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ISBN : 2366298447
Éditeur : Actusf (15/06/2017)

Note moyenne : 4.3/5 (sur 58 notes)
Résumé :
Emilio Sandoz, linguiste et prêtre, est le seul survivant d’une mission de contact avec des extraterrestres sur une planète lointaine. Il en revient marqué du sceau de l’infamie : là-bas, il se serait prostitué et aurait tué un enfant... Que s’est-il réellement passé ? Que sont devenus les autres membres de l’expédition ? D’où viennent ces cicatrices terribles sur ses mains ?

Roman inoubliable et bouleversant, Le Moineau de Dieu raconte cette premièr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
finitysend
  22 mars 2013
Un grand plaisir de relecture.
Signalons pour la forme qu'il y a une suite à ce roman accomplis mais en vo seulement : children of god .
Pour ce qui est de la caractérisation et des descriptions, ce texte est quasiment aussi parfait qu'il est dense .
Le lecteur est véritablement transporté en compagnie de ces gens sympathiques et dans un fabuleux environnement exo planétaire .
On voit bien quelles cultures ont servies de cadre de référence, mais c'est très bien fondu, opératoire , et étranger dans ce long récit de près de 600 pages.
Cependant , ce monde et ces cultures étrangères , reposent également sur une éthologie spécifique magistralement réfléchie.
Un pur délice de roman sur le thème du contact .Un texte très fin riche et subtile ,très riche éthiquement. Un texte chargé d'histoire aussi. ..
Cependant la mise en place est longue, près de 200 pages ,donc mode TGV, s 'abstenir car la route est longue et les détails sont nombreux.
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LePamplemousse
  13 septembre 2017
Je ne suis pas croyante, je ne connais pratiquement rien aux Jésuites, je ne suis pas une spécialiste de science-fiction, l'astronomie est une science que je n'ai jamais étudié ni de près ni de loin, et je ne parle vraiment qu'une seule langue, j'en baragouine bien une seconde mais avec un accent à couper au couteau et surtout à grands renforts de mîmes.
Ce roman parlant d'un prêtre jésuite, spécialiste en linguistique, découvrant l'existence d'une planète habitée et partant presque du jour au lendemain avec un groupe hétéroclite pour un voyage complètement fou n'avait donc que peu de chance de m'attirer…et pourtant, c'est tout le contraire qui s'est produit.
J'ai dévoré ce livre avec voracité, j'ai savouré chaque réflexion qu'elle soit religieuse, scientifique, anthropologique, ou émanant simplement de gens normaux confrontés à des phénomènes extraordinaires.
Je me suis attachée à chacun des personnages de cette histoire, à leurs passés, à leurs vécus particuliers, à leurs espoirs.
J'ai adoré suivre l'évolution de ces personnes aux destins fascinants, j'ai été complètement happée par cette quête presque impossible, par ce besoin de savoir, de découvrir, de comprendre l'autre quel qu'il soit.
J'ai eu l'impression de lire une enquête policière, assemblant des indices au fur et à mesure, mais aussi un récit de voyage où les protagonistes découvrent une faune, une flore, des paysages déconcertants, tout en savourant le plaisir d'un vrai récit de science-fiction mais où jamais les termes scientifiques n'ont été rebutants pour la néophyte que je suis.
Je suis conquise par ce roman dense, riche, foisonnant, à la langue fluide, et poussant fortement à l'introspection philosophique.
Petit bémol cependant : la taille des caractères est vraiment petite, surtout quand on lit le soir et qu'on n'a pas des yeux de lynx !
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jamiK
  29 septembre 2016
Voici un roman de science fiction avec tout ce qu'il faut pour en faire une réussite : des personnages bien campés, avec des profils riches et attrayants, une intrigue haletante et un suspens fort, une vision ethnologique des êtres de la planète visitée pleine d'idées originales et intelligente, un point de vue en science dure qui tient la route, une structure avec 3 périodes qui se chevauchent (avant leur départ en 2019, pendant l'expédition jusqu'en 2041 et après le retour de Sandoz sur terre en 2060) qui maintient la tension dramatique, et une écriture de qualité.
Mais, car il y a un "mais", J'ai quand même été agacé à la lecture de ce roman pour deux raisons. Ce livre a bien failli me tomber des mains à plusieurs reprises.
Tout d'abord, je sais bien que l'approfondissement du caractère des personnages pour qu'on puisse s'attacher à eux impose de les camper avec minutie et précision, mais avant que l'action ne commence, il faut avoir lu 200 pages sur les 500 du livre, c'est trop long, surtout à cause du deuxième point noir. le fait de choisir le cadre "jésuite" pour cadre de l'expédition d'exploration est franchement exaspérant. Autant du point de vue hard SF ou ethnologique le livre est une grande réussite, autant le point de vue théologique est un poids à la limite de l'insupportable. La Phrase "Deus vult" revient comme un leitmotiv et que ça soit la volonté de Dieu ou pas n'apporte rien à l'histoire, sinon un prétexte spirituel superflus et une lourdeur du propos. A force de vouloir intégrer trop d'ingrédients pour réussir sa recette, on fini par y mettre celui de trop.
Dans ce genre de littérature, je préfère me tourner vers la subtilité, la poésie et la justesse de Ursula le Guin.
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BlackWolf
  29 août 2017
En Résumé : le Moineau de Dieu est un roman qui malgré le fait qu'il ait eu du mal à complètement me captiver, la faute à quelques défauts dont j'ai eu du mal à passer outre, mérite d'être découvert pour les réflexions qu'il offre. En effet l'auteur nous offre un roman de premier contact qui ne laissera pas indifférent et s'avère très intéressant d'un point de vue anthropologique et linguistique. On sent clairement que de ce point de vue là Mary Doria Russell a voulu nous offrir quelque chose de soigné, de dense et d'efficace. Elle soulève aussi des réflexions prenantes et réussies sur la notion de Foi, la place de la religion dans la science, la morale, les différences sociales et culturelles, les incompréhensions liées au langage ou bien encore la notion d'observateur. Les personnages ne manquent pas non plus d'attrait, s'avérant travaillés et charismatiques et dont on suit les péripéties avec plaisir. J'ai par contre trouvé dommage que l'auteur les pousse parfois à faire des erreurs trop grossières pour faire avancer on récit, mais rien de non plus trop dérangeant. Là où j'ai eu du mal avec ce roman, c'est parfois son absence de logique et de cohérence, principalement dans les aspects scientifique, comme par exemple concernant le voyage dans l'espace ou encore l'étude de la compatibilité de la planète qui m'ont paru aberrantes. de plus j'ai du mal à imaginer, au 21 ème siècle, une expédition aussi mal gérée et préparée. Je ne dis pas qu'on enverrai une expédition parfaitement préparée, mais je pense qu'il y aurait un peu plus de protocoles que 7 personnes qui font ce qu'ils veulent sur une planète. La plume de l'auteur est simple, efficace et entraînante, construit le récit un peu comme un puzzle ce qui fait qu'on se laisse assez facilement captiver par les mystères liés à cette expédition. Une suite a été écrite, je ne sais pas s'il est prévu de la publie en VF, mais si c'est le cas je pense que je la lirai.

Retrouvez la chronique complète sur le blog.
Lien : http://www.blog-o-livre.com/..
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Carolivra
  07 août 2017
Le Moineau de Dieu est un de ces romans que vous porterez longtemps en vous, une fois lu. Captivée, attirée d'abord par la sublime couverture des éditions Actu SF puis intriguée par ce résumé, j'ai acheté ce roman SF au hasard. Cette lecture a été une véritable découverte et autant le dire tout de suite, j'ai adoré!
L'histoire se situe d'abord en 2019. Jimmy Quinn, chercheur dans un centre d'astronomie, capte un son qui pourrait bien venir d'une exoplanète. Une fois que le son a bien été identifié comme extraterrestre (il s'agirait d'une sorte de chant), une équipe de volontaires est chargée d'aller explorer cette planète et d'entrer en contact avec ses possibles habitants. A son bord, huit individus tous plus différents les uns que les autres. La mission, financée par les jésuites, embarque les pères Yarbrough, Alan Pace, Marc Robichaux et Emilio Sandoz, linguiste renommé et polyglotte. Elle compte aussi l'anthropologue Anne Edwards et son mari George; Sofia Mendes et Jimmy Quinn. A eux tous, tirant partie de leurs divers talents et compétences, ils se rendent sur la planète….
D'abord, je dois être claire avec le futur lecteur que vous serez peut-être. le Moineau de Dieu n'est pas un roman où il se passe mille choses à chaque page. L'auteur prend son temps pour planter son décor mais surtout pour tisser les liens avec ses personnages. L'exploration de la planète arrive assez tard dans le roman mais la mise en place est très importante. En effet, Mary Doria Russell, va jouer constamment avec l'alternance des chapitres: il y a la préparation de la mission puis la mission en elle-même et il y a certains chapitres qui sont consacrés au retour de cette mission sur terre en 2059. Et là, il y a peu de surprises: dès le départ, on sait que seul le père Emilio Sandoz est revenu plutôt mort que vif de cette étrange planète. Qu'a-t-il vu? Est-il vrai qu'il se serait prostitué? Qu'il aurait tué un enfant? La narration va avancer progressivement, oscillant entre le récit de l'exploration de la planète et l'enquête menée par le Vatican auprès du Père Sandoz.
Comme je le disais en début d'article, les choses vont plutôt lentement. C'est avant tout une lecture dense et exigeante. Mary Doria Russell nous fait d'abord connaître ses personnages et surtout elle nous les fait aimer, ce qui est bien cruel quand on sait ce qu'il leur arrive!! le personnage principal est bien sûr Emilio Sandoz, venu à la prêtrise un peu par hasard, lui le gamin de la Perla, une favela brésilienne. Polyglotte, linguiste émérite, il s'embarque pour la mission afin d'apprendre la langue des extraterrestres. C'est un personnage complexe qui oscille entre foi et mysticisme religieux et qui apporte une dimension intéressante au roman. Son récit sera éprouvant. Qu'est-il arrivé à la mission pour qu'Emilio soit aussi dévasté au point qu'il cauchemarde chaque nuit, qu'il pense au suicide et qu'il semble avoir perdu la foi? L'intrigue est vraiment bien construite alternant entre le témoignage d'Emilio et le récit de l'exploration « en temps réel ».
J'ai beaucoup aimé aussi la manière dont l'auteur s'approprie le genre de la SF. Elle ne surcharge pas son lecteur avec des innovations, des termes techniques improbables. Elle a écrit son roman en 1996 et a anticipé certaines avancées technologiques. Et puis, étant anthropologue de formation, Mary Doria Russell traite la découverte des extraterrestres avec beaucoup de justesse et d'intelligence. Pas de flamboiement, de révélations incroyables et c'est peut-être pour cela que ça semble possible, probable.
Si certaines critiques lui ont reproché une certaine lourdeur théologique, j'ai là aussi apprécié ce volet de l'intrigue. le leitmotiv « Deus vult » revient tout au long du roman. Ce « Dieu le veut » mène la danse et invite les personnages mais aussi le lecteur à se questionner. Y-a-t-il un Dieu ou plus largement « sommes-nous maître de notre destin »? Mary Doria Russell pose les bonnes questions.
Le Moineau de Dieu est un véritable chef-d'oeuvre. Mary Doria Russell nous entraîne loin, très loin avec ce récit dense dans lequel les personnages apparaissent presque comme des figures amies. Un coup de coeur.
Lien : https://carolivre.wordpress...
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
Charybde2Charybde2   06 juillet 2017
Rétrospectivement, la chose était prévisible. Tout, dans l’histoire de la Compagnie de Jésus, montrait qu’elle alliait le savoir-faire au sens de l’efficacité, le goût de l’exploration à celui de la recherche. Au cours de ce que les Européens se plaisaient à appeler l’âge des Grandes Découvertes, les prêtres jésuites n’étaient jamais arrivés plus d’un an ou deux après ceux qui avaient noué des rapports avec des peuples jusque-là inconnus ; ils étaient même, bien souvent, à l’avant-garde des explorateurs.
Il fallut des années aux Nations unies pour parvenir à une décision que la Compagnie de Jésus prit en dix jours. À New York, les diplomates multiplièrent les débats acharnés, ponctués d’innombrables suspensions et ajournements, afin de savoir s’il fallait consacrer des ressources humaines à une éventuelle prise de contact avec le monde que l’on connaîtrait ensuite sous le nom de Rakhat, alors qu’il y avait sur Terre tant de besoins pressants, et pourquoi. À Rome, les questions que l’on se posa n’étaient pas si et pourquoi, mais dans quel délai la mission pourrait être tentée et qui envoyer.
La Compagnie ne demanda la permission d’aucun gouvernement temporel. Elle agit conformément à ses propres principes, avec ses propres capitaux et sous l’autorité du pape. Et la mission vers Rakhat fut entreprise non pas tant secrètement que confidentiellement – distinguo subtil, mais que la Compagnie ne se sentit nullement tenue d’expliquer ou de justifier lorsque la nouvelle fit les gros titres de l’actualité quelques années plus tard.
Les scientifiques jésuites partirent apprendre et non convertir. Ils partirent parce qu’ils voulaient connaître les autres enfants de Dieu, parce qu’ils voulaient les aimer. Ils partirent pour la raison qui a toujours poussé les jésuites vers les frontières extrêmes de l’exploration humaine. Ils partirent ad majorem Dei gloriam, pour la plus grande gloire de Dieu.
Ils ne pensaient pas à mal.
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Charybde2Charybde2   06 juillet 2017
Elle le dévisagea un moment, interloquée. « Vous n’êtes vraiment pas au courant, hein ? demanda-t-elle. Vous avez dû mener une vie très protégée, j’imagine. »
Ce fut au tour d’Emilio de la regarder sans comprendre.
« Vous ne savez donc pas ce que signifie ceci ? » continua-t-elle en indiquant le bracelet de métal qu’elle portait toujours. Il l’avait remarqué, bien sûr, ce bijou plutôt passe-partout, en accord avec le goût de Sofia pour les toilettes sobres. « Je ne reçois que le strict minimum pour vivre. Mes honoraires vont à mon agent. Il m’a mise sous contrat quand j’avais quinze ans. C’est lui qui a payé mes études et, tant que je n’aurai pas remboursé tout ce qu’il a investi, il est illégal de m’employer directement. Je ne peux pas retirer ce bracelet d’immatriculation. Il est là pour protéger les intérêts de mon agent. Je croyais que tout le monde était au courant de ce genre d’arrangement.
– Mais enfin, ça ne peut pas être légal ! s’écria-t-il quand il eut retrouvé l’usage de la parole. C’est de l’esclavage.
– Peut-être serait-il plus exact de dire que c’est de la prostitution intellectuelle. Sur le plan juridique, cela ressemble plus à un contrat d’apprentissage qu’à de l’esclavage, Dr Sandoz. Je ne suis pas liée à lui pour la vie. Quand j’aurai remboursé ma dette, je serai libre de le quitter. » Tout en parlant, elle ramassa ses affaires, prête à s’éclipser. « Et sachez que je trouve cet arrangement préférable à la prostitution physique. »
Là, c’était plus qu’il n’était capable d’en absorber. » Où allez-vous, à présent ? demanda-t-il, toujours abasourdi.
– À l’École de guerre de l’armée américaine. Il y a un professeur d’histoire militaire qui part à la retraite. Au revoir, Dr Sandoz. »
Il lui serra la main et la regarda partir. La tête haute, un port de princesse.
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Charybde2Charybde2   06 juillet 2017
Cette année-là, quelques superbes œuvres d’art de la Renaissance furent vendues sans aucune publicité à des investisseurs privés. Lors d’une vente aux enchères à Londres, on fixa un prix pour une collection de porcelaines orientales du XVIIe siècle considérée jusque-là comme inestimable. Certaines propriétés détenues depuis longtemps et divers portefeuilles d’actions furent discrètement mis sur le marché, à des intervalles soigneusement calculés et dans des lieux rigoureusement choisis, où des plus-values considérables pouvaient être réalisées à la vente.
Il s’agissait de faire des profits, de liquider certains avoirs, de redistribuer du capital. La somme nécessaire, comme l’avait prédit Sofia Mendes, n’était pas insignifiante, mais elle fut loin de mettre la Compagnie de Jésus sur la paille et elle n’affecta même pas les missions et les bonnes œuvres dont elle s’occupait sur la Terre, lesquelles étaient financées grâce aux revenus provenant d’établissements d’enseignement et de recherche, de contrats de location et de brevets de fabrication. La somme ainsi réunie fut déposée dans une banque viennoise relativement discrète. Tout autour du globe, on ordonna à divers membres de la Compagnie de surveiller les médias et les réseaux de données, afin d’y déceler la moindre mention de l’activité financière des jésuites et de transmettre ces renseignements aux bureaux du général, à la Curie généralice. D’un bout de l’année à l’autre, personne ne remarqua rien.
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finitysendfinitysend   12 février 2013
Le Vésuve lui-même n'est pas capable de différer éternellement le printemps .
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Charybde2Charybde2   06 juillet 2017
Jimmy n’était pas un imbécile, mais il avait été tendrement chéri par d’excellents parents et soigneusement instruit par de bons professeurs, deux faits susceptibles d’expliquer cette habitude d’obtempérer qui mystifiait Peggy Soong et la mettait hors d’elle. À d’innombrables reprises, au cours de sa vie, il avait pu constater que les autorités avaient raison et qu’en dernière analyse, les décisions de ses parents et de ses maîtres lui paraissaient sensées. En conséquence de quoi, il n’était pas ravi, bien sûr, de voir ses fonctions à l’observatoire d’Arecibo confiées à un système d’intelligence artificielle, mais, livré à lui-même, il n’aurait sans doute pas protesté. Il n’y travaillait que depuis huit mois : ce n’était pas assez pour se sentir des droits imprescriptibles sur un emploi qu’il n’avait obtenu que grâce à un incroyable coup de pot. Car enfin, il n’avait pas décroché ses diplômes d’astronome en s’attendant à débarquer ensuite sur un marché du travail en plein boom. Les astronomes gagnaient des clopinettes et la lutte pour l’emploi était féroce, mais désormais, c’était à peu près pareil dans tous les secteurs. Sa mère – une femme petite et crampon – avait insisté pour qu’il fît des études débouchant sur quelque chose de plus concret, mais Jimmy s’en était tenu à l’astronomie : quitte à ne pas avoir de travail, comme les statistiques le laissaient prévoir, autant ne pas en avoir dans la profession de son choix, avait-il déclaré.
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