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ISBN : 2266126334
Éditeur : Pocket (04/07/2002)

Note moyenne : 3.96/5 (sur 195 notes)
Résumé :
" Il y avait à l'hôtel quatre-vingt-dix-sept publicistes de New York. Comme ils monopolisaient les lignes interurbaines, la jeune femme du 507 dut patienter de midi à deux heures et demie pour avoir sa communication. Elle ne resta pas pour autant à ne rien faire. Elle lut un article d'une revue féminine de poche intitulée "Le sexe, c'est le paradis ou l'enfer". Elle lava son peigne et sa brosse. Elle enleva une tache sur la jupe de son tailleur beige. Elle déplaça l... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
OncleDan
  06 août 2014
Avez-vous déjà lu une nouvelle de Jérôme David Salinger, ou, si vous préférez, J. D. Salinger ?
C'est quelque chose qui m'est arrivé très récemment. Un moment de lecture surprenante qui contribue tant à ce plaisir de lire. Mais commençons par le début. Autant vous dire d'emblée que je suis tombé sur Salinger par hasard. J'aime bien fouiner dans les librairies et je suis attiré par les nouvelles en raison de ma paresse naturelle qui m'interdit les longs romans où l'ennui me guette bien avant la page 99 .
Lorsque j'ai vu ce livre de Jérôme David Salinger intitulé "Nouvelles", j'ai tout de suite pensé à des nouvelles, car je suis une personne d'observation profonde et de déduction sûre. Il est vrai que Jérôme David Salinger ne s'est pas fatigué pour trouver un titre à son livre. D'ailleurs Jérôme David Salinger n'a jamais vraiment cherché à être publié et de très nombreuses nouvelles écrites de sa main ne sont toujours pas publiées à l'heure où je m'apprête à diffuser ce billet, car Salinger (je suppose qu'à présent, vous savez qu'il se prénomme Jérôme David) était un écrivain un peu particulier, qui n'a fait aucune apparition ni accordé aucun interview durant quarante années au cours desquelles il a refusé toute publication. La notoriété le fatiguait sans doute. Cette notoriété qu'il avait connue avec son roman "L'Attrape-coeurs" (titre original : The Catcher in the Rye).
J'ai donc fait l'acquisition pour un prix modique de "Nouvelles" publié dans la collection POCKET (N° 10031). Un livre qui ne dépasse guère les 280 pages dans un petit format, ce qui me va bien. J'ajoute ici, pour être tout à fait honnête avec vous, que le fait que ces pages soient en "papier fabriqué à partir de bois provenant de forêts gérées de manière responsable" n'a aucunement influencé mon choix. D'ailleurs, je ne sais pas ce qu'est une forêt gérée de manière responsable. Quoi qu'il en soit, cette mention au début de l'ouvrage ne réduit pas les 80.000 km2 de forêts qui disparaissent chaque année de la surface du globe, soit l'équivalent de l'Autriche, et cela depuis plus de quinze ans. (Une réflexion au passage qui devrait nous orienter vers le livre électronique. Fermons la parenthèse).
Avant d'atteindre, en page 27, le début de la première nouvelle, il faut également parcourir ou s'affranchir de la préface. Je n'ai aucune attirance pour les préfaces. Les préfaces m'ennuient. Je les parcours en diagonale et n'en lis la plupart du temps qu'une ou deux pages. La préface de "Nouvelles", écrite par Jean-Louis Curtis, ne fait pas moins de quinze pages ! Mes carences étant plus nombreuses que les étoiles du firmament, j'ignorais naturellement que Jean-Louis Curtis était le pseudonyme de Louis Laffitte, qu'il avait étudié à la Sorbonne, qu'il était agrégé d'anglais, avait obtenu le prix Goncourt en 1947 pour son deuxième roman, Les Forêts de la Nuit, et qu'il avait été membre de l'Académie française. J'en passe et des meilleures. Je n'ai donc rien changé à mon habitude de "sabrer" la préface pour atteindre au plus vite la première nouvelle intitulée "Un jour rêvé pour le poisson-banane".
Ne vous attendez pas à un résumé de ma part. Les nouvelles de J. D. Salinger ne se résument pas, c'est une de leurs caractéristiques. le lecteur est angoissé du début à la fin, baigne dans un climat oppressant et trouble qui le tient en haleine. Je vous dévoilerai seulement que la fin est très surprenante. Tout allait (à peu près) bien jusque là, alors je suis passé à la deuxième nouvelle, puis la troisième. Et bien, c'est plutôt déroutant ! J'avais l'impression d'aller nulle part, en m'égarant sans cesse avec de minuscules détails qui n'avaient absolument aucune importance. Alors je me suis dit "Mon gars (je suis assez familier avec moi-même) tu ne peux plus continuer comme ça, tu n'y comprends rien, il te faut une explication de texte". J'avais lu quelque part que les critiques de J. D. Salinger étaient très partagés, certains criant au génie alors que d'autres le traitaient de fumiste et de violoniste manchot.
Méfions-nous des verdicts péremptoires des critiques. Et s'il était un fumiste génial !?
Pour en avoir le coeur net, je me suis résolu, avant de poursuivre, à lire plus attentivement la préface de Jean-Louis Curtis. Elle est très éclairante et je ne saurais trop en conseiller la lecture, une fois n'est pas coutume. Elle m'a surtout rassuré. En effet, n'avais-je pas plus de bon sens qu'une boule de billard à ne pouvoir me détacher de ces histoires sans queue ni tête ? Mon esprit se retournerait-il sur lui-même et basculerait-il "comme un bagage mal attaché dans le filet d'un compartiment" (selon une expression de Salinger) pour que je me contente subitement de dialogues de sourds dont les interlocuteurs ne finissent jamais leurs phrases ?
La réalité est que l'on devient addict des nouvelles de Salinger parce que cet écrivain est extraordinairement habile. L'ambiguïté et l'insaisissabilité de ses histoires vous prennent en otage, vous entrainent sur des sentiers visqueux, vous font prendre des vessies pour des lanternes. C'est le jeu du chat et de la souris. Votre imagination tourne à plein régime. Vous aimez ces personnages pleins de tics et de gaucheries. Ils sont tellement normaux lorsqu'ils se grattent un petit bouton sur le mollet ou se font sauter un reste de nourriture entre deux dents. Ils sont tellement sympathiques, naïfs et fragiles que le lecteur se surprend à partager avec eux leurs inquiétudes et leurs énervements.
Mais avant tout, Jérôme David Salinger a l'art de vous faire imaginer l'innommable. Il sait comme personne faire osciller votre pendule intérieur entre la pire détresse et l'espérance la moins plausible, et finalement, il vous étonnera. Toujours.
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LiliGalipette
  21 février 2011
Recueil de nouvelles de J. D. Salinger.
Un jour rêvé pour le poisson-banane - Dans la chambre 507, Muriel rassure sa mère sur l'état mental de son époux, Seymour, vétéran de la guerre. Pendant ce temps sur la plage, Seymour parle à Sybil des poissons-bananes :"Ils entrent dans un trou où il y a plein de bananes. Quand ils entrent, ce sont des poissons comme les autres. Mais une fois dedans, ils se conduisent comme des cochons. Tu sais, j'ai vu une fois un poisson-banane entrer dans un trou à bananes et en manger pas moins de soixante-dix-huit. [...] Naturellement, après, ils sont si gras qu'ils ne peuvent plus repousser la porte." (p. 43)
Oncle déglingué au Connecticut - Eloïse et Mary Jane se sont connues au collège. Elles aiment à se retrouver autour d'une bouteille de scotch pour évoquer leurs mariages râtés, leurs souvenirs d'école et refaire le monde. "Écoute-moi bien, fille-qui-travaille. Si jamais tu te remaries, ne dis jamais rien à ton mari. [...] Ce qu'ils veulent, c'est croire que tu passes toute ta vie à vomir chaque fois qu'un garçon t'approche." (p. 63) Mais parfois, les confidences gourmandes cachent les vrais problèmes.
Juste avant la guerre avec les Esquimaux - Ginnie Mannox et Séléna Graff partagent le même cours de tennis et le même taxi pour rentrer chez elles. Mais Séléna descend avant Ginnie et oublie souvent de payer sa part. Alors que Ginnie attend dans le salon de sa partenaire de recevoir ce qui lui est dû, elle entend les confidences du fils de la maison et d'un ami peut-être trop bien intentionné.
L'homme Hilare - le Club Comanche réunit des gamins sous la houlette du Chef John Gedsudski, un étudiant bénévole, qui les emmène sur les terrains de base-ball et leur raconte les aventures extraordinaires de l'Homme Hilare. "J'ai gardé très claire à l'esprit l'image du Chef en 1928. Si les voeux étaient des centimètres, nous, les Comanches, l'aurions transformé en géant en un rien de temps." (p. 101) On a beau être un géant devant un parterre de gosses admiratifs, on est parfois un tout petit homme devant une fille.
En bas, sur le canot - Boo Boo Tannenbaum a bien des difficultés à faire sortir son fils Lionel du canot amarré au bout du ponton. C'est une douleur immense pour son petit coeur d'enfant qui l'a poussé à se réfugier sur les flots. "Les marins ne pleurent pas, mon petit, les marins ne pleurent jamais, sauf quand leur navire sombre, ou quand ils font naufrage, et quand ils sont sur un radeau et tout ça..." (p.137)
Pour Esmé avec amour et abjection - "J'ai décidé de jeter sur le papier quelques notes révélatrices sur la mariée, que je connais depuis près de six ans. SI ces notes devaient faire passer au marié, que je ne connais pas, une ou deux moments pénibles, tant mieux. Dans les pages qui suivent, personne n'est là pour plaire. Mais seulement pour édifier, pour instruire." (p. 141) L'auteur de ces mots plonge dans ses souvenirs de guerre et retrouve le fantôme d'une jeune fille de 13 ans qui lui avait demandé de lui dédier une histoire "extrêmement abjecte et émouvante." (p. 160)
Jolie ma bouche et verts mes yeux - Il est tard quand Lee appelle Arthur pour se plaindre de l'absence de son épouse. Joannie est encore dehors à des heures indues. Lee le sent, Joannie le trompe, encore. Mais Arthur est un ami sur lequel on peut compter : tout en caressant une très jolie femme, il rassure son ami et tente de l'apaiser. "Tu as encore de la veine que ce soit une bonne petite. Je t'assure. Tu ne lui fais jamais confiance, pour rien, ni pour la gentillesse ni pour la jugeote." (p. 183) Avec de tels amis, les ennemis sont inutiles.
L'époque bleue de Daumier-Smith - Pour avoir remporté trois prix de peinture à Paris, un jeune homme s'imagine artiste de génie. Il se dit descendant de Daumier et se réclame de Picasso pour se faire engager comme professeur dans l'école Les Amis des Vieux Maîtres, à Montréal, qui donne par correspondance des cours de peinture. L'école est dirigé par M. Yoshoto. "Comme beaucoup de très bons artistes, M. Yoshoto n'enseignait pas le dessin mieux que ne peut le faire un artiste quelconque mais doué pour l'enseignement." (p. 215) le jeune professeur découvre parmi les élèves qu'il doit corriger les oeuvres troublantes de Soeur Irma, mais il semble que la vocation religieuse est incompatible avec la vocation artistique.
Teddy - Teddy est un jeune garçon singulier. "Sa voix avait un accent particulier, d'une rugueuse beauté, comme celle de certains petits garçons. Chacune de ses phrases ressemblaient à une petite île oubliée, entourée d'une mer miniature de whisky." (p. 247) Très intelligent, il serait la réincarnation d'un sage indien et il discourt à l'envi sur l'inné et l'acquis, sur la logique et la sagesse. Mais il reste un petit garçon, soumis aux vicissitudes du monde.
Les nouvelles de Salinger soulève des malaises indicibles qui font dire que, parfois, l'espoir ne suffit pas. Au détour des pages, on surprend d'intimes fragilités, des existences dissimulées sous des vernis qui se craquèlent, des douleurs minuscules ou gigantesques, des veuleries ridicules ou des trahisons impardonnables et des révélations qui, pour être fracassantes, n'en sont pas moins ténues. Les univers dépeints par l'auteur sont dérangeants : on entre dans des mondes inachevés, en formation ou en mutation. Garder l'équilibre est un exercice périlleux, chaque phrase manque de faire basculer l'ensemble dans l'étrange et le tordu. Il me semble entendre des échos autobiographiques dans ces nouvelles mais ne connaissant pas suffisamment la vie de l'auteur, je me garde de l'affirmer. Néanmoins, certaines anecdotes sentent le vécu à plein nez.
Les personnages d'enfants sont fascinants : chez Salinger, l'enfance est en décalage avec les normes consensuelles. La naïveté est souillée de perversité, l'innocence dissimule la plaie et la tâche, la candeur n'est qu'artifice et cache à grand peine des esprits tendus vers la révolte.
Je suis enchantée et très émue par cette lecture. Me voici prête à reprendre L'attrape-coeur pour tenter de le finir enfin et de l'apprécier peut-être.
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Malabar_
  22 janvier 2013
Je n'ai pas vraiment été déçu par ce recueil, mais il ne me laissera pas non plus un souvenir impérissable. Si les deux premières nouvelles, " Un jour rêvé pour le poisson-banane" et " Oncle déglingué au Connecticut" m'ont vraiment impressionné, j'ai trouvé les autres assez fades, avec la désagréable impression que l'auteur ne savait pas lui-même où il voulait en venir.
Malgré tout, Salinger n'a pas son pareil pour décrire les errements et les douleurs enfouies. Il a également l'art de créer des personnalités complexes et très réalistes en quelques mots. Bilan mitigé donc.
Plus que des histoires, ce sont des ambiances et des personnages forts qu'il faut venir chercher ici.
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Diegocuesta
  12 juillet 2016
"Nouvelles" de Salinger est indispensable, puissant, brillant, incroyable ; je viens sans aucun doute de découvrir un des meilleurs auteur de nouvelles mondiaux.
J'étais déjà fan de son attrape-coeurs, que je considère comme un de mes romans préférés. J'apprends maintenant que ce talent est transposable dans des récits d'une vingtaine ou d'une quarantaine de pages. Cet homme a un talent ahurissant pour créer des personnages fragiles, attachants, obsédants en quelques descriptions objectives et quelques dialogues. Car oui, les dialogues, peut-être ce qui sous-tend tout ce recueil. Avec simplement un don inouï pour les dialogues, Salinger réussit à créer toutes sortes d'émotions : la tristesse, l'incompréhension, la tension, l'ambiguité. Dans chaque nouvelle, ou presque, l'on termine avec un sentiment de "pas terminé" très jouissif, qui nous pousse à utiliser notre imagination, nos ressorts logiques, voire à relire certains passages afin de comprendre où voulait en venir l'auteur.
Dans les meilleures nouvelles, je place bien évidemment la première, "Un jour rêvé pour le poisson-banane", une nouvelle pleine de sens, avec une fin absolument incroyable, un personnage charismatique, des dialogues savoureux ; "Pour Esmé avec amour et abjection", également brillant, dans lequel on retrouve l'auteur et ses traumatismes de la seconde guerre mondiale ; "Teddy" et son personnage incroyable qui reflète d'une certaine manière la première nouvelle ; "L'époque bleue de Daumier-Smith", peut-être une des plus passionnantes à analyser ... Toutes les autres sont également géniales, perturbantes, questionnantes, superbement écrites, pleines de suspenses et de personnages attachants.
Vous aurez compris, j'ai dévoré ce recueil de nouvelles. Tout m'a plu : la construction narrative de Salinger y est extrêmement intelligente, pleine d'ellipses pour encore plus nous perturber ; les personnages, leurs obsessions, leurs déchéances ; les métaphores. Si vous voulez découvrir d'incroyables nouvelles, foncez, foncez, foncez : la seule déception sera qu'il n'y en a que neuf.
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Cirilai
  06 novembre 2011
Le livre est donc composé de 9 histoires au monde complètement différent.
Salinger nous présente des personnages très variés.
Dans chaque nouvelle nous est raconté un moment précis de la vie des personnages. Salinger joue beaucoup sur l'ambiguité dans certaines nouvelles. le lecteur croit à quelque chose et puis tout à coup on se rend compte qu'on est complètement à côté de la plaque. D'ailleurs l'auteur joue beaucoup sur ça, il mène le lecteur par le bout du nez si j'ose dire et il l'amène là où il veut.
Chaque nouvelle n'est pas anodine et renferme une réflexion plus profonde avec parfois des significations cachées. D'ailleurs, sur ce point je conseille la lecture de la préface qui est très intéressante.
A travers ces 9 nouvelles on passe vraiment par une large palette d'émotions et la première et la dernière sont celles qui marquent le plus par leur violence. le dénouement se fait seulement dans les dernière lignes et c'est plutôt choquant pour le lecteur.
Voilà dans l'ensemble j'ai bien aimé le livre même si mon état d'esprit m'a empêché de l'apprécier encore plus.
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Citations & extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
fanfan50fanfan50   03 novembre 2014
Mon troisième élève était une religieuse de l'Ordre des Soeurs de Saint-Joseph, nommée Soeur Irma, qui disait enseigner la cuisine et le dessin à l'école primaire d'un couvent, juste à la sortie de Toronto. Et je ne sais au juste par où commencer pour décrire le contenu de son enveloppe. Je pourrais peut-être mentionner tout d'abord qu'à la place d'une photographie d'elle-même, Soeur Irma avait joint, sans explication, un instantané de son couvent. Il me revient aussi qu'elle avait laissé en blanc la ligne du questionnaire où l'élève devait inscrire son âge. Pour le reste, son questionnaire était rempli comme peut-être aucun questionnaire dans ce monde ne mérite d'être rempli. Elle était née à Detroit, Michigan, et y avait été élevée. Son père était contrôleur des automobiles Ford. Ses études supérieures se résumaient à une année de cours complémentaire. Elle n'avait reçu aucune leçon de dessin. Elle disait que la seule raison pour laquelle elle l'enseignait, c'est que Soeur Quelque Chose était morte et que le Père Zimmermann (un nom qui me frappa particulièrement, parce que c'était celui du dentiste qui m'avait arraché huit dents), le père Zimmermann, dis-je, l'avait choisie pour la remplacer. Elle disait qu'elle avait "trente-quatre petits poussins dans sa classe et dix-huit petits poussins dans sa classe de dessin". Son passe-temps favori était d'aimer son Seigneur et la parole de son Seigneur, et aussi de "collectionner les feuilles, mais seulement quand elles sont tombées par terre". Son peintre préféré était Douglas Bunting (un nom, je n'ai pas honte de le dire, que j'ai traqué dans plus d'un cul de sac, au fil de ces années). Elle disait que ses petits poussins aimaient "dessiner des gens en train de courir et c'est justement ce que je fais le plus mal". Elle disait qu'elle était décidée à travailler dur pour apprendre à mieux dessiner et elle espérait qu'on serait patient avec elle.
Il n'y avait , en tout, que six exemples de son travail dans l'enveloppe (aucune de ses oeuvres n'était signée, fait d'importance assez secondaire, mais qui, sur le moment, me parut démesurément rafraîchissant. Toutes les oeuvres de Bambi Kramer et de Ridgefield étaient signées ou, ce qui me semblait plus irritant encore, marquées de leurs initiales). Treize ans après, non seulement je me rappelle nettement les six peintures de Soeur Irma, mais il me semble même quelquefois me rappeler quatre d'entre elles un peu trop nettement pour la tranquillité de mon esprit. Sa meilleure oeuvre était une aquarelle sur papier brun (le papier brun, particulièrement le papier d'emballage, est très agréable, très doux pour peindre. Plus d'un artiste expérimenté l'a utilisé quand il n'avait pas l'intention de faire quelque chose d'important ou de grandiose). L'aquarelle, malgré sa taille restreinte (elle faisait à peu près vingt centimètres sur vingt-cinq) décrivait dans le plus petit détail le transport du Christ au Saint Sépulcre, dans le jardin de Joseph d'Arimathie.
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ZalvecZalvec   21 avril 2016
- Ecoute. Pourquoi l'as-tu épousé, alors ? dit Mary Jane.
-Oh, mon dieu ! Je ne sais pas. Il m'a dit qu'il adorait Jane Austen. il m'a dit que ses livres représentaient beaucoup pour lui. Voilà exactement ce qu'il disait.J'ai découvert après notre mariage qu'il n'avait jamais lu un seul de ses livres.
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wiggybiswiggybis   21 février 2012
L'évidence apparaît toujours trop tard, mais la plus singulière différence entre le bonheur et la joie, c'est que le bonheur est un solide, alors que la joie est un liquide.
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LiliGalipetteLiliGalipette   21 février 2011
"Ils entrent dans un trou où il y a plein de bananes. Quand ils entrent, ce sont des poissons comme les autres. Mais une fois dedans, ils se conduisent comme des cochons. Tu sais, j'ai vu une fois un poisson-banane entrer dans un trou à bananes et en manger pas moins de soixante-dix-huit. [...] Naturellement, après, ils sont si gras qu'ils ne peuvent plus repousser la porte." (p. 43)

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ZetaZetaZetaZeta   27 mars 2010
Je ne suis pas bizarre, dit-elle. Je t'assure, pas du tout. C'est juste un air.
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