me viennent de Rome ou de Béotie, ceux qui marquent, comme autant de pierres milliaires, les routes mémorables du musc et de la soie et des invasions, ceux des Mille et Une Nuits et ceux que cette nuit je pompe, par-dessus l’épaule d’un barbier de Rawalpindi, dans le journal Nawa-e-Waaf : les antiques, les modernes, les ornés, les vulgaires, les sobres et les ronflants, les paléo et les néologismes, aucun de ces dragons-jargons ne me fait peur, je les affronte volontiers pour toi.
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brigetounbrigetoun   29 décembre 2011
Le sol est gelé, le vent joue du couteau, une brume froide efface les hauts sommets du Tian Shan. Des drapeaux rouges claquent sur la neige autour du cercueil qu’entourent quelques soldats, que suit un cortège silencieux d’anoraks et de bonnets de fourrure. Une aigre sonnerie résonne : le trompette a les lèvres gercées, le son s’élève puis s’étrangle et retombe. Ça ne fait rien, Anarbek s’en foutait bien, de la trompette, lui ce qu’il aimait c’était son accordéon Tchaïka dont il jouait dans les fêtes paysannes. Un sous-officier en grande houppelande remet aux parents l’ordre de l’Étoile rouge et la médaille «au boievnye zaslougi», pour les mérites au combat.
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